La flèche empoisonnée

30 juin 2015

Imaginez un instant que Julie Snyder ne soit pas la conjointe de Pierre Karl Péladeau et vous admettrez avec moi que Productions J recevrait l’aide financière aux productions indépendantes. Mais le ministère des Finances du Québec considère que sa situation conjugale place Productions J en situation « de dépendance » avec le réseau TVA acquis récemment par Québecor », et disqualifie ainsi l'entreprise de recevoir le crédit d’impôt accordé aux autres producteurs indépendants.

En termes clairs, comme l’exprime à juste titre Mme Snyder, « je constate aujourd'hui que l'aide à la production indépendante, essentielle pour produire des œuvres de qualité, est octroyée au Québec en fonction de ce qui se passe dans ma chambre à coucher ». Regardons les faits. D’abord, Productions J avait droit à l’aide gouvernemental depuis 1997 et, entre 1997 et 2000, TVA en était même l’unique diffuseur. Notons qu’à cette époque, le réseau TVA n'avait pas été acquis par Québecor et Julie Snyder n'avait pas encore rencontré PKP. De plus, Productions J a depuis largement diversifié les diffuseurs avec lesquels l’entreprise est en relations d'affaires.

En bref, pour le gouvernement Couillard, Julie Snyder, la conjointe de Pierre Karl Péladeau, devient dorénavant « dépendante » de PKP et ne peut plus exercer son métier adéquatement sans le support de l’entreprise de son conjoint…Un raisonnement qui ne tient absolument pas la route, considérant le talent manifeste dont Julie Snyder a fait preuve depuis qu’elle est en affaires. Soyons clairs, Mme Snyder est victime de discrimination porteuse d’une flèche empoisonnée de la part du gouvernement Couillard qui établit une règle rétrograde et perverse envers la conjointe du boss.

quebechebdo 30 juin 2015
Le journal Métro 1er juillet 2015

Entre deux fêtes nationales

29 juin 2015

Rares sont les États qui soulignent deux fêtes nationales en l’espace d’une semaine. Pourtant les Québécois sont de cette race appelée à vivre le serment d’allégeance à deux drapeaux officiels le 24 juin et le 1er juillet.

Toutefois, dans les faits, que reste-t-il de cette dichotomie identitaire sinon un fractionnement de la société québécoise entre les fédéralistes et les souverainistes, un clivage qui entretient pernicieusement l’idée de deux nations distinctes dans un même pays?

Ballottés entre Gens du pays de Vigneau ou Nous sommes Québécois des Colocs, et Ô Canada de Calixa Lavallée et Adolphe-Basile Routhier, les Québécois peuvent-ils sérieusement vibrer avec autant d’intensité aux deux fêtes nationales sans heurt identitaire?

À mon sens, dans les contextes sociétal et politique divergents où se déroulent avec autant de proximité ces deux festivités, une fête nationale aura toujours préséance sur l’autre, une situation confuse qui ne pourra trouver sa solution que le jour où le Québec aura atteint son statut de pays. Alors seulement, nous pourrons porter avec fierté notre drapeau fleurdelisé national le 24 juin…et laisser au ROC l’occasion de célébrer son unifolié rouge et blanc le 1er juillet!

vigile.net tribune libre 29 juin 2015
quebechebdo 29 juin 2015
Le Journal de Québec 30 juin 2015

 

Souvenirs religieux de mon enfance

28 juin 2015

Le milieu des années cinquante est encore marqué par l’influence prédominante de l’Église sur la vie quotidienne de la société québécoise. L’Église de l’époque imposait ses traditions et ses rites. L’un d’entre eux était le culte voué à la Sainte Vierge et, pour lui manifester notre ferveur, l’Église avait institué la tradition du mois de Marie pendant lequel, à tous les soirs du mois de mai, nous devions assister à une cérémonie d’une trentaine de minutes où nous récitions le chapelet à l’église, ce qui n’avait rien de très amusant pour un jeune d’une dizaine d’années.

