PLQ et PLC: chefs recherchés

15 janvier 2025

Aux militants libéraux provinciaux qui rêvaient d’accaparer la sphère politique en lançant leur course à la chefferie du PLQ, la démission précipitée de Justin Trudeau et, en corollaire, le déclenchement d’une course à la direction du PLC, vient de jeter une ombre gênante sur leurs velléités. En revanche, de chaque côté du spectre politique, les partis libéraux traînent de la patte dans les intentions de vote au Québec comme au Canada et, de ce fait, l’arrivée d’un nouveau chef ne peut que redynamiser l’ardeur des militants du PLQ comme ceux du PLC. À l’heure actuelle, deux candidats semblent obtenir la faveur des militants des libéraux provinciaux, soit Pablo Rodriguez et Charles Milliard, et du côté des militants du PLC, Chrystia Freeland et Mark Carney dominent dans les intentions de vote, des courses à la direction qui susciteront indéniablement un engouement bénéfique pour les partis libéraux.

En ce qui a trait aux impacts éventuels de la désignation des nouveaux chefs sur l’aiguille des sondages, quoiqu’un gain appréciable puisse se manifester dans les intentions de vote des Québécois et des Canadiens lors des prochains scrutins, je serais étonné que ce sursaut se concrétise par une remontée significative de leur degré de popularité, le Parti Conservateur et le Parti québécois caracolant en tête des sondages depuis des mois.

Quoiqu’il en soit, la venue d’un nouveau chef au sein du PLQ ne peut que mettre fin au long chemin de croix parcouru depuis des années et lui permettre de renaître de ses cendres, et le PLC, redorer sa crédibilité profondément entachée par les effets extrêmement nocifs de la longue et lente agonie de Justin Trudeau.

vigile.quebec tribune libre 14 janvier 2025

Silence assourdissant de Legault

14 janvier 2025

Pendant que le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, apparaît sur plusieurs chaînes de télévision américaines pour défendre les intérêts du Canada et promouvoir ses richesses naturelles, son homologue québécois, François Legault fait preuve d’un silence assourdissant en passant inaperçu sur les médias et en adoptant une attitude attentiste.

Nonobstant son argumentaire à l’effet qu’il ne faut pas paniquer devant les élucubrations de Donald Trump, je suis d’avis que François Legault devrait adopter une stratégie proactive en énumérant tout au moins une liste de secteurs où il pourrait imposer des tarifs aux Américains sur certaines richesses naturelles du Québec exportées aux USA telles l’hydroélectricité.

Le Québec incarne un joueur majeur au sein des exportations canadiennes, ce qui lui confère des leviers puissants dans l’hypothèse d’éventuelles négociations avec Donald Trump à l’égard notamment du 25% des tarifs qu’il se propose d’imposer sur les exportations canadiennes et, par ricochet, québécoises.

Pour ce qui est de l’intention de Trump d’annexer la Canada à titre de 51ième État des USA, quelle position François Legault, en tant que défenseur d’un Québec fort dans un Canada uni, adopterait-il à l’égard de la défense du français à l’intérieur d’un pays à grande majorité anglophone? Comment se fait-il que ce soit une députée de l’opposition, Ruba Ghazal, et non pas le supposé capitaine Québec, qui ait proposé en point de presse la tarification de l’électricité exportée vers les USA advenant que Trump mette ses menaces à exécution?

Je ne connais pas la stratégie de François Legault, si stratégie il y a, à l’égard de son mutisme fort inquiétant sur les événements entourant les relations extérieures avec les USA.Toutefois, une chose est sûre, son leadership à l’égard de la défense du Québec en prend un bon coup si tant est qu’il lui en reste encore…

vigile.quebec tribune libre 13 janvier 2025
Le Devoir 15 janvier 2025

Jean Chrétien comme premier ministre intérimaire du Canada

13 janvier 2025

Dans une lettre d’opinion parue dans La Presse du 12 janvier à l’occasion de son 91e anniversaire de naissance, l’ex-premier ministre libéral du Canada, Jean Chrétien, incite avec fermeté les dirigeants et les citoyens canadiens à se tenir debout devant «les insultes totalement inacceptables et les menaces sans précédent contre notre souveraineté de la part de Donald Trump».

Présentement, le premier ministre démissionnaire, Justin Trudeau, occupe temporairement le poste de Premier ministre d’ici la nomination d’un remplaçant qui sera en poste jusqu’au prochain scrutin qui devrait se tenir d’ici mai 2025. Or à la suite de la saga entourant la démission de Trudeau à l’égard notamment de son leadership extrêmement contesté, il m’apparaît clair qu’il n’a aucune crédibilité pour affronter les élucubrations de celui qui deviendra le président des USA dans quelques jours.

