Démissions en bloc au CHUM

7 mars 2015

Deux des hautes têtes dirigeantes du CHUM ont claqué la porte en l’espace de 24 heures, soit le directeur général, Jacques Turgeon, et le président du conseil d’administration, Jean-Claude Deschênes. Et tous les deux évoquent l’ingérence et l’abus de pouvoir du ministre Barrette dans le cadre d’une nomination qui relève du conseil d’administration.

Pour sa part, le Dr Turgeon insiste sur le fait que le ministre Barrette a bel et bien imposé le choix du Dr Patrick Harris comme directeur du département de chirurgie, un choix décliné par la majorité des membres du CA, alors que le ministre affirme qu'il a seulement fait des suggestions. De plus, le candidat pressenti par le CA, aux dires du ministre, serait sous enquête policière.

Voilà pour les faits. Toutefois, compte tenu de l’ampleur du mouvement de contestation de la part des membres du CA dont plusieurs s’apprêtent à démissionner à la suite d’un des leurs, le DR Paul Perrotte, M Barrette, devrait, à titre de ministre, informer les instances décisionnelles de ses préoccupations au lieu de les imposer comme cela semble être le cas dans cette saga.

Enfin, une question s’impose : est-il possible que Gaétan Barrette soit le seul à maintenir le pas dans le régiment et que tous les autres soldats aient emboîté le mauvais pas ?… Une question qui me laisse perplexe et qui remet en cause la crédibilité de toutes ces personnes qui incarnent les instances décisionnelles du CHUM et les pouvoirs qui leur sont octroyés !

quebechebdo 7 mars 2015

Couillard à bras raccourcis sur la morosité

6 mars 2015

De passage récemment à Bordeaux, en marge de sa mission économique et politique en France, Philippe Couillard s’en est pris au climat de morosité qui s’imprègne au Québec face aux mesures d’austérité de son gouvernement. «Il faut développer un discours optimiste, un discours de réalité avec la population. On a tellement d'atouts immenses au Québec. Je ne veux pas entendre des discours de déclin, de morosité», a affirmé le premier ministre.

Voilà pour les belles paroles…Mais qu’en est-il de la réalité? La réalité, M Couillard, c’est que ce sont les citoyens de classes moyennes et défavorisées qui écopent des effets pervers de vos mesures d’austérité, particulièrement dans les programmes sociaux, tels la santé et l’éducation.

La réalité, M Couillard, c’est que l’ex-ministre de l’Éducation s’est départi de son ministère avec une prime de 150 000 $. La réalité, c’est que nos élus s’apprêtent à se donner des augmentations salariales importantes. La réalité, c’est que des milliers de bien nantis continueront de s’enrichir impunément dans les paradis fiscaux et que les institutions bancaires annonceront année après année des profits faramineux.

Et, malgré ces injustices outrancières, vous vous offusquez de la morosité des Québécois en déclarant que vous ne voulez pas « entendre des discours de déclin, de morosité »  et qu’ «il faut développer un discours optimiste, un discours de réalité avec la population » Baliverne…Le discours ne passe pas parce qu’il sonne faux, M Couillard, parce qu’il ne vise que les plus démunis, et surtout, parce que les élus s’en dissocient honteusement!

quebechebdo 6 mars 2015
vigile.net tribune libre 18 mars 2015

 

Un faux problème

5 mars 2015

Fidèle à sa position du respect du « law and order », Stephen Harper y va d’une proposition à l’effet de maintenir prisonnier jusqu’à ce que mort s’ensuive tout détenu condamné à perpétuité. De plus, il outrepasse les pouvoirs de la Commission des libérations conditionnelles du Canada en remettant la décision entre les mains du cabinet fédéral qu’il définit comme « des hommes et des femmes qui sont pleinement redevables aux citoyens et aux familles des victimes de ces crimes. »

Par ailleurs, sur la page d’accueil du site de la Commission des libérations conditionnelles du Canada, on peut y lire ce qui suit : « La Commission des libérations conditionnelles contribue à la protection de la société tout en favorisant la réintégration en temps opportun des délinquants comme citoyens respectueux des lois. » En raison du statut d'organisme indépendant dont jouit la CLCC, le ministre n'a pas le pouvoir légal de donner des directives au président ni aux autres membres de la Commission dans le cadre de l'exercice de leur pouvoir décisionnel au sujet de la mise en liberté sous condition de délinquants.

