29 mai 2025
Pour l’avoir répété à outrance, le ministre de la Santé, Christian Dubé, juge que les médecins ne travaillent pas suffisamment. Un argument qui, disons-le, constitue un bien mauvais départ visant une négociation efficiente, et suscitant de facto un braquage des fédérations de médecins contre les velléités du ministre Dubé.
Avec son projet de loi 106, le ministre Dubé veut que 25 % de la rémunération totale des médecins soit établie en fonction de la performance, donc de l'atteinte de certaines cibles. Dans cette formule mathématique, le 0,25 représente 25 %, alors que le 0,1 représente 10 %. Le taux de 25 % est associé au nombre d'objectifs atteints et celui de 10 % au nombre d'objectifs ratés. En bref, si tous les objectifs sont atteints, les médecins reçoivent les 25 % liés à la performance. Si aucun objectif n'est atteint, les médecins reçoivent un minimum de 10 %.
Aux yeux de la Fédération des médecins omnipraticiens (FMOQ), « la formule mathématique développée par le gouvernement pour évaluer la performance de la première ligne ne mesure pas la qualité des soins reçus, la satisfaction des patients et les bienfaits sur leur santé globale. Bref, cette équation déshumanise les soins et passe à côté de l’essentiel. »
Or dans l’hypothèse où chacune des parties vise comme objectif prioritaire que chaque Québécois ait un médecin de famille, je suis d’avis qu’elles doivent retourner illico à la table des négociations et trouvent un terrain d’entente à la satisfaction des trop nombreux patients orphelins au Québec. En termes clairs, finies les guerres de clocher et place à une concertation entre adultes responsables et imputables à un service de santé universel pour le plus grand bien de la santé de tous les Québécois qui sont pleinement en droit de recevoir les services de santé qu’ils paient de leurs poches en tant que contribuables.
vigile.quebec tribune libre le 28 mai 2025
Publié sous Chroniques | Aucun commentaire »
29 mai 2025
Dans l’esprit du premier ministre, Mark Carney, la participation du monarque britannique, Charles III, à la lecture du Trône devait notamment laisser voir à Donald Trump que le Canada était un pays souverain. Or la réalité a été toute autre, le président déclarant sur son réseau social quelques heures après le passage du roi au Sénat : « J’ai dit au Canada, qui souhaite ardemment faire partie de notre fabuleux système du dôme Doré, que cela lui coûterait 61 milliards de dollars s’il restait une nation séparée, mais inégale, mais que cela lui coûterait ZÉRO DOLLAR s’il devenait notre cher 51e État. Ils envisagent l’offre! » De toute façon, il aurait été fort surprenant que Donald Trump réagisse autrement du haut de sa narcissique mégalomanie.
Quant à la stratégie de Mark Carney, maintenant que le faste de Charles III est derrière lui, il doit retourner sur le plancher des vaches et s’attaquer aux nombreux défis qu’il s’est fixé notamment de faire du Canada la « superpuissance énergétique mondiale, tant dans l’énergie propre que dans l’énergie traditionnelle » et tout cela en demeurant un allié fidèle du représentant de la terre de l’oncle Sam. Tout un challenge pour un profane de la scène politique!
vigile.quebec tribune libre 28 mai 2025
Le Soleil (versuion numérique) 29 mai 2025
Publié sous Chroniques | Aucun commentaire »
27 mai 2025
À mon sens, la participation du roi Charles III à la lecture du discours du Trône à la Chambre du Sénat en guise d’ouverture d’une nouvelle session parlementaire est basée sur un argument antinomique. En effet aux yeux du premier ministre fraîchement élu, Mark Carney, l’invitation adressée au roi s’inscrit dans une volonté de « souligner la souveraineté du Canada ». Or constitutionnellement, Charles III est le souverain roi du Canada. Alors conséquemment, comment l’argument du premier ministre à l’effet d’inviter le roi du Canada peut-il être considéré comme un geste de souveraineté de la part du Canada? J’avoue que j’en perds mon latin…et vous?
vigile.quebec tribune libre 26 mai 2025
Publié sous Chroniques | Aucun commentaire »
27 mai 2025
Depuis son élection à titre de chef du Parti québécois (PQ). Paul St-Pierre Plamondon (PSPP) a toujours montré patte blanche dans ses positions à l’égard des divers dossiers sur lesquels il a pris position en tenant en tout temps des propos francs, honnêtes et circonspects.
