La réplique de la semaine

12 octobre 2012

Si on instituait un concours accordant un prix à la réplique de la semaine, je l’attribuerais sans contredit à Jean-Simon Gagné dans sa chronique parue dans Le Soleil du 12 octobre sous le titre « Le trio amnésique » lorsqu’il fait allusion aux déclarations des trois candidats à la direction du PLQ qui affirment qu’ils ne feront pas de compromis en matière d’éthique : « Les politiciens sont comme les tapis : toujours plus propres après avoir été battus ».

vigile.net tribune libre 12 octobre 2012
cyberpresse.ca 13 octobre 2012

À propos du statut minoritaire du gouvernement péquiste

12 octobre 2012

Lors de la présentation de sa dernière proposition concernant la taxe santé, le ministre des Finances Nicolas Marceau est revenu fréquemment sur le message clair des Québécois le 4 septembre 2012 qui ont accordé un statut minoritaire au PQ, entraînant conséquemment les modifications annoncées dans le dossier de la taxe santé par rapport à l’engagement électoral du PQ.

C’est maintenant au tour du ministre des Affaires intergouvernementales et à la Gouvernance souverainiste Alexandre Cloutier d’invoquer le statut minoritaire de son gouvernement pour adopter un ton plus conciliant avec Ottawa et tenter de trouver un terrain d’entente avec le gouvernement Harper dans certains domaines.

Une attitude qui tranche avec celle de la plateforme du PQ qui annonçait son intention de se battre avec le fédéral pour rapatrier divers pouvoirs, allant de l’aide internationale à la perception des impôts.

Je veux bien admettre que, dans sa proposition initiale de récupération de l’abolition des la taxe santé, le PQ risquait de dégarnir légèrement le porte-monnaie de certains petits amis du PLQ et de la CAQ et, qu’en ce sens, le gouvernement péquiste minoritaire devait jouer de stratégie dans ce dossier.

Toutefois, en ce qui a trait aux engagements électoraux du PQ de jouer de bras de fer dans ses négociations avec Ottawa concernant la récupération de certains pouvoirs, je vois mal pourquoi un changement d’attitude maintenant, compte tenu qu’il aurait pu facilement bénéficier de l’appui des partis d’opposition en ce domaine et, de la sorte, contourner les inconvénients de son statut minoritaire.

En somme, j’ai l’impression que la faible marge de manœuvre du gouvernement péquiste ne vient pas seulement de son statut minoritaire mais qu’elle est attribuable, tout au moins dans le dossier de ses relations avec le fédéral, à son plan de gouvernance souverainiste qui, en plus de nous conduire à nouveau dans un cul-de-sac, subit les contrecoups de son statut minoritaire.

quebechebdo 12 octobre 2012

Une tempête dans un verre d’eau

12 octobre 2012

Les hauts cris d’indignation lancés par les vierges offensées libérales par la voix du porte-parole de l’opposition officielle, Jean-Marc Fournier, concernant les mesures proposées par la ministre de l’Éducation, tentent encore une fois de susciter la colère et l’inquiétude des Québécois sur des thèmes majeurs de leur existence, à savoir leur langue et leur culture.

En guise d’éclaircissement, je vous présente lesdites mesures, les arguments du gouvernement et les réactions qu’elles ont suscitées de la part de Jean-Marc Fournier. D’abord, en ce qui a trait à l’enseignement de l’anglais, le gouvernement Marois veut en revoir deux aspects, soit de mettre un frein à l’implantation du programme intensif en sixième année d’ici 2015 et d’abolir les cours obligatoires dès la première année.

Concernant l’implantation du programme intensif en sixième année, Mme Malavoy invoque sa réticence à implanter un tel programme pour tous les élèves, alléguant la prudence sur les conséquences d’une tel programme sur les élèves en difficulté et sur les enseignants qui ont déjà, pour plusieurs, manifesté leur intention d’être mutés à un autre degré si une telle mesure était implantée dans leur école. À cela, M. Fournier réplique que le PQ, en agissant de la sorte, veut pénaliser « l’avenir collectif du Québec en voulant limiter l’aptitude des Québécois à parler plus d’une langue ».

