Le pêcheur
C’est bien connu, la plupart des pères de mon époque excellaient davantage par leur qualité de bons pourvoyeurs que par leur présence à la maison, d’autant plus que le mien exerçait le métier de voyageur de commerce.
Toutefois, il arrivait parfois quelques rares occasions où j’avais la chance de vivre quelques moments de rapprochement avec lui. Il en est ainsi des excursions de pêche où il consentait à m’amener avec lui et où nous vivions ensemble des heures inoubliables qui m’ont inspiré ce petit poème :
Partant très tôt le matin
Sa canne à pêche à la main
Il arpente le long sentier
Le menant à son gibier
Tout près d’un arbre géant
Il appâte son guet-apens
Et d’un gracieux mouvement
Dépose sa ligne dans l’étang
Entouré de maringouins
Fouinant ses moindres recoins
Il s’allume une cigarette
Faisant fuir tous ces insectes
Soudain la corde se raidit
Et son poignet réagit
D’un coup sec il sort sa proie
Qui sans succès se débat
Il l’empoigne dans ses mains
La ramène sur sa poitrine
Désamorce sa gueule fine
Et l’ensache avec grand soin
Bien planté sur une roche
Une main dans sa poche
Passe le temps lentement
Tournoie la ligne rondement
Puis au bout de quelques heures
Empli de son élixir
Il reprend son p’tit bonheur
Sur ses lèvres un sourire
Bonne fête à tous les pères du Québec!
quebechebdo 14 juin 2014
Henri Marineau