Les premiers vendredis du mois revêtaient, quant à eux, un caractère symbolique. En effet, selon l’Église, si nous assistions à la cérémonie à neuf premiers vendredis du mois consécutifs, nous nous méritions des indulgences plénières qui favorisaient notre salut éternel. J’ai répété l’expérience à plusieurs reprises quoique, avec les années, ma participation à l’office se manifestait surtout sur le perron de l’église en compagnie de quelques amis dont les parents avaient la même ferveur que les miens.

À l’époque, la religion et l’école faisaient très bon ménage si bien que le sacrement de la confession se préparait à l’école pour se terminer au confessionnal. Entre les deux se vivaient le drame de l’élaboration de la liste de nos péchés dont la litanie aboutissait dans l’oreille du prêtre derrière un grillage impressionnant. Je me rappelle des efforts que j’ai dû faire souvent pour arriver à aligner deux ou trois péchés qui, la plupart du temps, tournaient autour de quelques mensonges qui me méritaient une punition fort supportable, telle une dizaine de chapelets…pour autant que je manifeste le ferme propos de ne plus recommencer !

Le mois de juin était particulièrement riche en cérémonies. L’une d’elles consistait à rendre hommage au Sacré-Cœur de Jésus, lors d’un grand rassemblement qui se tenait au Parc Victoria à Québec. À cette occasion, guidée par le bon Père Lelièvre de sa voix de stentor, une foule de plusieurs milliers de fidèles portaient bien haut un flambeau sous le regard ébahi de centaines de jeunes qui, comme moi, participaient à ce grand rassemblement animé par des chants liturgiques.

Toujours en juin, se tenait la procession de la Fête-Dieu dans chaque paroisse de la ville de Québec. Or, une année, la procession a dû être reportée au lendemain en raison des fortes pluies qui tombaient le soir prévu. Cette année-là, le reposoir, estrade d’honneur surmonté d’un autel et de tous les accessoires habituels, dont le tabernacle, avait été érigé à côté de chez nous. Les organisateurs de la procession ont alors décidé de placer les accessoires dans notre maison, ce qui a fait que l’ostensoir s’est retrouvé dans ma chambre toute la nuit et que je n’ai pas fermé l’œil, illuminé par la dorure rayonnante de l’ostensoir au centre duquel reposait l’Hostie sainte.     

À tous les dimanches, mon père m’amenait, tel un rituel, aux Vêpres à l’église de la paroisse. J’étais impressionné par l’odeur de l’encens, les couleurs flamboyantes des vêtements sacerdotaux et les prières latines. J’observais mon père chanter le Tantum Ergo et j’essayais, en lisant sur ses lèvres,  de l’imiter tant bien que mal. Les Vêpres se terminaient toujours par une kyrielle de litanies en l’honneur de plusieurs saints. Or, je me rappelle, qu’un soir où nous revenions de la cérémonie, avoir demandé naïvement à mon père ce que voulait dire le «Bénit soit Saint-Joseph qui chasse les poux!», laquelle litanie me semblait pour le moins bizarre. Esquissant un léger sourire, il me regarda alors et me répondit : « Mais voyons, c’est «Bénit soit Saint-Joseph, son très chaste époux!» Je venais d’apprendre le mot «chaste», sans toutefois en apprendre la signification puisque je n’ai pas osé la lui demander de peur de me perdre dans des termes trop compliqués pour moi.

La messe de Minuit revêtait dans notre famille un caractère sacré, si bien que, mon père nous amenait tous au Mont-Thabor où était célébrée la messe de Minuit traditionnelle, soit trois messes consécutives, dans la petite chapelle des Sœurs cloîtrées du Saint-Sacrement. Je me rappelle avoir souvent perdu l’attention, emporté dans les bras de Morphée par les chants grégoriens des petites Sœurs.

vigile.net tribune libre 27 juin 2015
quebechebdo 28 juin 2015 

 

Les vieux

28 juin 2015

Du temps où elle se portait bien, ma mère répétait souvent que la seule justice qui existait sur la terre, c’était de vieillir. « Tout le monde vieillit, riche ou pauvre! », disait-elle. Toutefois, lorsqu’elle est devenue malade et que la vieillesse a commencé ses ravages sur son corps, elle devint plus acariâtre devant les écueils que la vie lui présentait.

