À l’image des Québécois

22 novembre 2013

En faisant paraître dans les médias la photo montrant six jeunes enfants se promenant dans la rue en compagnie de deux éducatrices arborant le niqab dans l’intention de mettre en évidence ce symbole de soumission des femmes « qui se croient obligées d’obtempérer au désir, consigne ou pression sociale de leurs proches », l’auteure ne devait pas s’attendre à créer un pôle d’attraction tel qu’elle a été partagée sur Facebook quelque 9000 fois en deux jours.

Toutefois, en guise de rétractation devant un texte signé par trois parents, choqués par la diffusion à grande échelle du visage de leurs enfants, l’auteure, qui a demandé l’anonymat, écrit : « Je conçois que j’aie pu déranger le quotidien de la garderie, tant celui des parents que [celui] des intervenants, et que je vous ai choqués. J’en suis désolée croyez-moi, d’autant plus que les commentaires de parents qui fréquentent votre garderie semblent bien favorables. »

Quant aux parents concernés, ils protestent contre la menace que fait peser sur leurs enfants la circulation de cette photo sur les médias sociaux et les commentaires haineux qui l’accompagnent. « Notre peur n’origine pas du milieu de garde que fréquentent nos enfants. Sa source est extérieure, dans notre quartier, et cible nos enfants. Elle origine des scènes horribles où des personnes jettent leurs tasses au visage des éducatrices, les insultent […] Notre coeur nous dit que nos enfants sont en danger. » Et, ils ajoutent, après avoir eu accès à la philosophie et à la vision de l’éducation prônée par le personnel de la garderie. « […] la confiance s’est installée. Et tout cela a soufflé sur nos appréhensions, sur nos peurs, nos doutes. »

Une invitation à la « tolérance légendaire » des Québécois, une ouverture viscérale aux différences culturelles, fruit d’un multiculturalisme omniprésent imposé par un fédéralisme outrancier. Une photo qui sème la controverse dans la population comme en font foi ces quelques commentaires parus sur les tribunes libres :

« Ce n’est pas normal de se voiler comme ça. »

« On a remplacé l’habillement des sœurs religieuses des années 50 par pire ! Inacceptable ! »

« Je ne confierais pas mes enfants à une femme qui ne veut pas me montrer son visage, question de confiance, désolée… Comment expliquer ça aux enfants ? »

« Avoir des enfants, ils n’iraient pas à cette garderie. »

« Moi, je tolère. Ce n’est pas ça qui m’incitera à me convertir. Ensuite, on peut expliquer aux enfants que tout être humain est libre de ses choix et de sa religion. »

« On s’en fout de leur habillement ; ce n’est pas pire que la mode des décolletés et la jupe ultracourte ; franchement, moi, tant quelle s’occupe de mes enfants de façon respectueuse et les aime… Bonjour la tolérance. »

« Une chose est sûre, ces enfants sont en train d’apprendre dès leur jeune âge comment pouvoir être tolérants aux différences et s’habituer à vivre et interagir avec des gens qui sont différents de leurs parents et leurs proches. »

En bref, Bernard Drainville n’est pas au bout de ses efforts pour faire passer la Charte de la laïcité auprès des Québécois qui se montrent divisés sur le port d’un signe aussi avilissant que le niqab par des éducatrices en garderie !

vigile.net tribune libre 22 novembre 2013
quebechebdo 22 novembre 2013

Sécurité ferroviaire, vous dites?

21 novembre 2013

La ministre fédérale des Transports, Lisa Raitt, vient d’annoncer que les compagnies ferroviaires devront dorénavant fournir aux municipalités des renseignements sur les matières dangereuses qu’elles transportent sur leur territoire à raison de quatre fois par année sauf pour les plus petites compagnies, telle la MMA, qui seront soumises à cette consigne une fois par année.

En d’autres termes, le seul changement apporté à la situation antérieure est que les autorités municipales sauront que tel convoi transporte un produit dangereux sans pour autant avoir quelque contrôle sur le contenu de ces convois.

En réalité, si nous posons comme hypothèse qu’une telle mesure aurait été en vigueur avant la catastrophe de Lac-Mégantic, croyez-vous que le nombre de victimes aurait diminué?

quebechebdo 21 novembre 2013
Le journal Métro 22 novembre 2013

Pat Burns, l’homme en fin de vie

21 novembre 2013

Tous les amateurs de hockey de ma génération ont eu l’occasion de voir à l’œuvre l’ardeur et l’exubérance de l’instructeur Pat Burns derrière le banc de ses joueurs. Toutefois, bien rares sont ceux qui ont pu l’entendre quelques mois avant sa mort survenue le 19 novembre 2010 à l’âge de 58 ans des suites d’un cancer.

