À l’image des Québécois

En faisant paraître dans les médias la photo montrant six jeunes enfants se promenant dans la rue en compagnie de deux éducatrices arborant le niqab dans l’intention de mettre en évidence ce symbole de soumission des femmes « qui se croient obligées d’obtempérer au désir, consigne ou pression sociale de leurs proches », l’auteure ne devait pas s’attendre à créer un pôle d’attraction tel qu’elle a été partagée sur Facebook quelque 9000 fois en deux jours.

Toutefois, en guise de rétractation devant un texte signé par trois parents, choqués par la diffusion à grande échelle du visage de leurs enfants, l’auteure, qui a demandé l’anonymat, écrit : « Je conçois que j’aie pu déranger le quotidien de la garderie, tant celui des parents que [celui] des intervenants, et que je vous ai choqués. J’en suis désolée croyez-moi, d’autant plus que les commentaires de parents qui fréquentent votre garderie semblent bien favorables. »

Quant aux parents concernés, ils protestent contre la menace que fait peser sur leurs enfants la circulation de cette photo sur les médias sociaux et les commentaires haineux qui l’accompagnent. « Notre peur n’origine pas du milieu de garde que fréquentent nos enfants. Sa source est extérieure, dans notre quartier, et cible nos enfants. Elle origine des scènes horribles où des personnes jettent leurs tasses au visage des éducatrices, les insultent […] Notre coeur nous dit que nos enfants sont en danger. » Et, ils ajoutent, après avoir eu accès à la philosophie et à la vision de l’éducation prônée par le personnel de la garderie. « […] la confiance s’est installée. Et tout cela a soufflé sur nos appréhensions, sur nos peurs, nos doutes. »

Une invitation à la « tolérance légendaire » des Québécois, une ouverture viscérale aux différences culturelles, fruit d’un multiculturalisme omniprésent imposé par un fédéralisme outrancier. Une photo qui sème la controverse dans la population comme en font foi ces quelques commentaires parus sur les tribunes libres :

« Ce n’est pas normal de se voiler comme ça. »

« On a remplacé l’habillement des sœurs religieuses des années 50 par pire ! Inacceptable ! »

« Je ne confierais pas mes enfants à une femme qui ne veut pas me montrer son visage, question de confiance, désolée… Comment expliquer ça aux enfants ? »

« Avoir des enfants, ils n’iraient pas à cette garderie. »

« Moi, je tolère. Ce n’est pas ça qui m’incitera à me convertir. Ensuite, on peut expliquer aux enfants que tout être humain est libre de ses choix et de sa religion. »

« On s’en fout de leur habillement ; ce n’est pas pire que la mode des décolletés et la jupe ultracourte ; franchement, moi, tant quelle s’occupe de mes enfants de façon respectueuse et les aime… Bonjour la tolérance. »

« Une chose est sûre, ces enfants sont en train d’apprendre dès leur jeune âge comment pouvoir être tolérants aux différences et s’habituer à vivre et interagir avec des gens qui sont différents de leurs parents et leurs proches. »

En bref, Bernard Drainville n’est pas au bout de ses efforts pour faire passer la Charte de la laïcité auprès des Québécois qui se montrent divisés sur le port d’un signe aussi avilissant que le niqab par des éducatrices en garderie !

vigile.net tribune libre 22 novembre 2013
quebechebdo 22 novembre 2013

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