Le cauchemar d’Anaïs

24 septembre 2025

Le cauchemar dans lequel est plongée Anaïs, une adolescente de 13 ans, relaté par Patricia Rainville du Soleil en date du 22 septembre dans un article titré «Mets-toi la corde au cou»: une ado brisée par l’intimidation, m’a littéralement sidéré.

Il y a quelques semaines, de jeunes intimidateurs lui ont martelé de se «mettre la corde au cou» en ajoutant malicieusement que « la corde ne tiendrait pas» sous son poids. «Depuis qu’elle est en maternelle qu’elle se fait dire qu’elle est grosse, qu’elle est ci, qu’elle est ça. Ça dure depuis le primaire, mais là, ça a atteint un autre niveau», insiste la maman d’Anaïs, Jenny Guillemette.

À bout de nerfs, Anaïs a décidé de porter plainte à la police, et comble d’ironie, «la plainte n’a pas été retenue au criminel parce qu’il manquait le mot “pendre” dans la phrase. Le procureur a décidé que ce n’était pas assez incitatif au suicide…» explique la mère d’ Anaïs, littéralement estomaquée.

L’intimidation à l’école est devenue un fléau qui se propage à vitesse grand V. Les médias sociaux en présentent sans coup férir à longueur de journée sur les gadgets électroniques des jeunes qui en subissent les effets pernicieux pouvant aller jusqu’au suicide. Il est à souhaiter que d’autres cas comme Anaïs dénoncent aux policiers la violence psychologique dont ils sont les innocentes victimes tout en espérant que les procureurs prennent leur déposition au sérieux…sans s’enfarger dans les fleurs du tapis.

vigile.quebec tribune libre 23 septembre 2025

La pointe de l’iceberg

24 septembre 2025

Bien au fait de la très forte adhésion de la population québécoise à l’égard de la Loi sur la laïcité, le gouvernement Carney a décidé de ne pas contester ladite Loi mais plutôt de s’attaquer à la constitutionnalité de la clause dérogatoire qui a été insérée dans la Constitution canadienne lors du rapatriement de 1982, un dossier piloté par le lieutenant politique de Mark Carney au Québec, le député québécois Steven Guilbeault.

De fait, le gouvernement fédéral propose que la Cour suprême donne aux tribunaux le pouvoir d’évaluer si une loi adoptée par un parlement élu démocratiquement enfreint les droits fondamentaux des individus de manière «exorbitante». En somme, une telle disposition reviendrait à changer carrément les règles du jeu dans l’équilibre existant entre les tribunaux et les parlements des provinces, ces dernières ayant le pouvoir d’avoir le dernier mot sur la validité d’une loi qui brimerait certains droits fondamentaux grâce à la clause dérogatoire.

D’où les questions suivantes : l’interdiction de porter des signes religieux ostentatoires sur les lieux de travail entraîne-t-elle des conséquences exorbitantes, à savoir « qui dépassent la mesure, les proportions normales », telles que définies par le Petit Larousse illustré. Et, dans l’hypothèse où la Cour suprême acquiesce à la poursuite du gouvernement fédéral, quelles seront les conséquences sur les autres lois adoptées par le gouvernement québécois faisant appel à la clause dérogatoire?

En somme, en contournant l’attaque de front d’Ottawa contre la Loi sur la laïcité québécoise, assisterons-nous à l’émergence de la pointe de l’iceberg? Le verdict appartient maintenant aux juges de la Cour suprême, la plus haute instance judiciaire du pays, agissant en tant que tribunal d'appel de dernier ressort…

vigile.quebec tribune libre 23 septembre 2025

Trump à l’assaut de la liberté d’expression

22 septembre 2025

L’assassinat de Charlie Kirk est venu amplifier le mouvement d’extrême droite déjà grandement polarisé depuis l’arrivée de Donald Trump à la présidence des États-Unis. La liberté d’expression garantie dans le premier amendement de la Constitution américaine est fortement mise à mal, particulièrement au sein des talk-show télévisés ayant critiqué les fondements extrémistes de droite du trumpisme qui ont été cavalièrement suspendu.. À titre d’exemple flagrant, le retrait du talk-show de l’humoriste Jimmy Kimmel indique une intention claire de l’administration du président de faire rentrer dans le rang les personnalités publiques voulant contredire le clan Trump sur le narratif entourant l’assassinat de Charlie Kirk. En termes clairs, on assiste à un glissement de la liberté de parole vers l’exercice d’un pouvoir autocratique dévolu essentiellement à ceux qui défendent les positions de Donald Trump à défaut de quoi les récalcitrants sont traités comme des parias.