En ce qui a trait à l’intention d’abolir les cours d’anglais obligatoires dès la première année, la ministre de l’Éducation soulève un problème, à mon sens, majeur, à savoir celui d’introduire une langue étrangère alors que les enfants commencent à peine à maîtriser les concepts, la grammaire, la syntaxe et le vocabulaire de leur langue maternelle. Ce à quoi rétorque Jean-Marc Fournier : « Il y a au Québec des Québécois d’expression anglaise, ce sont des Québécois, ce ne sont pas des étrangers…l’intolérance du Parti québécois doit cesser ».

L’autre mesure proposée par Marie Malavoy concerne l’intention du gouvernement de faire une plus grande place à la question nationale dans les cours d’histoire du secondaire, la ministre alléguant que l’histoire du Québec, qu’on le veuille ou non, est traversée par le débat national. « On est profondément divisé sur cette question…On doit pouvoir parler de la question nationale. Pas pour dire aux gens quoi penser, mais parce que cela traverse notre quotidien », en citant au passage les divergences d’opinion sur le protocole de Kyoto avec le gouvernement conservateur ou encore la question du registre des armes à feu.

Pour ce qui est du porte-parole de l’opposition officielle, la ministre a « abdiqué de ses responsabilités au profit de l’aile radicale de son parti ». En conséquence, le chef libéral par intérim demande à la première ministre Pauline Marois de ramener à l’ordre sa ministre de l’Éducation et de veiller à ce qu’elle « ne se servira pas des écoles québécoises pour amener notre jeunesse dans la trappe à homards de la souveraineté ».

En somme, quand on observe objectivement les mesures proposées par la ministre de l’Éducation, on ne peut que constater qu’elles ne visent que des objectifs réalistes et sur lesquels les partis politiques d’opposition, au lieu de crier au scandale, auraient avantage à prendre du recul pour les analyser au lieu d’en faire une tempête dans un verre d’eau aux allures de vil capital politique comme nous y a habitué depuis des décennies le PLQ.

Enfin, j’espère que, dans ces dossiers, le PQ ne ressortira pas encore le spectre de son statut minoritaire pour faire marche arrière comme il l’a fait récemment en ce qui a trait à la taxe santé et à son attitude dans ses relations avec le gouvernement fédéral !

vigile.net tribune libre 12 octobre 2012
quebechebdo 13 octobre 2012 

Le rap contre la répression

11 octobre 2012

Dans un pays où la femme est considérée comme étant condamnée à occuper l’arrière-scène, la rappeuse afghane de 23 ans, Sosan Firooz, utilise le rap comme forme d’expression contre la répression des femmes et comme moyen privilégié de clamer ses espoirs de paix en Afghanistan.

Pendant la guerre civile afghane des années 90 et l’ascension vers le pouvoir du régime taliban de 1996, la famille de Sosan ayant déménagé en Iran pendant cinq ans, la première rappeuse afghane raconte son mépris ressenti envers les « sales réfugiés afghans ».

En écoutant les paroles de ses chansons, empreintes d’un réalisme souvent inimaginable et percutant, Sosan Firooz supplie les afghanes de demeurer dans leur pays et de continuer la lutte pour leur libération…un cri du cœur qui ne peut que susciter compassion et encouragement!

quebechebdo 11 octobre 2012

 

 

Une tribune idéale pour Pauline Marois pour se démarquer de Harper

10 octobre 2012

Il m’arrive régulièrement de consulter les articles qui apparaissent dans la rubrique « Il y a un an, il y a deux ans… » sur la page d’accueil de la tribune libre de Vigile. Or, en cette soirée du 9 octobre, à la rubrique « Il y a un an », je suis tombé sur deux articles qui traitaient sensiblement du même sujet, à savoir certaines déclarations « fracassantes » que Pauline Marois avait faites au cours des derniers jours.

D’entrée de jeu, mon argumentaire ne vise aucunement l’intégrité des auteurs de ces articles mais plutôt le contenu des déclarations de Pauline Marois qui, rappelons-le, ont été faites lorsqu’elle était chef de l’Opposition officielle à l’Assemblée nationale du Québec.

