L’école québécoise en mal d’amour

10 juin 2025

Dès son arrivée au pouvoir en 2018, François Legault s’est engagé formellement à faire de l’éducation la priorité de ses priorités. Or depuis ce temps, hormis la création des maternelles 4 ans, les « temples du savoir » ne cessent de se dégénérer: pénurie d’enseignants qualifiés et de personnel spécialisé, écoles en désuétude, expansion des phénomènes de violence entre élèves et entre élèves et personnel enseignant ne sont que quelques manifestations d’une école en mal d’amour au Québec.

Placés devant un scénario aussi démobilisant, les candidats intéressés à une carrière en éducation hésitent à se lancer dans un tel cafouillis. L’attractivité pour la profession d’enseignant est fortement ébranlée si bien que plusieurs enseignants abandonnent le navire après quelques années de vains efforts pour redresser la barre. De surcroît, s’ajoute à ce climat anti-productif, la démission de certains parents envers la préséance de l’éducation de leur(s) enfant(s) aux valeurs inhérentes à leur sain développement en société, notamment le respect envers l’autre. Or le tandem parents-école incarne systématiquement la clef de voûte essentielle au développement sociétal des jeunes sans lequel le personnel scolaire sera appelé à compenser cette lacune au détriment de l’objectif premier de leur profession, à savoir la communication des connaissances.

Par ailleurs, il faut saluer les initiatives du ministère de l’Éducation, via son ministre Bernard Drainville, concernant l’interdiction du cellulaire à l’école, une mesure orientée vers la nécessaire socialisation des jeunes. En ce qui a trait au vouvoiement obligatoire envers le personnel scolaire, j’émets certaines réserves sur le caractère obligatoire de cette directive compte tenu que le véritable respect ne s’impose pas par un règlement mais qu’il s’acquiert par l’exemplarité.

L’éducation constitue la pierre angulaire du sain développement d’une société évoluée. Elle a besoin d’un climat propice à cette évolution sans lequel elle est vouée à l’échec. De ce fait, le rôle de l’État est capital en ce sens qu’il est le catalyseur qui permettra d’offrir les conditions maximales aux divers intervenants pour jouer pleinement leur rôle de communicateur de connaissances et de valeurs inhérentes à l’évolution de toute société dite civilisée. En bref, il est devenu impérieux de redonner à l’école ses lettres de noblesse pour le plus grand épanouissement de nos adultes de demain.

vigile.quebec tribune libre 9 juin 2025

Déboires d’un gouvernement en chute libre

8 juin 2025

De l’avis d’une très grande majorité d’analystes politiques, la session parlementaire qui s’achève a été catastrophique pour le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ), notamment aux chapitres de l’abandon du projet Northvolt, des dépassements de coûts faramineux engendrés dans le fiasco SAAQclic, du cul-de sac dans les négociations du gouvernement avec les fédérations de médecins et de l’inertie de Santé Québec dont plusieurs intervenants se demandent encore l’utilité.

Or toujours selon ces mêmes analystes, seule l’interdiction du cellulaire à l’école et l’obligation du vouvoiement envers le personnel enseignant par les élèves ressort comme une réforme notable. En revanche, dans notre « beau monde » de l’éducation, bon nombre d’élèves sont sous la responsabilité d’enseignants non-qualifiés, et le personnel spécialisé pour venir en aide aux élèves à besoins particuliers manquent à l’appel, une situation qui a pour effet d’alourdir considérablement la tâche des enseignants, voire de la rendre souvent impossible. Enfin l’adoption sous bâillon du projet de la loi 69 conférant des pouvoirs accrus à Hydro-Québec au détriment de la Régie de l’énergie, et le projet de loi 89 visant à considérer davantage les besoins de la population en cas de grève ou de lock­­-out prêtent flanc aux critiques des partis d’opposition eu égard à la centralisation des pouvoirs entre les mains du gouvernement.

Dans ce contexte pour le moins chaotique, le premier ministre François Legault argue qu’il est prêt à solliciter un troisième mandat au scrutin de 2026, arborant le thème « avoir le courage » pour qualifier des décisions audacieuses ou parfois controversées qu'il juge nécessaires pour le bien-être du Québec. Par ailleurs, les derniers sondages sur les intentions de vote des Québécois placent son parti loin derrière le Parti québécois (PQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ).

