C’est en forgeant qu’on devient forgeron

Combien de fois au cours de ma carrière à titre d’enseignant en français au secondaire ne me suis-je pas fait interpeler, particulièrement par des parents, sur la piètre qualité du français de nos jeunes! Et combien de fois ai-dû leur répondre qu’en réalité, mes élèves, à ce sujet, n’étaient ni mieux ni pires que ceux des années précédentes…À preuve que le problème ne date pas d’hier!

Dans la foulée des divers intervenants en éducation, c’est au tour du Conseil supérieur de la langue française de se commettre relativement aux effets néfastes des coupures en éducation, alléguant qu’il est «urgent de réinvestir massivement » afin d’améliorer la maîtrise du français dès le début du primaire, une façon de lutter contre le décrochage scolaire.

Toutefois, à mes yeux, au-delà des coupures qui touchent directement la qualité de l’acte pédagogique, je demeure convaincu qu’un bon enseignant demeurera toujours celui qui réussit à communiquer sa matière de façon aussi harmonieuse que possible, quitte à utiliser les « vieux » outils pédagogiques à l’occasion, telle la traditionnelle bonne vieille dictée.

« Fabricando fit faber », proclame un vieil adage, « c’est en forgeant qu’on devient forgeron ». Eh bien, si on suit la même logique, c’est en écrivant qu’on apprend à écrire. En conséquence, dans la kyrielle de moyens que l’on tente désespérément de mettre en œuvre pour améliorer la qualité de notre langue, je suggère qu’on revienne à la base de son apprentissage, à savoir l’observation de ses phénomènes linguistiques à travers leur application dans des textes concrets.

quebechebdo 9 octobre 2015
Le Journal de Québec 10 octobre 2015
vigile.net tribue libre 13 octobre 2015
 

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