Je viens de terminer la lecture de la biographie de Pat Burns « L’homme qui voulait gagner ». En mars 2010, le jour de la mise en chantier du projet d’aréna qui allait porter son nom, Pat Burns s’exprima en ces termes :

« Quand votre vie touche à sa fin, vous vous rendez compte que votre corps faiblit et que votre esprit peine, mais que votre cœur s’adoucit. En vous rapprochant de votre famille, vous vous rapprochez de Dieu. Chemin faisant, il y a des choses dont vous vous rendez compte, vous vous rappelez des gens formidables avec qui vous avez travaillé. Je me suis dit à moi-même ainsi qu’à mes enfants que quand vous jetez un regard sur votre vie, vous ne devez pas pleurer parce que c’est fini; vous devez être heureux parce que tout ça est arrivé. »

quebechebdo 21 novembre 2013

Journée internationale de l’homme

20 novembre 2013

Tout comme moi, vous avez probablement déjà entendu cette phrase lapidaire à propos d’une journée internationale de l’homme : « Vous autres les hommes, c’est votre fête 365 jours par année! » Eh bien, je suis tombé des nues lorsque j’ai appris par hasard en écoutant la radio d’une oreille distraite le 19 novembre que cette journée internationale de l’homme existait depuis 1999.

En faisant une petite recherche sur internet, j’ai appris que les objectifs d’une telle journée sont la focalisation sur les hommes et la santé des garçons socialement, émotivement, physiquement, sexuellement et spirituellement, l'amélioration et la promotion des relations et de l'égalité entre les sexes, et la mise en lumière de modèles masculins positifs, en particulier de leurs contributions à la société, à la communauté, à la famille, au mariage, aux soins des enfants et à l'environnement.

Dans l’esprit des pionniers de cette journée, elle n'est pas destinée à concurrencer la journée internationale de la femme, mais a plutôt pour but de mettre en évidence les expériences des hommes. À titre d’exemples, un thème différent est abordé à chaque année, tel que la paix en 2002, la santé des hommes en 2003 et la guérison et le pardon en 2007.

En cette période où le discours entourant le projet de charte de la laïcité semble faire l’unanimité sur l’égalité entre les hommes et les femmes, la journée internationale de l’homme, au même titre que celle de la femme, est porteuse d’une complémentarité bénéfique pour l’ensemble de la société.

quebechebdo 20 novembre 2013

Le tchador de la dissidence

19 novembre 2013

« Je suis prête à collaborer comme je l’ai toujours fait. Je suis libérale et loyale à mon chef et à mon parti. Je ne veux pas me retrouver dans une situation où on me force à renier mes convictions profondes ou mon attachement au Parti libéral du Québec. Je regrette d’être traitée de la sorte pour le simple fait d’avoir souhaité un débat d’idées sur une question aussi complexe et sensible [que] la neutralité religieuse de l’État »

Extrait du communiqué de Fatima Houda-Pepin publié le 18 novembre 2013

« Le débat déchirant sur le port de signes religieux par les employés de l’État est à l’origine de cette tempête au sein des troupes de Philippe Couillard. Le député libéral Marc Tanguay a déclaré la semaine dernière qu’il n’aurait aucun problème à siéger aux côtés d’une élue qui porterait le tchador. Le tchador est une sorte de grand voile noir porté par des musulmanes pour se couvrir l’ensemble du corps, sauf le visage.

Farouchement opposée à ce vêtement « qui est l’expression même de l’oppression des femmes, en plus d’être la signature de l’intégrisme radical », la députée Houda-Pepin a dénoncé vivement la prise de position de son collègue. Philippe Couillard et Marc Tanguay ont rectifié le tir vendredi. Ils se sont prononcés contre le port du tchador par une élue. Mais le mal était fait. Fatima Houda-Pepin avait brisé la ligne de parti, dans une formation qui a l’habitude de régler ses différends derrière des portes closes. »

http://www.ledevoir.com/politique/quebec/393106/houda-pepin-attendue-de-pied-ferme-au-plq

Quoi qu’il advienne dans cette saga digne d’une intrigue à la Hitchcock, Fatima Houda-Pepin aura contribué à semer la dissidence sur la sacrosainte ligne de parti du PLQ qui se voit confrontée à un débat existentiel qu’il a lui-même contribué à édifier depuis les premiers temps de sa fondation.

