Où est Nathalie Roy?

3 mai 2019

Dès son entrée en poste à titre de ministre de la Culture et des communications, et responsable de la langue française, les premières sorties publiques de la députée de Montarville, Nathalie Roy, ont suscité de grands espoirs eu égard, notamment, à la défense de la langue française via, entre autres, le renforcement du mandat de l’Office de la langue française afin de coordonner l’effort de francisation ainsi que la création d’un poste de commissaire à la langue française.

Un champ d’action où elle a déjà d’ailleurs fait ses armes lors de son premier mandat, de 2012 à 2014, pendant lequel elle était la porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’éducation, de culture et de communications et pour la Charte de la langue française et était membre de la Commission de la culture et de l’éducation.

Les attentes envers la dynamique ministre étaient par conséquent remplies d’espoir. Or ses premières déclarations empreintes de détermination, notamment envers une application plus stricte de la loi 101, en particulier l’affichage des commerces en français, sont demeurées lettres mortes.

Mais que s’est-il donc passé pour que le zèle démontré par la nouvelle ministre concernant la défense de la langue française fonde tout à coup comme neige au soleil? A-t-elle été contrainte au conseil des ministres de « mettre la pédale douce » sur un dossier aussi explosif que la langue au Québec? Et, si c’était le cas, pourquoi le premier ministre François Legault a-t-il nommé une ministre aussi dynamique si ce n’est que pour regarder passer la parade?

De réputation, Nathalie Roy n’a pas la « langue » dans sa poche. Aussi faut-il s’attendre à ce qu’un jour pas très lointain, on la verra poindre dans le paysage politique du Québec. Et ce jour-là, l’ex-journaliste et avocate originaire de New Carlisle démontrera aux Québécois « de quel bois elle se chauffe »!

vigile.net tribune libre 2 mai 2019
Le Soleil 7 mai 2019 (version abrégée)
 

La cyberdépendance: un fléau à combattre

2 mai 2019

Paradoxalement, le ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale, Éric Caire, lors de l’étude des crédits budgétaires de la stratégie numérique, y est allé d’une confidence choc à l’effet que son fils était atteint de cyberdépendance.

Par ailleurs, dans les milieux socio-technologiques, l’école doit être au goût du jour, dit-on, et, pour y arriver, il faut utiliser les moyens modernes mis à la disposition de nos jeunes comme « une façon de sortir les adeptes de jeux vidéo de l'isolement du gamer »…Place au sport électronique, communément appelé le e-sport!

Aux yeux de Cathy Tétreault, directrice générale et fondatrice du Centre Cyber-aide, « il y a un danger pour certains jeunes plus vulnérables à la cyberdépendance. Les Centres de réadaptation en dépendance commencent [tout juste] à gérer ça, alors pourquoi les écoles seraient-elles mieux [placées] qu'eux pour intervenir? ».

À mon avis, la cyberdépendance incarne un fléau qu’il faut combattre sans tarder en évitant tout au moins d’utiliser le moyen qui en est la cause pour le radier… C’est une simple question de gros bon sens!

quebechebdo 2 mai 2019
vigile.net tribune libre 2 mai 2019
Le Soleil 6 mai 2019

Maternelle 4 ans: un projet-pilote

1 mai 2019

Nous apprenons que la construction de chaque nouvelle classe de maternelle 4 ans coûtera en moyenne 800 000 $, soit un coût six fois plus élevé que l’estimation faite en campagne électorale par François Legault.

Or un récent sondage Léger réalisé pour le compte de l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) démontre que le CPE demeure le choix de prédilection d’une proportion significative de parents qui disent préférer le CPE pour leur enfant de 4 ans dans une proportion de 49 %, contre 19 % qui indiquent leur préférence pour la maternelle 4 ans.

À n’en pas douter, le réseau des CPE, mis sur pied en septembre 1997 par Pauline Marois, alors ministre de l'Éducation, à partir des garderies sans but lucratif et des agences de garde en milieu familial, a rapidement gagné la faveur populaire et est maintenant solidement établi au Québec.

