Débat sur la convergence nationale
L’élection de Pierre Curzi à la présidence du Nouveau Mouvement pour le Québec (NMQ) relance le débat sur la convergence nationale et les élections primaires souverainistes.
À mon sens, un débat qui risque de mourir dans l’œuf tant et aussi longtemps que les militants souverainistes, de tous partis confondus, ne se seront pas assis autour d’une table pour discuter idéologie avant stratégie.
En effet, il ne faut pas jouer à l’autruche, l’origine de l’idée de la convergence nationale émerge de la division du vote souverainiste amenée par l’arrivée de nouveaux partis, à savoir Québec solidaire et Option nationale. Pour QS, le PQ incarne la dérive néo-libérale, pour ON, la démission nationale. Conséquemment, toute forme de coalition, dans l’état des choses, semble absolument impossible.
QS réussit à rassembler des militants issus du milieu communautaire et d’autres d’anciens partis d’extrême gauche. ON attire une certaine jeunesse idéaliste et dynamique, indépendantiste de gauche, des groupes que le PQ s’est aliénés à force d’exercer le pouvoir, de perdre des référendums, et surtout de se conduire comme un authentique vieux parti.
Il m’apparaît évident que ce qui accentue la division au sein du mouvement souverainiste est le choix du gouvernement de mettre de côté toute promotion et actions politiques concrètes visant à faire avancer l’option, celle-là même qu’ont en commun ces trois partis. La stratégie de la gouvernance dite souverainiste du PQ-Marois rend impossible toute alliance effective d’une «famille» souverainiste de plus en plus éclatée. Sans cet objectif partagé dans l’action politique, une coalition véritable perd toute motivation. Inévitablement, dans un tel contexte, les intérêts particuliers de chaque parti détermineront la suite des choses.
En conclusion, le NMQ de Pierre Curzi doit replacer le débat de la nécessaire convergence nationale sur les rails de l’idéologie souverainiste au lieu de le maintenir contre vents et marées dans les méandres tortueux et pernicieux de la stratégie axée sur la division du vote souverainiste. En réalité, replacer les bœufs devant la charrue…sinon, le mouvement souverainiste est condamné à la division !
quebechebdo 9 septembre 2013
vigile.net tribune libre 9 septembre 2013
Henri Marineau