Quant à son chef, Philippe Couillard, déjà embourbé dans le merdier de ses relations avec Arthur Porter, je doute fort qu’il puisse sortir indemne de ce bourbier qui risque de semer la zizanie « derrière des portes closes »!

quebechebdo 19 novembre 2013
vigile.net tribune libre 19 novembre 2013

Écran de fumée et cynisme politique

18 novembre 2013

Entre le mythe entretenu par le charisme de John F. Kennedy, assassiné en 1963, et la réalité se cache une histoire sombre qui a laissé des passages voilés que Seymour Hersh, l’un des journalistes d’investigation américains les plus réputés, nous révèle dans son livre « La face cachée du clan Kennedy » publié en 1997, dont voici le texte intégral de la  quatrième de couverture :

« Dallas, 22 novembre 1963. Deux coups de feu mettent un terme à la carrière de John Fitzgerald Kennedy et l’élèvent au rang de martyre. Depuis, le clan Kennedy a cultivé la légende selon laquelle la présidence de JFK aurait été un âge d’or.

Dans cet ouvrage, Seymour Hersh démontre, grâce à des témoignages et à des documents inédits – notamment quatorze bandes d’enregistrement de conversations du président – , que l’entrée de Kennedy à la Maison-Blanche inaugura en réalité le règne de la mafia, du sexe et de la magouille.

Quel secret dissimule-t-il à Jacqueline Bouvier lorsqu’il l’épouse, le 12 septembre 1953? Dans quelles circonstances fait-il alliance avec Sam Giancana, chef du crime organisé de Chicago? Quelles manœuvres se cachent derrière le fiasco de la baie des Cochons ou l’affaire des missiles urbains?

De révélations en révélations, Seymour Hersh brosse le portrait d’un politicien de génie, à l’intelligence et au charisme exceptionnels, mais qui se montra aussi sans scrupule, opportuniste et dévoré par une ambition qui n’avait d’égale que sa passion pour les femmes. Une enquête explosive, iconoclaste. La fin d’un mythe? »

En complément d’information, je vous réfère à l’article de Jean-Francois Nadeau paru dans Le Devoir du 16 novembre « Le symbole et l’énergie Kennedy » dont voici un extrait :

« L’image l’emporte facilement sur la réalité. Défenseur de la liberté ? Sénateur, Kennedy ne s’oppose pas aux persécutions politiques qu’attise le maccarthysme. Homme de paix ? Dès son arrivée au pouvoir en 1960, il augmente en 14 mois le budget militaire de 9 milliards de dollars dans une course à l’armement déjà hystérique. Il favorise aussi des actions paramilitaires menées par la CIA. L’administration Kennedy tente aussi de faire adopter un décret pour faire régner la loi sur l’espionnage même pour les déclarations faites par des Américains en sol étranger. Les droits des Noirs ? En pratique, Kennedy se montre soucieux de préserver ses appuis chez les démocrates du Sud ségrégationnistes et module en conséquence ses appuis. »

http://www.ledevoir.com/international/etats-unis/392953/le-symbole-et-l-energie-kennedy

vigile.net tribune libre 17 novembre 2013 
quebechebdo 18 novembre 2013 "Le mythe John F. Kennedy, 50 ans plus tard"
Le Journal de Québec 20 novembre 2013 "Derrière le charisme de JFK" (version modifiée)

Rob Ford, le « bon repentant »

17 novembre 2013

Malgré ses nombreuses frasques, le maire de Toronto Rob Ford persiste dans ses intentions de demeurer en poste, alléguant à outrance des excuses pour ses comportements scandaleux en rapport avec des achats de drogues illicites et ses déclarations crues à caractère sexuel.

Qu’à cela ne tienne, le maire a l’intention de poursuivre en cour la décision du conseil municipal de lui retirer certains pouvoirs. Toutefois, le loup est maintenant traqué par ses propres citoyens qui ont manifesté à l’extérieur de l’hôtel de ville le 16 novembre, réclamant la démission immédiate de Rob Ford.

J’ignore jusqu’où ira cette saga. Néanmoins, un fait est sûr, l’image du « bon repentant » ne passe plus la rampe et Rob Ford n’a plus aucune crédibilité pour gérer la plus grande ville canadienne. En conséquence, il doit démissionner.

quebechebdo 17 novembre 2013
Le Journal de Québec 19 novembre 2013

Le mouton noir dans la bergerie

16 novembre 2013

À n’en pas douter, la dissidence de Fatima Houda-Pepin sur la position de son parti concernant le projet de Charte de la laïcité a eu l’heur de réchauffer les esprits du chef Couillard qui n’a rien trouvé de mieux pour éteindre le feu que de demander à Mme Houda-Pepin de l’éteindre elle-même en s’amendant sur sa position.

Ou Philipe Couillard nage en pleine utopie sans en être conscient, ou il a décidé de brandir le sceptre de l’autorité libérale incarnant une ligne de parti draconienne et sans appel, une dernière hypothèse que je serais porté à privilégier si je me fie à la tradition grégaire de la députation libérale instaurée par le gouvernement Charest.

