Le franc-parler au pilori

13 septembre 2013

L’expulsion de Maria Mourani du caucus du Bloc québécois suite à ses prises de position concernant le projet de Charte des valeurs québécoises remet sur la table le débat entre l’opinion d’un membre d’un parti politique et la ligne de parti.

Reconnue pour son franc-parler, Maria Mourani n’y est pas allée avec le dos de la cuillère en accusant Bernard Drainville de « faire fausse route » en instaurant une « discrimination contre les femmes » et en déplorant que le PQ s’apprête à perdre des joueurs « qui ne veulent plus faire partie de ce mouvement-là parce qu’ils pensent que c’est un nationalisme ethnique ».

La goutte d’eau venait de faire déborder le vase…Aux yeux du chef du Bloc, Daniel Paillé, c’en était assez. Devant le refus de Mme Mourani de cesser de s’exprimer « de façon aussi virulente », on allègue dans l’entourage de Daniel Paillé qu’il n’avait d’autre choix que de riposter à ce refus de suivre la ligne de parti.

Pourtant, à cet effet, Bernard Landry invoque que la ligne de parti n’est pas véritablement en cause puisque le vote sur la Charte des valeurs québécoises ne se tient pas à la Chambre des communes et, qu’en ce sens, la direction du Bloc a commis une « erreur » en expulsant la députée bloquiste du caucus. « C’est une émission d’opinion dans un débat démocratique important… Je suis profondément attristé, a poursuivi l’ancien premier ministre. J’ai une immense sympathie pour cette femme. Ç’a été une militante exceptionnelle. Elle est elle-même un modèle d’intégration. Elle n’est pas née sur les rives du Saint-Laurent, mais sur les rives de la Méditerranée, et elle est devenue profondément québécoise. »

Quant à la grogne suscitée par la décision du chef du Bloc, ce dernier a refusé de s’inquiéter et s’est défendu d’empêcher le débat. « On peut être en désaccord sur certains aspects. Mais de manière aussi virulente… On ne pourrait pas faire son rôle de député du Bloc québécois, qui est de faire valoir à Ottawa les intérêts du Québec sans compromis. »

Mais là où le bât blesse avec acuité, c’est que M. Paillé et Mme Mourani se rejoignent sur une position commune relativement à l’interdiction de porter des symboles religieux sur les lieux de travail, le chef du Bloc laissant lui-même entendre que la proposition péquiste allait peut-être trop loin, tout en rappelant la position du Bloc devant la commission Bouchard-Taylor proposant l’interdiction de symboles religieux pour les postes « qui représentent l’autorité de l’État », le parti allant même jusqu’à dire qu’il voyait « mal la pertinence d’une interdiction globale ».

Alors, M. Paillé, où est votre congruence ? À moins que vous ne l’ayez reléguée quelque part entre Ottawa et Québec…et si c’était le cas, je vous conseille d’installer vos pénates sur les terres de vos commettants, à savoir les Québécois !

vigile.net tribune libre 13 septembre 2013
quebechebdo 14 septembre 2013

Décès d’Albert Jacquard (1925-2013)

13 septembre 2013

Dans tout ce branle-bas suscité par la Charte des valeurs québécoises, le monde journalistique est en train de reléguer aux oubliettes la mort de Albert Jacquard survenue le 11 septembre 2013 des suites d’une leucémie à l’âge de 87 ans.

Lors de son dernier entretien avec Le Devoir en mai dernier, le célèbre généticien nous laissait une sorte de « charte des valeurs » dans ce qu’il appelait « l’humanitude », c’est-à-dire une humanité qui soit complètement basée sur d’autres forces économiques et humaines.

« Ça ne va pas être facile, il faut changer les états d’esprit, changer les rapports entre les uns et les autres. Le point de départ, c’est de réaliser que le rapport entre les hommes a été gâché. L’homme est quelqu’un capable de rencontrer l’autre en étant efficace. Or, on ne se rencontre plus, actuellement, et si on le fait, on le fait dans la violence. Je crois qu’il faut changer la façon de réagir à la rencontre de l’autre, et ce n’est pas rien ».