Pour Hugo Cyr, professeur de sciences juridiques à l’Université du Québec à Montréal et spécialiste en droit constitutionnel, cette nouvelle mesure législative « semble être davantage une mesure pour plaire à un certain électorat que la réponse à un problème réel ». Le processus des libérations conditionnelles est actuellement efficace. À mon sens, il m’apparaît évident que Stephen Harper profite d’un contexte social qui lui est favorable pour aller de l’avant avec ce projet…et se gagner ainsi la faveur de l’électorat pour le prochain scrutin fédéral d’octobre 2015.

quebechebdo 5 mars 2015
vigile.net tribune libre 5 mars 2015 "Harper invente un faux problème" (version modifiée)

Le principe des vases communicants

4 mars 2015

Dans le débat qui s’amorce sur les salaires et les autres avantages accordés aux élus, je comprends difficilement la logique entre un resserrement au niveau des primes de séparation et la contribution des élus à leur régime de retraite, et une augmentation salariale.

En réalité, cette dichotomie m’apparaît purement factice puisqu’il n’y a pas de rapport logique entre les paramètres qui sont placés dans la balance. En effet, d’un côté, on parle d’avantages sociaux, de l’autre des conditions salariales. Conséquemment, quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi établir le principe des vases communicants entre eux?

En termes clairs, il m’apparaît tout à fait normal que les primes de séparation pour départ volontaire en cours de mandat soit aboli, et que la contribution des élus à leur fonds de pension soient majorés à 50 %, ce qui ne justifie aucunement par ailleurs des augmentations salariales de l’ordre de 50 000$…Austérité oblige pour tous, y compris et surtout pour nos élus!

quebechebdo 4 mars 2015
Le Devoir 5 mars 2015

La congestion chronique

3 mars 2015

Après des années de travaux intensifs sur l’autoroute Robert-Bourassa visant à créer une voie réservée au transport en commun, les automobilistes de la ville de Québec vivent toujours dans une congestion chronique aux heures de pointe. Pas étonnant puisque le nombre de véhicules dans la région a augmenté de 33 % ces dix dernières années.

Pour pallier ce désagrément irritant, des solutions ont été envisagées, la dernière en lice étant un Service rapide par bus (SRB), le tramway ayant été déplacé sur les tablettes par le maire de Québec. Un SRB qui mettra dix ans avant d’être opérationnel au coût de 1 milliard de dollars.

L’échéancier prévoit que la première phase de travaux ne sera pas lancée avant 2019, avec une possibilité d’ajout de service en 2022…Un échéancier qui laissera plutôt les futurs usagers encore longtemps sur leur appétit avant de vivre concrètement un début de décongestion.

En attendant, les automobilistes pourront toujours s’arrêter au Phare de Québec pour siroter un café avant que le bouchon ne se résorbe !

quebechebdo 3 mars 2015

 

JMA le modéré

2 mars 2015

L’article de Marie-Claude Lortie paru dans La Presse du 1er mars relatant sa rencontre à Montréal avec Jean-Martin Aussant m’a laissé un goût amer sur la modération quasi systématique de l’ex-chef fondateur d’Option nationale sur les sujets abordés dans l’entrevue.

À part les rares occasions où il effleure les avantages de l’indépendance, JMA affiche une attitude désespérément prudente sur des sujets tels la charte des valeurs où il endosse la position du PLQ tout en demeurant « flexible » pour le reste, ou sur le débat des chefs où il ne veut pas jouer « les gérants d’estrade ». « L’idée que l’ancien chef d’Option nationale donne son opinion le dérange. Va-t-on prendre cela comme une directive, va-t-on croire qu’il veut influencer le cours des choses indûment ? »

Des questions qui me laissent voir un JMA que je n’ai pas connu du temps où il affichait clairement ses positions sur les sujets liés à l’indépendance du Québec. Difficile de reconnaître le JMA flamboyant et convaincu de ses valeurs et de ses convictions devant la présentation d’une version « délavée » de l’indépendantiste, lui qui avait su créer une si forte mobilisation de jeunes autour d’ON.