En tant qu’observateur éloigné de la politique américaine, je suis profondément inquiet des répercussions négatives de cette chasse systémique aux anti-trumpistes chez nos voisins du Sud. La liberté d’expression incarne un des fondements existentiels de la démocratie, et toute violation de ce droit risque d’ébranler sérieusement ses pierres d’assise. Aussi est-il pertinent, dans ce contexte explosif, de s’interroger sur l’éventualité qu’un tel déferlement de l’extrême droite ne s’étende jusqu’ici et ne vienne contaminer la scène politique canadienne. De facto, nos dirigeants doivent faire preuve de vigilance et de clairvoyance à l’égard de la survie et de la protection des règles démocratiques qui sont enracinées dans la Charte canadienne des droits et libertés et qui en constituent une valeur fondamentale.

vigile.quebec tribune libre 22 septembre 2025

Du sang neuf à l’Éducation suscite un espoir de renouveau

22 septembre 2025

 

J’ai éprouvé beaucoup d’intérêt à la lecture de l’article intitulé « Pour une école québécoise à l’abri des vents politiques » mis en ligne sous la rubrique IDÉES du Devoir du 15 septembre et coécrit par Geneviève Carpentier, Stéphane Allaire et Mélanie Paré, tous professeurs d’Universités québécoises.

Dès le départ, les coauteurs font allusion à la nouvelle ministre de l’Éducation, Sonia Lebel, qui, dans une vie antérieure pas si lointaine en tant que présidente du Conseil du trésor, était responsable des budgets et de l'administration du gouvernement québécois. Et, de surcroît, Sonia Lebel apporte avec elle la réputation d’une politicienne déterminée et rigoureuse dans les dossiers qui lui sont confiés, des qualités qui « nous osons espérer… l’amèneront rapidement à constater ce que les milieux éducatifs vivent depuis des années : une précarité budgétaire qui freine l’action, génère de l’inefficacité et épuise les équipes », argue à juste titre les cosignataires.

Ayant moi-même été soumis à de multiples réformes du programme de français au secondaire durant ma carrière de 32 ans dans l’enseignement, je ne peux que souscrire entièrement aux constats des coauteurs: « L’éducation doit bénéficier d’un financement garanti, stable et à l’abri des joutes politiques. Trop souvent, l’école devient un terrain de jeu électoral où les annonces se multiplient à la veille d’un scrutin, sans vision durable ni arrimage avec les besoins réels du terrain ».

L’enseignement du français au Québec souffre à la fois d’un manque de financement et d’une projection à long terme. « Garantir un financement stable et non partisan de l’éducation serait un geste fort et attendu, au service de la justice éducative et de la pérennité des actions », soutiennent à raison les auteurs. Le présent est garant de l’avenir, dit un vieil adage. Aussi est-il prioritaire de disposer de budgets appropriés maintenant et d’amorcer une véritable réflexion sur le long terme eu égard à l’enseignement de notre langue maternelle.

Vous avez le privilège, madame Lebel, de tenir entre vos mains les moyens de recentrer l’enseignement du français sur sa véritable mission, à savoir léguer à la jeunesse québécoise la richesse de notre patrimoine socio-linguistique. Et malgré le peu de temps dont vous disposez pour amener à terme une telle ambition, je demeure persuadé que vous arriverez à jeter les bases d’une réflexion profonde sur l’apprentissage du français avant la fin de votre mandat… pour le plus grand épanouissement de notre jeunesse québécoise. 

https://www.ledevoir.com/opinion/idees/917025/idees-ecole-quebecoise-abri-vents-politiques?utm_source=recirculation&utm_medium=hyperlien&utm_campaign=boite_extra

vigile.quebec tribune libre 22 septembre 2025

François Legault, naïveté ou frime?