De toute évidence, connaissant les positions tranchées de Fatima Houda-Pepin concernant l’intégrisme religieux, la députée de Brossard ne se soumettra jamais aux diktats de son chef et poursuivra sa croisade entamée depuis des années sur ses convictions, et cela, hors du PLQ s’il s’avérait nécessaire d’en arriver à un tel choix.

En termes clairs, Philipe Couillard aura beau utiliser toute la gamme des compromis pour rallier sa brebis égarée, il ne fera que donner des coups d’épée dans l’eau…Le mouton noir continuera son chemin vers de plus verts pâturages, à savoir ceux des intérêts d’une laïcité québécoise assumée !

quebechebdo 16 novembre 2013
vigile.net tribune libre 16 novembre 2013

Océan, mon ami

14 novembre 2013

En contact avec la mer pendant quatre mois, la Québécoise de 34 ans, Mylène Paquette, a finalement mis pied à terre à Lorient, en Bretagne, mettant ainsi fin à sa traversée de l’océan Atlantique à la rame. À la veille de son arrivée, elle a écrit une lettre sur son blogue.

En parcourant les lignes qui tracent le portrait de la relation de plus de 129 jours de la Montréalaise avec l’océan, je me suis senti empli d’un souffle de vie exaltant que les mots ont réussi à insuffler dans mon corps. En guise d’illustration, je vous invite à vous laisser bercer par ces quelques extraits de son monologue avec son ami, l’océan…

« Cher Océan, ça fait maintenant quatre mois que l’on partage nos vies et déjà je dois te quitter. Je te donne ma parole que nous allons nous retrouver. J’ai apprécié chaque moment passé en ta compagnie, même les plus difficiles, car ils ont su me révéler. Tu m’as permis de me découvrir, me dépasser, me surprendre et, le plus important, de reconnaître mon humilité. Pour chaque trésor trouvé ici, je veux te dire merci…

J’ai eu peur de toi plus d’une fois. Maintenant que je t’aime à ce point, j’ai beaucoup plus peur pour toi que pour ma petite personne bien limitée. Promets-moi de bien prendre soin des marins de la planète qui te chevaucheront et qui feront passage en tes eaux.

De mon côté, je te promets de t’être toujours loyale, de leur parler de toi en bien et de louanger ta beauté, ta discipline, tes couleurs et surtout tes habitants. Je leur parlerai de toi, je leur dirai à quel point tu es beau, à quel point on ne se soucie pas assez de ton destin. Je leur dirai que tes oiseaux m’ont fait la cour tous les jours et que ton silence peut faire jaillir les plus vieux souvenirs ensevelis aux confins de nos esprits.

Les humains pourront peut-être comprendre que le mal qu’on te fait, nous le faisons d’abord à nous-mêmes. »

On ne peut rester insensible à l’exploit incommensurable de Mylène Paquette, une Québécoise qui pourra désormais servir de modèle à toutes celles et tous ceux qui seront confrontés aux épreuves de la vie ou à des défis qu’ils auront à surmonter.

quebechebdo 14 novembre 2013 

Guy Turcotte, prise deux

14 novembre 2013

On se souviendra des tollés de contestation suscités par le premier verdict de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux dans l’affaire Guy Turcotte. Or les trois juges de la Cour d’appel, le plus haut tribunal du Québec, ont ordonné un nouveau procès dans l’une des causes les plus médiatisées de l’histoire judiciaire québécoise.

Selon la Cour, le juge de première instance a erré dans ses instructions au jury en omettant de l’inviter à distinguer l’état d’aliénation mentale causé par l’intoxication volontaire au lave-glace ingurgité par Guy Turcotte dans l’intention de se suicider, et celui lié à ses problèmes de santé mentale, à savoir son trouble d’adaptation évoqué par différents experts.

Dans l’hypothèse où il s’avérait que Guy Turcotte a assassiné ses deux enfants sous l’effet de l’intoxication au lave-glace, nul doute que le verdict de première instance serait fort différent. Sans avoir la prétention de connaître toutes les procédures judiciaires ayant conduit au premier verdict, j’ai toujours éprouvé un doute « raisonnable » sur les véritables circonstances qui ont conduit à cette sentence.

Conséquemment, je suis persuadé qu’un second procès viendra apporter un éclairage nouveau sur cette affaire qui met en cause le meurtre de deux enfants innocents dont la mémoire demeure encore fraîche dans une opinion publique laissée pour cause avec un goût amer.

quebechebdo 14 novembre 2013
Le Journal de Québec 15 novembre 2013
Le journal Métro 15 novembre 2013