Briser le silence

Dans la foulée du scandale entourant l’animateur Jian Ghomeshi, un simple clic sur #BeenRapedNeverReported a suscité la débâcle de la digue qui retenait prisonnières des millions de personnes, majoritairement des femmes, des agressions dont elles avaient été victimes.

Au Québec, s’inspirant de ce mouvement, la Fédération des femmes du Québec, sous l’impulsion de sa présidente, Alexa Conradi, a lancé sur Twitter  #AgressionNonDénoncée, Mme Conradi y levant le voile sur l’agression sexuelle qu’elle avait vécue. Ce n’est ni par vengeance ni pour se donner en spectacle, mais plutôt parce qu’elle sentait que, comme présidente de la Fédération des femmes du Québec, elle pouvait contribuer à faire évoluer les mentalités. Elle pouvait ébranler les tabous en prenant la parole. Le courage de celles qui ont osé dénoncer lui a donné du courage. « Le poids de ce silence est lourd », ajoute-t-elle, tout en rappelant que 90 % des agressions sexuelles ne sont pas dénoncées. L’avalanche des messages a suivi.

Aujourd’hui, c’est le parlement fédéral qui est entaché par des allégations de harcèlement de la part de deux députés libéraux vis-à-vis deux députées néo-démocrates. Jusqu’où ira cette avalanche? Personne ne le sait. Toutefois, une chose est sûre. Plus les langues se délieront en défiant le silence dans lequel sont emprisonnées les histoires de viols, plus notre société ne s’en portera que mieux dans ses rapports entre les hommes et les femmes.

quebechebdo 6 novembre 2014
vigile.net tribune libre 8 novembre 2014 "Le chat devait sortir du sac"

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