Or l’épineux dossier sur l’abolition ou non de la bourse du carbone aura démontré de toute évidence que PSPP peut aussi être victime de dérapages dans la foulée de la majorité des politiciens. En effet, faisant fi de la position traditionnelle du PQ dans la lutte aux changements climatiques en favorisant les énergies propres, le chef du PQ a proposé d’harmoniser la taxe sur le carbone sur les autres provinces canadiennes tout en maintenant la bourse du carbone, une mesure financière qui pourrait atteindre la somme faramineuse de 1,5 milliard $.
Par ailleurs sur une autre scène, les derniers sondages en lien avec l’élection partielle dans Arthabaska démontre que le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, est en bonne position dans les intentions de vote, un scénario qui laisse entrevoir que PSPP joue le jeu de la petite politique partisane. En termes clairs, le chef du PQl a troqué son image de la fidèle brebis blanche pour celle du finaud renard gris… un faux pas malheureux pour tous ses partisans qui le définissaient jusqu’à maintenant comme celui qui faisait de la politique autrement!
vigile.quebec tribune libre 26 mai 2025
Publié sous Chroniques | Aucun commentaire »
25 mai 2025
Une page publicitaire parue dans le Journal du 23 mai sous le titre « Pour que le français continue de nous unir » a particulièrement attiré mon attention en raison de mon expérience passée en tant que professeur de français langue seconde. On y fait mention des craintes des quelque 900 professeurs de francisation du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI), représentés par le Syndicat des professeurs de l’État du Québec (SPEQ), que les conditions favorisant la francisation des Québécois d’adoption ne se révèlent qu’une façade politique.
Le gouvernement Legaut clame haut et fort sur toutes les tribunes l’importance pour les nouveaux arrivants d’apprendre la langue de leur terre d’accueil. Or, la réalité en classe est toute autre. Les professeurs ne sont pas soutenus dans l’exercice de leur travail. Ils ont le sentiment que la priorité de leur ministère est de vider la liste d’attente rapidement, quitte à mettre en péril la qualité de la francisation. De plus, ils doivent conjuguer avec des sessions trop courtes en regard du programme, sans recevoir aucune aide spécialisée pour les élèves en difficulté d’apprentissage ou victimes de traumatismes dans leur pays d’origine. Et, comble de malheur, le gouvernement leur propose une augmentation du nombre d’élèves par classe.
Une francisation efficace est primordiale pour assurer une intégration harmonieuse des nouveaux arrivants à la société québécoise. Tant et aussi longtemps que la sous-ministre Karine Dumont s’évertuera à offrir une « francisation à rabais », les belles paroles de François Legaut sur l’importance reliée à l’apprentissage du français de la part des nouveaux arrivants demeurera une petite politique clinquante de bas étage.
vigile.quebec tribune libre 24 mai 2025
Publié sous Chroniques | Aucun commentaire »
25 mai 2025
L’éducation est en mal d’amour au Québec, pénurie d’enseignants qualifiés et de personnel spécialisé, lourdeur de la tâche, vétusté des écoles. Et pourtant, dès son premier mandat en 2018, François Legault avait promis d’en faire la priorité de ses priorités. Or sept ans de gouvernance caquiste plus tard, le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, devant l’ampleur de la violence dans les écoles, présente un plan d’action axé sur l’interdiction du cellulaire à l’école et le vouvoiement obligatoire envers le personnel scolaire. Des pistes de solution qui, bien que louables, sont à mille lieues des enjeux fondamentaux qui gangrènent lentement mais sûrement la vocation première de l’école, à savoir la communication des connaissances à des apprenants.
Encore aujourd’hui, l’école ouvre ses portes à tous les jours à l’éveil des jeunes au monde qui les entoure. Rien n’a changé en ce domaine. De ce fait, qu’avons-nous perdu en chemin pour que s’installe dans nos écoles un tel désamour envers le respect de l’autre et le sens de l’effort inhérent à l’apprentissage des connaissances? Comment en sommes-nous arrivés à assister sans coup férir aux départs hâtifs et inquiétants de certains enseignants qui ont baissé les bras devant un climat malsain et démobilisateur?
Des questions inquiétantes, voire alarmantes qui commandent des réponses en lien avec le monde « moderne » dans lequel baignent les jeunes d’aujourd’hui, notamment l’explosion des cellules familiales et l’apparition de la pluriparentalité. Une situation préoccupante qui a donné naissance à toute une génération d’élèves éprouvant des besoin particuliers et pour lesquels les ressources spécialisées manquent à l’appel. Enfin, la dépendance systémique aux médias sociaux contribue à l’accroissement des problèmes de concentration qui se répercutent en période de cours, et qui ajoutent grandement à une désaffection croissante envers la profession d’enseignant.