Conséquemment, je suis d’avis que Jean Chrétien, un politicien chevronné ayant le Canada tatoué au coeur et qui, selon ses dires, se tient toujours «sur les remparts pour aider à défendre l’indépendance de notre pays», serait le meilleur candidat pour occuper dès maintenant le poste de premier ministre intérimaire du Canada jusqu’au prochain scrutin, soit l’espace de quelques mois. Ainsi le président Trump se verrait confronter à un politicien qui connaît très bien le sens des mots «se tenir debout» devant l’adversaire, ce qui contribuerait grandement à créer l’unité indispensable d’Équipe Canada en mobilisant les premiers ministres provinciaux et territoriaux

Jean Chrétien est un personnage authentique qui n’a pas l’habitude de la langue de bois. À preuve, ce passage de sa lettre s’adressant à Trump: «Réveillez-vous! Qu’est-ce qui vous permet de penser que les Canadiens renonceraient un jour au meilleur pays du monde – et ne vous y trompez pas, c’est ce que nous sommes – pour rejoindre les États-Unis?» C’est maintenant que les militants libéraux doivent procéder à la nomination de Jean Chrétien et mettre ainsi fin à la longue et pénible agonie de Justin Trudeau qui ne fait que fournir des armes aux ineptes frasques de Donald Trump.

vigile.quebec tribune libre 12 janvier 2025

Le quartier Saint-Roch peut-il ressusciter?

11 janvier 2025

Je suis un Québécois «pure laine» né de la cuvée ‘47 dans le quartier Limoilou où j’y ai passé toute ma jeunesse J’ai souvenir encore des expéditions familiales dans le quartier Saint-Roch où, le samedi matin, nous partions en direction de la rue Saint-Joseph pour entreprendre notre pèlerinage dans les grands magasins qui avaient pour noms, Pollack, J.B. Laliberté, le Syndicat de Québec et la Cie Paquet. J’étais complètement fasciné par l’achalandage des piétons et des automobilistes qui y fourmillaient. J’ai souvenir encore des milliers de lumières de toutes les couleurs qui illuminaient les somptueux édifices durant la période des Fêtes. C’était féerique!

Puis le temps a passé, laissant sur ses traces morosité et désolation. Les interminables files qui avaient l’habitude de se masser aux portes des grands magasins se sont estompées. La légendaire rue Saint-Joseph s’est vidée petit à petit au profit des Centres d’achat qui ont envahi les secteurs environnants, seuls quelques irréductibles maintenant la résistance aux changements. Le quartier Saint-Roch s’éteignait à petit feu.

Aujourd’hui, quelque soixante-cinq ans plus tard, les fermetures de commerces s’accumulent désespérément, tels tout récemment le magasin de jouets Benjo et la boutique La Cordée. Certains propriétaires du quartier se plaignent du manque de stationnements. Les itinérants ont envahi les rues du quartier faute de toit pour s’abriter.

En revanche, de plus en plus de commerçants se regroupent pour accentuer la pression auprès des autorités de la Ville de Québec pour qu’elles investissent davantage dans la relance économique du quartier mais les édiles municipaux tardent à répondre à leurs doléances.

Le quartier Saint-Roch incarne un site historique de la basse-ville de Québec. Des générations de résidents y ont habité et y habitent encore. Il suffirait d’un effort financier raisonnable pour le redynamiser. Les résidents et les commerçants ne demandent qu’un geste attentif de la part de la Ville de Québec envers leurs revendications. Le quartier Saint-Roch représente un joyau de la Capitale nationale. Alors, à vos goussets, mesdames et messieurs les élus municipaux!

vigile.quebec tribune libre 11 janvier 2025

Pas pris au sérieux Donald Trump?

11 janvier 2025

À ceux qui arguent que le président désigné des États-Unis Donald Trump ne doit pas être pris au sérieux, détrompez-vous. Uniquement dans le premier cahier du Journal de Québec du samedi 11 janvier, pas moins de onze articles lui faisaient référence, la plupart d’entre eux mettant en garde contre ses menaces de tarifs douaniers de 25% sur les produits canadiens et l’annexion du Canada à titre de 51ième État des USA. Incroyable comme la fanfaronnade et l’ineptie peuvent polariser l’intérêt de la presse…

vigile.quebec tribune libre 11 janvier 2025

Sortir du giron du PLC actuel

11 janvier 2025

À la suite de la démission de Justin Trudeau, la course à la direction du Parti libéral du Canada (PLC) est bel et bien sur ses rails. Trois candidats ont déjà annoncé leur décision de se présenter, d’autres sont en processus de réflexion. Or, nonobstant la candidature de Mark Carney, tous les candidats pressentis font partie de l’aile parlementaire actuelle du PLC.

