L’aura avant les idées

8 septembre 2013

En janvier 2013, un sondage Segma Recherche révélait que le maire de Saguenay, Jean Tremblay, « remontait la pente » avec un taux d’approbation quasi unanime de 87 %. Or, la pente évoquée par l’hebdomadaire référait à un « creux historique » de 73 % d’opinion positive atteint par M. Tremblay en octobre 2011 à la suite de sa bataille autour de la prière aux réunions du conseil municipal.

Un phénomène qui semble marquer la propension des Québécois à pencher pour des candidats à la mairie qui « se tiennent debout face à la fonction publique municipale et face à toutes les contraintes qu’ils rencontrent. Les gens veulent un boss, et les politiciens qui exercent ce type de leadership ont une cote de popularité élevée », affirme Raynald Harvey, président de la firme de sondages Segma.

Sans que les électeurs québécois n’attachent aucune importance aux qualités de gestionnaires des candidats, la tendance qui ressort de l’histoire récente des élections municipales québécoises démontre clairement que les aspirants leaders municipaux dotés d’une forte personnalité partent avec une longueur d’avance sur leurs rivaux qui insistent davantage sur l’idéologie de leur parti.

Une cote d’insatisfaction envers les partis municipaux qui risque de s’accentuer suite aux révélations troublantes de la commission Charbonneau au sujet des réseaux de collusion et corruption qui se sont érigés entre les autorités municipales et les intervenants de la construction.

Selon Laurence Bherer, professeure de science politique à l’Université de Montréal, la perte de valeur des partis politiques municipaux explique en bonne partie le culte de la personnalité autour des maires. Sur la scène municipale, les partis sont éphémères, peu solides, et finissent par tous se ressembler. La population se méfie des partis, perçus comme des machines électorales et non pas des machines à idées. « Sans partis qui se distinguent, les courses à la mairie peuvent se transformer en concours de personnalité. C’est la stratégie de Denis Coderre pour la mairie de Montréal », pense Mme Bherer.

Toutefois, selon Benoît Gignac, auteur, consultant en communication et ex-attaché de presse de Jean Doré, l’ex-maire de Montréal de 1986 à 1994 était tout le contraire d’un sauveur charismatique. C’était un « gars de gang » qui s’appuyait sur l’équipe de son parti et qui incarnait une espèce répandue dans la faune municipale, mais qui ne fait pas les manchettes : le maire plus discret, moins flamboyant, mais capable de gérer une ville de façon efficace.

À mon sens, les candidats à la mairie qui préconisent une gestion démocratique au sein d’un parti municipal ont du pain sur la planche avant d’éclipser l’image omniprésente de l’aura des candidats populistes et de réussir à imposer leurs idées auprès des électeurs québécois…C’est pourtant à ce niveau qu’une véritable gestion des affaires municipales retrouvera ses lettres de noblesse !

vigile.net tribune libre 8 septembre 2013
quebechebdo 8 septembre 2013

Xavier Dolan à plein gaz

7 septembre 2013

En 2008, Xavier Dolan entreprend de manière autodidacte la production puis la réalisation de son premier long métrage « J'ai tué ma mère », sélectionné à la 41ième Quinzaine des réalisateurs à Cannes ; en 2009, il écrit le scénario de son deuxième long métrage, « Les Amours imaginaires » qui reçoit un accueil très enthousiaste de la critique du Festival de Cannes en mai 2010 ; en 2011, il amorce le tournage de « Laurence Anyways », sélectionné encore une fois au festival de Cannes 2012 dans la section « Un certain regard ».

Le quatrième long métrage du cinéaste québécois Xavier Dolan « Tom à la ferme », un thriller psychologique, vient de recevoir à Venise le Prix de critique internationale du meilleur long métrage…et le cinquième long métrage du cinéaste de 24 ans est déjà en préparation. Xavier Dolan, à plein gaz sur les écrans des cinéphiles avertis!

 

quebechebdo 7 septembre 2013
Le Journal de Québec 8 septembre 2013 

Lac Mégantic: ville endeuillée

6 septembre 2013

Deux mois après la funeste tragédie de Lac Mégantic qui a vu son centre-ville éventrée par le train meurtrier de la Montreal, Maine and Atlantic Railway, l’horreur a cédé la place à la fatidique réalité d’une ville endeuillée où les obsèques se succèdent au rythme de la remise des corps des victimes aux familles.

Depuis que les toiles noires qui voilaient la zone sinistrée ont été enlevées, plusieurs résidents sont confrontés à chaque réveil à la profonde cicatrice béante toujours visible au cœur de leur ville.