L’éducation a été et est encore aujourd’hui le fer de lance de la société, laquelle par ailleurs, semble avoir perdu ses repères, en particulier le lien d’autorité qui doit régner entre le jeune et ses parents, et l’élève envers ses enseignants. La famille comme l’école doivent retrouver leurs lettres de noblesse. La relation d’autorité doit être rétablie dans le respect de chacune des parties. Dans un tel climat, peut-être arriverons-nous à recréer l’attractivité pour ce qui incarne toujours, à mes yeux, le plus beau métier du monde.
vigilequebec tribune libre 24 mai 2025
Publié sous Chroniques | Aucun commentaire »
24 mai 2025
Parlant de son dôme d’or antimissile et de l’intérêt manifeste du premier ministre canadien Mark Carney, pour son projet, le président américain, Donald Trump, a plaidé que « Le Canada nous a appelés, et il veut en faire partie. On va lui parler. Il veut de la protection lui aussi. Comme d’habitude, on aide le Canada comme on peut ». En revanche, le Canada se retrouve toujours impliqué contre son gré dans une guerre de tarifs douaniers imposée, faut-il le rappeler, par le même Donald Trump. En somme, Donald Trump souffle le chaud et le froid.
Or à la suite de sa récente rencontre avec le président, Mark Carney a fait l’éloge de son homonyme américain en le qualifiant de « président transformateur » et de leader qui apporte du bon et du mauvais tout en parlant des bienfaits de voir Donald Trump assis dans la chaise présidentielle.
Dans cette foulée, deux questions me viennent à l’esprit. Primo, que s’est-il donc passé pour que Mark Carney louange subitement à tel point le président Trump? Et secundo, en acceptant de se rallier au projet anti-missile de Trump, le premier ministre ne risque-t-il pas de réveiller la lubie de Donald Trump à l’égard de l’annexion du Canada comme 51e état des USA en s’affichant de façon transcendante comme le grand frère au secours de son jeune frère?
Le président n’en est pas à ses premières idées mégalomanes. De ce fait, Mark Carney devrait, à mon avis, tempérer ses ardeurs eu égard au dôme d’or de Trump d’autant plus qu’à ma connaissance, aucun danger imminent n’est susceptible d’envahir à court terme la voûte céleste canadienne. Un peu de retenue, M. Carney, devant l’ogre narcissique et assoiffé de pouvoir!
vigile.quebec tribune libre 23 mai 2025
Publié sous Chroniques | Aucun commentaire »
24 mai 2025
Tout au cours de sa campagne électorale, Mark Carney s’est engagé, s’il était élu premier ministre, de faire du pays un « Canada fort » et de « bâtir l’économie la plus forte du G7 ». Dans cette foulée, le nouveau chef du gouvernement libéral, dès le début de son mandat, indique, dans une lettre remise à tous ses ministres et secrétaires d’État, le sentier à suivre pour parvenir à ses objectifs.
« Le mois dernier, la population canadienne a élu un nouveau gouvernement pour qu’il se tienne debout pour notre pays et bâtisse une économie forte qui bénéficie à toutes les Canadiennes et tous les Canadiens. À titre de membres du 30e Conseil des ministres, nous devons accomplir ce mandat avec détermination et force », lance Mark Carney aux membres de son cabinet en guise d’introduction à sa lettre.
D’entrée de jeu, le premier ministre insiste sur la nécessité d’« établir de nouveaux rapports avec les États-Unis dans les domaines de l’économie et de la sécurité, et renforcer notre collaboration avec nos alliés et nos partenaires commerciaux fiables du monde entier ». Dorénavant, la pierre angulaire des relations que compte entretenir son gouvernement avec les États-Unis sera claire et succincte à savoir collaborer si nécessaire, mais pas nécessairement collaborer.
Or parmi les sept priorités énoncées dans sa lettre, je suis d’avis que celle ayant trait à la réduction des coûts et à l’abordabilité des logements retiendra de toute évidence l’attention des Canadiennes et des Canadiens dans un contexte de surenchère du panier d’épicerie et de pénurie de logements à prix modique.
