Il faut rendre à César…

12 octobre 2025

À partir du moment où la première étape du plan de paix de Donald Trump a été signée par les représentants d’Israël et du Hamas, les espoirs d’une paix durable sont maintenant permis entre les deux parties. De ce fait, selon les termes de l’entente, Gaza deviendra une zone déradicalisée, exempte de terrorisme et ne représentant aucune menace pour ses voisins, la guerre prendra fin immédiatement, l'armée israélienne cessera toutes ses opérations et se retirera progressivement de la bande de Gaza, dans les 48 heures après qu’Israël accepte publiquement l’accord, tous les otages vivants et décédés seront rendus à leur famille et l'aide humanitaire entrera dans la bande de Gaza à un rythme de 600 camions d'aide par jour.

« Cela signifie que tous les otages seront très bientôt libérés et qu’Israël retirera ses troupes jusqu’à une ligne convenue, ce qui constituera les premières étapes vers une paix forte, durable et éternelle », s’est réjoui Donald Trump sur son réseau social Truth. De toute évidence, malgré toutes les tergiversations tarifaires auxquelles nous a habitués le président au cours des derniers mois, force est de constater qu’il faut rendre à César ce qui appartient à César. Le processus de paix au Moyen-Orient est clairement entamé.

Toutefois un grand absent se cache dans le plan de paix de Donald Trump, à savoir le mutisme complet sur la reconnaissance d’un État palestinien, un sujet d’une extrême délicatesse qui aurait pu mettre un frein à l’entente s’il en avait fait partie.

Benjamin Netanyahou avait juré qu’il se rendrait au bout du conflit entre Israël et le Hamas en réduisant le groupe terroriste à son anéantissement. Nonobstant la signature de la première phase du projet d’entente de Trump, Israël et le Hamas demeurent deux ennemis jurés. Dans un tel climat de tension, que nous réserve l’avenir? Difficile à prévoir mais un fait demeure, le climat explosif entre les deux belligérants n’a besoin que d’une simple étincelle pour exploser à nouveau…

vigile.quebec tribune libre 12 octobre 2025

 


 

Projet de constitution, un effort louable mais…

12 octobre 2025

Telle que générée par l’IA, « une Constitution est l'ensemble des principes et des lois fondamentales qui organisent un État, définissent les institutions (pouvoirs législatif, exécutif, judiciaire), garantissent les droits et libertés des citoyens, et régissent les relations entre les pouvoirs publics et la population. C'est la loi suprême d'un pays, placée au sommet de la hiérarchie juridique, et elle établit les règles du jeu pour la gouvernance et la vie en société ».

Or le Québec n’ayant pas le statut juridique d’un État, une Constitution québécoise n’aurait aucun statut juridique à l’intérieur de la fédération dont il est partie prenante. Et de surcroît, même si le Québec s’est abstenu de poser sa signature lors du rapatriement de la Constitution de 1982, une Constitution québécoise serait sans réel pouvoir juridique pour les raisons mentionnées plus haut.

Toutefois le projet de Constitution du Québec présenté par le ministre de la Justice Simon Jolin-Barrette, a le mérite de rassembler dans une même loi les principales lois existantes, notamment sur la laïcité, l’égalité hommes-femmes, la protection du français, etc. Toutefois son « mérite » s’arrête là, une Constitution devant être soumise à la consultation populaire et non pas aux desiderata d’un parti politique.

En conséquence, une véritable Constitution québécoise ne verra le jour que lorsque que le Québec fera partie du conseil des nations et, de facto, lorsqu’il acquerra le statut de pays. En attendant, François Legault pourra toujours palabrer sur la « journée historique » du 9 octobre 2025 dans les annales politiques du Québec, ce n’est pas avec ce projet-bidon qu’il passera à l’histoire… tel qu’il le souhaite.  

