Stéphane Dion, l’arnaqueur

1 novembre 2015

On aura tout vu…Le père de la Loi sur la clarté référendaire s’insurge dans la stratégie que doivent adopter les souverainistes pour parvenir à leur fin, à savoir l’indépendance du Québec. À cette fin, Stéphane Dion propose d’engager des fonds publics pour faire la promotion d’une campagne référendaire en plus de remettre la tenue d’un référendum à un deuxième mandat.

Mais de quoi je me mêle comme dirait l’autre? De quel droit et surtout avec quelle crédibilité un fédéraliste viscéral comme lui ose-t-il proposer une telle arnaque aux tenants de la souveraineté? Ne croyez-vous pas que l’engagement de fonds publics dans une campagne référendaire émane une odeur nauséabonde qui rappelle le scandale des commandites dans lequel son parti a trempé outrancièrement?

En termes clairs, l’intrusion inappropriée de Stéphane Dion dans le processus d’accession du Québec à son indépendance sonne aussi faux qu’un éléphant dans le frigo…Il faudrait être bien aveugle pour ne pas apercevoir le pachyderme en ouvrant la porte!


Petit rappel historique (Source : Wikipédia)

En 1997, le gouvernement Chrétien confie à son ministre des affaires intergouvernementales Stéphane Dion le soin de gérer ce dossier, afin de déterminer les actions à prendre au cas où un autre référendum sortirait gagnant. La solution choisie est de demander l'avis de la Cour suprême sur trois questions :
« 1. L’Assemblée nationale, la législature, ou le gouvernement du Québec peut-il, en vertu de la Constitution du Canada, procéder unilatéralement à la sécession du Québec du Canada? »
« 2. L’Assemblée nationale, la législature, ou le gouvernement du Québec possède-t-il, en vertu du droit international, le droit de procéder unilatéralement à la sécession du Québec du Canada? À cet égard, en vertu du droit international, existe-t-il un droit à l’autodétermination qui procurerait à l’Assemblée nationale, la législature, ou le gouvernement du Québec le droit de procéder unilatéralement à la sécession du Québec du Canada? »
« 3. Lequel du droit interne ou du droit international aurait préséance au Canada dans l’éventualité d’un conflit entre eux quant au droit de l’Assemblée nationale, de la législature ou du gouvernement du Québec de procéder unilatéralement à la sécession du Québec du Canada? »

Le 20 août 1998, la Cour suprême dépose le Renvoi relatif à la sécession du Québec, en réponse à ces questions. Selon la Cour, la Constitution repose sur des principes — le fédéralisme, la démocratie, la primauté du droit, et le respect des minorités — qui permettent d'affirmer qu'il y a obligation pour le Canada de négocier. Le Québec ne peut cependant pas invoquer le droit des peuples à l’autodétermination, car il « ne constitue pas un peuple colonisé ou opprimé ». Toutefois, lorsqu'une province exprime par référendum la volonté de se séparer, le gouvernement fédéral et les autres provinces ont l'obligation constitutionnelle de négocier avec elle. La Cour pose deux conditions à cette obligation : la question posée au référendum doit être claire et le résultat du référendum doit être clair. Les parties ont en outre l'obligation de négocier de bonne foi. « Ainsi, un Québec qui aurait négocié dans le respect des principes et valeurs constitutionnels face à l'intransigeance injustifiée d'autres participants au niveau fédéral ou provincial aurait probablement plus de chances d'être reconnu qu'un Québec qui n'aurait pas lui même agi conformément aux principes constitutionnels au cours du processus de négociation. » La question de l'intégrité du territoire et de sa partition éventuelle est considérée comme une matière négociable, avec une prépondérance accordée à l'État fédéral : « le droit international attache une grande importance à l'intégrité territoriale des États Nations et, de manière générale, laisse le droit interne de l'État existant dont l'entité sécessionniste fait toujours partie décider de la création ou non d'un nouvel État ».

À la suite de ce jugement, Stéphane Dion élabore le projet de loi C-20 qui porte uniquement sur les conditions de « clarté » préalables à toute négociation. Cette loi sur la clarté sera adoptée le 29 juin 2000.

En ce qui a trait à la question posée, la loi prévoit que, dès divulgation de la question posée au référendum, la Chambre des communes du Canda l'examine et détermine si elle est claire et permet à la population de la province de déclarer clairement sa volonté de cesser de faire partie du Canada et devenir un État indépendant. Une question portant uniquement sur l'ouverture de négociations ne serait pas acceptable.