Quoique le Musi-Café aménagé sous le chapiteau après sa destruction le 6 juillet ait jeté un certain baume sur leurs plaies, plusieurs résidents craignent que l’arrivée de l’automne et la fin de la programmation ne laissent un grand vide dans l’exutoire que leur permettait cette bouée de sauvetage.

Toutefois, depuis la présentation d’un plan de reconstruction de la ville par le gouvernement du Québec, une lueur d’espoir s’est allumée dans le regard des Méganticois qui commencent à percevoir la lumière au bout du tunnel…comme quoi, la vie doit inlassablement reprendre le pas sur la mauvaise fortune!

quebechebdo 6 septembre 2013

La trudeaumanie, version moderne

6 septembre 2013

Interrogé sur la présence de l’armée canadienne dans les rues de la ville le 13 octobre 1970 par un journaliste qui lui demande jusqu’où il irait dans la suspension des libertés civiles pour maintenir l’ordre, Pierre-Elliott Trudeau lui répond « Well, just watch me »… Trois jours plus tard, il proclame la Loi des mesures de guerre.

Quelque 40 ans plus tard, on apprend que le PLC de Justin Trudeau décide de réduire radicalement la taille de son personnel au Québec qui passera de 12 à 3. Pas surprenant puisque le nouveau chef, à lui seul, a permis à sa formation politique de reprendre la pôle position dans le dernier sondage Léger Marketing avec 35 % des intentions de vote au Québec.

La raison de cette remontée impressionnante ? Les aveux « sympathiques » de Justin Trudeau sur ses finances personnelles, la divulgation de certaines notes de frais en ligne, sa confession au sujet de sa consommation de marijuana.

Vous ne trouvez pas que toute cette mise en scène ressemble beaucoup au « Just watch me » de son père, version moderne?

quebechebdo 6 septembre 2013
Le Soleil 9 septembre 2013

Il faut rendre à César…

5 septembre 2013

Depuis l’avènement au pouvoir du Parti québécois le 4 septembre 2012, nombreux ont été les commentaires [dont certains des miens] qui ont décrié sa valse hésitation, ses promesses électorales non tenues, ses annonces publiques suivies de reculs et ses décisions recadrées, une attitude qui a souvent donné l’impression d’une improvisation constante et d’un amateurisme inquiétant de la part d’un gouvernement.

Les exemples en ce sens sont nombreux : recul sur l’abolition de la taxe santé, réforme de la loi 101 annoncée en grande pompe mais sans véritable mordant, dégel des tarifs d’électricité, compressions surprises et nombreuses dans les programmes sociaux, projet de loi controversé et décevant sur les redevances minières, etc…

Toutefois, il faut bien l’admettre, le véritable ennui pour Pauline Marois et son équipe s’est trouvé dans le statut minoritaire de son gouvernement. Dans ce contexte plutôt inconfortable, les nouveaux ministres péquistes ont non-seulement dû apprendre à gouverner rapidement, mais ils ont dû le faire en découvrant l’art du compromis politique, chose difficile pour quiconque aspire à diriger sans les pleins pouvoirs.

Malgré tout, force est de constater que le gouvernement Marois a tout de même marqué des points dans des dossiers importants, à savoir une solution acceptable à la crise étudiante, l’abandon de l’amiante, la fermeture de Gentilly 2 et le moratoire sur le gaz de schiste, l’abaissement des dons aux partis politiques, la loi sur la destitution des maires accusés au criminel, les élections à date fixe et la loi 1 sur l’octroi des contrats publics.

C’est un fait reconnu, Pauline Marois et son équipe ministérielle ont fait du va et vient politique un exercice quasi hebdomadaire durant leurs premiers mois de gouvernance. Par ailleurs, je dois admettre que je préfère de loin des dirigeants qui admettent s’être trompés et reculent, à des leaders qui, persuadés de la justesse de leurs actions, passent outre le sentiment populaire et imposent ce qu’ils croient approprier pour le citoyen.

À la suite du dépôt de la charte des valeurs québécoises qui doit être fait d’ici quelques jours, la reprise des travaux parlementaires s’annoncent chauds pour la troupe de Pauline Marois et le défi est immense compte tenu de l’émotivité engendré par ce sujet délicat.