22 septembre 2025

Malgré un taux d’insatisfaction à 70% auprès des Québécois dans un récent sondage Léger–Le Journal–TVA Nouvelles, le premier ministre François Legault fait le pari que la CAQ va sortir des bas-fonds dans l’opinion populaire et regagner la confiance des Québécois dans les prochains mois grâce aux priorités qu’il s’est fixées, notamment un «traitement choc pour réduire la bureaucratie», travailler à améliorer la sécurité et à réduire le nombre d’immigrants temporaires.

« Il ne faut rien de moins que sortir du système actuel, de cette camisole de force. Il faut couper profondément dans la bureaucratie. Ça nous prend un traitement choc. Il va falloir que chaque ministère fasse le ménage dans sa bureaucratie », a lancé François Legault sur un ton déterminé lors de la cérémonie d’assermentation de son nouveau cabinet. Or pendant ce temps, un récent sondage de la firme Angus Reid place François Legault avec le plus bas taux d’approbation parmi ses homologues provinciaux à 22% et ce, après avoir longtemps joui du plus haut taux d’approbation au pays.

François Legault joue indéniablement son va-tout, le bateau caquiste montre des signes alarmants de vétusté. À la fin de son deuxième mandat consécutif, la CAQ est victime de la funeste usure du pouvoir que tous les partis politiques sont appelés à vivre dans un monde qui ne tolère pas les écueils du passé, tels l’échec de l’usine de batteries Northvolt, le chaos SAAQclic et les sempiternelles tergiversations eu égard au troisième lien entre Québec et Lévis.

Or malgré un tel climat malsain, le premier ministre s’engage à prendre le taureau par les cornes et redorer l’image de son parti en s’attaquant notamment à la bureaucratie, le même parti qui a augmenté ladite bureaucratie de 24% depuis son arrivée au pouvoir en 2018. Aux yeux des Québécois, François Legault a perdu toute crédibilité et toutes ses paroles ont l’effet d’une goutte d’eau sur le dos d’un canard.

De ce fait, la question se pose : François Legault fait-il preuve de naïveté ou emprunte-t-il la voie de la frime pour masquer son inconfort face à la réalité? Pour ma part, sa longue expérience en politique le condamne à la fatale lucidité. Il sait pertinemment que le bateau coule et qu’il doit tout faire pour éviter le sordide naufrage en empruntant le chemin de la frime pour limiter les dégâts.

vigile.quebec tribune libre 20 septembre 2025

La lente agonie de la CAQ

20 septembre 2025

Une des dernières cartes du premier ministre pour reconquérir le cœur des électeurs a lamentablement échoué. C’est ce que révèle le dernier sondage Léger, la CAQ ne récoltant que 16% d’appuis auprès des Québécois. « C’est la catastrophe pour François Legault. Il a joué son va-tout avec le remaniement, puis les résultats ne sont pas là », argue Jean-Marc Léger. En revanche, le passé nous rappelle qu’un remaniement ministériel a rarement contribué à accorder un nouvel élan à un parti en perte notable de popularité.

Les Québécois ne sont pas dupes, le brassage de cartes de François Legault n’a pas eu l’heur de les leurrer d’autant plus que les nouveaux visages au cabinet du premier ministre se comptent sur les doigts d’une main, que 13 ministres sur 29 conservent leur ministère et que 11 ministres sont conviés à jouer dans le jeu de la chaise musicale.

Par ailleurs, le premier ministre joue le grand jeu en s’attaquant à l’appareil de la fonction publique, créant du même souffle la grogne et la frustration des fonctionnaires. Et de surcroît, en désignant France-Élaine Duranceau au Conseil du trésor, François Legault envoie un signal clair à son caucus à savoir des coupures attendues dans chacun des ministères y compris en environnement, ministère dorénavant sous la responsabilité de Bernard Drainville avec comme mandat de réduire le nombre de projets à l’Environnement. En revanche, François Legault mérite une étoile pour le choix de Sonia Lebel à l’Éducation en remplacement de Bernard Drainville, une décision qui devrait contribuer à recentrer le débat sur les enjeux prioritaires de l’éducation à savoir le positionnement des élèves au centre de l’acte éducatif.

