Vigneault, l’orfèvre des mots

23 avril 2019

Lors de son entrevue réalisée auprès du poète et auteur-compositeur-interprète Gilles Vigneault lors d’une émission spéciale de 24/60 présentée le soir du vendredi saint, Anne-Marie Dussault l’a présenté comme étant l’orfèvre des mots.
Vigneault a écrit beaucoup d'hymnes dont tout le monde sait le refrain par coeur, l'archétype étant Gens du pays dont voici quelques vers : « Le temps que l'on prend pour dire Je t'aime/ C'est le seul qui reste au bout de nos jours/ Les voeux que l'on fait, les fleurs que l'on sème/ Chacun les récolte en soi-même/ Au beau jardin du temps qui court… »

Le 27 octobre dernier, Gilles Vigneault soufflait ses quatre-vingt-dix bougies. Monument de la culture québécoise, en plus de 60 ans de carrière, l’orfèvre des mots a composé les paroles d’environ 400 chansons, réparties sur 39 albums. Fervent partisan de l’indépendance du Québec, il raconte avec émotion dans l’entrevue le devoir que nous avons tous comme Québécois de « secourir la langue française partout où elle est menacée. »

Enfin, je vous laisse sur cette citation de Gilles Vigneault : « La francophonie, c'est un vaste pays, sans frontières. C'est celui de la langue française. C'est le pays de l'intérieur. C'est le pays invisible, spirituel, mental, moral qui est en chacun de vous. »

vigile.net tribune libre 20 avril 2019
 

Les autistes, ces mal-aimés

23 avril 2019

Voici l’histoire vécue d’une mère de famille dont le fils autiste de 8 ans n’a maintenant plus accès à aucun service de garde. L’enfant fréquentait depuis trois ans le service de garde de son école de quartier. Puis, il y a quelques mois, la mère a transféré son garçon vers une école spécialisée pour qu'il ait accès à plus de services. Mais après avoir fait appel à différentes ressources, la Commission scolaire a renvoyé le garçon de tous les services de garde en raison de son comportement difficile.

«On a mis tous les services en place, on a même développé un service 1-1 [un intervenant par élève], on a fait du 2-1. On s’est rendu compte, en bout de ligne, que ces services-là ne répondaient pas à l’enfant», a expliqué le coordonnateur aux communications à la Commission scolaire. Selon lui, le cas du petit garçon doit être transféré au ministère de la Santé et des Services sociaux.

«J’ai parlé au ministère de la Famille, ils m’ont renvoyée au ministère de l’Éducation, qui, eux, m’ont dit qu’ils ne pouvaient pas se prononcer parce qu’ils n’ont pas la version de la commission scolaire», dit la mère.

La dame demande aux parents qui vivraient la même situation qu’elle de la dénoncer au gouvernement pour que les choses changent. «Je sais que plusieurs parents vont s’identifier à moi parce que je ne suis pas la seule à vivre ça. Il manque de ressources», a conclu la mère de famille.

Finalement, la Commission scolaire a assuré à la mère que son fils pourra réintégrer son service de garde si son comportement s’améliore… Et voilà, la boucle est fermée, fin de l’histoire, c’est le cul-de-sac.

vigile.net tribune libre 20 avril 2019
quebechebdo 23 avril 2019
 

Merci, madame la ministre!

21 avril 2019

J’ai suivi avec intérêt les divers reportages présentés au petit écran sur les inondations au Québec, et force est de constater que les scènes étaient parfois pour le moins saisissantes. J’ai aussi pu constater à quel point les Québécois pouvaient démontrer des actes de solidarité hors de l’ordinaire envers les sinistrés dans ces circonstance tragiques.

Toutefois, par-delà la qualité de ces reportages, je n’ai pu m’empêcher de remarquer la qualité des interventions de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault. Bien que nous ayons déjà pu assister à certaines interventions de la part de d’autres ministres de la Sécurité publique dans des situations antérieures semblables, j’ai été frappé par le calme et l’aplomb de la ministre et surtout, par le contact personnel qu’elle a pu établir avec les sinistrés lorsqu’elle leur prodiguait, à la manière d’une « bonne mère de famille », ses conseils de prudence et de vigilance eu égard aux effets pervers de ces crues des eaux soudaines et dévastatrices.

Bref, la ministre Guilbault a su concilier la main de fer dans le gant de velours, à savoir la crédibilité liée à ses fonctions de ministre de la Sécurité publique avec l’empathie manifeste dont elle a fait preuve envers les sinistrés…Pour votre dévouement exemplaire envers ces milliers de personnes aux prises avec ces inondations déchainées, merci madame la ministre!

vigile.net tribune libre 20 avril 2019
quebechebdo 21 avril 2019
Le Devoir 27 avril 2019
 

CPE ou maternelle 4 ans?