Toutefois, on voit poindre une lueur d’espoir quand il aborde les politiques d’austérité du gouvernement Couillard : « Parfois on fait des coupes trop creuses qui représentent des économies à court terme, mais finissent par coûter encore plus cher. », alléguant, entre autres, les coupes dans les programmes d’aide économique dans les régions ou les changements de tarification des services de garde.

Autre sujet, l’éducation, où il revient sur la gratuité de l’éducation à tous les degrés : « C’est le meilleur investissement possible », dit l’économiste. « Les impôts des gens formés valent beaucoup plus que ce que ça a coûté de les éduquer. Aussi, les sociétés plus éduquées sont moins malades et plus responsables sur le plan environnemental. »

Mais là où le bât blesse avec acuité, c’est lorsque JMA déclare : « Je n’ai pas honte d’être canadien. Ça ne me dérange pas. Mais on serait mieux indépendants, à décider nous-mêmes. » Et pour ajouter encore davantage de glaçage sur le gâteau, il persiste et signe à la fin de l’entrevue : « On n’est pas mal au Québec.  Et j’insiste, je ne me plains pas d’être canadien. »

Eh bien là, j’avoue que les deux bras m’ont tombé…Comment JMA, un indépendantiste aussi convaincu, peut-il déclarer sans rougir de telles sornettes? D’où vient cette subite ouverture aux « bienfaits d’être canadiens »? L’ex-chef d’ON aurait-il subit une métamorphose au multiculturalisme? Il est plus que temps que vous reveniez à la maison M Aussant avant que vous n’oubliiez complètement les raisons qui vous ont amené en politique…à moins que ce ne soit déjà trop tard!

quebechebdo 2 mars 2015
vigile.net tribune libre 2 mars 2015 

Le syndrome du TECFÉE

2 mars 2015

Si on se fie aux piètres performances des étudiants convoitant un poste d’enseignant, le test de certification en français écrit pour l’enseignement [TECFÉE] nous révèle des résultats catastrophiques relativement aux connaissances de base des futurs enseignants. À titre d’exemple, 73 % des erreurs ont trait aux accords du verbe avec son sujet, une règle élémentaire qui devrait être maîtrisée dès le primaire.

À titre d’information, le test comprend deux parties : un questionnaire sur le code linguistique, qui comprend 60 questions à choix multiples, et la rédaction d’un texte de 350 mots. Le seuil de réussite est fixé à 70 % et le nombre de reprises est illimité. Dans un tel contexte, il n’est pas surprenant qu’après 5, voire 10 essais, le candidat finit par passer le test!

Toutefois, au-delà de toutes ces considérations logistiques, on doit s’interroger sérieusement sur les approches pédagogiques développées ces dernières années au primaire et au secondaire. À mon sens, il m’apparaît clair que la réforme a raté la cible et qu’il est urgent que nous rétablissions le paradigme de la communication des connaissances entre l’enseignant et l’élève…la seule approche véritablement pédagogique et efficace. 

quebechebdo 2 mars 2015

La chaise musicale

1 mars 2015

Avec l’arrivée de François Blais à la tête du ministère de l’Éducation, le MEQ aura connu 5 ministres au cours des 5 dernières années. Sur une plus longue période, ce sont 27 ministres qui se sont succédé en 50 ans, ce qui donne une moyenne de moins de deux ans par ministre.

Des chiffres qui en disent long sur la volatilité des ministres et, par voie de conséquence, sur la continuité des nombreuses réformes qui ont vu le jour tout au cours de ce demi-siècle, compte tenu que chacun de ces ministres apportait avec lui son expérience personnelle et son tempérament.