Par ailleurs, l’ex-première ministre libérale de la Colombie Britannique de 2013 à 2017, Christy Clark, apparaît de plus en plus comme une candidate potentielle pour briguer la chefferie du PLC qui a nettement besoin d’un vent de changement bénéfique dans la mesure où les derniers sondages lui accordent un maigre 16% des intentions de vote. Dans cette foulée, lorsque Christy Clark a repris les rênes du Parti libéral provincial, en 2010, le parti était très impopulaire dans les sondages. Or elle a ensuite réussi une remontée surprise et à fait réélire les libéraux en 2013, malgré ses 20 points derrière le Nouveau Parti démocratique dans les sondages.

Dans quelle direction du spectre politique un gouvernement libéral gouverné par Christy Clark devrait-il s’orienter? «C’est une question identitaire pour le parti libéral. Est-ce que la clef d’un certain succès aux prochaines élections dépend d’un recentrage ou d’un virage vers la droite?», questionne l’analyste politique Nicolas Kenny. Durant son mandat de première ministre, Christy Clark a toujours entretenu une certaine proximité avec les Conservateurs, notamment avec Stephen Harper du temps où il était premier ministre du Canada, une position stratégique qui pourrait clairement la favoriser face à Pierre Poilievre. En revanche, Mme Clark ne maîtrise pas le français, un handicap qui pourrait lui nuire aux yeux de certains élus du PLC.

Les Canadiens, aux termes de dix ans d’un gouvernement libéral, en ont tas-le-bol, et la venue d’une candidate qui sort du giron du PLC actuel aurait l’avantage de rebattre les cartes et de redonner un nouveau souffle au PLC. Quoi qu’il en soit, la décision appartient maintenant aux militants libéraux.

vigile.quebec tribune libre 10 janvier 2025

Les lubies de Donald J. Trump

9 janvier 2025

C’est une évidence maintenant reconnue par tous les analystes politiques, le président désigné Donald J. Trump incarne un personnage pour le moins imprévisible. À preuve ses deux dernières lubies, à savoir d’une part instaurer des tarifs douaniers de 25% sur les exportations venant du Canada et du Mexique, et d’autre part annexer le Canada pour qu’il devienne le 51ième État des États-Unis.

À mon sens, Donald Trump excelle dans l’art de lancer des ballons d’essai, d’attendre les réactions des parties touchées par leurs conséquences éventuelles et de s’ajuster subséquemment selon les circonstances. En bref, il déclenche de facto un processus de négociation.

Après l’électrochoc des premières réactions du Canada à l’égard des lubies de Trump, les dirigeants fédéraux et provinciaux du pays se mobilisent pour élaborer un plan d’action visant à répondre avec force aux intentions déraisonnables de Donald Trump. Le Canada ne peut passer sous silence l’ignominie de Trump à l’égard de l’annexion du Canada, un pays membre du G-7 et de l’OTAN. L’effet boomerang du Canada aux attaques tordues de l’ex-président et président désigné des USA doit réagir avec détermination aux lubies du futur locataire du bureau ovale de la Maison-Blanche. La farce a assez duré. Vivement un plan d’attaque massue de la part du Canada!

vigile.quebec tribune libre 9 janvier 2025

Récit d’une traversée dans le désert

9 janvier 2025

Tous les analystes s’entendent pour corroborer la thèse à l’effet que la démission fracassante de la ministre des Finances, Chrystia Freeland, a été l’élément déclencheur de la crise qui s’ensuivit au sein du gouvernement Trudeau. Par contre, il m’apparaît essentiel de remonter le temps pour parcourir les méandres qui ont conduit à cette saga catastrophique.

D’entrée de jeu, Chrystia Freeland, en tant que responsable du budget du gouvernement et, par le fait même cosignataire principale avec le premier ministre, a contribué de facto au déficit astronomique actuel de 62 milliards $. Dans ces conditions, il est à se demander pourquoi elle aurait démissionné en alléguant qu’elle était en désaccord avec le congé temporaire de TPS proposé par Justin Trudeau. En bref, d’où lui est venu subitement cet élan de parcimonie? Par ailleurs, nonobstant l’attitude pour le moins cavalière de Justin Trudeau à l’égard du manque de tact flagrant avec lequel il a signifié sa décision à Mme Freeland, il faut admettre que cette dernière a manqué de loyauté envers ses confrères libéraux en refusant le poste de responsable des Relations extérieures avec les États-Unis, une fonction que son expertise financière aurait pu avantageusement combler.

