18 octobre 2015
«Je suis directrice d’école. Je ne ferai pas de préambule: nous souffrons, les enfants souffrent, le personnel des écoles souffre.» Tel est le contenu du préambule de la lettre envoyée par une directrice d’école au premier ministre, Philippe Couillard. Un cri du cœur, une sonnette d’alarme qui décrivent sans détour le climat malsain qui règne dans son école. Et tout cela, à moins de deux mois du début de l’année scolaire.
Un portrait alarmant d’une journée-type pendant laquelle le personnel a dû faire face à des situations catastrophiques, telles deux éducatrices spécialisées qui se sont fait mordre et cracher au visage par un petit garçon de sept ans. Des enseignants qui ont à gérer des crises problématiques en pleine classe dite « régulière ». « Avez-vous déjà essayé de calmer un enfant en crise violente sans technique et sans avoir l’assurance de ne pas vous faire blesser ? », lance la directrice au premier ministre dans sa missive. Le personnel est à bout de souffle, les coupes au niveau de l’aide aux élèves en difficultés ont des effets dramatiques sur l’acte pédagogique des enseignants qui se voient contraints de porter toute leur attention sur les cas à problèmes au détriment des élèves dits « réguliers ».
Jusqu’où ira cette situation pathétique qui est en train de gangrener le système scolaire québécois? Quand prendrez-vous conscience, M. Couillard, des dégâts que vous êtes en train de causer? Il est minuit moins une, la fin de la récréation a sonné. Le constat de la directrice est révélateur d’une situation inacceptable. « L’école québécoise, dans sa réalité, dans son quotidien, sur le plancher, c’est l’enfant battue du système québécois. »
quebechebdo 18 octobre 2015
Le Journal de Québec 19 octobre 2015
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17 octobre 2015
Ce qui aura été la planche de salut de Stephen Harper et le talon d’Achille de Thomas Mulcair aura fini par faire des vagues imprévisibles au cours de cette fin de campagne électorale fédérale 2015. En effet, on apprend que la femme au niqab, Zunera Ishaq, œuvre au sein d’un organisme lié au Jamaat-e-Islami, un parti islamiste pakistanais que plusieurs pays occidentaux considèrent comme une organisation terroriste.
C’est cette même « pucelle » voilée qui s’est battue jusqu’en Cour d’appel fédérale pour pouvoir voter à visage couvert pour des raisons de « croyances religieuses » et qui a fait les délices de Stephen Harper en lui permettant de surfer sur la vague du « bon gouvernement » défendant les valeurs canadiennes de transparence.
Curieux comme la politique partisane peut jouer de sales tours à ses utilisateurs. Celle-là même qui a fait dévier la campagne pendant des semaines en faveur de Stephen Harper aura été sa planche de salut…qui prend l’eau à la fin de sa traversée!
quebechebdo 17 octobre 2015
vigile.net tribune libre 17 octobre 2015
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16 octobre 2015
Questionné par un journaliste sur les accusations de lobbyisme de la part de son ex-coprésident de campagne, Daniel Gagnier, Justin Trudeau s’est empressé de faire taire un de ses partisans qui empêchait le journaliste de poser sa question, répliquant que dans ce pays « nous avons du respect pour les journalistes [et que] les Canadiens s’attendent à un haut niveau d’éthique. »
Tout un changement de discours de la part d’un chef du parti libéral du Canada, encore aujourd’hui écrasé sous le poids du triste scandale des commandites qui continue de lui faire ombrage après toutes ces années.
Toutefois, je me dois de souligner l’intervention appropriée de Justin Trudeau dans cet épisode, peut-être anodin en soi, mais qui démontre tout de même un début d’éthique libérale pour un parti qui a, à cet effet, une longue pente à remonter.
quebechebdo 16 octobre 2015
Le journal de Québec 17 octobre 2015
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15 octobre 2015
Dans la situation actuelle, le Curateur public rencontre ses pupilles systématiquement une fois par année. Or, à partir de novembre prochain, les visites pourront s’espacer entre 12 et 24 mois en vertu d’un principe de « modulations des visites » dans le but de « personnaliser » ces rencontres.
Du côté de la défense des personnes âgées, on s’attaque encore une fois aux « plus vulnérables des plus vulnérables », dénonce Doris Provencher, directrice de l’Association des groupes d’intervention en défense des droits en santé mentale du Québec. Pour sa part, le président du Conseil pour la protection des malades, Paul Brunet, n’y voit que de la poudre aux yeux : « « On va espacer les visites aux pupilles pour s’en rapprocher ? Ça ne tient pas la route. […] Ça sent plus le délestage et les réductions budgétaires que l’amélioration véritable des soins. »
Au bureau du Curateur, on allègue que « l’idée est de moduler notre intervention en fonction de l’état de la personne… [et que] c’est une façon d’équilibrer nos services de façon à répondre à ceux qui ont besoin de nous dans une importance plus grande. » Soit!
