Il faut rendre à César…
Depuis l’avènement au pouvoir du Parti québécois le 4 septembre 2012, nombreux ont été les commentaires [dont certains des miens] qui ont décrié sa valse hésitation, ses promesses électorales non tenues, ses annonces publiques suivies de reculs et ses décisions recadrées, une attitude qui a souvent donné l’impression d’une improvisation constante et d’un amateurisme inquiétant de la part d’un gouvernement.
Les exemples en ce sens sont nombreux : recul sur l’abolition de la taxe santé, réforme de la loi 101 annoncée en grande pompe mais sans véritable mordant, dégel des tarifs d’électricité, compressions surprises et nombreuses dans les programmes sociaux, projet de loi controversé et décevant sur les redevances minières, etc…
Toutefois, il faut bien l’admettre, le véritable ennui pour Pauline Marois et son équipe s’est trouvé dans le statut minoritaire de son gouvernement. Dans ce contexte plutôt inconfortable, les nouveaux ministres péquistes ont non-seulement dû apprendre à gouverner rapidement, mais ils ont dû le faire en découvrant l’art du compromis politique, chose difficile pour quiconque aspire à diriger sans les pleins pouvoirs.
Malgré tout, force est de constater que le gouvernement Marois a tout de même marqué des points dans des dossiers importants, à savoir une solution acceptable à la crise étudiante, l’abandon de l’amiante, la fermeture de Gentilly 2 et le moratoire sur le gaz de schiste, l’abaissement des dons aux partis politiques, la loi sur la destitution des maires accusés au criminel, les élections à date fixe et la loi 1 sur l’octroi des contrats publics.
C’est un fait reconnu, Pauline Marois et son équipe ministérielle ont fait du va et vient politique un exercice quasi hebdomadaire durant leurs premiers mois de gouvernance. Par ailleurs, je dois admettre que je préfère de loin des dirigeants qui admettent s’être trompés et reculent, à des leaders qui, persuadés de la justesse de leurs actions, passent outre le sentiment populaire et imposent ce qu’ils croient approprier pour le citoyen.
À la suite du dépôt de la charte des valeurs québécoises qui doit être fait d’ici quelques jours, la reprise des travaux parlementaires s’annoncent chauds pour la troupe de Pauline Marois et le défi est immense compte tenu de l’émotivité engendré par ce sujet délicat.
En conclusion, j’accorderais une note positive au « bulletin » du gouvernement péquiste qui a su, malgré ses nombreux reculs, faire preuve de transparence et de sagesse, des qualités auxquelles les Québécois n’étaient plus habitués au cours des années de gouvernement libéral…Bref, un bilan qui m’amène à rendre à César ce qui appartient à César!
quebechebdo 5 septembre 2013
Henri Marineau