En ce qui concerne une majorité claire, la Chambre des communes doit considérer plusieurs facteurs : « a) l’importance de la majorité des voix validement exprimées en faveur de la proposition de sécession; b) le pourcentage des électeurs admissibles ayant voté au référendum; c) tous autres facteurs ou circonstances qu’elle estime pertinents. » Elle prend en compte les avis exprimés par les partis politiques de la province, les peuples autochtones et les diverses entités gouvernementales du Canada.

En vertu de cette loi, une question référendaire claire et une majorité claire constituent des conditions sine qua non afin que le Canada accepte de négocier bilatéralement les modalités de sécession de l'une de ses provinces.

vigile.ner tribune libre 1er novembre 2015
quebechebdo 1er novembre (version abrégée)

Le syndrome des cancérogènes

31 octobre 2015

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la publication de l’article faisant mention des quelque 800 études alléguant que la consommation de viande rouge et de charcuterie pouvait être « probablement cancérogène » a eu l’effet d’une bombe sur les réseaux sociaux.

Il n’en fallait pas davantage pour que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne s’empresse de mettre un bémol sur l’étude publiée par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), attestant que cette publication « ne demande pas aux gens d’arrêter de manger de la viande transformée, mais indique que réduire la consommation de ces produits peut réduire le risque de cancer colorectal ».

Mais que s’est-il donc passé entre la publication des données du CIRC et la mise au point de l’OMS? À mes yeux, la presse, principalement via ses titres sensationnalistes, a contribué grandement à installer un sentiment de panique auprès de la population, comme il est malheureusement souvent question lorsqu’un sujet aussi explosif se présente.

Peut-être serait-il opportun de filtrer davantage l’information avant de la publier sous des allures « mercantiles » qui ont pour effet de contribuer à susciter la vente des quotidiens impliqués dans la propagation de syndromes pour la plupart issus d’une information incomplète!

quebechebdo 31 octobre 2015
 

Couillard donne d’une main et coupe de l’autre

30 octobre 2015

D’entrée de jeu, il aurait été malvenu que le gouvernement du Québec ne vienne pas en aide à un fleuron de l’industrie aéronautique québécoise, notamment le C-Series de Bombardier qui peine à « prendre son envol ». Toutefois, à mes yeux, là où le bât blesse dangereusement réside dans le fait que l’investissement de 1,3 milliard de dollars provient des contribuables qui en assument 49,5 %  de risques…Une affaire qui fait dire aux deux chefs d’opposition que le gouvernement Couillard s’est  fait avoir comme un « enfant d’école » en « culottes courtes ».

Sur un autre plan, c’est sans surprise que les Syndicats sont montés aux barricades, alléguant, à juste titre, que M. Couillard et ses deux acolytes financiers ne semblent pas avoir éprouvé de difficulté à ressortir de leur coffre aux trésors le milliard de dollars pour injecter cette somme chez Bombardier alors que, d’un autre côté, ils coupent drastiquement dans les services publics, alléguant le nécessaire régime d’austérité.

Peut-être me répliquerez-vous que les deux situations ne se comparent pas. À cela, je vous répondrai que, l’une comme l’autre, ces deux conjonctures interpellent un « investissement », le premier financier, le second sur la qualité des services aux contribuables et, à ce titre, tout aussi important, sinon davantage, que le sauvetage du C-Series.

quebechebdo 30 octobre 2015 

Le « pont du CN » à Québec en lambeaux

29 octobre 2015

Le pont de Québec, considéré aujourd'hui comme une œuvre majeure d'ingénierie, a été désigné lieu historique national du Canada en 1995. Propriété de la compagnie ferroviaire Canadien National, le torchon brûle depuis des années entre le CN et les élus des divers paliers de gouvernements relativement aux responsabilités qui incombent à chacun concernant sa réparation, le CN s’étant refusé jusqu’à maintenant à toute forme de contribution monétaire.

Par ailleurs, les dernières données financières du CN révèlent des profits nets de un milliard de dollars pour le dernier trimestre seulement. Quand les derniers travaux ont cessé sur le pont en 2005, le président du CN avait gagné cette année-là 56,2 millions de dollars. Aujourd’hui, les coûts estimés pour la rénovation du pont sont de l’ordre de 400 à 500 millions de dollars.

Lors de la dernière campagne électorale, Justin Trudeau s’est engagé à susciter une rencontre entre les dirigeants du CN et les représentants des trois paliers de gouvernements pour tenter de dénouer l’impasse d’ici le 30 juin 2016, à défaut de quoi Ottawa « va prendre ses responsabilités ».