Dans ces circonstances, je suis d’avis que l’implantation des maternelles 4 ans sur tout le territoire du Québec, à titre de service offert aux parents, doit être expérimentée d’abord à titre de projet-pilote sur une petite échelle dans le but de vérifier le véritable intérêt qu’elle suscitera auprès des parents.

quebechebdo 1er mai 2019
Le Soleil 2 mai 2019
vigile.net tribune libre 2 mai 2019
 

Sauver la chèvre et le chou

1 mai 2019

En réalité, sur les plans environnemental et économique, Mm Trudeau et Scheer se retrouvent sur la même longueur d’onde. En effet, les deux chefs de partis prônent la construction d’un pipeline tout en se targuant de mettre sur pied une politique environnementale « réaliste ». Autrement dit, ils veulent sauver la chèvre et le chou…

Comment les deux chefs de partis peuvent-ils espérer obtenir quelque crédibilité en acceptant d’une part d’encourager l’exploitation d’un des plus grands pollueurs, à savoir le pétrole, tout en invoquant d’autre part qu’ils sont préoccupés par les changements climatiques?

Questionné eu égard au manque d’acceptabilité sociale pour un tel projet au Québec, le chef de l’Opposition officielle avance que «c’est le rôle du gouvernement de créer un climat de confiance». Eh bien, à moins que M. Scheer ait des capacités de pédagogue insoupçonnées, il devra s’atteler à rencontrer des résistances tenaces au Québec à commencer par le premier ministre François Legault qui ne s’est pas gêné pour parler récemment du « pétrole sale » de l’Alberta.

Alors, Mm Trudeau et Scheer, faites votre choix et cessez de jouer aux équilibristes… Vous risquez de vous ramasser au sol!

vigile.net tribune libre 28 avril 2019
 

Le PCC ssur les races de la CAQ

30 avril 2019

De toute évidence, la Parti conservateur du Canada (PCC) se lance à la conquête des Québécois en prenant comme modèle la dernière campagne électorale de la Coalition avenir Québec (CAQ, notamment en ne cherchant pas des vedettes connues à l'échelle nationale, mais des gens bien implantés dans leur milieu.

«La CAQ a vu aussi les mêmes choses que nous et peut-être que nos chemins se croisent présentement», affirme le lieutenant conservateur au Québec, le député Alain Rayes. «Ça nous montre le potentiel, ça donne de l'espoir, ça, je peux le confirmer. On pense être capable de faire des percées jusque sur l'île de Montréal, comme la CAQ a réussi à faire», ajoute-t-il.

À cet effet, le PCC a déjà discrètement annoncé des dizaines de candidatures à travers le Québec dans les dernières semaines. L'objectif est d'avoir une équipe prête à faire campagne bien avant le début de l'élection, à l'instar de la CAQ l'an dernier. Jusqu'à présent, le parti compte 56 candidatures confirmées sur 78 circonscriptions au Québec, incluant les 11 députés élus à la Chambre des communes sous la bannière conservatrice en 2015.

Exploitation des pipelines

Toutefois, sur le plan environnemental, les deux partis divergent diamétralement. En effet, même si les conservateurs promettent de dévoiler un plan en environnement à une date encore indéterminée, il n’est pas question de remettre en cause leur appui aux pipelines pour transporter du pétrole.

«Ce n'est pas un sujet qui est sexy à vendre au Québec», reconnaît M. Rayes, qui dit qu'il y aura de la «pédagogie» à faire à ce sujet auprès des Québécois. Pour y parvenir, les conservateurs comptent taper sur le clou du «réalisme». Les citoyens sont nombreux à acheter des camions de style «pick-up» et des véhicules utilitaires sport qui consomment plus d'essence. «Nous, on a décidé de faire le choix de dire les vraies choses, d'assumer notre position et les gens vont comprendre à la toute fin», laisse tomber M. Rayes.

Le parti souhaite aussi faire rouler l'économie des provinces de l'Ouest en exploitant leur pétrole des sables bitumineux, réputé plus polluant. «On pense que c'est la meilleure solution et on fait tourner notre économie, le temps que la population fasse les changements, que les gens changent leurs habitudes de consommation», conclut Alain Rayes.