À mon avis, la CAQ est confrontée aujourd’hui à l’usure du pouvoir en fin de deuxième mandat. Elle doit affronter de forts vents de face qui soufflent violemment dans toutes les directions. François Legault aura beau déployer tous les efforts imaginables pour redresser SON parti et le conduire à la victoire en 2026, la descente aux enfers de la CAQ est à toutes fins pratiques déjà amorcée. Ne reste plus qu’à savoir quelle sera l’ampleur des décombres…

vigile.quebec tribune libre 8 juin 2025

Marc Garneau, le gentleman

6 juin 2025

Depuis l’annonce du décès de Marc Garneau, les témoignages élogieux ne cessent d’occuper la une des médias, notamment les commentaires sur sa propension naturelle au service de l’humanité en général, une qualité qui l’a guidé autant dans sa carrière comme premier Canadien à s’envoler dans l’espace en 1984 qu’à titre d’homme public au sein du Pari libéral du Canada.

En regardant les nombreux reportages diffusés sur la carrière de Marc Garneau sur le petit écran le 4 mai, le ministre des Finances du Canada, François-Philippe Champagne, a décrit son ancien collègue comme un «homme humble, très empathique, authentique». Et M. Champagne d’ajouter, «C’est tout le pays qui perd quelqu’un qui a su inspirer toute une génération, non seulement parce qu’il est né dans l’espace mais aussi par son service public, sa générosité, cette volonté de partager ses connaissances».

En revanche, dans son autobiographie Le plus extraordinaire des voyages, Marc Garneau revient sur sa décision de quitter la politique après avoir perdu son poste de ministre des Affaires étrangères après les élections fédérales de 2021 : «J’ai toujours voulu n’avoir aucun regret à la fin de ma vie professionnelle. Alors ça voulait dire que dans ma vie, il fallait embrasser, jusqu’à un certain point, le risque d’échouer. [...] Parce que je ne voulais pas arriver à l’autre bout en me disant: "Mon Dieu, j’aurais dû faire ça!"»

Par ailleurs, les gens qui l’ont côtoyé tout au long de sa carrière n’ont pas manqué de saluer le gentleman en l’homme tout au cours de sa vie professionnelle, un acolyte respectueux doublé d’un calme olympien devant les écueils qu’il a dû confronter autant comme astronaute que comme politicien.

« Marc a affronté ses derniers jours avec la même force, la même lucidité et la même grâce qui ont toujours caractérisé sa vie. Il est décédé paisiblement, entouré de l’amour de sa famille», a écrit sa conjointe, Pamela Garneau, dans un message publié sur les réseaux sociaux. Merci, M. Garneau, pour votre contribution exceptionnelle au service de la découverte de l’espace et votre engagement politique sans faille au service des citoyens canadiens.

vigile.quebec tribune libre 6 juin 2025

Divorce vitriolique entre Trump et Musk

6 juin 2025

Coup de tonnerre fracassant au-dessus de la Maison-Blanche. Sous l’emprise de vents violents depuis quelques semaines, la relation quasi fusionnelle entre Donald Trump et Elon Musk s’envole en fumée. L’homme le plus riche du monde que le président avait mandaté pour couper des milliards de dollars dans les finances de l’État tire abruptement sa révérence en guise de contestation à l’égard des tarifs démesurés imposés par le président qui conduisent inévitablement, selon lui, à la récession. 

De toute évidence, l’univers des egos des deux personnages ne pouvait plus cohabiter dans un monde qui ne tolère la défaite pour aucune considération. Conséquences immédiates, l’action de Tesla a chuté dramatiquement en bourses et Musk doit changer sa tronçonneuse pour un bazooka alors que du côté de Trump, il se voit amputé de celui qui a investi la « modique somme » de 200 millions $ dans sa campagne électorale et qui exige maintenant ni plus ni moins que sa destitution à titre de président des États-Unis.