En fouillant dans les citations d'Albert Jacquard, j’en ai retenu trois, extraites de la Petite Philosophie à l'usage des non-philosophes, et qui me semblent inspiratrices de valeurs dans la saga qui gravite autour de la Charte des valeurs québécoises :

« Il faut prendre conscience de l’apport d’autrui, d’autant plus riche que la différence avec soi-même est plus grande. »

« Désormais la solidarité la plus grande est celle de l’ensemble des habitants de la Terre. »

« Les autres ne sont pas notre enfer parce qu'ils sont les autres ; ils créent notre enfer lorsqu'ils n'acceptent pas d'entrer en relation avec nous. »

quebechebdo 13 septembre 2013 
vigile.net tribune libre 14 septembre 2013 "Disparition d'Albert Jacquard (1925-2013)"

Pour une Charte « raisonnable »

13 septembre 2013

Depuis la présentation officielle du projet de Charte des valeurs québécoises par le ministre Bernard Drainville, et bien avant compte tenu de la « fuite » médiatique dont elle a été l’objet, il m’apparaît incontestable que le tollé de contestations qu’elle soulève la destine à un avenir pour le moins turbulent.

On aura beau invoquer que le ROC martèle les Québécois de tous les noms et s’amuse à jouer à son petit jeu préféré, à savoir le « quebec bashing », il n’en demeure pas moins que les critiques les plus virulentes proviennent des minorités visibles du Québec, particulièrement des femmes.

À ce effet, il ne fait aucun doute que l’interdiction de porter des signes « ostentatoires » [qui cherche à se faire remarquer et fait étalage d'un avantage ou d'une qualité] en milieu de travail soulève le plus de commentaires négatifs, la plupart d’entre eux tournant autour de la liberté de porter les accessoires de leur choix pour exercer leur profession.

Une anecdote fort révélatrice à ce sujet : un hôpital ontarien, le Lakeridge Health, a décidé de profiter de la controverse suscitée au Québec par l’interdiction des signes religieux en milieux de travail à l’intérieur de la Charte des valeurs québécoises en achetant un espace publicitaire dans le journal étudiant de l’Université McGill. La publicité montrera une médecin musulmane qui arbore un voile coloré et un sourire paisible, ainsi que le slogan: « We don’t care what’s on your head, we care what’s in it ». Le directeur de l'hôpital d'Oshawa, Kevin Empey, a affirmé à CBC News qu'il a vu dans la controverse une occasion de créer de l'intérêt autour de son établissement.

Mais revenons à notre sujet principal…Compte tenu que le projet de charte du gouvernement-Marois est voué à des débats émotifs qui ne feront que contribuer à semer la division chez les Québécois au lieu de les unir, je propose que la charte devienne une Charte de la laïcité [telle que promis en campagne électorale par le PQ] qui serait articulée autour des quatre valeurs suivantes, lesquelles recevraient probablement un appui substantiel, voire unanime :

-Neutralité religieuse de l’État québécois;

-Égalité hommes-femmes;

-Égalité de tous les citoyens et citoyennes, les uns par rapport aux autres, et égalité de tous et toutes devant l'État;

-Obligation d’avoir le visage découvert lorsqu'on donne ou reçoit un service de l'État.

En conclusion, le projet actuel de Charte des valeurs québécoises souffre de viser trop d’objectifs à la fois, le plus délicat résidant dans les balises établissant les accommodements raisonnables, qui devraient faire partie d’un autre débat et s’inspirer des recommandations du rapport Bouchard-Taylor, qu’on a peut-être un peu trop caricaturé sans en prendre pleinement connaissance.

quebechebdo 13 septembre 2013
vigile.net tribune libre 15 septembre 2013 "Miser sur le consensus"

L’habit fait le moine

12 septembre 2013

Un rapport du Conseil des relations interculturelles publié en 2001 estimait que la représentation des minorités visibles au sein de la fonction publique oscillait autour de 2 %, une proportion qui n’a pas évolué depuis. Or, compte tenu que la fonction publique québécoise compte aujourd’hui un peu plus de 68 000 employés, c’est donc autour de 1360 personnes considérées comme des minorités visibles qui œuvrent au sein de la fonction publique.