Le Soleil (version numérique) 12 octobre 2025
vigile.quebec tribune libre 12 octobre 2025

Battre le fer pendant qu’il est chaud

11 octobre 2025

La rencontre tant attendue entre Mark Carney et Donald Trump dans le mythique Bureau ovale abondamment enjolivé de dorures pour l’occasion s’est déroulée somme toute dans un climat détendu, voire amical, à plusieurs reprises au cours de l’entretien, le président américain encensant le premier ministre canadien « Je peux vous dire ceci, parce que je traite avec de nombreux dirigeants dans le monde entier : c'est un leader de classe mondiale. C'est un homme qui sait ce qu'il veut et je ne suis pas surpris qu'il ait gagné les élections et qu'il les ait gagnées de manière substantielle », a lancé Donald Trump en tout début de point de presse. De toute évidence, le président s’était levé du bon pied en ce matin du 7 octobre, multipliant les plaisanteries avec un Mark Carney tout sourire.

En revanche, la belle ambiance n’a pas empêché M. Trump de maintenir que les deux pays, bien qu’amis, sont en réalité deux boxeurs dans un ring qui se livrent une concurrence féroce. « Nous voulons que le Canada se porte bien, mais vous savez, arrive un moment où nous voulons aussi les mêmes business. Nous sommes en concurrence pour les mêmes business. Il est là le problème », argue le président. Or en situation de « conflit commercial normal », il est très peu plausible qu’un règlement gagnant-gagnant mette fin au conflit.

Dans cette foulée, aux dires de Richard Ouellet, professeur de droit international économique à la Faculté de Droit de l’Université Laval, « Donald Trump a employé un vocabulaire qui, je pense, pour l'avenir, peut nous inquiéter un petit peu. Il a dit que le Canada et les États-Unis avaient un amour mutuel, mais un conflit naturel, et qu'on était en compétition. Ça, c'est un discours qui n'est pas très pro libre-échange. Bien qu'aujourd'hui le ton était convivial, je trouve que ce n’est pas annonciateur de bonnes nouvelles pour l'an prochain, quand on va renégocier l'accord ».

À mon sens, le plus grand défi auquel doit faire face Mark Carney réside dans l’imprévisibilité systémique du président. De ce fait, dans l’hypothèse où cette rencontre s’est déroulée dans un contexte respectueux des deux chefs d’État, je suis d’avis que le premier ministre profite de ce climat d’ouverture du président Trump pour garder un contact régulier avec lui et intensifier les accords sectoriels, quitte à reporter les discussions sur l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) en 2026 tel que prévu. Somme toute, Mark Carney aurait avantage à battre le fer pendant qu’il est chaud…selon toute apparence!

vigile.quebec tribune libre 9 octobre 2025

Les syndicats au banc des accusés

8 octobre 2025

Le droit du gouvernement de s'ingérer dans les cotisations syndicales est une question complexe. Généralement, le gouvernement ne peut pas dicter l'utilisation des cotisations, mais il peut légiférer pour encadrer leur montant ou leur versement. À ce chapitre, le ministre du Travail, Jean Boulet, ouvre la voie à la possibilité de rendre facultative la partie des cotisations servant à des activités politiques dans un projet de loi pour «moderniser le régime syndical», une avenue qui suscite la colère des organisations de travailleurs qui crient à l’ingérence.

De son côté, le ministre prétend avoir l’appui des syndiqués pour « faire le ménage dans la gestion interne des syndicats ». Or à la question d’un journaliste lui demandant s’il avait l’appui des syndiqués dans sa démarche en point de presse, il a répondu que « les abus qui ont été documentés par les médias ont soulevé une colère publique. […] On n’a pas mesuré le niveau d’appui des syndiqués ». Et d’ajouter le ministre, « On ne fait pas ça contre les syndicats, on fait ça pour les syndiqués », a-t-il plaidé, en évoquant ce qui constitue selon lui des excès et des abus de certaines organisations syndicales. Dans cette foulée, le gouvernement annonce ses velléités de rendre une partie des cotisations syndicales facultatives, notamment lorsque les organisations syndicales veulent s’en servir pour contester une loi, par exemple, ou pour des fins autres que défendre directement les droits des travailleurs.

