Ingérence indue de la FTQ

12 novembre 2014

En envisageant de noyauter le Parti québécois pour empêcher Pierre Karl Péladeau d’accéder à la chefferie du parti, le président de la FTQ, Daniel Boyer, outrepasse, à mon sens, les limites de son mandat et fait preuve d’ingérence indue dans la course à la direction du PQ.

De plus, à la lumière des arguments invoqués par Daniel Boyer, à savoir les événements qui ont conduit aux 14 lock-out ayant impliqué la direction de Québécor, il m’apparaît que les dirigeants de la FTQ n’ont pas de leçon à donner à personne sur les « relations de travail » considérant les révélations troublantes de collusion de la Commission Charbonneau entre la centrale et les entrepreneurs en construction.

Pour être clair, M Boyer, demeurez dans votre champ de compétence et laissez vos membres se prononcer en toute liberté sur le sort qu’ils réservent à PKP dans l’hypothèse où il briguerait la chefferie du PQ…À supposer que le libre choix existe encore au sein de la centrale syndicale que vous représentez !

quebechebdo 12 novembre 2014
 

Le don de jouer avec les mots

11 novembre 2014

Lors de la présentation de son équipe économique en mars 2014 composée du patron d’investissement Québec, Jacques Daoust, et des deux banquiers Martin Coiteux et Carlos Leitao, Philippe Couillard s’engageait à créer 250 000 emplois en cinq ans s’il formait le prochain gouvernement, qualifiant cette promesse de « réaliste ».

Or, neuf mois plus tard, devant la perte d’emplois alarmants au Québec, Carlos Leitao modifie les termes. L’équipe Couillard ne s’était pas « engagée » à créer 250 000 emplois mais s’était plutôt fixé cet objectif comme une « cible » à atteindre, tout en ajoutant que le gouvernement, pour l’instant, s’éloignait de son « objectif » mais qu’il n’était pas prêt à « jeter la serviette ».

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le ministre des Finances a le don de jouer avec les mots et de les interpréter à sa guise selon le contexte économique. M Leitao, cessez ce petit jeu de bas étage et admettez donc que la promesse de votre chef n’était que de la poudre aux yeux de l’électorat québécois !

quebechebdo 11 novembre 2014

L’éléphant blanc

11 novembre 2014

Il y a quelque chose de scandaleux et de révoltant dans les répercussions des coûts d’exploitation de la filière éolienne par Hydro-Québec sur la facture d’électricité des consommateurs québécois.

En effet, alors que la société d’État est aux prises avec des surplus d’électricité, elle doit par ailleurs obligatoirement acheter de l’électricité éolienne à des producteurs privés, à un prix deux fois plus élevé que le prix de vente à l’exportation.

Et, pendant ce temps-là, le consommateur s’est vu imposer une hausse de ses tarifs d’électricité de 4,3 % en avril dernier et pourrait subir une autre hausse de 3,9 % en avril 2015 en vertu de la demande d’augmentation d’Hydro-Québec auprès de la Régie de l’énergie.

Jusqu’à quand notre société d’État va-t-elle prendre les Québécois pour des valises? Jusqu’où notre facture d’électricité continuera-t-elle d’augmenter de façon outrancière à cause de cet éléphant blanc que représente l’énergie éolienne? Des questions auxquelles il est impératif d’apporter des réponses !

quebechebdo 11 novembre 2014

Que la démocratie suive son cours!

10 novembre 2014

Quelque 2,2 millions de Catalans se sont déplacés le 9 novembre pour aller voter à la consultation populaire sur la double question suivante : « Voulez-vous que la Catalogne soit un État ? Si oui, voulez-vous que cet État soit indépendant ? ». Et 81 % des voix se sont traduites par un « oui » aux deux questions.

On pourra toujours invoquer que les partisans du « non » ne se sont pas présentés aux urnes sous prétexte que cette consultation n’avait aucun pouvoir légal, les tenants du « oui » ont néanmoins marqué des points importants sur leur chemin vers leur autodétermination que les autorités espagnoles ont tenté de bloquer par tous les moyens.

À mon sens, on doit voir dans ce mouvement populaire non seulement un exemple de détermination exceptionnelle d’un peuple capable de se tenir debout devant le gouvernement central de Madrid mais surtout une manifestation indubitable de la détermination de 40 % des Catalans à accéder à leur statut d’État indépendant.