Sondages

Toujours en tête dans la projection du vote populaire dans les derniers sondages, le Parti libéral du Canada (PLC) récolte un support moyen de 35,2 % à l’échelle du pays. Il s’agit d’un net recul pour le PLC depuis l’automne, où sa moyenne frôlait régulièrement les 38% et 39%. Non loin derrière, le PCC grimpe quelque peu depuis l’automne et atteint maintenant une moyenne de 33,5 %. Bien que les Libéraux soient toujours en première place dans la plupart des sondages publiés dans les derniers mois, l’écart moyen entre le PLC et le PCC est bien trop étroit pour que cette avance soit statistiquement significative. Les chiffres actuellement disponibles nous indiquent donc qu’il y a une égalité statistique entre les deux partis. À suivre…

vigile.net tribune libre 27 avril 2019

La colère des eaux

28 avril 2019

D’entrée de jeu, nous sommes tous sensibles aux drames que vivent actuellement les milliers de sinistrés touchés par les inondations dans l’est du pays qui nous laissent bouche bée devant l’ampleur des dégâts sur leurs passages.

Par ailleurs, je me suis demandé si les changements climatiques n’avaient pas quelque influence sur les variations de niveaux des eaux, et une petite recherche m’a conduit à des observations pour le moins révélatrices.

À titre d’exemple, selon les experts, en ce qui concerne le lien entre changement climatique et eau, l’eau est impliquée à tous les niveaux du système climatique et les impacts du changement climatique se font principalement sentir aux hommes à travers l’eau : sécheresses, inondations, fonte des glaces, élévation du niveau des mers.

Le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC) estime que globalement, les précipitations, et avec elles le débit des rivières, augmentent dans les hautes latitudes. Les précipitations gagnent en intensité, entraînant des risques accrus d’inondations dues à la modification du débit des rivières ou à la montée du niveau des mers.

Bien sûr, ces assertions scientifiques ne contribueront nullement, et j’en suis conscient, à adoucir la détresse que vivent actuellement les sinistrés. Par contre, elles peuvent tout au moins apporter quelque élément de réponse à la « colère des eaux », un reflet incontestable des changements climatiques.

quebechebdo 28 avril 2019
vigile.net tribune libre 28 avril 2019
 

Qu’est devenu le Lab-École?

27 avril 2019

En novembre 2017, le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, annonçait qu’au moins cinq écoles du Québec seraient rénovées pour l’année scolaire 2021-2022 pour répondre aux critères du projet de Lab-École tel que conçu par l'architecte Pierre Thibault, le cuisinier Ricardo Larrivée et l'homme derrière Le Grand défi, Pierre Lavoie.

Or, depuis lors, un changement de gouvernement a pris le pouvoir et, par conséquent, un nouveau ministre de l’Éducation en la personne de Jean-François Roberge est maintenant en poste, et aucune allusion au Lab-École n’est ressortie de sa part jusqu’à maintenant.
Si bien qu’on peut se poser la question : qu’est devenu le Lab-École? Quelles sont les intentions du ministre eu égard à son avenir, si avenir il a? Faute de réponses à ces questions, je vais me permettre quelques considérations personnelles eu égard à ce projet.

D’entrée de jeu, personne ne niera que l’école idéale n’existe pas. Toutefois, peu importe le modèle d’école, on ne doit jamais perdre de vue que sa mission première est de communiquer des connaissances à des jeunes en situation d’apprentissage.

Le projet de Lab-École a été imaginé par trois personnalités publiques hors du milieu scolaire. À mes yeux, il ne doit aucunement être priorisé au détriment des ressources humaines et matérielles essentielles au bon fonctionnement de l’école d’aujourd’hui.

vigile.net tribune libre 25 avril 2019

Vague de gouvernements conservateurs au Canada: conséquences

27 avril 2019

Avec l’élection d’un gouvernement conservateur à l'Île-du-Prince-Édouard, le Canada compte donc maintenant sept provinces gouvernées par un parti conservateur, soit l’Ontario, l’Alberta, le Nouveau-Brunswick, la Saskatchewan, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador en plus de l'Île-du-Prince-Édouard.