En revanche, la présentation des états financiers aux membres lors de l'Assemblée générale annuelle est une obligation statutaire et un élément essentiel de la transparence et de la démocratie syndicale, assurant que les membres soient informés de la gestion financière de leurs commettants. Par ailleurs, les dirigeants des Centrales syndicales devraient, selon moi, être contraints de convoquer leurs membres en Assemblée générale spéciale dans les cas où le sujet n’est pas relié directement aux conditions de travail des travailleurs. En résumé, l’Assemblée générale est souveraine et, à ce titre, elle a le pouvoir, en tout temps, de présenter une motion de blâme, voire de non-confiance envers l’exécutif syndical et cela, sans l’ingérence du ministre du Travail dans les affaires courantes des syndicats.

vigile.quebec tribune libre 4 octobre 2025

Les grands oubliés du discours inaugural

2 octobre 2025

En pleine campagne électorale municipale, les candidats à la mairie, notamment le maire sortant de Québec Bruno Marchand, dans un long message publié sur Facebook, auraient bien souhaité que le discours inaugural du premier ministre François Legault aborde les épineux dossiers sur la pénurie de logements à prix abordables et la prolifération alarmante du phénomène de l’itinérance, qui ressortent pourtant comme des priorités aux yeux des citoyens comme l’a confirmé un récent sondage Léger publié la semaine dernière qui ont littéralement passé sous le radar.

En revanche, François Legault nous a servi un copier-coller de son allocution ayant suivi l’assermentation de son nouveau cabinet récemment en prenant bien soin d’y ajouter un soupçon d’élan théâtral dans le but d’exprimer toute sa détermination à réaliser ses quatre priorités, à savoir l’identité, la sécurité, l’économie et l’efficacité au sujet desquelles, soit dit en passant, aucun moyen concret n’a été mentionné pour les pallier.

Bien sûr les conditions de vie de monsieur et madame Tout-le-Monde suscitent moins d’éclat que les bras de fer entre les dirigeants syndicaux et le ministre du Travail relié à l’utilisation « excessive » des cotisations syndicales ou entre les fédérations de médecins et le ministre de la Santé sur l’instauration de critères de performance. Et pourtant, selon l'Enquête québécoise sur la santé de la population, environ 0,8 % des personnes de 50 ans et plus avaient vécu une situation d'itinérance au cours des 5 dernières années ce qui correspond à environ 28 400 personnes en 2025.

Rocky est acculé dans les câbles. Aussi doit-il tenter de se sortir de cette situation précaire en faisant preuve de stratégie s’il désire poursuivre le combat. Et, pour y parvenir, il a choisi de faire appel à son expérience de « boxeur aguerri », soit de répondre par la contre-attaque en revenant aux moyens de prédilection de ses premiers combats dans l’arène de la politique. Or depuis 2018, les stratégies ont évolué, la finesse a pris une grande place dans les arènes pugilistique et politique. En revanche, force est d’admettre que François Legault n’a pas évolué à ce chapitre, privilégiant avec acharnement la force brutale et l’affrontement au détriment de la sensibilité.

vigile.quebec tribune libre 2 octobre 2025

Rocky acculé dans les câbles

30 septembre 2025

C’est sur la chanson « Eye of the tiger » que François Legault a été accueilli comme un héros à son entrée au congrès national de la CAQ par des militants littéralement gonflés à bloc. Dans la foulée du légendaire Rocky, le chef de la CAQ a lancé d’entrée de jeu qu’un vrai boxeur est capable d’encaisser les coups mais aussi de continuer le combat. Or François Legault est acculé dans les câbles par un adversaire redoutable, une partie de ses propres militants. Le défi est pharaonique. Rocky réussira-t-il à se sortir de cette impasse ou sera-t-il mis KO? La suite au prochain épisode…

vigile.quebec tribune libre 30 septembre 2025

Retour à l’ADN de la CAQ

30 septembre 2025

Nonobstant l’appui majoritaire du caucus envers François Legault, des militants se lèvent pour manifester leur désaveu envers leur chef. C’est dans un tel climat que le chef de la CAQ lance une offensive en règle visant le retour à droite de l’ADN de son parti dans le sillon des objectifs qui lui a valu son ascension au pouvoir en 2018, notamment un régime minceur dans l’appareil de l’État et la restauration de la loi et l’ordre au sein de la société québécoise. De toute évidence, François Legault joue son va-tout, un récent sondage cantonnant la CAQ au quatrième rang des intentons de vote des Québécois derrière le Parti conservateur d’Éric Duhaime (PCQ) à 11% des intentions de vote.