Un triste constat pour un ministère dont le rôle premier est d’assurer l’avenir des jeunes Québécois qui lui sont confiés. Selon Égide Royer, professeur à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval, « on a besoin d’un leader solide pour être en mesure de tenir le cap. Il y a une question de continuité. Tu ne peux pas changer de capitaine à tout bout de champ… il va falloir qu’on arrive avec quelqu’un qui a une expertise en éducation pour être capable de mener ce ministère-là ».

En tant qu’ex-doyen de la faculté des Sciences sociales de l’Université Laval, François Blais bénéficie d’une expertise en éducation. Il a un peu plus de trois ans devant lui pour cesser la chaise musicale et garder la priorité sur la formation des élèves du Québec…C’est à souhaiter pour le plus grand bien de nos jeunes!  

quebechebdo 1er mars 2015 

 

La journée « sans Facebook »

28 février 2015

Selon certaines données, Facebook, créé en 2004, regroupe 1,4 milliard d’abonnés actifs et a généré en 2014 des revenus de 12,5 milliards de dollars, en croissance de 58 % année après année…Des chiffres astronomiques qui ont probablement donné l’idée à certains penseurs de créer la journée mondiale « sans Facebook » qui se tient le 28 février. Au Québec, c’est 70 % des internautes qui répondent à l’appel de cette socialisation à grands coups de « j’aime » et de microcommentaires versés sur une base quotidienne par les quelque 50 % des abonnés qui ne peuvent passer plus de 24 heures sans s’y rendre.

Mais, qu’en est-il des marginaux ? Selon le philosophe Benoît Castelnerac, «  ce n’est pas parce que l’on ne se trouve pas à l’endroit où tout le monde semble avoir établi sa communication que l’on disparaît. La simple conscience de son existence suffit pour exister. Mais à une époque où l’on confond le fait d’exister avec celui de communiquer, il est possible de l’oublier. »

Aux dires du dramaturge Olivier Choinière, « on n’existe pas sur Facebook. Facebook n’offre pas d’occasion d’existence, c’est-à-dire le simple fait d’être. Sur Facebook, on a cruellement besoin du regard et de l’approbation des autres. Cette existence, si elle en est une, passe par l’autre, dans une sorte de relation de dépendance affective assez pathétique ».

Bien sûr, ces quelques réflexions n’arriveront pas à arrêter l’évolution du phénomène Facebook. Toutefois, j’ose espérer qu’elles contribueront un tant soit peu à recentrer la communication personnelle sur le ton d’une voix, l’éclat d’un sourire, les appels du silence, la chaleur d’une main posée sur l’épaule, enfin cette communication non-verbale essentielle complètement absente de Facebook.

quebechebdo 28 février 2015
Le Journal de Québec 3 mars 2015

Otages de l’énergie éolienne

27 février 2015

Depuis quelques années, les consommateurs québécois se voient infliger une hausse des tarifs d’électricité justifiés par Hydro-Québec par les achats d’énergie éolienne auxquels l’entreprise d’État est soumise, faute de politique gouvernementale favorisant le développement d’une filière éolienne par le secteur privé. Ce qui fait dire à Thierry Vandal que les achats d’Hydro-Québec « ne seraient pas du même niveau » et que la société « ne planifierait pas des achats au-delà de ses besoins prévisibles ».

Or, selon un analyste spécialisé en énergie à l’Union des consommateurs, « c’est plus de 75 % des bénéfices d’Hydro-Québec qui sont faits sur des ventes à la clientèle québécoise… Quand les gouvernements disent qu’il faut se réjouir de voir Hydro engranger des bénéfices, il est bien de se souvenir que c’est nous qui en sommes responsables. »

En annonçant que la société veut augmenter ses tarifs de 3,9 % au 1er avril, M. Vandal a invoqué, pour justifier cette hausse, l’ « obligation » d’acheter l’énergie éolienne produite par les producteurs privés… En termes clairs, les consommateurs sont pris en otages par l’énergie éolienne pendant que le gouvernement retire des dividendes monstres puisés dans leurs poches sans scrupule !

quebechebdo 27 février 2015
Le Journal de Québec 28 février 2015