Issus tous les deux du monde des affaires dans lequel les transactions font office de lois, il était écrit dans le ciel qu’il s’ennuagerait et que le tonnerre et les éclairs allaient apparaître un jour et balayer d’un trait toute possibilité de compromis dans un contexte de négociation. Le « pont d’or » érigé entre les deux compères était voué d’avance à l’écroulement. Reste à voir qui des deux belligérants s’en tirera avec les honneurs de la guerre. À suivre…

vigile.quebec tribune libre 6 juin 2025

Yoshua Bengio, lanceur d’alerte

6 juin 2025

Le conseiller scientifique de l’Institut québécois d’intelligence artificielle de réputation internationale, Yoshua Bengio, lance un cri d’alarme : « Et si la tendance se maintient, l'IA va vraisemblablement être plus intelligente que nous en ce qui concerne beaucoup de capacités cognitives. C'est urgent qu'on trouve des solutions scientifiques, politiques et réglementaires pour éviter les catastrophes de perte de contrôle ». Plus encore, « les IA semblent agir pour se protéger et éviter d'être débranchées. Elles veulent survivre, finalement, comme nous », ajoute le conseiller scientifique. À cet effet, « il y a une expérience où l'IA joue aux échecs et elle voit qu'elle va perdre. Au lieu d'accepter la défaite, elle décide de tricher en allant jouer dans les fichiers de configuration du jeu », poursuit-il.

À bien des égards, notamment en recherche sur les remèdes pour guérir certaines maladies, l’IA a accompli des avancées extraordinaires, et il faut en prendre note et exploiter ces avenues essentielles sans ménagement. Toutefois, en s’ingérant sans vergogne dans la vie privée des gens, il devient essentiel de mettre un frein à ces pratiques dangereuses. D’où l’initiative de M. Bengio de créer LoiZéro, un organisme à but non lucratif chargé de créer un modèle d'entraînement éthique et sécuritaire, afin d'éviter que cette technologie se retourne contre son initiateur.

À l’image de toute découverte dans quelque domaine que ce soit, l’IA nécessite un encadrement indispensable aux règles éthiques de la société, à défaut de quoi elle risque de dégénérer en un chaos désastreux à l’encontre d’une saine évolution de notre société. En réalité, notre société automatisée est-elle en train d’oublier que c’est le cerveau humain qui l’a conçue?

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2169625/yoshua-bengio-intelligence-artificielle-loizero

vigile.quebec tribune libre 5 juin 2025

Conflit Russie/Ukraine, 139 jours après l’assermentation de Donald Trump

3 juin 2025

Sans grande surprise, la version 2.0 du président américain, Donald Trump, aura échoué son pari de mettre fin au conflit entre la Russie et l’Ukraine « en 24 heures », 139 jours (bien comptés) s’étant déjà écoulés depuis son assermentation le 20 janvier 2025. Pire encore, la relation ne cesse de s’envenimer entre Vladimir Poutine et le maître de la Maison-Blanche.

Dans ce dossier comme dans tous ceux où est impliqué Donald Trump, se profile une série de montagnes russes passant du calme au chaos en l’espace souvent de quelques heures. Ainsi après un appel téléphonique « constructif » de près de deux heures avec Vladimir Poutine, les bombardements meurtriers se sont intensifiés sur l’Ukraine malgré les appels au cessez-le-feu si bien que le président américain a lancé sur son réseau social que Poutine était « devenu complètement fou ».

Depuis le début de son invasion à grande échelle en février 2022, le Kremlin de Vladimir Poutine ne cesse de souffler le chaud et le froid dans ses relations « diplomatiques » avec le président américain. À la suite de l’attaque de 355 drones sur l’Ukraine le 25 mai, Volodymyr Zelensky a dénoncé « l’impunité » russe tandis qu’Emmanuel Macron a appelé Donald Trump à convertir sa colère en actes. Et de surcroît, aux yeux du chancelier allemand Friedrich Merz, le président russe Vladimir Poutine considère les offres de discussions comme une « faiblesse ». 