Toutefois, à mes yeux, les personnes âgées ne devraient pas être triées comme de la marchandise sur un rayon d’étalage mais plutôt comme des personnes humaines qui méritent toutes qu’on les rencontre tout au moins une fois par année.
quebechebdo 15 octobre 2015
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14 octobre 2015
En regardant une photo d’un LAV III, le type de véhicule militaire livré à l’Arabie Saoudite, ma réaction a été spontanée. Bien que profane dans ce type de véhicule, il est facile de constater que ce blindé « léger » est armé et qu’il ne possède pas les caractéristiques d’une jeep conventionnelle.
Le secret entourant les détails de la vente de ces véhicules par le manufacturier General Dynamics Land Systems, entre autres sur leur utilisation potentielle, n’augure rien de transparent et prête à toutes sortes d’interprétations. Et si on ajoute à cette confusion le fait que le gouvernement fédéral, par le biais de la Corporation commerciale canadienne, une agence fédérale responsable des contrats internationaux, a participé aux négociations avec l’Arabie, le portrait s’assombrit davantage.
Pour l’heure, ce blindé est armé d’une mitrailleuse lourde et il demeure impossible de savoir si l’Arabie entend s’en servir comme une jeep ou comme un tank…de là, la controverse dont on ne connaîtra probablement jamais le dénouement.
quebechebdo 14 octobre 2015
vigile.net tribune libre 17 octobre 2015
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13 octobre 2015
« Quel beau métier vous exercez, deux mois de vacances durant l’été, deux semaines durant le temps des Fêtes, une semaine de relâche »…Pourtant, lorsqu’on demande à ces détracteurs s’ils changeraient de métier pour celui de l’enseignement, la réponse habituelle est non parce que, répliquent-ils, « je n’aurais jamais assez de patience! » Bizarre, n’est-ce pas?
Une récente étude menée par le Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante auprès de 1252 acteurs du réseau de l’éducation nous révèle que le taux de décrochage des profs qui ont moins de cinq ans d’expérience serait de près de 25 %…Une statistique plutôt alarmante!
La raison? Ces jeunes enseignants québécois décrochent parce qu’ils sont débordés et héritent des classes les plus difficiles, compte tenu qu’ils sont les derniers sur la liste d’ancienneté. Afin de pallier cette contrainte syndicale, le groupe de chercheurs propose de mettre sur pied un système de mentorat qui pourrait permettre d’épauler les jeunes profs dans leurs premières années en classe, une idée qui mériterait d’être exploitée.
Toutefois, dans la foulée des coupures en éducation, il faut s’attendre à ce que le phénomène du décrochage chez les jeunes enseignants se perpétue, au grand dam des élèves qui, encore une fois, seront pénalisés par la mouvance de leurs enseignants à l’intérieur d’une même année scolaire.
quebechebdo 13 octobre 2015
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12 octobre 2015
D’entrée de jeu, je dois vous avouer que je ne connais pas le contenu des activités de formation que reçoivent les futurs enseignants. Toutefois, si je me fie au Conseil supérieur de la langue française, un des constats qui s’en dégage émanerait d’une formation déficiente.
Par ailleurs, parmi tous les volets qu’englobe la formation, je suis porté à présumer que la connaissance de la langue française, particulièrement pour les futurs professeurs qui se dirigent vers l’enseignement du français, supporte certaines carences, m’appuyant à cet effet sur la piètre performance des candidats au test de français obligatoire de français pour les élèves qui entrent au premier cycle universitaire.
Or, il m’apparaît primordial que le futur professeur de français maîtrise en profondeur la matière qu’il aspire enseigner, quitte à effectuer un retour sur les notions grammaticales et syntaxiques de base souvent reléguées aux oubliettes à la suite de quelques années de CÉGEP où priment des contenus de littérature.
Dans la mesure où la langue est un outil de communication privilégiée, encore faudrait-il que celui qui l’enseigne en connaisse son fonctionnement…C’est une simple question de gros bon sens!
quebechebdo 12 octobre 2015
vigile.net tribune libre 13 octobre 2015
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11 octobre 2015
Huit jours après la fusillade qui a endeuillé une université de l'Oregon, deux autres campus, l'un en Arizona et l'autre au Texas, ont été le théâtre au cours des derniers jours de coups de feu qui ont fait deux morts au total. Comme dirait, le président Obama, les tueries sur la terre de l’Oncle Sam sont devenues une « routine ».