Le pont de Québec, en plus de constituer une entrée privilégiée dans la Capitale nationale, représente un joyau d’architecture sans pareil qui s’effrite à vue d’œil depuis des années face à l’inertie scandaleuse du CN dont les profits mirobolants ne cessent pourtant d’augmenter. Il est minuit mois quart…À vous de jouer M. Trudeau, il est temps de mettre votre promesse à exécution!

vigile.net tribune libre 29 octobre 20015
quebechebdo 29 octobre 2015
 

Un aéroport au nom de Stephen Harper?

28 octobre 2015

Selon ce que j’ai pu lire sur le site internet du Journal, des admirateurs de l’ancien premier ministre du Canada Stephen Harper ont lancé une pétition pour que l’aéroport de Calgary soit renommé en son honneur. Heureusement pour le gros bon sens, une seconde pétition contre cette idée a atteint plus du double des signataires que ceux de la première.

Conséquemment, le nouvel Aéroport international Stephen J. Harper risque de mourir au feuilleton pour le plus grand bien du bon jugement des gens de l’ouest canadien comme en témoigne un des signataires qui s’est prononcé contre la proposition : « Ce n’est pas une bonne idée de nommer un aéroport en l’honneur de quelqu’un qui a semé tant de dissension au pays ».

Une majorité de Canadiens s’est prononcée pour le changement en votant contre Stephen Harper aux dernières élections fédérales du 19 octobre…Il serait bien malvenu de le remettre « en piste » aussi tôt après son « écrasement »!

quebechebdo 28 octobre 2015
Le Journal de Québec 29 octobre 2015

En attendant Justin…

27 octobre 2015

La « suspension temporaire » du plan de Postes Canada de mettre fin à la livraison du courrier à domicile constitue le premier geste tangible qui augure de l’arrivée en scène d’un gouvernement libéral, Justin Trudeau s’étant engagé en campagne électorale à maintenir le service à domicile.

Toutefois, les villes où l’installation des boîtes communautaires est déjà complétée devront s’y soumettre, seules les municipalités où l’installation était prévue pour novembre et décembre pourront bénéficier de cette suspension temporaire.

Le bras de fer qui se dessine entre Postes Canada et le premier ministre désigné risque de devenir un bon baromètre sur les autres promesses électorales de Justin Trudeau. En conséquence, il devra réussir ce test de crédibilité s’il désire amorcer sa carrière de premier ministre du bon pied, à défaut de quoi Justin prêtera rapidement flanc à la critique bien connue envers les politiciens, à savoir qu’une fois élus, leurs promesses s’envolent en fumée…Une histoire à suivre !

quebechebdo 27 octobre 2015
vigile.net tribune libre 29 octobre 2015 "Maintien du service à domicile chez Postes Canada"
Le Soleil 31 octobre 2014 "Premier bras de fer"

 

« Retourner chaque pierre »

26 octobre 2015

Voici un extrait du récit émouvant raconté par Mme Lisette Lapointe sur les derniers jours qui ont entouré le référendum du 30 octobre 1995 : « Il reste trois ans avant le prochain rendez-vous électoral au Québec: tout le temps voulu pour bien préparer la prochaine fois en refusant de se laisser distraire par les habituel¬les sombres prédictions des adversaires de la souveraineté. «Retourner chaque pierre», disait Jacques Parizeau. » 

« Retourner chaque pierre » et observer ce qu’elle cache de précieux, telle l’énergie incommensurable qu’ont déployée nos ancêtres pour protéger et sauvegarder sans relâche notre langue et notre culture.

Le 30 octobre, nous commémorerons le vingtième anniversaire du référendum de 1995, un événement historique qui est venu à un cheveu d’amorcer le processus de cheminement du Québec à son statut de pays. Nombreux encore sont les souverainistes qui se rappellent de l’amère déception qui les a envahis ce soir-là. Mais depuis lors, le temps a passé et, tel un immense porte-poussière, il a fait disparaître peu à peu les débris que la défaite avait laissés sur son passage.

Des gouvernements du Parti québécois se sont succédé à l’Assemblée nationale sans qu’aucune démarche concrète ne soit entreprise pour remettre le focus sur l’article numéro 1 du programme du PQ, à savoir l’accession du Québec à son indépendance. La petite politique partisane s’est substituée aux convictions souverainistes. Le rêve a revêtu son costume stratégique qui a contribué à faire en sorte que les dirigeants souverainistes l’ont relégué en douce dans le placard.

