La politique de l’autruche

20 septembre 2011

En annonçant une deuxième coupure en cinq mois dans les goussets des Cégeps, portant la facture totale à plus de 60 millions $, le Conseil du trésor sème l’indignation auprès de la Fédération étudiante collégiale du Québec.

Et, pour ajouter l’odieux à l’insolence, la présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, allègue que ces coupures seraient, entre autres, causées par une augmentation des coûts aux Transports.

Par ailleurs, la divulgation des conclusions du rapport Duchesneau révèlent, notamment, que la collusion et la corruption dans les travaux publics représentent « un fléau qui nous prive de millions de dollars par année ».

Pourtant, face à des révélations aussi troublantes, le gouvernement Charest persiste à jouer la politique de l’autruche et à se mettre la tête dans le sable en persistant dans son intention de ne pas créer une commission d’enquête publique sur la construction.

Une attitude de déni qui conduit à des aberrations scandaleuses qui influencent la qualité des services offerts aux cégépiens, lesquels sont en train de vivre un des effets pervers de la politique de l’autruche !

vigile.net tribune libre 20 septembre 2011
quebechebdo 30 septembre 2011


 

Le nécessaire retour aux sources

20 septembre 2011

En cette période troublante où tous et chacun, pour la plupart de bonne foi, tirent la couverture de l’indépendance chacun de leur côté, il m’a semblé opportun de me tourner vers celles et ceux qui nous ont quittés et qui ont laissé leur marque au sein de la société québécoise.

Je suis donc allé rejoindre ceux qu’on appelle « nos grands disparus » de l’année 2010 et, le premier nom de cette longue liste était celui de Michel Chartrand dont l’hommage débutait par ces mots :

« Syndicaliste, socialiste, nationaliste, en un sens politicien, père, mari, homme de coeur et de convictions, homme du peuple, défenseur acharné des travailleurs. »

Parmi les nombreux témoignages qui ont suivi le décès de Michel Chartrand le 14 avril 2010, j’ai retenu celui de Fernand Foisy, son biographe et ami :

« M. Foisy estime que Michel Chartrand et sa femme Simone ont « payé de leur personne » leur engagement, eux qui avaient « choisi leur clan ». Le biographe du syndicaliste affirme d’ailleurs que ce dernier est mort sans fortune personnelle. Il précise qu’il n’avait pas de caisse de retraite, vivant seulement de ce qu’il recevait de la Régie des rentes du Québec et de sa pension de vieillesse d’Ottawa. « S’il avait voulu se ranger du côté de ceux qui nous gouvernent, la dictature économique, il compterait parmi les milliardaires ».

De ces deux témoignages, un mot ressort clairement, c’est le terme « convictions »…ce mot dont la portée n’a d’égale que sa grandeur, ce mot qui semble, par les temps qui courent, avoir été relégué dans les greniers des antiquités.

En effet, j’ai beau écouter les commentaires des politiciens qui se lancent dans de grandes déclarations concernant leur opinion sur la scène politique québécoise actuelle, je ne sens rien de convaincant, rien d’engageant, que des paroles vides et des vœux pieux… rien des envolées oratoires d’un Michel Chartrand, le nationaliste et l’homme de convictions.

Tant et aussi longtemps qu’une telle femme ou un tel homme ne s’engagera pas à choisir avec conviction le clan du peuple québécois, tant et aussi longtemps que nos politiciens continueront de « se ranger du côté de ceux qui nous gouvernent, la dictature économique », le Québec continuera de croupir sous la mollesse de ses dirigeants.

En ce sens, il m’apparaît essentiel, particulièrement dans des épisodes marquées par des tiraillements profonds au sein de la classe politique, de se rappeler la vigueur de ceux et celles qui avaient le don de nous mobiliser et, par conséquent, d’effectuer ce nécessaire retour aux sources !

vigile.net tribune libre 20 septembre 2011



Un p’tit plaisir à l’occasion?

20 septembre 2011

Ça y est, c’est parti…Les défenseurs acharnés de la bonne bouffe veulent mettre de l’ordre dans les restaurants de nos arénas!

Dorénavant, finies les frites dans nos activités de loisirs…quand nous assisterons à un match de hockey, nous prendrons une salade et une eau minérale entre la première et la deuxième période! Et, pour nous gâter un peu, nous nous délecterons d’un savoureux yogourt aux fraises entre la deuxième et la troisième période! Et, bientôt, dans les salles de cinéma, le pop corn sera servi nature!