Jusqu’au jour où son état de santé a dû la contraindre à être hospitalisée dans une institution de soins pour longue durée où il m’a été donné de croiser des vieux qui semblaient n’attendre que le mort pour les délivrer.
Durant cette triste période de la vie de ma mère, j’ai été inspiré par ce petit poème que je vous offre simplement, en guise de réflexion sur le cycle de la vie :

Aux temps lointains de leur enfance
Aux temps jadis où tout petits
Les grands les couvaient dans leur nid
Les vieux ont cru en dame chance
Aux temps de leur adolescence
Vinrent les temps de la turbulence
 Ballottés tels des cerfs-volants
Les vieux ont rencontré les grands
À leur tour ils devinrent grands
À l’écart du monde des petits
Jusqu’au jour où devenus vieux
Ils redevinrent les enfants
D’un monde infiniment petit
Où les vieux ne sont que des vieux

quebechebdo 28 juin 2015
 

Scénario pré-électoral à la fête nationale

25 juin 2015

À quelques mois des élections fédérales, il est intéressant de constater l’ « engouement patriotique » des trois chefs fédéralistes suscité par leur présence aux festivités de la fête nationale du Québec. On aurait pu croire qu’ils découvraient tout à coup la présence du Québec dans le Canada…Foutaise!

Comme scénario pré-électoral, on ne fait pas mieux. En effet, le premier ministre Harper est allé jusqu’à déclarer que les valeurs conservatrices correspondaient aux valeurs québécoises. Quant au chef du PLC, Justin Trudeau, il y est allé de sa marotte électoraliste sur sa politique envers la classe moyenne. Enfin, Thomas Mulcair nage encore naïvement sur la vague orange du dernier scrutin fédéral.

Sourire aux lèvres devant les photographes, nos trois lurons ont montré patte blanche devant les quelques « curieux » qui semblaient plutôt perplexes sur les véritables raisons qui motivaient leur présence au Québec…Eh bien, la réponse est claire, ils sont venus tenter de séduire l’électorat québécois. Point à la ligne!

quebechebdo 25 juin 2015
vigile.net tribune libre 29 juin 2015

 

Une fête nationale marquée sous le signe de l’inclusion

24 juin 2015

Je ne sais pas si vous éprouvez la même impression que moi mais je ressens un sentiment de fierté nouveau en cette fête nationale des Québécois 2015. Et, qui plus est, ce sentiment revêt un caractère inclusif qui m’amène à considérer cette fête nationale comme celle de tous les Québécois, de toutes langues et allégeances politiques confondues.

Pour la première fois depuis des décennies, ma fibre nationaliste vibre à nouveau, envoutée par un vent nouveau qui souffle sur le Québec, un vent de fraîcheur et de liberté qui s’étaient estompés depuis belle lurette. À cet effet, je vous propose le début du discours patriotique prononcé par Stéphane Archambault à l’ouverture du spectacle de la Saint-Jean sur les Plaines d’Abraham à Québec :

« Nous sommes, en 2015, huit millions d'étincelles
Comme autant d'étoiles dans le bleu de notre ciel
Et toutes ces étincelles rassemblées dans le soir
Forment un feu qui embrase nos rêves et nos espoirs
Un feu à notre image: accueillant, progressiste
Un grand feu collectif et sur ce point, j'insiste
C'est quand nous nous unissons que nous sommes le plus beau
Quand nous faisons valser cette mer de drapeaux… »

Des mots porteurs de « huit millions d’étincelles » qui forment « un grand feu collectif et sur ce point, j'insiste C'est quand nous nous unissons que nous sommes le plus beau ». Un appel à l’union de « tous » les Québécois, « Un feu qui embrasse nos rêves et nos espoirs ». Nos rêves et nos espoirs de liberté dans le respect de notre langue et de notre culture.

Le peuple du Québec ne peut plus vivre dans l’isolement des Québécois de souche, recroquevillé sur ses racines sans faire une place à ceux qui l’entourent, qu’ils soient anglophones ou allophones. Le peuple du Québec a atteint la maturité nécessaire pour conjuguer avec tous ses concitoyens. Le peuple du Québec veut vibrer au diapason de tous les citoyens qui le composent.