Par ailleurs, maintenant que les assises stratégiques nécessaires à la construction d’un « Canada fort » sont déposées sur la table, il appartient de facto au gouvernement libéral de Mark Carney, de les traduire en réalisations, un défi titanesque dans un contexte d’instabilité économique et géo-politique provoqué notamment par l’imprévisibilité de notre voisin du Sud. Une histoire à suivre avec beaucoup d’attention…
vigile.quebec tribune libre 23 mai 2025
Publié sous Chroniques | Aucun commentaire »
23 mai 2025
«La paix soit avec vous tous!». C’est en ces mots que s’est amorcé le pontificat de Léon XIV. Élu 267e pape de l’histoire de l’Église catholique le 8 mai 2025, le cardinal Robert Francis Prevost a délivré un message de paix au monde entier. L’américain de 69 ans a dit souhaiter que la «paix du Christ ressuscité» touche «tous les peuples», «toute la terre», et qu’elle soit «une paix désarmée et une paix désarmante».
Dans son homélie inaugural à titre de souverain pontife, la pape Léon XIV a prôné le retour de la paix à Gaza et en Ukraine en insistant sur les centaines de milliers d’innocentes victimes depuis le début de ces conflits sanguinaires. Or Benyamin Netanyahou et Vladimir Poutine intensifient les attaques meurtrières contre les Gazaouis et les Ukrainiens sans relâche, et toute tentative de trêve entre les parties semble actuellement impossible.
Dans ce contexte, comment percevoir quelque espoir de paix dans le souhait de Léon XIV? Ce pape arrivera-t-il à amener les dirigeants des pays en guerre à trouver enfin un terrain d’entente à son invitation pressante à la paix? De toute évidence, dès le début de son pontificat, Léon XIV a saisi son bâton du pèlerin en tant qu’agent propageant la paix dans le monde. Une mission pharaonique, un défi titanesque auxquels se livre avec détermination l’évêque de Rome.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que Léon XIV manifeste d’emblée son intention d’agir en rassembleur envers les dirigeants de tous les pays, et plus particulièrement de la Russie et d’Israël en ces temps de conflits qui semblent sans issue. Dès lors, je suis confiant que le nouveau pape apportera un vent d’humanité dans le climat hostile auquel assiste quotidiennement le monde, et qu’il contribuera à faire avancer les négociations vers l’établissement progressif d’une paix durable.
vigile.quebec tribune libre 19 mai 2025
Publié sous Chroniques | Aucun commentaire »
19 mai 2025
Réaction à l’article de Benoît Melançon paru dans Le Devoir du 16 mai sous le titre « Maurice Richard n’est pas mort ».
Du temps de ma jeunesse, j’ai souvenir encore de la télédiffusion de la Soirée du hockey commentée avec grâce par René Lecavalier qui réussissait à me soulever de ma chaise devant les montées à l’emporte-pièce de Maurice Richard et son immense talent à déjouer le gardien de but. Puis, le temps a passé et le Rocket, quoique moins rapide, continuait à m’impressionner jusqu’au jour où il prit sa retraite en septembre 1960. À partir de ce moment-là, je me suis désintéressé peu à peu du hockey, mon idole n’étant plus sur la patinoire pour m’épater par sa détermination incommensurable. La Soirée du hockey avait perdu de son mordant, le numéro 9 ne figurait plus sur l’alignement des joueurs.
C’est en lisant l’article de Benoît Melançon paru dans Le Devoir du 16 mai que sont revenus à ma mémoire les souvenirs inoubliables de mon idole de jeunesse, Maurice Richard, envers qui je vouais et voue encore aujourd’hui une admiration extraordinaire.Toutefois, un passage de M. Melançon a particulièrement attiré mon attention hormis sa détermination exceptionnelle : « Maurice Richard ne représente-t-il pas aussi un Québec plus simple que celui d’aujourd’hui ?… La mondialisation n’occupait pas tous les esprits. Les joueurs n’étaient pas des multimillionnaires passant d’un club à l’autre. C’étaient des familiers, des proches, des voisins. Voilà une image idyllique : le bon vieux temps ».
À mes yeux, Maurice Richard, par-delà sa détermination sans borne, aura évolué pendant toute sa carrière dans un monde dominé par les anglophones et, de facto, il aura contribué à l’éveil des canadiens-français à l’aube de la révolution tranquille des années ‘60 au Québec. Lorsque le Rocket s’emparait de la rondelle, c’est tout un peuple qui se levait et l’acclamait en criant ses encouragements. « Dans ce contexte, le souvenir du Rocket est rassurant. « C’était bien mieux avant », serait-on tenté de croire. Reconnaissons-le : Maurice Richard est né le 4 août 1921 ; il n’est pas mort le 27 mai 2000. Nous avons toujours besoin de lui », de conclure avec à-propos l’auteur.
https://www.ledevoir.com/societe/le-devoir-de/880825/maurice-richard-est-pas-mort
vigile.quebec tribune libre 18 mai 2025
Publié sous Chroniques | Aucun commentaire »