Reste à voir comment Madrid réagira à cette consultation…Une chose est certaine, les dirigeants espagnols ne peuvent balayer du revers de la main un résultat aussi déterminant. C’est une question de saine démocratie à laquelle ils ne peuvent échapper. Les Catalans ont maintenant obtenu leur passeport vers un véritable référendum. Que la démocratie suive son cours !

quebechebdo 10 novembre 2014
Le Journal de Québec 11 novembre 2014
vigile.net tribune libre 11 novembre 2014
cyberpresse.ca 12 novembre 2014

 

La chaleur derrière le roc

9 novembre 2014

Le décès accidentel de Françoise Graton alors qu’elle était encore en possession de tous ses moyens à l’âge de 84 ans soulève une vague de sympathie parmi ses proches collaborateurs, et pour cause.

En effet, depuis la création de la Nouvelle Compagnie Théâtrale en 1964, devenue le Théâtre Denise-Pelletier en 1997, Françoise Graton a incarné l’âme d’une foule d’artistes québécois, jeunes ou moins jeunes, qui ont trouvé écoute et encouragement auprès de cette grande dame du théâtre.

Bien sûr, on ne peut parler de Françoise Graton sans faire mention de son compagnon de vie pendant plus de cinquante ans, Gille Pelletier, dont la prestance et la présence sur scène n’avaient d’égale que la qualité exceptionnelle de son talent d’acteur. On dit souvent que derrière tout grand homme se trouve une grande femme. Eh bien, dans le cas de ce couple remarquable, il n’y aucun doute dans mon esprit que Françoise Graton incarnait la chaleur derrière le roc.

Salut à vous, Mme Graton, pour avoir contribué à maintenir la flamme de notre théâtre de répertoire québécois avec autant de conviction et de persévérance!

quebechebdo 9 novembre 2014
cyberpresse.ca 11 novembre 2014 "Salut à vous, Françoise Graton!"

La toponymie, un mode d’expression identitaire

8 novembre 2014

La dernière saga entourant les intentions du gouvernement fédéral de désigner le futur pont Champlain Maurice-Richard devrait nous ramener à la signification de la toponymie telle que définie sur le site Web de la ville de Montréal : « La toponymie est l'ensemble des noms de lieux d'une région ou d'une ville. C'est aussi une activité qui consiste à nommer les lieux publics, c'est-à-dire les voies de communication, les parcs, les places publiques de même que les équipements et les édifices publics.»

À cet effet, il est intéressant de se référer à cet extrait de Henri Dorion dans son ouvrage « Noms et lieux du Québec » : « La toponymie est comme une mémoire qui enregistre les circonstances de la dénomination des lieux [...]. Rien d'étonnant, alors, que la toponymie constitue une réserve très riche d'éléments d'illustration et d'explication de notre passé collectif, de notre présent et même de notre vision du futur, simple ou antérieur. La toponymie est donc un mode d'expression identitaire (…)»

Et de poursuivre M Dorion : « «[...] les noms géographiques ne constituent pas seulement des codes de localisation des innombrables lieux et espaces qui composent un territoire [...], mais aussi des témoins pour ainsi dire permanents de phénomènes naturels, d'événements ou de sentiments individuels ou collectifs. »

En nous basant sur ces constats, nous allons peut-être éviter de verser dans la partisanerie et l’émotivité, et surtout, éviter de faux débats qui émanent d’une méconnaissance des fondements de la toponymie. Comme le dit à juste titre Henri Dorion : « Nommer, c'est identifier, définir, caractériser… La consignation des faits de la nature et de l'homme qui entourent la dénomination des lieux constitue une tâche essentielle dans l'agenda des peuples conscients de leur identité. »

quebechebdo 8 novembre 2014

Le chat devait sortir du sac

7 novembre 2014

Comme on pouvait s’y attendre, l’annonce par Justin Trudeau de la suspension de deux des députés de son caucus pour «  fautes personnelles » et harcèlement contre des députées néodémocrates est en train de tourner malheureusement en joute partisane de bas étage menée par Thomas Mulcair.

Pourtant, quand on analyse le déroulement de ces pitoyables événements, il m’apparaît que le chef libéral n’avait d’autre choix que de suspendre illico les présumés coupables des allégations qui pèsent contre eux. Quant à la présomption d’innocence, elle a toujours sa raison d’être tant et aussi longtemps que ces allégations ne seront pas confirmées par un tribunal.

À mon sens, le seul reproche que l’on pourrait adresser à Justin Trudeau est qu’il aurait dû aviser les parties concernées de ses intentions d’informer la population de sa décision. Pour le reste, le chat devait sortir du sac pour le plus grand bien de saines relations entre les hommes et les femmes au sein du Parlement, particulièrement en cette période où des femmes osent lever le voile sur les agressions dont elles ont été victimes.

quebechebdo 7 novembre 2014
vigile.net tribune libre 8 novembre 2014

Briser le silence

6 novembre 2014

Dans la foulée du scandale entourant l’animateur Jian Ghomeshi, un simple clic sur #BeenRapedNeverReported a suscité la débâcle de la digue qui retenait prisonnières des millions de personnes, majoritairement des femmes, des agressions dont elles avaient été victimes.