C’est à nous, Québécois de souche, d’ouvrir les écluses et d’inviter tous les Québécois à partager nos rêves avec eux dans un nécessaire et sincère climat inclusif dans lequel ils auront la chance de participer avec nous à l’édification du pays du Québec. Une édification qui ne se fera pas sans heurt et qui porte un feu qui « a la survie fragile » :

« … Mais notre feu national si beau, si fort soit-il
Comme n'importe quel feu, a la survie fragile
Il est de notre devoir de le maintenir en vie
De le veiller, de le nourrir et de le brasser aussi
Faisons-nous tisonniers, citoyens responsables
Nos rêves ne sont pas qu'un exercice comptable
Nous voulons plus et mieux qu'un bout de pain sur la table
Nos coeurs savent de quoi nos bras seront capables… »

quebechebdo 24 juin 2015
 

Le petit Saint-Jean-Baptiste frisé accompagné d’un mouton

23 juin 2015

La politisation de la Saint-Jean-Baptiste au détriment des festivités incarnées par le petit bonhomme frisé accompagné d’un mouton remonte à la révolution tranquille.

[1] En 1968, un incident survient durant le défilé traditionnel du 24 juin auquel assiste, entre autres, à la veille d'une élection générale, le premier ministre du Canada de l'époque, Pierre Elliot Trudeau, dont l'hostilité à la thèse indépendantiste est bien connue. Il devient rapidement la cible d'un groupe de manifestants indépendantistes qui scandent : « Trudeau traître, Trudeau vendu, à bas Trudeau » et tentent de le chasser de la tribune à coup de pierres et de bonbonnes d'acide.

Trudeau refuse de quitter la scène. Il expliquera plus tard dans son autobiographie : « Je n'avais pas du tout envie d'obéir à une violence aussi saugrenue. Je déteste la violence. Démocrate, je n'admets pas qu'une infime minorité d'agitateurs tente de chasser à coups de pierres les invités de la majorité ». Les forces policières au service de l'intégrité du régime démocratique défendu par le premier ministre procédèrent à la répression des manifestants. Finalement, l'opération se termine par l'arrestation de 290 personnes. La télévision de Radio-Canada et CBC rediffusèrent la scène du refus de Trudeau de quitter la scène dans les journaux télévisés du soir.

D'après les commentateurs politiques de l'époque, de nombreuses personnes considérèrent le geste de Trudeau comme étant un acte ouvert de courage, impressionnant pour l'électorat canadien-anglais. Au lendemain de ces manifestations, le PLC obtenait 45,37 % des voix des électeurs Canadiens et 53,6 % de celles des Québécois.
[1] Source : Wikipédia

Près de 50 ans après cet « acte de bravoure » de PET, les Québécois vivent toujours dans la tradition de leur petit Saint-Jean-Baptiste frisé accompagné d’un mouton, le symbole de l’animal docile qui suit paisiblement le troupeau !…

quebechebdo 23 juin 2015
 

Reconnecter la jeunesse au sein du PQ

22 juin 2015

La présence du chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, à la réunion annuelle des membres du Comité national des jeunes du Parti québécois (CNJPQ) à Waterville en Estrie, le 20 juin, a été surtout marquée par un échange direct avec les jeunes. Une occasion pour le nouveau chef de réitérer l’importance qu’il accorde au fait que les députés du PQ devraient être plus présents sur le terrain pour parler de l'article un du parti, l'indépendance.

Mais aussi et surtout une intention de reconnecter la jeunesse au sein du PQ, une jeunesse qui s’est détachée en masse du parti au cours des dernières décennies qui ont vu les leaders péquistes tergiverser sur l’option indépendantiste du PQ, voire même la placer carrément sur les tablettes.

Toutefois, à côté de ce dossier prioritaire, PKP devra aussi aborder les sujets qui préoccupent les jeunes, à savoir, l’environnement, l’économie et l’éducation, des sujets phares chez les jeunes. Et, à cet effet, le chemin risque de rencontrer des embûches, principalement l’environnement sur lequel la position du chef ne semble pas tout à fait claire, sa volte-face sur le projet d’oléoduc Énergie Est en étant un exemple révélateur.