Le 30 octobre, nous devons nous souvenir surtout, moyennant une mobilisation de toutes les forces souverainistes, que le grand rêve est toujours possible. Encore faudrait-il que le PQ retrouve ses lettres de noblesse…et que Pierre Karl Péladeau réponde avec conviction à l’appel!

quebechebdo 26 octobre 2015
Le Journal de Québec 31 octobre 2015

Le choc des idées

25 octobre 2015

Bien que les deux gouvernements, au Québec comme à Ottawa, soient libéraux, le moins qu’on puisse dire, c’est que leur stratégie budgétaire est diamétralement opposée. Les dés sont lancés. Qui sortira vainqueur de cet affrontement stratégique ?

D’entrée de jeu, disons que les libéraux de Philippe Couillard partent avec une longueur d’avance ou d’arrière, dépendamment des points de vue, avec une année au pouvoir derrière eux. À cet effet, j’opterais pour le recul face à des coupures drastiques dans le tissu social québécois, âprement gagné avec les décennies, qui est en train de s’effriter dangereusement sous l’emprise de sacrosaint équilibre budgétaire.

De son côté, le nouveau premier ministre du Canada, Justin Trudeau, arrive au pouvoir avec l’idée de hausser les dépenses gouvernementales en investissement massivement dans les infrastructures, une approche que l’électorat canadien a privilégiée lors du dernier scrutin du 19 octobre au détriment de l’austérité à laquelle nous avait soumis Stephen Harper depuis plusieurs années.

À mes yeux, la recette de Justin Trudeau ouvre la porte à un vent de fraîcheur indéniable tout en répondant aux aspirations de l’électorat, autant canadien que québécois, de desserrer les goussets des finances pour lui permettre de participer activement au développement de l’économie. Comme dirait un vieil adage, l’avenir appartient aux audacieux, et l’élection de Justin Trudeau en est la preuve frappante ! 

quebechebdo 25 octobre 2015

 

Pour une commission d’enquête indépendante

24 octobre 2015

Comme il arrive fréquemment dans ce genre de situation délicate, il aura fallu attendre la présentation d’un reportage choc de l’émission Enquête pour que soient étalés au grand jour les sévices machiavéliques imposés aux femmes autochtones dans la région de Val d’Or par des policiers de la Sûreté de Québec.

Bien sûr, les hautes têtes de la SQ brandissent la présomption d’innocence et le fait que nous en sommes encore à des allégations. Soit pour les procédures judiciaires ! Néanmoins, les témoignages percutants de ces femmes autochtones ne mentent pas. Il y a bel et bien eu agressions sexuelles et abus de pouvoir sur ces femmes qui n’auraient certainement pas eu le courage de témoigner à visage découvert si ce n’était que pure invention. Ça m’apparaît évident !

Et, qui plus est, les ministres de la Sécurité publique et de la Justice, selon leur propre version, étaient déjà informées depuis des mois des « allégations » qui pesaient sur ces policiers, et pourtant, on continuait d’attendre les « preuves ». Eh bien, les preuves, vous les avez maintenant. À vous d’agir, mesdames les ministres…Seule une commission d’enquête indépendante pourra faire toute la lumière sur cette barbarie machiste révoltante et répugnante.

vigile.net tribune libre 24 octobre 2015
quebechebdo 24 octobre 2015
Le Journal de Québec 25 octobre 2015
 

Y a quelqu’un là-d’dans?

23 octobre 2015

Le couvercle de la marmite est sur le point de sauter chez les enquêteurs de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), En effet, une demi-douzaine d’enquêtes déjà complétées sont reléguées sur les tablettes du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) depuis des mois. En réalité, c’est le calme plat.
 
Du côté du gouvernement, autant le premier ministre que les ministres de la Justice que de la Sécurité publique « n’ont jamais entendu parler de ça » et « on nous assure que les relations sont bonnes entre le DPCP et l’UPAC. » De leur côté, les partis d’opposition à l’Assemblée nationale arguent que des années d’enquêtes sont réduites à néant à cause du laxisme de la Couronne.

Pas surprenant que les enquêteurs de l’UPAC se sentent démobilisés par une stagnation inappropriée sur des dossiers qui ne demandent qu’à être ouverts pour porter des accusations. Gageons que les personnes visées ont occupé ou occupent des postes haut placés et que certains procureurs n’osent pas poursuivre les procédures de peur de perdre une éventuelle nomination au sein de la magistrature.

Quoiqu’il en soit, nous sommes en droit de nous demander, parlant du bureau du Directeur des poursuites des poursuites criminelles et pénales, s’il y a quelqu’un là-d’dans…en réalité, s’il n’y a pas un blocage systématique de certains dossiers chauds!

quebechebdo 23 octobre 2015
vigile.net tribune libre 24 octobre 2015