D’abord, voici un extrait de l’article de Robert Barberis-Gervais paru sur cette tribune en date du 10 octobre 2011 sous le titre : « Je veux créer le pays du Québec » – Pauline Marois » :

« En réponse à une question de Jean Lapierre : "Vous êtes pas tannée de vous faire poignarder dans le dos par des gens de votre parti !", Pauline Marois a répondu : "Oui, je suis tannée. Mais je continue pour trois raisons. A cause de mes convictions. Parce que je crois qu’avec notre programme, on peut aider les gens ordinaires et améliorer leur situation. Et parce que je veux créer un pays, le Québec." C’est ce que j’ai entendu à l’émission Lapierre-Larocque, dimanche le 9 octobre 2011. »

Ensuite, je vous cite un extrait de l’article de René-Marcel Sauvé, paru sur vigile.net le même jour, intitulé « Abolir le gouvernement fédéral » vient d’être proposé par Pauline Marois » :

« Abolir le gouvernement fédéral » vient d’être proposé par Pauline Marois dans un discours politique adressé à une foule de 600 personnes à l’Assomption. Ses propos ont été accueillis par des applaudissements à tout rompre, qui frisaient le délire. Pauline Marois vient de proposer la formule gagnante qui remplace toutes les conditions gagnantes que tant de Québécois, nationalistes, souverainistes et séparatistes attendent depuis longtemps. »

Or, un an plus tard, le nouveau ministre des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur, Jean-François Lisée, même s’il donne l’assurance que Québec prendra sa place dans le cadre du 14e Sommet de la Francophonie qui se déroulera à Kinshasa en République démocratique du Congo du 12 au 14 octobre, demeure prudent quant à la possibilité que Mme Marois se fasse remarquer par un coup d’éclat.

Pourtant, à l’occasion de cette première rencontre officielle entre Stephen Harper et la première ministre du Québec, ce Sommet de la Francophonie ne serait-il pas l’occasion idéale pour Mme Marois de donner un avant-goût du ton qu’elle a l’intention d’adopter face aux politiques rétrogrades du gouvernement Harper sur le plan linguistique, d’autant plus que ce Sommet sera le premier de l’histoire de la Francophonie à adopter une politique de promotion et de défense du français dans le monde ?

Dans l’hypothèse où Pauline Marois adopte une attitude tièdement provinciale à ce sujet au Sommet de Kinshasa, nous pourrons en conclure qu’il y a loin de la coupe aux lèvres et que les propos qu’elle a tenus il y a un an ont perdu toute leur vigueur depuis qu’elle occupe le siège du pouvoir !

vigile.net tribune libre 10 octobre 2012
quebechebdo 10 octobre 2012 (version abrégée) "Sommet de la Francophonie – Une tribune idéale pour Pauline Marois"

Le PQ à l’heure du choix…la coalition ou l’érosion

9 octobre 2012

Avant la rentrée scolaire, je me rappelle qu’à titre de directeur de l’école, je rencontrais mon équipe de direction pour déterminer ensemble les priorités que nous entendions mettre de l’avant au cours de l’année scolaire.

Par la suite, je convoquais l’ensemble du personnel pour discuter avec lui de ces priorités, écouter leurs commentaires et suggestions, et finalement nous entendre sur le plan d’action que l’équipe de l’école allait présenter aux élèves lors de la rentrée scolaire.

Le 4 septembre 2012, l’ensemble des forces souverainistes du Québec, soit le Parti québécois, Québec solidaire et Option nationale, ont récolté 40% des suffrages exprimés, à savoir près de 1,5 million Québécois parmi les 3,7 millions d’électeurs qui se sont prévalus de leur droit de vote.

Toutefois, plus d’un mois s’est déjà écoulé depuis l’élection d’un gouvernement souverainiste au Québec et aucune déclaration n’est ressortie du cabinet des ministres quant à ses intentions concernant la démarche qu’il entend proposer aux tiers partis pour rallier les forces souverainistes du Québec.

Pourtant, la « directrice » devrait connaître certaines règles de l’art élémentaires quant au bon fonctionnement de « l’école parlementaire », la toute première consistant à rallier ses ouailles autour du projet politique qu’elle entend mettre sur la table pour soutenir le processus d’accès du Québec à son indépendance.

Voilà pourquoi Mme Marois se doit de sonner dans les meilleurs délais la cloche qui annonce la fin de la récréation et de convoquer tous les tenants souverainistes, de tous partis confondus, et de leur proposer un mode de coalition qui saura rallier les forces souverainistes au Québec.