20 avril 2019

Les Centres de la petite enfance (CPE) voient le jour au Québec en septembre 1997 sous l’initiative de la ministre de l’Éducation d’alors, Pauline Marois, à partir des garderies sans but lucratif et des agences de garde en milieu familial.

Or, l’arrivée des maternelles 4 ans du gouvernement Legault invite un nouvel acteur sur la scène éducative du Québec, causant un certain choc lié au fait que les deux parties en présence « jouent dans les mêmes platebandes », bref qu’elles deviennent par la force des choses compétitives.

L’un des éléments majeurs de l’implantation des maternelles 4 ans se veut préventif, à savoir que l’intention de François Legault est de travailler en amont sur les cas d’élèves en difficulté d’apprentissage assez tôt pour les prévenir dans les années à venir. Par ailleurs, du côté des CPE, on invoque le fait que les éducatrices qui y oeuvrent sont déjà formées pour pallier ce type de problèmes. 

Un sondage Léger réalisé pour le compte de l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) démontre que le CPE demeure le choix de prédilection d’une proportion significative de parents qui disent préférer le CPE pour leur enfant de 4 ans dans une proportion de 49 %, contre 19 % qui indiquent leur préférence pour la maternelle 4 ans.

À mes yeux, le gouvernement, qui s’appuie sur la liberté de choix des parents pour justifier sa décision d’offrir la maternelle 4 ans partout sur le territoire, de façon universelle, doit prendre acte de ces résultats et respecter la « liberté de choix des parents »!

vigile.net tribune libre 20 avril 2019
quebechebdo 20 avril 2019
 

Ça sent les ti-zamis!

19 avril 2019

Selon certaines sources fiables, le nouveau PDG d’Investissement Québec, Guy LeBlanc, brassait des affaires personnelles jusqu’à tout récemment avec son nouveau patron et ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon. Anciens collègues chez PricewaterhouseCoopers, les deux hommes étaient également actionnaires de la même entreprise jusqu’au 10 avril. Toutefois, au Registre des entreprises du Québec, des décisions se sont précipitées ces dernières semaines afin qu’ils mettent un terme à leurs liens d’affaires.
Appelé à commenter la situation, l’attaché de presse du ministre a indiqué que celui-ci n’avait rien à se reprocher. «Ce sont des connaissances de longue date. Depuis le 1er octobre, date des élections, M. Fitzgibbon a démissionné de tous les conseils d’administration où il était administrateur», a fait savoir Mathieu St-Amand. Tous les placements et les actions détenus par le ministre de l’Économie ont également été transférés dans une fiducie sans droit de regard.

Quant à la rémunération annuelle du nouveau PDG d’Investissement Québec, Guy LeBlanc, elle pourrait bondir de façon importante pour atteindre les 800 000 $, en hausse de 50 % (+ 277 000 $) s’il atteint les objectifs de performance.

Quoique n’ayant aucun doute sur les compétences de Guy LeBlanc à titre de nouveau PDG d’Investissement Québec (IQ) et que le fait d’être un ami personnel du ministre Fitzgibbon ne fait pas de lui un candidat de second ordre, la situation devient compromettante lorsque l’on apprend que M. LeBlanc était partenaire d’affaires avec le ministre responsable d’IQ, et que l’heureux nouveau titulaire recevra une rémunération deux fois plus élevée que son prédécesseur.

Dans un temps pas si lointain, François Legault aurait clamé son indignation devant pareille nomination sous les libéraux, une détestable ambivalence entre l’opposition et le pouvoir. Pour reprendre un terme qu’il affectionnait particulièrement dans l’opposition, le fait de bénéficier d’une forte majorité de Québécois est-il en train de rendre M. Legault « arrogant »?

Enfin, selon les mêmes sources, Guy LeBlanc n’était pas le premier choix des chasseurs de têtes embauchés à grands frais (60 000 $) pour trouver le nouveau PDG d’Investissement Québec. Le ministre de l’Économie aurait ainsi préféré M. LeBlanc à d’autres candidats retenus par la firme Odgers… Ça sent les ti-zamis du temps du défunt gouvernement libéral!

vigile.net tribune libre 18 avril 2019
 

Trois musulmanes en faveur du projet de loi 21

19 avril 2019

Djamila Addar, Leïla Bensalem et Leïla Lesbet ont toutes les trois fui leur pays natal suite à la montée de l’intégrisme islamiste dans les années 80-90. Impliquées dans le milieu de l’enseignement, elles militent depuis plusieurs années pour l’interdiction des signes religieux dans les écoles, « Le voile est lourd de sens. Pour moi, c’est le porte-étendard des islamistes », déclare Leïla Bensalem. « C’est quelque chose d’oppressant, de dégradant pour les femmes », ajoute-t-elle.