Par ailleurs, la saga soulevée par ces mêmes minorités visibles autour de l’interdiction de porter des signes ostentatoires durant leurs heures de travail à titre d’employés de l’État suscite à mon sens toute la question de la pratique religieuse qui semble liée davantage à des accessoires vestimentaires qu’à une foi sincère et intériorisée…un prosélytisme pernicieux qui nous laisse à penser que « l’habit fait le moine »!

Conséquemment, je considère les doléances de cette « poignée » d’employés de l’État comme inadmissibles et déraisonnables et j’appuie la mesure proposée par le projet de Charte des valeurs québécoises du gouvernement concernant l’interdiction d’arborer des signes visibles attachés à des pratiques religieuses superficielles.

quebechebdo 12 septembre 2013
cyberpresse.ca 13 septembre 2013 "Vos réactions au projet de charte des valeurs québécoises"

Guerre de pouvoir entre Obama et Poutine

11 septembre 2013

Les États-Unis et leurs alliés soutiennent que le régime syrien de Bachar al-Assad doit être puni pour une présumée attaque chimique qui a fait des centaines de morts en banlieue de la capitale syrienne le 21 août, alléguant que Damas est responsable de cet assaut alors que celle-ci blâme les rebelles.

Les États-Unis et la France réclament une résolution ferme de la part des Nations unies afin de s'assurer que le régime du président syrien remette son arsenal chimique à la communauté internationale, mais la Russie a demandé à l'Occident de renoncer à recourir à la force advenant le cas où Damas faillirait à sa promesse, des positions qui menacent de faire dérailler un plan qui permettrait à l'administration Obama de ne pas se lancer dans une intervention militaire en Syrie.

À mon sens, nous assistons là à une guerre de pouvoir entre Obama et Poutine qui dégénère en un jeu puéril dans lequel le gagnant sera celui qui aura le dernier mot et ce, au risque de mettre en péril la vie d’innocentes victimes!

quebechebdo 11 septembre 2013

Charte des valeurs québécoises: crucifix au banc des accusés

11 septembre 2013

« Ce qui a guidé nos propositions, c'est notre profond attachement aux valeurs québécoises, et en particulier à quatre d'entre elles…

La troisième valeur qui traverse l'ensemble de nos propositions, c'est la neutralité religieuse de l'État québécois. La meilleure façon de respecter toutes les croyances et toutes les religions, c'est que l'État n'en ait aucune. L'État québécois doit être neutre, laïque, et le principe de la séparation entre les religions et l'État doit être inscrit et affirmé »

Bernard Drainville, député de Marie-Victorin et ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne

La meilleure façon de respecter les croyances de chacun, «c'est que l'État demeure neutre et n'ait aucune religion», peut-on lire dans le document présenté à la presse par Bernard Drainville. Toutefois, il n'est pas question de se départir de symboles religieux tels le crucifix de l'Assemblée nationale ou la croix du Mont-Royal, parce que «la religion a joué un rôle fondamental dans l'histoire du Québec» et qu'il faut «préserver cet héritage»

Plaçons-nous quelques secondes dans la tête d’une musulmane à qui « le gouvernement du Québec propose d'interdire les signes religieux ostentatoires pour le personnel de l'État, sur les heures de travail », qui assiste à la période de questions à l’Assemblée nationale où le crucifix est suspendu au-dessus du siège du président d’assemblée et qui, perplexe, se fait répondre par un Québécois que «la religion a joué un rôle fondamental dans l'histoire du Québec» et qu'il faut «préserver cet héritage».

Croyez-vous sincèrement que le Québécois aura convaincu la musulmane du bien-fondé de son argumentaire? Et si la même musulmane contestait la présence du crucifix à l’AN devant un tribunal en relation avec le principe de « la neutralité religieuse de l’État québécois » !…

Comprenez-moi bien, je suis complètement en accord avec une charte qui prône la neutralité de l’État et l’égalité hommes-femmes. Toutefois, en voulant y enchâsser les valeurs québécoises pour pallier les inconvénients des accommodements raisonnables, le gouvernement a mis les pieds dans un engrenage qui exige que la logique de ses arguments soit respectée jusqu’au bout.