À n’en pas douter, PKP est un personnage charismatique qui attire l’attention des Québécois et des médias québécois. Néanmoins, arrivera-t-il à susciter le même attrait chez les jeunes péquistes? À mon avis, il est encore un peu tôt pour répondre à cette interrogation. Tout dépendra de la solidité des liens qu’il réussira à créer avec les jeunes…Une histoire à suivre avec attention!

vigile.net tribune libre 22 juin 2015
quebechebdo 22 juin 2015
 

Confusion autour du projet Énergie Est

22 juin 2015

Lors d'un échange avec la presse parlementaire, à la suite d'une cérémonie de remise de l'Ordre national du Québec le 16 juin, Pierre Karl Péladeau a mis en garde contre les simplifications dans le dossier Énergie Est de Trancanada, et il a invité les journalistes à s'adresser à un autre membre de son caucus, en l’occurrence Bernard Drainville, porte-parole du PQ en matière d’énergie, tout en plaidant en ces termes :

"On ne peut pas dire ça, comme ça, de façon aussi simpliste. Je vous invite à discuter avec Bernard Drainville, qui est notre porte-parole en matière d'énergie, et nous allons déterminer, je ne dirais pas de manière définitive parce qu'il n'y a jamais rien de définitif dans la vie." Une attitude prudente peut-être, mais tout aussi confuse quant aux réelles intentions de PKP sur le sujet.

Et, pour se sortir de cet imbroglio, le chef péquiste s'est contenté de répéter que son opinion dans ce dossier n'est pas importante puisque le Québec n'a pas voix au chapitre étant donné que le projet relève de la juridiction fédérale. "Cette décision n'appartient pas aux Québécois, elle appartient au gouvernement fédéral, à des fonctionnaires de l'Office national de l'énergie, c'est ça la situation. Je vous ai déjà dit que ma position importe peu, c'est au Québécois de prendre cette décision. Or, il se trouve que dans l'environnement constitutionnel actuel, les Québécois n'ont pas voix au chapitre."

Dès le lendemain, le PQ s’est empressé de rectifier le tir par voie de communiqué et lors d’une entrevue de Bernard Drainville à 24/60 au cours de laquelle le député de Marie-Victorin a défendu son chef. « Il n’a jamais dit qu’il était pour. [...] Il a fait sa réflexion et il arrive à la conclusion que le projet n’est pas bon pour le Québec ».

Dans toute cette histoire, il faut retenir que le nouveau chef du PQ devrait, à mon avis, prendre acte de l’opinion des responsables du dossier de l’énergie au sein du PQ avant de s’exprimer devant la presse à ce sujet. La confusion, ou même une apparence de confusion en politique est rapidement récupérée par l’opposition qui ne se gêne pas pour en faire ses choux gras ! 

vigile.net tribune libre 22 juin 2015

La Terre, « notre maison commune »

21 juin 2015

Le pape François n’en est pas à sa première intervention percutante en faveur des plus démunis de la planète. Cette fois-ci, il utilise la voie d’une encyclique intitulée Laudato Si’ [Louez sois-tu] pour condamner le réchauffement climatique dont les plus pauvres incarnent les premières victimes.

Et pour éviter que la Terre, « notre maison commune » ne se transforme en un « immense dépotoir », François préconise rien de moins qu’une révolution sociale, économique et culturelle au cours de laquelle « l’humanité est appelée à prendre conscience de la nécessité de réaliser des changements de style de vie, de production et de consommation, pour combattre le réchauffement ».

Des changements qui s’attaquent à un système économique soumis au diktat du marché. « Aujourd’hui, tout ce qui est fragile, comme l’environnement, reste sans défense par rapport aux intérêts du marché divinisé ». En parlant de la sorte, le pape associe clairement l’égoïsme économique et social des pays riches à la situation alarmante des plus démunis.

Quelques mois avant la conférence climatique de Paris, cet appel pressant de François vient certes mettre la table pour une véritable révolution à laquelle il appelle les dirigeants des pays riches. Toutefois, je dois avouer mes craintes concernant la réalisation des vœux de François, considérant la puissance des lobbys sur les énergies fossiles…Enfin, on peut toujours rêver qu’un miracle se produise!

quebechebdo le 20 juin 2015
Le Journal de Québec 22 juin 2015