Et pour y arriver, la nouvelle première ministre devra, à mon sens, dans un premier temps, élever le débat au-dessus de toute partisanerie électoraliste et descendre de sa « tribune parlementaire » pour enfin s’asseoir à la table de la nécessaire concertation avec ceux qui aspirent aux mêmes ambitions qu’elle prétend véhiculer, à savoir l’accession du Québec à son statut de pays.

Même si le nouveau gouvernement a agi jusqu’à maintenant dans le sens de ses engagements électoraux depuis le début de son mandat, il devra tôt ou tard être confronté, entre autres, à l’opposition féroce du chef des poules caquistes qui n’attend que l’occasion de caqueter dans le poulailler du pouvoir lors de la rentrée parlementaire qui risque d’être de courte durée.

À défaut de se soumettre à la stratégie de la concertation et de la coalition avec les autres partis souverainistes, le PQ devra assister impuissant à l’érosion progressive de son membership. En conséquence, Pauline Marois doit maintenant choisir entre la coalition ou l’érosion…et le temps presse car les loups sont à la porte de la bergerie!

quebechebdo 9 octobre 2012
vigile.net tribune libre 9 octobre 2012

 

Je me suis rappelé Leclerc de l’île

7 octobre 2012

J'ai la chance de vivre à quelque trente minutes de l'île d'Orléans et, comme des milliers de Québécois, il m'arrive fréquemment d'y faire un tour, simplement pour me retrouver sur une terre entourée d'eau qui me donne l'illusion d'être isolé du monde terrestre.

Or, un jour où je vivais les blues d’une fin d’automne qui cédait de plus en plus de place aux rigueurs de l’hiver, je me suis rendu sur la pointe de Sainte-Pétronille et, face au fleuve et au paysage que m’offrait la rive sud vue de cet endroit, j’ai griffonné quelques mots qui sont devenus un poème intitulé « Au bout de l’île » :

« Au bout de l’île d’Orléans
Devant le fleuve Saint-Laurent
Tournoyant en reflets d’argent
J’entends le chant des goélands

Sur l’autre rive curieux mariage
De vert côtoyant l’usinage
Le temps sur son infâme passage
Ayant brisé le pâturage

Au loin un paquebot fend l’eau
Du fleuve qui porte sur son dos
La marée noire du cargo
Enfouie dans son lourd tombeau d’eau

Mon regard se porte à nouveau
Sur l’élégant mouvement de l’eau
Je le reçois comme un cadeau
Du matelot venu d’en haut

Par un après-midi d’automne
En revenant par le pont de l’île
Je me suis rappelé Leclerc de l’île
Comme l’homme que toujours on fredonne

De chaque côté du Saint-Laurent
Mon regard se porte à nouveau
Sur l’élégant mouvement de l’eau
En arrière-plan l’île d’Orléans »

Quelques semaines plus tard, « je me suis rappelé Leclerc de l’île »
et me suis rendu faire « Le tour de l’île » en compagnie de Félix qui m’a laissé sur ces paroles :

« …Pour célébrer
L’indépendance
Quand on y pense
C’est-y en France
C’est comme en France
Le tour de l’île
Quarante-deux milles
Comme des vagues
Les montagnes
Les fruits sont mûrs
Dans les vergers
De mon pays

Ça signifie
L’heure est venue
Si t’as compris »

quebechebdo 7 octobre 2012

La cassette des fiscalistes…un chantage éhonté

6 octobre 2012

Des données fiscales publiées par l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) en 2009 sont plutôt étonnantes au moment où le débat sur l’imposition des contribuables québécois les plus fortunés continue d’alimenter les discussions. En effet, on y apprend notamment qu’en 2009, 92 000 contribuables québécois ont déclaré un revenu annuel de 150 000 $ et plus, les sommes de leurs revenus déclarés totalisant ainsi la somme astronomique de 29 milliards $.

Pendant la campagne électorale, le Parti québécois a signifié clairement son intention de créer deux nouveaux paliers progressifs d’imposition pour les contribuables québécois qui ont un revenu de plus de 130 000 $ par année, une mesure fiscale qui toucherait seulement 2 % des contribuables québécois.

En agissant de la sorte, le PQ souhaite créer un quatrième palier qui imposera de 28 % les revenus d’un contribuable qui gagne entre 130 000 $ et 250 000 $ alors qu’un cinquième palier à un taux marginal d’imposition à 31 % verrait également le jour pour tout gain annuel dépassant 250 000 $. En conséquence, un contribuable qui déclarera l’an prochain des revenus de 150 000 $ verra son taux d’imposition progresser de 0,53 % alors que celui qui aura un gain de 300 000 $ paiera 2,77 % de plus annuellement en impôts.