Ces victoires successives pavent-elles la route à l'élection du chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer, en octobre prochain, à la tête du pays ? Pas si sûr, selon le directeur de l'Institut d'études canadiennes de l'Université McGill et politologue Daniel Béland qui attribue plutôt ce changement de couleur politique à des facteurs internes. En 2015, quand le libéral Justin Trudeau a remporté les élections fédérales, trois des quatre plus grandes provinces du pays étaient dirigées par des libéraux. Au Québec, ils étaient au pouvoir depuis 2003 (sauf un intermède péquiste en 2012-2013), idem en Ontario. En Colombie-Britannique, ils dirigeaient depuis 2001, jusqu'à l'élection des néo-démocrates en 2017. Donc c'est surtout l'usure du pouvoir subie par les gouvernements provinciaux qui a joué un rôle. Or il se trouve que les conservateurs représentaient l'alternative traditionnelle.

Quant aux libéraux de Justin Trudeau, il est clair qu’ils sont fragilisés suite aux victoires des conservateurs dans plusieurs provinces canadiennes. On se retrouve avec des gouvernements provinciaux qui affichent des positions antagonistes par rapport à Ottawa. Cela place Justin Trudeau dans une attitude défensive face à un front commun de conservateurs dont le fil conducteur, pour certains de ceux-ci, est leur opposition à la taxe carbone.

Bref, une vague conservatrice qui risque de causer des surprises à Ottawa en octobre prochain!

vigile.net tribune libre 25 avril 2019

Elle est où l’éthique professionnelle?

27 avril 2019

Le couperet est tombé, le maire de Hampstead, William Steinberg, est blanchi par la Commission municipale du Québec (CMQ) eu égard à ses propos sur le projet de loi 21 qu’il a qualifié de « nettoyage ethnique ».

À titre argumentaire, la CMQ invoque le fait que les propos tenus par le maire d'Hampstead constituent des éléments jugés en fonctions de valeurs éthiques et ne viennent pas à l'encontre des règles du codes d’éthique et de déontologie de la municipalité de Hampstead.

Autrement dit, les valeurs éthiques véhiculées dans les propos du maire sont condamnables sans pour autant contrevenir aux règles du code d’éthique. Finalement, je suis d’avis qu’il est tout à fait légitime de se demander où se situe le respect de l’éthique professionnelle liée aux fonctions du maire de Hampstead.

quebechebdo 27 avril 2019
 

Superinfirmières sous surveillance des médecins

26 avril 2019

Une maîtrise de deux ans qui suit un baccalauréat et qui suit aussi deux ans de pratique avant de pouvoir appliquer la maîtrise. Telle est la formation que doivent suivre les infirmières praticiennes spécialisées (IPS) avant de pouvoir pratiquer, Et pourtant, qu’à cela ne tienne, même si les IPS du Québec sont les mieux formées au pays, les médecins reçoivent quelque 2 680 $ mensuellement par IPS pour exercer une surveillance auprès de ces infirmières et 2500 $ pour les frais d’exploitation associés,

« On est une des seules provinces où les superinfirmières ont encore besoin d'être surveillées par des médecins pour pouvoir pratiquer. Cette surveillance a un coût important, et on pense que ce sont des fonds qui sont dépensés inutilement », soutient Anne Plourde, chercheuse à l’Institut de recherche et d'informations socioéconomiques (IRIS). 

L’IRIS salue toutefois la volonté du gouvernement Legault et du Collège des médecins de permettre aux IPS de poser certains diagnostics, mais il estime qu’il faut aller plus loin. Mme Plourde croit que le gouvernement accueillera favorablement l’idée d’abolir la surveillance des infirmières praticiennes spécialisées, alléguant l’ouverture de la ministre de la Santé d’aller plus loin dans ce dossier.

Par contre, du côté du Collège des médecins, il faudra attendre compte tenu de la frilosité des médecins à déléguer sans surveillance certaines de leurs tâches…

vigile.net tribune libre 25 avril 2019
quebechebdo 26 avril 2019