La CAQ craque de partout, sa forteresse s’effrite inéluctablement sous le poids de ses écueils tels le projet Northvolt, le chaos SAAQclic ou les sempiternelles tergiversations sur le troisième lien entre Québec et Lévis. Sa crédibilité est mise à mal. Somme toute, le remaniement ministériel de François Legault n’aura eu d’autre effet qu’un coup d’épée dans l’eau, sa lente agonie est amorcée, et de ce fait, il est à prévoir que la CAQ de François Legault subira une défaite cuisante au scrutin d’octobre 2026.

vigile.quebec tribune libre 19 septembre 2025

 

Quand l’extrémisme politique conduit à l’absurde

17 septembre 2025

L’assassinat de Charley Kirk a soulevé l’indignation et la hargne auprès des militants de l’extrême droite aux États-Unis si bien qu’ils l’ont élevé au rang de « martyr de la liberté d’expression », selon l'historien Romain Huret, directeur d'études à l’École des hautes études de sciences sociales en France. Paradoxalement, des militants de la gauche se retrouvent à la rue, congédiés par leur employeur pour avoir usé de leur propre liberté d’expression en condamnant Charlie Kirk sur les médias sociaux. C'est précisément le cas de Laura Sosh-Lightsy, employée d'une université publique du Tennessee, qui a écrit sur Facebook : «La haine engendre la haine. ZÉRO sympathie. »

La polarisation des allégeances politiques sur la terre de l’oncle Sam a atteint des proportions hors de contrôle et l’extrémisme politique conduit implacablement à l’absurde. Jusqu’où se propagera cette explosion de violence aux États-Unis avant qu’une véritable guerre civile n’éclate laissant derrière elle le sang d’une kyrielle d’innocentes victimes? Vivement un appel au calme de la part du président Trump, il en va de son imputabilité présidentielle!

vigile.quebec tribune libre 15 septembre 2025

Les élèves à besoins particuliers, ces grands oubliés

17 septembre 2025

D’entrée de jeu, mettons les choses au clair : la somme de 540 millions $ injectés en éducation en juillet est un réinvestissement partiel provenant des coupures annoncées en juin de 570 millions $ et non pas un nouvel investissement. Dans ce contexte, la pénurie de ressources spécialisées aptes à venir en aide aux élèves à besoins particuliers en juin perdurent toujours en juillet. Somme toute, c’est le retour à la case départ.

Un scénario catastrophique dans lequel Marie-Julie Lanthier, la mère d’un garçon autiste de sept ans, ayant un trouble sévère du langage et un déficit d’attention accompagnés d’une hypersensibilité sensorielle, a appris que les services d’orthophonie et d’éducation spécialisée dont bénéficiait son garçon l’an dernier ne lui seront plus offerts cette année.

De son côté, le centre de services scolaire affirme qu'il ne peut commenter de cas particulier, mais indique de manière plus générale que «l’organisation des services dans une école appartient à la direction» et «tient compte des besoins de tous ses élèves». «La réévaluation des besoins des élèves et la redistribution des services [...] se font chaque année. Il ne faut pas confondre ce processus annuel avec des coupes budgétaires», indique-t-on dans une réponse envoyée à Mme Lanthier.

À la Coalition des parents d’enfants à besoins particuliers, on rapporte d’autres cas d’élèves dont les services ont été réduits cette année. «On nous a promis qu’il n’y allait avoir aucun service direct à l’élève qui allait être coupé, malheureusement, on fait le constat qu’on s’est vraiment fait mentir en plein visage», lance sa présidente, Bianca Nugent. À l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire, sa présidente, Kathleen Legault, affirme que ces cas ne représentent que la «pointe de l’iceberg» puisque les besoins de tous les élèves ne sont pas encore identifiés en ce début d’année scolaire.