Au Québec, s’inspirant de ce mouvement, la Fédération des femmes du Québec, sous l’impulsion de sa présidente, Alexa Conradi, a lancé sur Twitter  #AgressionNonDénoncée, Mme Conradi y levant le voile sur l’agression sexuelle qu’elle avait vécue. Ce n’est ni par vengeance ni pour se donner en spectacle, mais plutôt parce qu’elle sentait que, comme présidente de la Fédération des femmes du Québec, elle pouvait contribuer à faire évoluer les mentalités. Elle pouvait ébranler les tabous en prenant la parole. Le courage de celles qui ont osé dénoncer lui a donné du courage. « Le poids de ce silence est lourd », ajoute-t-elle, tout en rappelant que 90 % des agressions sexuelles ne sont pas dénoncées. L’avalanche des messages a suivi.

Aujourd’hui, c’est le parlement fédéral qui est entaché par des allégations de harcèlement de la part de deux députés libéraux vis-à-vis deux députées néo-démocrates. Jusqu’où ira cette avalanche? Personne ne le sait. Toutefois, une chose est sûre. Plus les langues se délieront en défiant le silence dans lequel sont emprisonnées les histoires de viols, plus notre société ne s’en portera que mieux dans ses rapports entre les hommes et les femmes.

quebechebdo 6 novembre 2014
vigile.net tribune libre 8 novembre 2014 "Le chat devait sortir du sac"

Austérité, M Couillard?

5 novembre 2014

Depuis des mois, les Québécois sont bombardés par le gouvernement Couillard d’une salve de mesures d’austérité marquées par la perspective du sacrosaint équilibre budgétaire. Toutefois, alors que ce gouvernement a décrété un gel d’embauche dans la fonction publique, nous apprenons qu’un nouveau poste a été créé au ministère du Tourisme afin de réaffecter l'ex-responsable des communications du gouvernement Charest, Marie Claire Ouellet, qui gagnera 190 840 $ annuellement.

Et, pour se sortir de cet imbroglio plutôt gênant, le porte-parole du ministère du Tourisme, Denis Simard, allègue que ce nouveau poste n’est pas « additionnel » puisque Mme Ouellet est déjà une employée permanente faisant partie des effectifs et que « le gel d’embauche n’empêche pas les mouvements de personnel entre ministères ».

Avec une telle « logique », la porte est ouverte à la réaffectation des ti-z-amis du PLQ, une stratégie partisane scandaleuse à laquelle nous a habitués la Parti libéral depuis des décennies, et surtout qui vient entacher sérieusement la crédibilité du régime d’austérité auquel le gouvernement Couillard nous incite à participer avec autant d’acharnement depuis des mois…Pour l’austérité, on repassera, M Couillard!

quebechebdo 5 novembre 2014
vigile.net tribune libre 5 novembre 2014
Le journal Métro 6 novembre 2014

 

Le pont de la discorde

4 novembre 2014

Tout le monde s’entend pour affirmer que Maurice Richard incarne une légende dans le monde du hockey. J’ai moi-même pu assister à plusieurs de ses exploits avec l’arrivée du petit écran et il est vite devenu mon idole de jeunesse.

Or, par les temps qui courent, le nom de Maurice Richard circule dans les couloirs du gouvernement conservateur et de la presse médiatique à l’effet que le futur pont Champlain soit désigné le pont Maurice-Richard, une velléité qui suscite la controverse auprès de plusieurs intervenants.

À cet effet, j’ai souvenir de Maurice Richard comme d’un homme qui fuyait la controverse, d’un athlète dont le premier objectif était de procurer la victoire au CH sur la patinoire. Je crois sincèrement que, s’il était encore vivant, le célèbre numéro 9 vivrait difficilement cette saga autour de l’appellation d’un pont dont le nom actuel incarne un personnage historique aussi important que Samuel de Champlain.

Bref, il m’apparaît évident que ce ballon d’essai lancé par les conservateurs revêt toutes les apparences d’une intention purement électoraliste de leur part à la veille d’une campagne électorale. Laissons le nom de Maurice Richard dans l’imaginaire des Québécois comme étant un joueur de hockey doué d’un talent et d’une détermination légendaires et conservons le nom de Champlain dans la mémoire collective reliée au patrimoine québécois…C’est une question de gros bon sens !

quebechebdo 4 novembre 2014
Le Journal de Québec 5 novembre 2014 (version abrégée)