Donald Trump est issu du monde des affaires dans lequel les transactions font office de loi. Or dans un contexte de négociation exigeant des compromis de la part de chacune des parties, le businessman est catapulté en terrain qui lui est complètement inconnu où les paroles réconciliatrices sont substituées aux tractations de millions de dollars. Dans ce contexte pour le moins antinomique, force est d’admettre que Donald Trump ne peut incarner l’artisan de paix indispensable à la résolution du conflit entre la Russie et l’Ukraine. Penser le contraire relève tout simplement de l’illusion.

vigile.quebec tribune libre 2 juin 2025

Jacques Parizeau, un nom qui inspire l’amour du Québec

2 juin 2025

Le 1er juin 2015 s’éteignait Jacques Parizeau, le compagnon de vie de Lisette Lapointe avec qui il aura vécu les 23 dernières années de sa vie. Dix ans après son départ, elle publie sa propre biographie De combats et d’amour qui paraîtra cet automne aux Éditions de l’Homme. « En revivant ce moment douloureux, je suis encore profondément remuée par les témoignages de reconnaissance et d’admiration qui ont entouré son départ. Un concert d’éloges, sans la moindre fausse note, comme si les différends passés étaient oubliés pour ne voir que le legs de l’homme d’État », raconte-t-elle.

Avec René Lévesque, Jacques Parizeau incarne sans contredit une icône incontournable dans le paysage souverainiste du Québec. De personnage froid et distant à son arrivée à titre de ministre des Finances lors de son entrée à l’Assemblée nationale, il est rapidement passé à un personnage chaleureux et charismatique particulièrement lorsqu’il entreprit sa croisade menant au référendum de 1995 qu’il perdit de justesse par quelques milliers de voix.

Comme il fallait s’y attendre, le retrait de la politique active de Jacques Parizeau n’allait pas pour autant l’empêcher d’exprimer ses opinions si bien qu’il fut affublé rapidement du sobriquet peu flatteur de « belle-mère ». « Ce n'est pas parce que j'ai été chef du Parti québécois que je suis condamné à ne plus parler… Quelle sorte de société sommes-nous où les gens ne devraient plus parler!», répliquait-il à ses détracteurs. Dans cette foulée, en avril 2015, Jacques Parizeau jette un regard amer sur le Parti québécois (PQ) en comparant son ancienne formation politique à un véritable « champ de ruines », dans une longue entrevue accordée à Radio-Canada. « On a démoli graduellement ce parti-là, et surtout, on lui a fait perdre son âme, on l'a égaré dans des discussions byzantines » argue-t-il. « Les péquistes n'ont pas l'air de croire en eux. Comment voulez-vous que les autres croient en eux? »

Aux yeux de Lisette Lapointe, il n’y a rien de plus beau et de plus précieux que la liberté, rien de plus normal pour un peuple que d’avoir son pays. « Il n’y a rien de plus beau que les commencements », se rappelle-t-elle avec émotion ces mots chargés de fougue prononcés avec vigueur à maintes reprises par son amoureux. Dix ans après sa mort, le nom de Jacques Parizeau inspire encore l’amour du Québec, et il restera gravé indéfiniment dans la mémoire collective des Québécois.

vigile.quebec tribune libre 1er juin 2025

Garder le cap sur la mission première de l’école

1 juin 2025

Il fut un temps pas si lointain où la profession d’enseignant jouissait d’un rayonnement social incontestable. Les enseignantes et les enseignants étaient perçus comme des courroies de transmission des connaissances à des apprenants indispensables à l’évolution de la société.

Mais que s’est-il donc passé pour que nous assistions aujourd’hui à la dévalorisation croissante de la carrière d’enseignant alors que, dans les faits, leur rôle de transmetteurs de connaissances soit toujours le même que celui de mon temps? À mon sens, la réponse se résume en un mot: évolution. Au cours des dernières décennies, la société s’est transformée considérablement. L’éclatement de la famille traditionnelle et son prolongement dans l’avènement de la pluriparentalité, la mise à l’écart de valeurs telles le respect, l’autorité, le sens de l’effort, la dépendance hallucinante des jeunes envers les médias sociaux et leurs conséquences désastreuses sur la violence sous toutes ses formes ont grandement contribué à la situation chaotique dans laquelle sont appelés à évoluer les enseignantes et enseignants d’aujourd’hui.

Dans ces conditions, est-il possible, encore en 2025, de retrouver la dynamique essentielle à la création d’un climat sain favorisant l’apprentissage des connaissances aux adultes de demain? Ma réponse est oui. Mais comment? D’emblée, l’éducation commence à la maison et, de facto, les parents jouent un rôle déterminant dans l’éducation de leurs enfants. En termes clairs, l’implication des parents constitue un passage obligé auquel les enseignants n’ont pas à suppléer. De son côté, l’école se doit de favoriser un modus vivendi répondant expressément aux valeurs humaines, particulièrement le respect des uns envers les autres.