Voilà pourquoi, le crucifix de l’Assemblée nationale, symbole de la religion catholique et, par conséquent de la non-neutralité de l’État, doit être retiré.

quebechebdo 11 septembre 2013 
cyberpresse.ca 12 septembre 2013 "Vos réactions au projet de charte des valeurs québécoises" "Le crucifix au banc des accusés"(version abrégée)
vigile.net tribune libre 12 septembre 2013 "Contre toute logique!"

Laisser l’ONU faire son travail

10 septembre 2013

J’ai toujours éprouvé un vif sentiment de méfiance envers la politique interventionniste des États-Unis dans les conflits au Moyen-Orient, le dernier en liste concernant une possible intervention contre le régime Assad en Syrie.

J’ai l’impression que les autorités gouvernementales, républicaines comme démocrates, se croient investies d’une mission salvatrice sur l’ensemble du globe par une quelconque autorité suprême.

Pourtant, l’Organisation des Nations Unies et ses membres, dont les États-Unis, représentent l’instance chargée de voir à la résolution de situations explosives comme celle que nous vivons présentement en Syrie.

Conséquemment, je désapprouve toute utilisation d’attaque armée unilatérale de la part des États-Unis et j’espère que Barack Obama, le titulaire du Prix Nobel de la paix en 2009 "pour ses efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie et de la coopération internationales entre les peuples", retrouvera la raison et laissera l’ONU faire son travail!

quebechebdo 10 septembre 2013
Le Journal de Québec 11 septembre 2013 (version abrégée)

Un tramway nommé Labeaume

10 septembre 2013

Au lendemain de la présentation du rapport du comité sur la mobilité durable en juin 2010 dans lequel il entendait refiler la totalité de la facture du tramway au gouvernement du Québec, le maire de Québec, Régis Labeaume, recevait un accueil plutôt froid de la part du ministre responsable de la Capitale Nationale, Sam Hamad.

En avril 2012, devant le refus du gouvernement provincial d’investir dans un tramway à Québec, Régis Labeaume déclarait son intention de mettre la pression sur le fédéral, alléguant que c’était une question de temps pour qu’Ottawa change d’idée : « «Dans 36 mois, quand je vais avoir fini mon étude de faisabilité sur le tramway, regardez-moi bien aller».

Septembre 2013, le discours de Régis Labeaume change de registre. Le maire avoue que le tramway n’est peut-être pas la solution aux problèmes de mobilité à Québec et qu’il devient un « moyen parmi d’autres », tout en alléguant que le tramway devait répondre à certaines conditions pour se réaliser, entre autres, son financement à 100 % par le gouvernement du Québec.

Mais que s’est-il donc passé dans la tête du maire de Québec pour qu’il effectue un recul aussi important dans ses positions, lui qui généralement, a plutôt tendance à maintenir le cap sur ses projets ? Y-aurait-il une odeur d’élections dans l’air ?

quebechebdo 10 septembre 2013
cyberpresse.ca 14 septembre 2013

Le sparadrap sur la plaie

10 septembre 2013

L’annonce du gel des cotisations à l’assurance-emploi pour les employeurs et les employés par le ministre Flaherty donne toutes les apparences d’une décision « politically correct » de la part du gouvernement Harper.

Toutefois, derrière ces « apparences » se cache une réalité toute autre qui démontre les vraies raisons d’un geste aussi « généreux » de la part du fédéral : la bonne performance de l’économie et de l’emploi alliée à la réforme en cours, qui privera des milliers de travailleurs saisonniers, en particulier du Québec, des prestations auxquelles ils avaient droit jusqu’ici.

En effet, la réforme de l’assurance-emploi, entrée en vigueur en janvier 2013, fait partie du projet de loi omnibus C-38 adopté en juin 2012 par le gouvernement Harper dans le but de réduire les coûts pour les entreprises tout en favorisant une plus grande mobilité de la main-d’oeuvre d’un bout à l’autre du pays.