La stratégie du retour en arrière de François Legault peut-elle le faire remonter dans la faveur populaire? Qu’en est-il des dossiers criants en Éducation et en Santé, les grands oubliés de M. Legault à l’occasion de son allocution lors de l’assermentation de son cabinet? Jusqu’où ira le ministre du Travail Jean Boulet dans son projet de réforme du syndicalisme qui suscite déjà un tollé de contestations de la part des dirigeants syndicaux? Les effets collatéraux catastrophiques de la montée vertigineuse de l’extrême droite chez nos voisins du Sud ne devrait-elle pas déclencher une sonnette d’alarme aux oreilles du premier ministre?

Les temps ont changé depuis huit ans, M. Legaulut, on ne refait pas le passé. Le bras de fer actuel entre le gouvernement et les fédérations des médecins, les perspectives d’avenir houleuses entre le ministre du Travail et les syndicats, le mécontentement généralisé en Santé et en Éducation, l’échec financier catastrophique de votre gouvernement dans les dossiers Northvolt et SAAQclic, les sempiternelles tergiversations à l‘égard du troisième lien Québec/Lévis font inéluctablement partie des accidents de parcours ressentis aujourd’hui par les Québécois. Dans un tel contexte, votre intention de reconquérir la confiance de l’électorat tient, à mon avis, de l’utopie. De ce fait, je suis d’avis que la seule solution raisonnable serait de quitter la scène politique québécoise immédiatement avant que vos militants vous l’imposent sans coup férir.

vigile.quebec tribune libre 30 septembre 2025

Kim Thuy entre ombre et lumière

28 septembre 2025

Kim Thuy, née le 18 septembre 1968 à Saïgon, est une écrivaine québécoise adulée d’origine vietnamienne qui a quitté le Vietnam avec les boat people dans la cale d'un bateau à l’âge de dix ans, et s’est installée avec sa famille au Québec en 1979.

Tout récemment a paru la pièce de théâtre Am, un récit biographique dans lequel elle fait part de sa peine d’amour face à un Québec qu'elle ne reconnaît plus en raison de la prise de positions de certains partis politiques face à l'immigration. Or dans cette foulée, à ceux et celles qui disent que la situation a changé en 45 ans, elle remémoré le contexte économique de l’époque à un moment où le monde vivait une profonde récession. Néanmoins, les Québécois ont accueilli chaleureusement la famille de Kim alors que plusieurs usines fermaient à Granby, leur ville d’adoption.

Par ailleurs, invitée le 21 septembre sur le plateau de Tout le monde en parle, l’autrice, qui avait déclenché une polémique en se confiant, en entrevue à Radio-Canada, sur sa « peine d’amour » à l’égard du Québec, a défendu l’importance du choix des mots pour parler d’immigration. Ainsi « au lieu de parler de l’immigration comme un coût, pourquoi on ne parle pas en termes d’investissement? » se demande-t-elle. Kim Thuy s’interroge également sur le fait que l’immigration reçoive tout le blâme ayant trait à la pénurie de logements sans que les dirigeants nous donnent un éventail complet des facteurs en cause.

De toute évidence, Kim Thuy est en amour avec sa terre d’accueil envers qui elle voue une profonde reconnaissance. Or le contexte démographique a changé depuis 1979, le Québec ayant accueilli un flux volumineux d’immigrants au cours de la dernière décennie. Sa capacité d’accueil a atteint son seuil de tolérance. De son côté, Kim Thuy rêve d’un Québec ouvert à une augmentation d’immigrants dans un effort de valorisation de leur présence dans le paysage socio-économique du Québec…un décor jaillissant de la lumière du passé sur un fond d’ombre émergeant du présent.

vigile.uebec tribune libre 26 septembre 2025


 

Au-delà des bornes des moyens de pression

28 septembre 2025

C’est un véritable bras de fer auquel nous assistons entre les fédérations de médecins et le ministre de la Santé Christian Dubé depuis des mois, ce dernier ayant fermement l’intention de maintenir le cap sur le projet de loi 106, notamment sur l’utilisation de critères de performance pour évaluer 15% de la tâche des médecins. Le dialogue est rompu, chacune des parties demeurant fermement sur ses positions, et s’accusant mutuellement d’entêtement anti-productif.