Comme il arrive fréquemment dans notre belle société où il suffit que quelques voix s’élèvent et donnent l’impression qu’elles ont redécouvert la roue, cette fois-ci, c’est la « malbouffe » qui est malmenée!

Pourtant, à partir du moment où des mets « équilibrés » font partie du menu dans tous les centres de loisirs et les restaurants attenants aux salles de cinéma, se pourrait-il que le consommateur puisse aussi avoir la possibilité de se permettre un p’tit plaisir à l’occasion?

quebechebdo 20 septembre 2011
Le Soleil 21 septembre 2011

 

Option nationale/Jean-Martin Aussant va de l’avant

19 septembre 2011

C’est maintenant officiel…le député indépendant de Nicolet-Yamaska, Jean-Martin Aussant, va de l’avant en créant un nouveau parti souverainiste au Québec sous le nom d’ « Option nationale ». Au fil des consultations qu’il a effectuées tout au cours de l’été, M. Aussant en arrive à la conclusion qu’un nouveau parti souverainiste s’impose. Pour prouver cette affirmation, le député démissionnaire du PQ invoque les « peut-être » et les « on verra » des deux autres partis souverainistes existants à l’Assemblée nationale, soit le Parti québécois et Québec solidaire, leur reprochant ainsi de ne « rien faire pour faire avancer rapidement la cause souverainiste. »

Dans un article que je publiais sur cette tribune le 4 août 2011 sous le titre « Questions à Jean-Martin Aussant », une des interrogations était la suivante :

« Comment réagissez-vous à l’assertion selon laquelle la création d’un nouveau parti indépendantiste risque de diviser le vote et, conséquemment, de nuire à la cause ? »

Dans sa conférence de presse de ce matin, M. Aussant répond en partie à cette question en affirmant que « le vote souverainiste est déjà divisé parce qu’il n’y a pas de véhicule qui offre un message clair en faveur de l’option. »

Toutefois, à mon sens, la question cruciale est la suivante :

« Considérant le climat politique actuel envers la cause indépendantiste, comment comptez-vous rallier les options diverses sur la table ? »

Quoique M. Aussant ait ouvert quelques portes ce matin en insistant sur l’importance pour le Québec de rapatrier tous les pouvoirs en matière d’impôts et de contrôler tous ses outils de développement, il devra, selon moi, au cours des prochaines semaines, approfondir ses arguments s’il désire convaincre l’électorat québécois des bienfaits de l’indépendance.

Enfin, une dernière question reste en suspense, à savoir si Jean-Martin Aussant possède les qualités essentielles à un leader politique pouvant créer le mouvement nécessaire pour entraîner avec lui des sympathisants à la cause souverainiste. En attendant, une chose est certaine, selon ses propres mots, « la motivation est là ! »

vigile.net tribune libre 19 septembre 2011



Un Grand prix…décerné hors d’ondes

19 septembre 2011

Une œuvre colossale représentant 450 heures de diffusion sur les ondes, s’étalant sur une période de 25 ans, plus de 35 000 pages de textes articulés et percutants. Une carrière éblouissante qui méritait amplement à Victor-Lévy Beaulieu d’être désigné à titre de récipiendaire du Grand prix de l’Académie du cinéma et de la télévision par les organisateurs du 26ième gala des Gémeaux.

Toutefois, là où le bât blesse gravement, c’est que ces mêmes organisateurs ont pris la décision de remettre ce Grand prix hors d’ondes, soit en avant-première qui n’est diffusée que sur le Web…en fait, de « mettre en lumière » le talent débordant d’un de nos plus grands écrivains québécois « derrière les projecteurs » !

Dans ces circonstances plus que déplorables, j’appuie entièrement la décision de VLB de ne pas se présenter au gala pour recevoir son prix en personne.

Toutefois, dans une lettre adressée aux médias, l’auteur de nombreux téléromans, dont L’Héritage qui, au cours de sa troisième année, a atteint des pointes de plus de 2 millions de téléspectateurs, a tenu à remercier les comédiens et réalisateurs qui l’ont appuyé tout au cours de ces années.

