Je me suis rappelé Leclerc de l’île
J'ai la chance de vivre à quelque trente minutes de l'île d'Orléans et, comme des milliers de Québécois, il m'arrive fréquemment d'y faire un tour, simplement pour me retrouver sur une terre entourée d'eau qui me donne l'illusion d'être isolé du monde terrestre.
Or, un jour où je vivais les blues d’une fin d’automne qui cédait de plus en plus de place aux rigueurs de l’hiver, je me suis rendu sur la pointe de Sainte-Pétronille et, face au fleuve et au paysage que m’offrait la rive sud vue de cet endroit, j’ai griffonné quelques mots qui sont devenus un poème intitulé « Au bout de l’île » :
« Au bout de l’île d’Orléans
Devant le fleuve Saint-Laurent
Tournoyant en reflets d’argent
J’entends le chant des goélands
Sur l’autre rive curieux mariage
De vert côtoyant l’usinage
Le temps sur son infâme passage
Ayant brisé le pâturage
Au loin un paquebot fend l’eau
Du fleuve qui porte sur son dos
La marée noire du cargo
Enfouie dans son lourd tombeau d’eau
Mon regard se porte à nouveau
Sur l’élégant mouvement de l’eau
Je le reçois comme un cadeau
Du matelot venu d’en haut
Par un après-midi d’automne
En revenant par le pont de l’île
Je me suis rappelé Leclerc de l’île
Comme l’homme que toujours on fredonne
De chaque côté du Saint-Laurent
Mon regard se porte à nouveau
Sur l’élégant mouvement de l’eau
En arrière-plan l’île d’Orléans »
Quelques semaines plus tard, « je me suis rappelé Leclerc de l’île »
et me suis rendu faire « Le tour de l’île » en compagnie de Félix qui m’a laissé sur ces paroles :
« …Pour célébrer
L’indépendance
Quand on y pense
C’est-y en France
C’est comme en France
Le tour de l’île
Quarante-deux milles
Comme des vagues
Les montagnes
Les fruits sont mûrs
Dans les vergers
De mon pays
Ça signifie
L’heure est venue
Si t’as compris »
quebechebdo 7 octobre 2012
Henri Marineau