Or ces derniers jours, les médecins spécialistes suivis des omnipraticiens ont augmenté la pression en cessant leur prestation de cours auprès des étudiants en médecine, ce qui aura pour effet de retarder indûment la diplomation des futurs médecins dans un contexte de pénurie de main d’oeuvre flagrant en médecine.

De facto, ces étudiants sont littéralement pris en otages au détriment de leur future promotion en médecine. En agissant de la sorte, je suis d’avis que les médecins outrepassent sans coup férir les bornes du cadre raisonnable de la négociation, et créent de la sorte un vice de procédure outrancier en interférant implacablement sur l’avenir des futurs médecins, lesquels deviennent les innocentes victimes d’un débat sans fin qui les condamne inexorablement à mettre un frein sur leur avenir professionnel…et qui sait, à l’abandonner. Dans un contexte aussi malsain, il est à souhaiter que les médecins feront appel à leur conscience professionnelle et reviennent rapidement sur leur décision pour le plus grand bien des étudiants en médecine qui ont fait le choix de consacrer leur vie aux soins de santé des Québécois.

vigile.quebec tribune libre 26 septembre 2025

 

Regard sur l’écriture inclusive

28 septembre 2025

La langue française évolue constamment si bien que des centaines de mots nouveaux liés notamment à l’évolution en recherche et en technologie sont intégrés dans les dictionnaires d’année en année. En revanche, l’apparition du mouvement LGBTQ+ a ouvert la porte à une langue visant à intégrer les personnes non-binaires. Des termes nouveaux ont émergé ces dernières années pour désigner les personnes qui ne s’identifient ni comme homme ni comme femme, d’autres visant à neutraliser les genres dans le but de créer une écriture plus inclusive d’où le mot « iel » représentant la jonction des pronoms « il » et « elle ». Il en est ainsi de la jonction de « tous » et de « toutes » en « toustoutes ».

Et pourtant, partant du fait que les mots « il, elle, tous et toutes » sont des pronoms, et qu’à ce titre, ils remplacent des noms « genrés » qui les précèdent, la contorsion linguistique devient oiseuse. À titre d’exemple, dans le procès-verbal d'un comité de parents, on peut lire: «Iels se sont rencontré.e.s trois fois déjà.» On peut se demander l’utilité de l’emploi de « iels » alors qu’il remplace les parents, un nom masculin regroupant les substantifs « mère et père ».

Dans ce contexte, le ministre de la Langue française, Jean-François Roberge interdira l’utilisation de mots non binaires, comme «iel» et «toustes», ainsi que les formulations inclusives telles que «citoyen.e.s» (dont l’amalgame, soit dit en passant, se traduit par « citoyenes »), dans les communications de l’État. Le ministre publiera un règlement en ce sens s’appliquant notamment aux ministères, aux sociétés d’État, aux organismes publics et aux municipalités. Par ailleurs, à ceux qui seraient tentés de traiter de nostalgique le ministre, il serait opportun de vous rappeler que, dès 1979, la Gazette officielle du Québec recommandait à toutes les administrations de l’État de féminiser les noms de fonction et de métier soit 9 ans avant que la Suisse romande passe une motion semblable, 14 ans avant la Belgique wallonne et 19 ans avant la France.

Nonobstant qu’une société doit se tenir au faîte de l‘évolution, un rappel portant sur l’orthographe grammaticale s’impose notamment au chapitre des pronoms dont le genre est prédéterminé par celui du ou des mots qu’ils remplacent dans la phrase. Enfin j’invite les défenseurs de l’écriture inclusive à faire preuve de réserve et de clarté à l’égard de leurs propositions de changements…Bonne réflexion à « toustoutes »!

vigile.quebec tribune libre 27 septembre 2025