Enfin au cabinet de la nouvelle ministre de l'Éducation, Sonia Lebel, on refuse de se prononcer sur des cas particuliers tout en ajoutant que les centres de services scolaires doivent «assumer leur rôle et faire les bons choix». L’« investissement » supplémentaire annoncé en juillet sert précisément à financer les services directs aux élèves, précise-t-on dans une déclaration écrite. Et voilà…le tour est joué, et vogue la galère dans laquelle sont laissés-pour-compte les élèves à besoins particuliers!

vigile.quebec tribune libre 15 septembre 2025

Assassinat de Charley Kirk et deuxième amendement

15 septembre 2025

Le deuxième amendement de la Constitution américaine se lit comme suit : «  Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d'un État libre, le droit du peuple de détenir et de porter des armes ne doit pas être transgressé. » L’assassinat de l’influenceur d’extrême droite, Charlie Kirk, fait rejaillir, pour une énième fois, le débat politique sur le port des armes à feu aux États-Unis.

Ironie du sort, Charlie Kirk répondait à une question portant sur les armes à feu lorsque le tir fatal a éclaté, tuant sur le coup le père de deux jeunes enfants. «C’est une tragédie pour tout le monde ce décès, autant pour les démocrates que les républicains. [...] Qu’on soit d’accord ou pas avec ses opinions de droite, c’est quelqu’un qui a profondément inspiré et motivé la jeune génération à s’intéresser à la chose politique. C’est un drame qui vient noircir la capacité de débattre», argue Guillaume Lavoie, membre associé à la Chaire Raoul-Dandurand.

Que l’on soit de gauche ou de droite, le meurtre de Charlie Kirk est « le reflet d’une vague de violence politique qui secoue de plus en plus la vie des Américains », affirment des experts. Dans la foulée de cet ignoble assassinat, je retiens que le débat sur le contrôle des armes à feu aux USA doit absolument refaire surface . De ce fait, le meurtre abject de Charlie Kirk n’aura pas été vain mais aura contribué de facto à ouvrir la porte sur la voie d’une saine ouverture à un discours prônant le respect des différences d’opinions sur un sujet aussi crucial.

vigile.quebec tribune libre 14 septembre 2025

Retour vers le futur

15 septembre 2025

Parmi les engagements de la CAQ de François Legault lors de la campagne électorale de 2018 figuraient notamment la réduction à 90 minutes d’ici 4 ans du temps d’attente moyen à l’urgence, la garantie d’avoir un médecin de famille dès la naissance, le dépistage systématique des troubles d’apprentissage chez les 0 à 5 ans et le gel des salaires des médecins spécialistes le temps de renégocier leur entente avec le gouvernement.

Or sept ans plus tard, les fédérations des médecins omnipraticiens et spécialistes du Québec entament des moyens de pression contre le projet de loi 106 du ministre de la Santé, Christian Dubé, dans le but de rétablir le dialogue entre les parties et d’en arriver à une entente négociée.

Tout au long de cette saga sans fin, force est de constater que le ministre Dubé a fait preuve d’une attitude intransigeante, voire provocatrice envers les médecins en persistant implacablement à imposer son projet de loi 106 comme base des négociations. Or à mon sens, il est fort malvenu de démarrer des négociations sur un texte de loi qui impose carrément les conditions de travail de l’autre partie dès le départ d’autant plus que le ministre se garde le droit de le modifier sans l’accord du corps médical, notamment au chapitre des cibles de performance. Et de surcroît, le ministre se montre sourd aux revendication des médecins à l’égard de la pénurie de personnel dans le réseau de la santé, ce qui affecte nécessairement la qualité des soins aux patients ou à ceux qui sont en attente d’un médecin de famille depuis des mois, voire des années.

La tension est à son comble entre les deux parties. Après sept années de purgatoire, les Québécois assistent sans coup férir à un retour vers le futur. Sept années durant lesquelles le gouvernement s’est braqué dans les négociation avec les médecins. L’échéance arrive rapidement. Christian Dubé ne dispose que d’une année pour signer une entente avec les médecins.. Encore faudrait-il que les parties entament autour d’une table une véritable négociation dans laquelle font nécessairement partie des compromis de la part de chacune des parties.

vigile.quebec tribune libre 14 septembre 2025