De plus, la réforme introduit maintenant trois catégories de prestataires, pour lesquelles la recherche d’un emploi convenable n’a pas les mêmes caractéristiques, la plus critiquée de ces catégories étant celle du « prestataire fréquent », qui touche en particulier les critères relatifs aux prestations des travailleurs saisonniers, dont 40 % des prestataires de l’assurance-emploi au Canada sont des Québécois.

L’opposition à cette catégorie s’est surtout manifestée dans l’Est du pays, où la proportion de travailleurs saisonniers est plus élevée, ces travailleurs étant plus susceptibles de devenir des prestataires fréquents de l’assurance-emploi. Il s’agit par exemple des travailleurs des pêcheries, de l’agriculture et de la foresterie, mais aussi du tourisme, du transport scolaire, des services de garde en milieu scolaire, de la construction, du cinéma et de la télévision, etc.

À cet effet, le gouvernement du Québec a mis sur pied une Commission nationale d’examen sur l’assurance-emploi, chargée de faire des recommandations sur l’impact de la réforme sur le recrutement, l’embauche et la rétention. La Commission a reçu jusqu’à maintenant plus d’une soixantaine de mémoires, dont 17 en provenance des trois régions de l’Est du Québec, tous défavorables à la réforme. Si la tendance se maintient, la Commission nationale d’examen sur l’assurance-emploi viendra confirmer le désaveu des Québécois vis-à-vis la réforme-Harper.

En conclusion, il ne faudrait pas se laisser berner par le sparadrap que vient de placer le ministre fédéral des finances sur la plaie qu’il a causée par sa réforme de l’assurance-emploi sur la précarité d’emploi de milliers de travailleurs québécois qui demandent des programmes de formation de qualité et une aide financière adéquate pour poursuivre leur vie dans la région où ils habitent !

vigile.net tribune libre 10 septembre 2013
quebechebdo 12 septembre 2013

Débat sur la convergence nationale

9 septembre 2013

L’élection de Pierre Curzi à la présidence du Nouveau Mouvement pour le Québec (NMQ) relance le débat sur la convergence nationale et les élections primaires souverainistes.

À mon sens, un débat qui risque de mourir dans l’œuf tant et aussi longtemps que les militants souverainistes, de tous partis confondus, ne se seront pas assis autour d’une table pour discuter idéologie avant stratégie.

En effet, il ne faut pas jouer à l’autruche, l’origine de l’idée de la convergence nationale émerge de la division du vote souverainiste amenée par l’arrivée de nouveaux partis, à savoir Québec solidaire et Option nationale. Pour QS, le PQ incarne la dérive néo-libérale, pour ON, la démission nationale. Conséquemment, toute forme de coalition, dans l’état des choses, semble absolument impossible.

QS réussit à rassembler des militants issus du milieu communautaire et d’autres d’anciens partis d’extrême gauche. ON attire une certaine jeunesse idéaliste et dynamique, indépendantiste de gauche, des groupes que le PQ s’est aliénés à force d’exercer le pouvoir, de perdre des référendums, et surtout de se conduire comme un authentique vieux parti.

Il m’apparaît évident que ce qui accentue la division au sein du mouvement souverainiste est le choix du gouvernement de mettre de côté toute promotion et actions politiques concrètes visant à faire avancer l’option, celle-là même qu’ont en commun ces trois partis. La stratégie de la gouvernance dite souverainiste du PQ-Marois rend impossible toute alliance effective d’une «famille» souverainiste de plus en plus éclatée. Sans cet objectif partagé dans l’action politique, une coalition véritable perd toute motivation. Inévitablement, dans un tel contexte, les intérêts particuliers de chaque parti détermineront la suite des choses.

En conclusion, le NMQ de Pierre Curzi doit replacer le débat de la nécessaire convergence nationale sur les rails de l’idéologie souverainiste au lieu de le maintenir contre vents et marées dans les méandres tortueux et pernicieux de la stratégie axée sur la division du vote souverainiste. En réalité, replacer les bœufs devant la charrue…sinon, le mouvement souverainiste est condamné à la division !

quebechebdo 9 septembre 2013
vigile.net tribune libre 9 septembre 2013