En conclusion, j’accorderais une note positive au « bulletin » du gouvernement péquiste qui a su, malgré ses nombreux reculs, faire preuve de transparence et de sagesse, des qualités auxquelles les Québécois n’étaient plus habitués au cours des années de gouvernement libéral…Bref, un bilan qui m’amène à rendre à César ce qui appartient à César!

quebechebdo 5 septembre 2013

Richard Desjardins à la défense des aires protégées

4 septembre 2013

« Si les claims [titres miniers] restent tout-puissants, ce ne sera pas une avancée. C’est la pierre d’achoppement de tout le régime minier. Si la société doit encore endurer le pouvoir excessif des compagnies minières, ce ne sera pas une avancée…L’empire des mines fait en sorte qu’aucun nouveau projet d’aire protégée ne peut y être instauré. »
Richard Desjardins lors de son passage devant la commission parlementaire qui étudie le projet de loi 43

À titre d’exemple pour le moins percutant, Richard Desjardins a illustré, au moyen d’une carte, l’omniprésence de titres miniers à l’ouest de Rouyn-Noranda, ce qui a pour effet de bloquer un projet d’aire protégée de 1200 kilomètres carrés sur le magnifique territoire de Kanasuta, alors qu’il n’a jamais été démontré que ce secteur à haute valeur écologique renfermerait un gisement minier exploitable.

Une situation jugée scandaleuse par l’artiste et militant : « On passe pour des extrémistes parce qu’on veut protéger une partie du territoire de la forêt boréale. L’industrie minière contrôle 40 % du territoire de l’Abitibi, elle en a fait une aire protégée minière. »

Pour contrer cette invasion des compagnies minières, le gouvernement Marois a prévu de donner aux municipalités régionales de comté le droit de délimiter tout territoire « incompatible » ou alors « compatible sous conditions » avec l’exploitation minière, le ministère des Ressources naturelles comptant s’octroyer un droit de regard sur la définition de telles zones. Et, comble de laxisme, les claims déjà accordés sur ces zones demeureraient actifs pour autant qu’elle font l’objet de travaux d’exploration.

Aux yeux de Richard Desjardins, il émet de sérieuses réserves sur la possibilité de voir le gouvernement accoucher d’une réforme minière qui mettrait fin à la préséance du droit minier. « Pour le moment, on ne le sait pas. Ça discute beaucoup, ça tourne autour du pot. Il ne faut pas oublier qu’il y a une centaine de lobbyistes de l’industrie qui sont très actifs. Jusqu’à quel point les élus vont résister à leur influence ? On ne le sait pas encore. »

« Les minières ne changeront jamais d’elles-mêmes, a-t-il poursuivi. Tout ce qu’elles ont fait, c’est engager du monde pour s’occuper de leurs relations publiques. Ce sont seulement les lois qui vont les forcer à changer. Pour ça, il faut que le gouvernement mette ses culottes et que les partis d’opposition soient conciliants. On va tout de même pas se présenter une quatrième fois en commission parlementaire. On a autre chose à faire. »

Le dossier de la réforme de la loi 101 est mort au feuilleton devant la situation d’un gouvernement minoritaire, la réforme de l’assurance-emploi est de juridiction fédérale…Et maintenant, que va invoquer le gouvernement Marois pour justifier sa valse-hésitation concernant l’occupation démesurée des compagnies minières sur le territoire québécois?…La puissance du lobby minier?

quebechebdo 4 septembre 2013
vigile.net tribune libre 4 septembre 2013

Un autre pied de nez de Harper au Québec

4 septembre 2013

La plus récente réforme de l'assurance-emploi est entrée en vigueur en janvier 2013. Elle faisait partie du projet de loi omnibus C-38 adopté en juin 2012 par le gouvernement Harper. Avec la réforme, il existe maintenant trois catégories de prestataires, pour lesquelles la recherche d'un emploi convenable n'a pas les mêmes caractéristiques, la plus critiquée de ces catégories étant celle du « prestataire fréquent », se définissant comme « prestataire pendant trois périodes totalisant au moins 60 semaines au cours des cinq dernières années. »

L'opposition à cette catégorie s'est surtout manifestée dans l'Est du pays, où la proportion de travailleurs saisonniers est plus élevée, ces travailleurs étant plus susceptibles de devenir des prestataires fréquents de l'assurance-emploi. Il s'agit par exemple des travailleurs des pêcheries, de l'agriculture et de la foresterie, mais aussi du tourisme, du transport scolaire, des services de garde en milieu scolaire, de la construction, du cinéma et de la télévision, etc.

Le gouvernement du Québec a d'ailleurs été un des plus fervents critiques des nouvelles modalités. « On demande d'en suspendre l'application, d'autant plus qu'on commence à en mesurer les impacts sur le Québec », a affirmé le ministre des Affaires gouvernementales, Alexandre Cloutier. En effet, 40 % des travailleurs saisonniers qui bénéficient de l'assurance-emploi au Canada sont des Québécois.

À cet effet, le gouvernement du Québec a mis sur pied une Commission nationale d'examen sur l'assurance-emploi, chargée de faire des recommandations sur l'impact de la réforme sur le recrutement, l'embauche et la rétention. La Commission a reçu jusqu'à maintenant plus d'une soixantaine de mémoires, dont 17 en provenance des trois régions de l'Est du Québec, tous défavorables à la réforme.