Et pourtant, si on jette un rapide coup d’œil sur le motif principal sur lequel s’appuient les tenants du renforcement des armes à feu, en particulier le puissant lobby de la National Rifle Association (NRA), à savoir le deuxième amendement de la Constitution, nous découvrons que cet argumentaire est truffé d’une controverse indéniable. En effet, si l’on remonte à son adoption ratifiée en 1791, le deuxième amendement se lit comme suit : «Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d'un État libre, il ne pourra être porté atteinte au droit du peuple de détenir et de porter des armes.»
Donc, selon toute évidence, le deuxième amendement s’adressait à une « milice », ces anciennes unités de défense citoyennes mobilisables par les États. Bien sûr, les conservateurs et le lobby de la NRA se concentrent sur la seconde partie de l'amendement, qui garantirait le droit de posséder une arme pour l'autodéfense. Et, le comble de l’aberration, la Cour suprême a tranché en leur faveur si bien que, la première partie de l’amendement étant devenue caduque, c’est la deuxième partie qui est devenue force de loi.
Et les tueries se multiplient à un rythme infernal, galvanisées par un laxisme scandaleux dans la vente d’armes à feu à outrance sans qu’aucune autorité, ne fût-ce le président, ne puisse mettre fin à cette hémorragie meurtrière. Pourquoi? Je n’ai qu’une réponse possible : tant et aussi longtemps que le puissant lobby mené par la NRA règnera en maître sur la vente d’armes à feu sans coup férir, la situation ne fera que s’amplifier!
quebechebdo 11 octobre 2015
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10 octobre 2015
J’ai bien écouté le point de presse accordé par Marcel Aubut relativement aux allégations de harcèlement sexuel qui pèsent contre lui et, même si ses excuses envers les femmes qu’il a blessées semblaient revêtir une certaine forme de repentir, ce sont quatre petits mots glissés dans une phrase qui ont retenu particulièrement mon attention, à savoir « la société a changé ».
Ce que je déduis de ces mots, c’est que, aux yeux de Marcel Aubut, la société des années ’60 était plus permissive à l’endroit de paroles ou de gestes à caractère sexuel. Et c’est là que le bât blesse dangereusement compte tenu qu’à cette époque comme à celle d’aujourd’hui, il était tout aussi troublant de vivre des épisodes de harcèlement sexuel. Ce que M. Aubut aurait dû constater, c’est qu’aujourd’hui, les femmes osent dénoncer de tels comportements…et, en ce sens, oui, la société a changé et c’est bien tant mieux!
Conséquemment, M. Aubut a, selon moi, un long chemin à parcourir pour réaliser jusqu’à quel point il a blessé toutes ces femmes et cela, indépendamment de la période où il a commis ces méfaits. En termes clairs, les gestes posés il y a quarante ans sont aussi répréhensibles que ceux d’il y a dix ans ou dix mois…Et cela, Marcel Aubut ne semble pas le comprendre!
quebechebdo 10 octobre 2015
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9 octobre 2015
Combien de fois au cours de ma carrière à titre d’enseignant en français au secondaire ne me suis-je pas fait interpeler, particulièrement par des parents, sur la piètre qualité du français de nos jeunes! Et combien de fois ai-dû leur répondre qu’en réalité, mes élèves, à ce sujet, n’étaient ni mieux ni pires que ceux des années précédentes…À preuve que le problème ne date pas d’hier!
Dans la foulée des divers intervenants en éducation, c’est au tour du Conseil supérieur de la langue française de se commettre relativement aux effets néfastes des coupures en éducation, alléguant qu’il est «urgent de réinvestir massivement » afin d’améliorer la maîtrise du français dès le début du primaire, une façon de lutter contre le décrochage scolaire.
Toutefois, à mes yeux, au-delà des coupures qui touchent directement la qualité de l’acte pédagogique, je demeure convaincu qu’un bon enseignant demeurera toujours celui qui réussit à communiquer sa matière de façon aussi harmonieuse que possible, quitte à utiliser les « vieux » outils pédagogiques à l’occasion, telle la traditionnelle bonne vieille dictée.
« Fabricando fit faber », proclame un vieil adage, « c’est en forgeant qu’on devient forgeron ». Eh bien, si on suit la même logique, c’est en écrivant qu’on apprend à écrire. En conséquence, dans la kyrielle de moyens que l’on tente désespérément de mettre en œuvre pour améliorer la qualité de notre langue, je suggère qu’on revienne à la base de son apprentissage, à savoir l’observation de ses phénomènes linguistiques à travers leur application dans des textes concrets.
quebechebdo 9 octobre 2015
Le Journal de Québec 10 octobre 2015
vigile.net tribue libre 13 octobre 2015
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