Aux yeux de Djamila Addar,  « la foi n’est pas dans les apparences, elle est dans les gestes qu’on pose, et non pas dans un bout de tissu ». « Ce voile n’a jamais fait partie de notre culture et encore moins de notre religion », dit Mme Lesbet qui précise être issue pourtant d’une famille « très pratiquante ».

« Contrairement à ce que beaucoup ont dit, je trouve le projet de loi très modéré, renchérit Mme Bensalem. C’est un projet très important, car c’est l’aboutissement, enfin, de la Révolution tranquille des années 60. »… Une leçon d’histoire nationale du Québec de la part d’une musulmane qui ferait rougir bien des Québécois dits de souche!

vigile.net tribune libre 18 avril 2019
quebechebdo 19 avril 2019

Faut-il resserrer les règles encadrant l’école à la maison?

17 avril 2019

Devant l’intention du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, de resserrer les contrôles pour les parents qui font l’école à la maison en exigeant des agents de suivi du ministère de l’Éducation qu’ils rencontrent les élèves à la maison pour s’assurer qu’ils ont bel et bien suivi le programme obligatoire, des voix se sont élevées pour faire valoir leur « droit à la diversité » en éducation. « Avec le nouveau règlement, la maison devient carrément un local de l’école publique. Le ministre détruit l’esprit de l’école à la maison », argue un parent.

Or, un article publié dans la Loi sur l’instruction publique stipule « qu’il n’est pas obligatoire de fréquenter l’école pour l’enfant qui reçoit à la maison un enseignement et y vit une expérience éducative qui, d’après une évaluation faite par la commission scolaire ou à sa demande, sont équivalents à ce qui est dispensé ou vécu à l’école. »

D’ailleurs, à cet effet, certains constats ont révélé des lacunes dans l’encadrement de l’école à la maison, notamment des contacts entre des parents et des agents de suivi du ministère de l’Éducation qui se font au téléphone, des agents qui se font carrément raccrocher la ligne au nez, et des projets d’apprentissage soumis par des parents qui se résument en un bout de papier.

Dans ces circonstances, je suis d’avis que les règles encadrant l’école à la maison doivent être resserrées pour le plus grand bien des jeunes soumis à ce système d’éducation parallèle.

vigile.net tribune libre 15 avril 2019
quebechebdo 18 avril 2019
Le Soleil 19 avril 2019 "Resserrer les règles sur l'école à la maison?" (version abrégée)
 

Notre-Dame, notre amie

17 avril 2019

Au fil des siècles, Notre-Dame de Paris a été priée, contemplée, lue, chantée… Aujourd’hui, elle est veillée telle une vieille amie par les Parisiens à son chevet. « C'est l'âme de la nation française qui souffre, l'âme même du cœur de Paris et de la France qui [sont] touchés aujourd'hui », a lancé Stéphane Bern, historien médiatique et fervent défenseur du patrimoine.

Parmi toutes les réactions entendues depuis ce terrible incendie, j’ai été estomaqué par le nombre incalculable de commentaires qui comparaient leur profonde tristesse à celle qu’ils auraient éprouvée pour une amie qui viendrait de subir un grave accident.

En somme, un phénomène de personnification de la cathédrale Notre-Dame qui dépasse le monument patrimonial en lui prêtant vie. Notre-Dame s’est incarnée en « notre dame », notre amie, notre complice dans nos joies comme dans nos peines.

Peut-être arrivera-t-elle à se remettre de ses terribles « blessures », mais elle ne redeviendra jamais la confidente attentive qu’elle a incarnée dans le cœur de millions de pèlerins et de visiteurs de toutes provenances pendant des siècles et des siècles…

quebechebdo 17 avril  2019

 

Le mythe de la clause dérogatoire

16 avril 2019

Décidément, l’insertion de la clause dérogatoire dans le projet de loi 21 sur la laïcité de l’État québécois a le don d’exacerber plusieurs susceptibilités dans divers milieux sociaux, politiques et juridiques.

Or, selon une étude publiée en 2016 par Guillaume Rousseau, professeur de droit à l’Université de Sherbrooke, et intitulée La disposition dérogatoire des chartes des droits : de la théorie à la pratique, de l’identité au progrès social, la disposition de dérogation a été utilisée au Québec pas moins de 110 fois dans plus de 40 lois distinctes.

