Entre deux fêtes nationales
Rares sont les États qui soulignent deux fêtes nationales en l’espace d’une semaine. Pourtant les Québécois sont de cette race appelée à vivre le serment d’allégeance à deux drapeaux officiels le 24 juin et le 1er juillet.
Toutefois, dans les faits, que reste-t-il de cette dichotomie identitaire sinon un fractionnement de la société québécoise entre les fédéralistes et les souverainistes, un clivage qui entretient pernicieusement l’idée de deux nations distinctes dans un même pays?
Ballottés entre Gens du pays de Vigneau ou Nous sommes Québécois des Colocs, et Ô Canada de Calixa Lavallée et Adolphe-Basile Routhier, les Québécois peuvent-ils sérieusement vibrer avec autant d’intensité aux deux fêtes nationales sans heurt identitaire?
À mon sens, dans les contextes sociétal et politique divergents où se déroulent avec autant de proximité ces deux festivités, une fête nationale aura toujours préséance sur l’autre, une situation confuse qui ne pourra trouver sa solution que le jour où le Québec aura atteint son statut de pays. Alors seulement, nous pourrons porter avec fierté notre drapeau fleurdelisé national le 24 juin…et laisser au ROC l’occasion de célébrer son unifolié rouge et blanc le 1er juillet!
vigile.net tribune libre 29 juin 2015
quebechebdo 29 juin 2015
Le Journal de Québec 30 juin 2015
Henri Marineau