Cependant, c’est au public que Victor-Lévy Beaulieu démontre le plus de louanges :

« Cet honneur, pour moi, représente la reconnaissance de l’intelligence du public qui, contrairement à ce que bien des gens croyaient, a suivi mes téléromans de façon passionnée…Cela me fait dire que, souvent, on méprise le public en ne le pensant pas capable d’absorber des choses beaucoup plus difficiles que ce que l’on voit généralement, et surtout depuis quelques années, à la télévision. »

Enfin, Victor-Lévy Beaulieu interprète la décision de lui remettre le Grand Prix de l’Académie du cinéma et de la télévision hors d’ondes comme « un symptôme qui illustre combien la littérature se marginalise au sein d’une culture qui se veut de plus en plus populiste ! »

vigile.net tribune libre 19 septembre 2011
quebechebdo 19 septembre 2011 (version abrégée)



Une main de fer dans un gant de velours

18 septembre 2011

"Il enveloppait ce métier et ceux et celles qui s'y consacrent avec affection, exigence et humanité. Il avait horreur de la médiocrité et de l'improvisation."

Ainsi s’exprimait Jean-Louis Roy, ex-directeur du Devoir, dans un article paru dans la chronique « Opinion » du Devoir en date du 17 septembre sous le titre « Michel Roy, un être d’exception »

Telles sont, à mon sens, les qualités essentielles des femmes et des hommes qui se distinguent dans leur profession…des êtres humains qui manifestent le courage de leurs convictions dans le respect de celles des autres!

Michel Roy passera à l'histoire journalistique comme ayant incarné sans aucun doute l'un de ceux-là.

quebechebdo 18 septembre 2011 

L’image du sauveur

17 septembre 2011

Les derniers sondages laissent voir que la CAQ de François Legault a le vent dans les voiles ! Pourtant, lorsque l’on prend le temps de lire sa plate-forme sur les quatre volets, soit l’éducation, la santé, la langue et la culture et l’économie, rien là-dedans n’apporte d’éléments vraiment nouveaux si ce n’est, au contraire, des propositions rétrogrades aux chapitres de l’éducation et de la santé.

Face à ces constats, je ne vois pas d’autres hypothèses que François Legault profite d’un vent de changement, voire une tornade, qui a pris son essor avec la vague orange du 2 mai et qui continue sa route, depuis lors, sur tous les chemins de la politique québécoise, y compris sur celui des mouvements indépendantistes.

Dans ce contexte, François Legault, quoique en réalité un vieux routier des coulisses politiques, présente l’image du sauveur, profitant, grâce à son expérience et à son flair, de ce climat d’instabilité qui s’est installé sur le Québec, particulièrement depuis la déconfiture du Bloc et l’effet de déstabilisation créé par l’élection massive de la députation néodémocrate au Québec.

Enfin, M. Legault tire aussi profit de toute la neutralité vouée à la non-partisanerie, compte tenu qu’il n’est pas encore officiellement sur la scène politique et qu’il n’a pas, par conséquent à affronter les critiques des médias et de l’électorat.

À mon avis, lorsque François Legault montera véritablement sur la scène politique québécoise, il devra démontrer à la population du Québec qu’il a autre chose à lui offrir que l’image du sauveur !

vigile.net tribune libre 17 septembre 2011
quebechebdo 17 septembre 2011 "Un simulacre de changement"

 

Un réseau routier en déroute

17 septembre 2011

Les constats du rapport Duchesneau sur les grands chantiers de construction, confirmant une collusion organisée entre certains entrepreneurs proches des milieux criminalisés et certaines firmes de professionnels et de génie-conseil finançant les partis politiques provinciaux et municipaux, sont accablants.

Et, qui plus est, au Québec, qui dit grands chantiers ne peut passer sous silence les travaux routiers dont la sécurité a souvent été mise à rude épreuve au cours des dernières années!

À mon sens, le gouvernement ne peut plus cacher de telles pratiques insidieuses qui risquent de miner davantage l'intégrité du système parlementaire. C'est pourquoi, le rapport Duchesneau doit déboucher rapidement sur la création d'une commission d'enquête publique sur la corruption et la collusion dans l'industrie de la construction.