Différend parmi les juristes

Le 12 octobre, dans une lettre ouverte publiée dans Le Devoir, 26 Québécois – avocats, ancien bâtonnier, ex-ambassadeur, juge à la retraite – plaident pour que Québec recoure aux dispositions de dérogation afin de soustraire « cette nécessaire entreprise de la laïcité québécoise à la tutelle des Chartes ».
Il faut éviter que la laïcité « ne soit euthanasiée judiciairement », insistent-ils.
Moins d'une semaine plus tard, toujours dans Le Devoir, une vingtaine de voix s'élèvent contre la possible interdiction des symboles religieux au Québec.
« Déroger aux libertés et droits fondamentaux est une question d'une exceptionnelle gravité », disent la vingtaine d'avocats et de professeurs d'université « [...] En interdisant à des personnes issues d'une diversité de cultures et de religions de travailler, l'État échoue à son devoir de protéger sa neutralité tant à l'égard des croyants que des non-croyants », disent les signataires de cette lettre.
Le gouvernement Legault, affirment ces experts en droit, ne veut pas tant la séparation de l'État de la religion que « le rejet de la diversité ».

La loi 178 sur l’affichage en français

« Gouverner, c'est choisir », déclarait le premier ministre Robert Bourassa, il y a presque 30 ans, pour justifier le recours à la clause de dérogation pour imposer l'affichage unilingue français à l'extérieur des commerces au Québec. La Cour suprême du Canada vient alors de lui asséner un soufflet en disant qu'interdire l'anglais dans l'affichage commercial est contraire à la liberté d'expression.
Qu’à cela ne tienne, pour maintenir l'affichage extérieur unilingue français au Québec, le gouvernement Bourassa adopte la loi 178 qui inclut la clause dérogatoire.

Utilisation de la disposition de dérogation à la suite du rapatriement de la Constitution

Ironie du sort, c'est à la suite de « la nuit des longs couteaux », que la disposition de dérogation est ajoutée à toutes les lois québécoises antérieures à 1982 « pour que l'Assemblée nationale garde intacts les pouvoirs législatifs du Québec sans être assujettie à un cadre juridique extérieur ».

Divers motifs justifiant la clause dérogatoire

11 des 41 lois assujetties à la clause de dérogation sont liées à l'identité, notamment la langue, l’école et les religions, et 22 à un objectif de progrès social.

Conclusion

Sur le plan politique, la disposition de dérogation est un outil particulièrement puissant. Les efforts pour contester le raisonnement quant à son utilisation n'ont eu aucun succès jusqu'ici. – Eric Adams, professeur en droit constitutionnel à l'Université de l'Alberta, dans une entrevue accordée à CBC.

vigile.net tribune libre 16 avril 2019

Frilosité eu égard à la chefferie du PQ

16 avril 2019

Manifestement, les candidats à la chefferie du Pari québécois (PQ) ne se bousculent pas au portillon. C’est du moins ce qui est ressorti du dernier Conseil national du PQ tenu à Trois-Rivières récemment, à part quelques timides interventions du député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, et de la députée de Joliette, Véronique Hivon.

En guise d’argumentaire, tous les deux s’entendent pour affirmer que la priorité doit être mise sur la refondation du parti avant d’aborder quelque course à la chefferie du parti.

«La réflexion se poursuit…Je ne suis pas dans mon rôle individuel à ce stade-ci, je suis dans le travail collectif qu’on a à faire, comme parti, avec les militants», a commenté Sylvain Gaudreault. 
«J’ai un équilibre entre transparence et pudeur, par rapport à ça. Il faut respecter ça», a fait valoir Véronique Hivon. De son côté, Pascal Bérubé reconnaît qu’il n’a «pas d’indications» que d’autres candidats seraient intéressés pour le moment.

Aux yeux des militants, le congrès extraordinaire du PQ prévu l’automne prochain permettra de brasser les idées en vue de la future course à la chefferie, qui suscite, il faut bien l’admettre, peu d’enthousiasme pour le moment.

À cet effet, les orateurs invités au Conseil national ont souligné que le PQ est passé, au cours d’une période de moins de quatre ans, d’une démarche orientée sur l’indépendance sous Pierre Karl Péladeau, à un report à un second mandat sous Jean-François Lisée. À ce sujet, «Je pense que ce n’est pas quelque chose qui nous a nécessairement aidés de se lancer, toujours, de manière très rapide, dans des courses à la chefferie et de se laisser définir uniquement par ces courses à la chefferie et ces chefs-là qui en venaient à définir l’essence et l’orientation du parti», admet Mme Hivon.

Dans tout ce brassage d’idées, je suis d’avis que le retour à sa base ne peut que redonner le souffle nécessaire à réanimer un PQ « agonisant », assommé par sa dernière dégelée du scrutin d’octobre 2018. Il lui reste trois ans pour se sortir de cette léthargie chronique, à défaut de quoi il risque de disparaître du feuilleton politique du Québec!  

vigile.net tribune libre 14 avril 2019