Venons-en maintenant à l’allocution prononcée par Justin Trudeau devant sa résidence annonçant sa démission en tant que chef du Parti libéral du Canada (PLC) et premier ministre du pays. D’abord, les faits parlent par eux-mêmes. Le PLC traîne loin derrière les Conservateurs dans les sondages depuis plusieurs mois. Ensuite, les commentaires d’un bon nombre de députés, voire de ministres, réclamant la démission de leur chef ne cessent de s’accumuler. Or dans sa conférence de presse du 6 janvier, Justin Trudeau argue que «C’est devenu clair que je ne peux pas être le chef dans les prochaines élections à cause des batailles internes.» À mon avis, un tel argumentaire dénote un manque flagrant de transparence compte tenu qu’il est en grande partie imputable des «batailles internes» auxquelles il fait allusion, lesquelles, de surcroît, sont étroitement liées à sa perte de leadership et de crédibilité auprès de son caucus.

Enfin là où le bât blesse avec le plus d’intensité réside dans son entêtement à ne reconnaître aucun sentiment de culpabilité envers la lente traversée dans le désert qui l’aura trituré depuis le début de cette crise infernale. Encore une fois, il aura perdu une belle occasion, et probablement la dernière, de faire preuve d’humilité et de sagesse devant ce fiasco lamentable.

vigile.quebec tribune libre 8 janvier 2025

Une hirondelle ne fait pas le printemps

7 janvier 2025

Alea jacta est, le sort en est jeté. Justin Trudeau a finalement écouté la voix de la raison, il tire sa révérence après une longue réflexion sur son avenir politique qui présageait sans le moindre doute une défaite cuisante du parti Libéral du Canada (PLC) au prochain appel aux urnes prévu en 2025. En quittant son poste de premier ministre et celui de chef du PLC au terme d’une course à la chefferie qui devra se tenir dans les prochains mois, et prorogeant le parlement jusqu'au 24 mars, Justin Trudeau ouvre la voie à d’éventuels aspirants à la tête du PLC et du gouvernement.

À ce chapitre, certains noms sont déjà pressentis, notamment ceux de l’ex vice-première-ministre et ministre des Finances, Chrystia Freeland, le ministre des Finances actuel, Dominic LeBlanc, et l’ex-gouverneur de la Banque du Canada et conseiller financier du PLC, Mark Carney qui, selon des sources sures, a déjà entamé des discussions auprès des représentants du PLC eu égard à ses intentions de prendre la relève de Justin Trudeau.

Le PLC s’est engouffré depuis plusieurs mois dans une spirale sans fin qui a vu les intentions de vote envers lui atteindre un fond sans précédent de 16% lors d’un récent sondage. Conséquemment, la démission de Justin Trudeau arrive au moment opportun et pour le caucus et pour le parti. En revanche, le plus important reste sur la table à dessins, soit la nomination d’un remplaçant à M. Trudeau.

Actuellement, le nom de Mark Carney semble ressortir comme celui qui récolterait le plus de voix dans une course à la direction du PLC. À ce sujet, un commentaire du lieutenant politique pour le Québec chez les Conservateurs, Pierre Paul-Hus, à l’égard du conseiller financier du PLC en partie responsable, à ce titre, du déficit de quelque 60 milliards $ du gouvernement Trudeau laisse à penser que le style de gestion de Mark Carney serait dans la continuité de celui de son ami proche Justin Trudeau.

En bref, peu importe quel candidat à la direction du PLC sera désigné, j’émets certains doutes sur l’étendue des retombées positives reliées à cette nomination sur le PLC. Dans cette foulée, advenant, par exemple, l’arrivée de Mark Carney dans la course à la direction du parti et sa nomination comme chef, il n’en demeure pas moins qu’il héritera d’un parti usé par quelque dix années de pouvoir. Or comme le dit si bien le dicton, une hirondelle ne fait pas le printemps…

vigile.quebec tribune libre 6 janvier 2025
Le Soleil (version numérique) 7 janvier 2025
 

Carney, le sauveur incarné

6 janvier 2025

Les rumeurs à l’effet que l’ancien gouverneur de la Banque du Canada, conseiller financier du parti Libéral du Canada (PLC) et ami proche de Justin Trudeau, Mark Carney, se présenterait à la direction du PLC advenant la démission du premier ministre vont bon train. Dans cette foulée, on se souviendra que l’ancien haut dirigeant a refusé du revers de la main le poste de ministre des Finances que lui a offert Justin Trudeau sur un plateau d’argent après la démission fracassante de Chrystia Freeland. Depuis lors, il y a tout lieu de croire que le loup se serait tapi au fond de sa tanière en attendant furtivement sa proie qui ne saurait tarder. Entre temps, le loup, à l’affût, s’affairerait sans relâche à regrouper la meute autour de lui pour lancer avec force son attaque aussitôt les conditions favorables réunies…

vigile.quebec tribune libre 5 janvier 2025