Le coprésident de la Commission, Gilles Duceppe a de son côté insisté sur l'importance de mener une étude d'impact avant tout projet public de cette envergure, un travail qui n'a pas été fait, selon lui. « C'est nécessaire de faire cette étude d'impact dans le cadre de la réforme de l'assurance-emploi… Il faut essayer de prévoir, voir ce qu'il en est pour développer les politiques les plus correctes possible ».

Par ailleurs, fidèle à sa prudence « légendaire », l'ancien chef du Bloc québécois s'est engagé à ne parler que d'assurance-emploi à titre de coprésident de cette Commission et a refusé de dire, en réponse à un journaliste, si la question de l'assurance-emploi pourrait faire partie d'une éventuelle campagne référendaire au Québec. « Être fédéraliste ou souverainiste, ce n'est pas une question qu'on se pose, ce n'est pas notre mandat ».

Le rapatriement de l’assurance-emploi est inscrit au programme du Parti québécois et Pauline Marois en a fait une promesse lors de la dernière campagne électorale, avançant même l’idée de faire un « opting out » dans le cas d’une fin de non-recevoir de la part du fédéral, ce qui est déjà confirmé.

De plus, si la tendance se maintient, la Commission nationale d’examen sur l’assurance-emploi ne fera que confirmer le désaveu des Québécois vis-à-vis la réforme-Harper. En conséquence, nous assistons encore une fois à pied de nez mesquin de Harper au Québec, cette fois en direction des milliers de travailleurs saisonniers québécois !

quebechebdo 4 septembre 2013

Marijuana ou assurance-emploi?

3 septembre 2013

À la même période où une réforme fédérale de l’assurance-emploi est critiquée sévèrement de partout au Canada, particulièrement en ce qui a trait aux prestataires « fréquents » qui touchent 40 % des travailleurs saisonniers québécois au Canada, un récent sondage Léger-Le Devoir montre que 70 % des Québécois jugent « acceptable » qu’un « député comme Justin Trudeau ait fumé de la marijuana » alors qu’il était élu.

Décidément, la firme de sondages Léger Marketing a raté une belle occasion de viser la bonne cible!

quebechebdo 3 septembre 2013

Gérard Paradis (1921-2013)

3 septembre 2013

Les gens de ma génération se souviendront avec une certaine nostalgie de l’émission radiophonique Les Joyeux Troubadours de la Société Radio-Canada, diffusée du 13 octobre 1941 au 2 septembre 1977, ce qui en fait l'une des émissions de la Société d'État qui a connu la plus longue période de radiodiffusion.

La formule de l'émission a peu varié au cours des années. Elle débutait par des bruits de coups frappés à la porte – toc-toc-toc –, une voix, de l'intérieur, demandait : « Qui est là? », et toute l'équipe répondait : « Les Joyeux Troubadours », puis la voix enchaînait : « Mais entrez, voyons ! »

Parmi les voix qui animaient Les Joyeux Troubadours se trouvait celle de Gérard Paradis qui a succombé à une maladie cardiaque le 2 septembre 2013 à l’âge de 92 ans, une voix de ténor dont la chaleur légendaire est venue réchauffer l’atmosphère des foyers québécois pendant 26 ans.

Par un effet du hasard, Gérard Paradis s’est éteint un 2 septembre, soit la même date que la fin des Joyeux Troubadours…Désormais, Gérard Paradis ne frappera plus à la porte…il est maintenant passé de l’autre côté !

quebechebdo 3 septembre 2013

Surtout ne pas oublier

2 septembre 2013

Deux mois se sont déjà écoulés depuis que les Méganticois furent éveillés brusquement par un fracas de métal en furie en cette nuit du 6 juillet 2013 qui s’annonçait pourtant paisible comme d’habitude…

Depuis lors, beaucoup d’encre a coulé sur les pages des médias, louant tantôt le courage et la solidarité des Méganticois, dénonçant tantôt le désengagement des dirigeants de la compagnie ferroviaire, tantôt le laxisme des autorités fédérales en matière de transport ferroviaire.

Deux mois plus tard, la vie tente de reprendre un cours normal malgré les cicatrices encore vives des pertes humaines que plusieurs Méganticois ont dû subir et le décor apocalyptique que leur offre encore le centre-ville de leur municipalité.

Le temps demeure toujours le meilleur remède à la guérison de ces plaies…Toutefois, ce temps bénéfique ne doit surtout pas nous permettre d’oublier les causes d’une telle tragédie qui doivent être élucidées si nous ne voulons pas que d’autres catastrophes semblables ne se reproduisent.

quebechebdo 2 septembre 2013