L’IRIS fait également remarquer que les contribuables les plus fortunés ont aussi vu leurs perceptions fiscales réduites de façon significative au cours des 10 dernières années au Québec en raison des nombreuses baisses d’impôts décrétées successivement par Québec et Ottawa. À titre d’exemples, un contribuable qui gagne aujourd’hui 150 000 $ peut compter sur au moins 10 000 $ de plus dans ses poches qu’il y a 12 ans. Par contre, la hausse d’impôts annoncée lui laissera 600 $ de moins dans son portefeuille l’an prochain. Par ailleurs, un travailleur québécois qui gagne de son côté 300 000 $ jouit d’au moins 15 000 $ de plus chaque année qu’en l’an 2000. Avec la hausse d’impôts annoncée par Québec, il payera 8100 $ de plus l’an prochain. Enfin, toujours selon les données de l’IRIS, en 2009, 12 contribuables québécois ayant déclaré plus de 250 000 $ de revenus, grâce à l’appui de fiscalistes qui connaissent très bien les lois sur les impôts, ont réussi à encaisser des prestations d’aide sociale.

Selon Léo-Paul Lauzon, professeur de comptabilité à l'Université du Québec à Montréal, la «cassette» des fiscalistes a souvent tourné : «Ils ne sont pas pour critiquer la main qui les nourrit. Ce n'est pas la première fois qu'on brandit l'épouvantail de l'exode des entreprises et des cerveaux, et cela ne s'est jamais concrétisé», tout en ajoutant qu’ « on a des structures fiscales pour les entreprises meilleures que la Chine, la Russie, la Grande-Bretagne et les États-Unis. Est-ce que pour autant Apple et Microsoft se bousculent pour déménager au Canada?»

Et de conclure M. Lauzon : «Oui, les impôts sont plus élevés ici. Toutefois, avant de dire que les riches vont se précipiter en Ontario, il faudrait ajouter que, dans cette province, le prix des maisons, les impôts fonciers et l'assurance automobile sont beaucoup plus chers qu'au Québec. Tout cela n'est donc que chantage éhonté».

quebechebdo 6 octobre 2012

« L’erreur boréale »…un début de sensibilisation

6 octobre 2012

Dans son dernier numéro de novembre 2012, le magazine "Le bel âge" nous présente, sous la plume de Julie Stanton, un dossier fort stimulant intitulé "Ces homme qui nous inspirent" parmi lesquels elle nous parle de Richard Desjardins.

D’entrée de jeu, je vous propose l’introduction de l’article de Mme Stanton: « Fils, petit-fils et arrière-petit-fils de forestiers, Richard Desjardins a la forêt abitibienne fichée au cœur et de la sève d’épinette noire dans le sang. »

Natif de la ville minière de Noranda en 1948, Richard Desjardins n’a que 5 ans quand son père l’amène pour la première fois au chalet qu’il a bâti après la guerre au bord du lac Vaudray, à 40 minutes de Rouyn : « À cette époque, la forêt était bûchée manuellement et les compagnies étaient obligés de faire attention au bois car sinon, elle perdaient leurs concessions. Pendant l’hiver, les repousses vivaient sous la neige et on n’avait pas besoin de reboiser ».

Ce n’est que 20 ans plus tard qu’il a vraiment réalisé le désastre qui se préparait lorsque son père lui signale la présence d’une abatteuse en plein travail à deux kilomètres du chalet familial : « Je pensais qu’ils étaient en train de construire un aéroport! C’était la première fois de ma vie que je voyais une abatteuse. J’ai crié au chauffeur : « Attention, vous approchez du ruisseau! » Il m’a répondu : « Je le saurai quand je serai rendu d’dans ».

C’est à ce moment-là que « L’erreur boréale » a allumé en lui, un film-choc sur une première véritable sensibilisation du public à la surexploitation forestière, pour lequel il obtient en 1999 le prix Jutra du meilleur documentaire en plus de se mériter au Québec comme en Europe plusieurs prix cinématographiques dans les catégories de l’environnement et du développement durable.