Il en va, entre autres et surtout, de l'urgence d'assurer la sécurité de la population sur un réseau routier en déroute!

cyberpresse.ca 17 septembre 2011 "Vos réactions au rapport Duchesneau"
quebechebdo 19 septembre 2011 "Un rapport alarmant"

La revente de billets…pour ou contre?

16 septembre 2011

Les discussions entourant le dépôt du projet de loi 25 qui vise à interdire la revente de billets pour des événements sportifs ou artistiques à un prix supérieur à celui fixé par le vendeur autorisé suscitent de vives réactions de la part des deux clans qui s’affrontent.

D'un côté, ceux qui condamnent l'effet pervers de cette industrie qui pénalise sans scrupule les adeptes de ces événements, de l'autre, ceux qui invoquent le droit des consommateurs de payer le prix qu'ils veulent pour assister à ces activités.

Dans la situation actuelle, la revente de billets avec profits est déjà interdite sur la place publique. Toutefois, avec l'avènement des nouvelles technologies, la revente de billets emprunte maintenant le Web, via les sites d'achat en ligne qui encouragent l'achat massif de billets, diminuant ainsi l'accès aux billets à prix régulier.

Si nous posons comme hypothèse que la revente d'un billet à un prix supérieur à son coût original doit être interdite, ce qui à mon sens représente la voie la plus juste pour tous les contribuables, nous devons d'abord permettre à l'organisme chargé d'assurer la surveillance de cette pratique, soit l'Office de la protection du consommateur, de disposer des ressources nécessaires pour y parvenir.

Considérant que les budgets de l'Office sont actuellement gelés autour d'une infime équipe de six inspecteurs pour l'ensemble du Québec, il serait utopique de penser qu'une telle loi, si elle était adoptée, pourrait empêcher la revente de billets avec profits!

quebechebdo 14 septembre 2011

Un pas en avant…deux pas en arrière

15 septembre 2011

Si l’on se fie aux dernières déclarations publiques de Jean-Martin Aussant, c’est lundi le 19 septembre que le rideau tombera sur sa décision concernant la formation d’un nouveau parti indépendantiste au Québec.

En ce qui a trait à la pertinence de tenir des États généraux sur l’indépendance, M. Aussant se montre catégorique, alléguant qu’ils seraient inutiles compte tenu que tous les groupes intéressés ont déjà fait connaître leur position sur la meilleure marche à suivre et qu’une telle démarche aurait bien peu de chances d’amener des indécis ou des fédéralistes à épouser la cause souverainiste.

Par ailleurs, Louise Beaudoin, l’une des premières à avoir apporté son appui à la tenue d’États généraux sur l’indépendance, recule en invoquant qu’un tel exercice n’est plus pertinent dans l’état actuel des choses.

Pour Mme Beaudoin, les positions irréconciliables avec lesquelles les différents mouvements indépendantistes abordent le débat, ajoutées au refus de Pauline Marois d’apporter des modifications au programme adopté par le PQ en avril, risquent de déborder sur une guerre de clocher stérile.

Toutefois, dans les deux argumentaires utilisés, et par M. Aussant et par Mme Beaudoin, nulle part n’apparaît l’idée de faire de ces États généraux une vaste consultation citoyenne dénuée de toute partisanerie, un forum où le simple citoyen viendrait exprimer ses attentes, non seulement sur la meilleure stratégie pour parvenir à notre statut de nation, mais aussi et surtout, sur les priorités à mettre de l’avant pour y parvenir.

Comme je l’exprimais dans mon article paru sur la tribune libre de Vigile le 12 septembre sous le titre « Deux voies
complémentaires », « …je dois admettre que des États généraux axés autour d’une consultation citoyenne sans partisanerie…aurait probablement l’effet de faire avancer positivement le débat sur la souveraineté. » Et, j’ajoutais, « Il serait opportun que les deux stratégies (une consultation citoyenne et la création d’un nouveau parti) soient menées conjointement de telle sorte que les réflexions des uns alimentent celles des autres et contribuent de la sorte à un élargissement bénéfique de la plate-forme consultative. »

En conséquence, je crois que M. Aussant et Mme Beaudoin auraient avantage à s’ouvrir les yeux sur des horizons élargis aux attentes des citoyens plutôt que de restreindre de façon minimaliste leur perception en s’appuyant uniquement sur les demandes d’organismes partisans.

vigile.net tribune libre 15 septembre 2011