Les défis à relever en ces temps de profonds bouleversements sont immenses, et l’école ne peut y échapper.Toutefois, je demeure convaincu que l’école, contre vents et marées, doit garder le cap sur sa mission première, à savoir incarner le temple du savoir dans lequel l’ensemble du personnel scolaire est voué à transmettre aux élèves les valeurs profondes et les connaissances nécessaires à les guider dans le monde pluridimensionnel et déstabilisant d’aujourd’hui.

vigile.quebec tribune libre 31 mai 2025

La médiation au service des conflits de travail

31 mai 2025

En 2023, 691 grèves ont été recensées au Québec, un sommet sans précédent. En 2024 et 2025, une succession de grèves ont déferlé particulièrement dans le secteur public et notamment en éducation, en santé et dans les services sociaux allant des éducatrices de la petite enfance aux ingénieurs de l’État. Récemment les travailleurs en construction résidentielle ont déclenché une grève. Or parallèlement à cette épidémie de conflits de travail, le ministre du Travail, Jean Boulet, a déposé le projet de loi 89 qui vise à limiter le droit de grève et de lock-out en cas de conflit de travail affectant les services essentiels à la population, un projet de loi qui a suscité de vives réactions de la part des syndicats qui le perçoivent comme une attaque contre le droit de grève et une entrave à la négociation collective. 

En bref, c’est le bras de fer permanent entre les parties qui demeurent chacune sur leur position sans espoir de compromis à court terme. Et pourtant, il existe un mécanisme qui permet de régler un différend à l'amiable avec l'aide d'un tiers neutre et impartial, à savoir la médiation. À cet effet, la CNESST offre un service de médiation gratuit pour les conflits liés aux normes du travail, à l'équité salariale, à la santé et sécurité, aux accidents et maladies professionnelles. 

Le bourbier démobilisateur dans lequel les employés et les employeurs s’enlisent au Québec actuellement conduit irrévocablement à des situations conflictuelles anti-productives qui risquent de freiner toute possibilité d’entente entre les parties. Dans ces circonstances, je suis d’avis que la grève devrait constituer le dernier recours, prenant pour acquis que la présence d’une tierce partie incarnant une nécessaire neutralité incarne une route sur laquelle les deux parties peuvent en arriver à un terrain d’entente à leur satisfaction pleine et entière.

vigile.quebec tribune libre 30 mai 2025

Douce vengeance de Denis Coderre?

31 mai 2025

Lors du point de presse tenu conjointement par le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, et l’ex-maire de Montréal, Denis Coderre, ce dernier a invoqué les possibles avantages de son attractivité auprès des libéraux du comté d’Arthabaska à l’occasion de l’élection partielle. Or à l’élection générale de 2022, le Parti libéral du Québec (PLQ) a récolté 1702 voix pour un maigre 3,76% des votes dans le comté d’Arthabaska. Dans ces conditions, le pouvoir d’attraction de Denis Coderre ne risque pas trop d’influencer les résultats de l’élection partielle. Et, de surcroît, l’ancien ministre libéral fédéral demande au PLQ de ne pas présenter de candidat pour faciliter l’élection d’Éric Duhaime, mais aussi, pour «sauver de l’argent».

Par ailleurs, faut-il le rappeler, Denis Coderre a manifesté son intention de poser sa candidature à la chefferie du PLQ. Toutefois, ses démêlés avec le fisc ont poussé les libéraux à rejeter sa candidature, une décision contre laquelle le principal intéressé s’est dit «dégoûté». Or par ailleurs, Denis Coderre affirme dur comme fer que son appui aux conservateurs n’est aucunement motivé par une volonté de se venger des libéraux.

«Un chef de parti, quel qu’il soit – si ça avait été un autre, j’aurais fait la même maudite affaire – a le droit de siéger à l’Assemblée nationale», argue l’ancien maire de la Métropole. Soit! En revanche, les récents sondages placent le chef du PCQ parmi les favoris dans la course à l’élection partielle dans Arthabaska. N’est-ce pas là une excellente raison pour Denis Coderre d’assouvir sa douce vengeance contre le PLQ?

vigile.quebec teibune libre 30 mai 2025