À titre de rappel, Richard Desjardins, appuyé de son ami de longue date Robert Monderie, dénoncent dans leur documentaire l’argument qui prétend que la forêt québécoise a toujours été une source de matière considérée tellement riche qu'elle en est quasi-inépuisable. Alors que le discours officiel assure que le patrimoine forestier demeurera, malgré l'industrialisation, la population ignore les effets néfastes de la coupe à blanc sur de grandes étendues du territoire québécois. Face à ce constat, dans son documentaire, Richard Desjardins donne sa vision de la situation sur l'exploitation erratique et abusive de la forêt boréale québécoise et questionne la responsabilité citoyenne face à la destruction de l'environnement.

Toutefois, la fondation de l’Action boréale de l’Abitibi-Témiscamingue [ABAT], créée en 2000 par Richard Desjardins, soutenu par d’autres indignés telle sa sœur Louise, écrivaine, a réussi un premier pas important auprès des autorités gouvernementales qui ont reconnu en partie le bien fondé du documentaire et l'importance d'une gestion plus responsable des forêts si bien que, le 22 mars 2005, suite au rapport Coulombe, le projet de loi no 71 modifie la Loi sur les forêts en prônant des actions concrètes pour amorcer le virage qui s’imposait.

Néanmoins, même si le rapport Coulombe donne globalement raison au contenu du documentaire de Richard Desjardins, les compagnies rechignent, « Ça va être la guerre ! On n’est pas couchés ! », lance l’activiste qui déplore, du même souffle, l’inertie d’un trop grand nombre de personnes de sa génération qui « sortent pas fort quand vient le temps de s’engager », préférant aller « chez Canadian Tire deux fois par jour pour acheter une vis, puis revenir s’écraser devant la télévision ! »

quebechebdo 6 octobre 2012
vigile.net tribune libre 6 octobre 2012

Commentaire:

"Merci pour ce rappel. Il faut absolument voir le documentaire… On peut le retrouver sur You Tube" 

http://www.youtube.com/watch?v=SrY-…

Gaëtan Pelletier
vigile.net tribune libre 8 octobre 2012

Mystère autour des décès de Noémie et d’Audrey Bélanger

5 octobre 2012

Audrey Bélanger, 20 ans, et sa soeur Noémie, 25 ans, ont été trouvées sans vie dans leur chambre de l'hôtel Palm Residence de l'île de Phi Phi en Thaïlande le 15 juin…de cause inconnue selon les termes de l’enquête de la police thaïlandaise.

Une conclusion à laquelle s’attendait le père, Carl Bélanger: «C'est ce à quoi je m'attendais. J'ai toujours dit que la conclusion de leur enquête serait une cause inconnue. Ils ont tout fait pour éliminer les preuves avant que l'autopsie soit pratiquée», faisant référence au délai qui s'est écoulé entre la découverte des corps de ses filles dans leur chambre d'hôtel et l'autopsie pratiquée en Thaïlande, période suffisante selon lui pour éliminer toute trace de produit toxique dans leur corps…Deux filles dans la vingtaine qui entrent dans leur chambre d'hôtel en parfaite santé et n'en ressortent pas, pour moi, ce n'est pas une raison inconnue.»

Toutes les recherches menées par la police de la Thaïlande relativement aux décès d'Audrey et Noémie sont interrompues. Les autorités policières ont même mis fin à leurs recherches pour tenter de retrouver et d'interroger l'homme qui a été capté par la caméra de surveillance de l'hôtel et qui est venu conduire l'une des soeurs à sa chambre tard dans la nuit du 13 juin, alléguant que cet individu ne vit pas en Thaïlande et que sa famille a demandé de ne pas l'interroger.

Le dossier des décès des sœurs Bélanger est maintenant entre les mains de la Sûreté du Québec qui n’est pas autorisée à se rendre en Thaïlande pour enquêter à moins qu’il y ait eu acte criminel et, pour l’instant, ce n’est pas le cas.

J’espère sincèrement que la confiance manifestée par Carl Bélanger envers la Sûreté du Québec va pouvoir aboutir à des conclusions qui feront la lumière sur les circonstances nébuleuses dans lesquelles sont décédées ses deux filles et qu’enfin, il puisse assumer légitimement son deuil sans que chaque retour de cette affaire dans l'actualité ne le démolisse un peu plus.

quebechebdo 5 octobre 2012