Les effets pervers de l’écran sur les enfants

30 octobre 2019

Michel Desmurget, chercheur émérite et docteur français spécialisé en neurosciences cognitives, a récemment publié un ouvrage au titre percutant : La fabrique du crétin digital, les dangers des écrans pour nos enfants aux Éditions du Seuil, dans lequel on apprend que les enfants occidentaux, dès 2 ans, passent près de 3 heures par jour devant un écran, ceux de 8 à 12 ans, 4h 45, et les adolescents de 13 à 18 ans, près de 6h 45.

S’ensuivent, aux dires du chercheur, des conséquences extrêmement néfastes de cette « assiduité numérique » sur la santé (obésité, développement cardio-vasculaire, espérance de vie réduite…), sur le comportement (agressivité, dépression, conduites à risque…) et sur les capacités intellectuelles (langage, concentration, mémorisation…).

Or de la télévision au smartphone, en passant par les jeux vidéo et autres tablettes, la machine publicitaire « met le paquet », allant jusqu’à ignorer délibérément les très nombreuses études qui prouvent la nuisance des écrans, en particulier chez les enfants et les jeunes, premières cibles visées par ce fléau dévastateur. De l’avis de M. Desmurget, « on voudrait fabriquer une génération de crétins qu’on ne s’y prendrait pas autrement ! »

En conclusion de son ouvrage, Michel Desmurget propose sept « règles d’or » pour éviter les effets pervers de l’écran sur les enfants : pas d’écran du tout (quel qu’il soit) avant six ans ; après six ans, pas plus de trente minutes à une heure par jour; pas d’écran dans la chambre d’un enfant ; pas de contenus inadaptés ; pas le matin avant l’école ; pas le soir avant de dormir ; un seul écran à la fois (pas de tablette à la main pendant que la télé est allumée).

Et enfin, question non négligeable : que dire de toutes ces périodes d’écran qui se font au détriment de la relation parent-enfant qui est déterminante dans l’équilibre et le bien-être d’un enfant?…

vigile.net tribune libre 29 octobre 2019


 

Le cri du coeur de Pierre Lapointe

29 octobre 2019

En 1983, le parolier Luc Plamondon a transformé une séance de remerciements en esclandre alors qu’il est monté sur les planches au gala de l’ADISQ avec Robert Charlebois pour accepter le Félix de la chanson de l’année, décerné à J’t’aime comme un fou. « Les trophées, ça fait plaisir. Mais ce qui ferait encore plus plaisir aux auteurs-compositeurs, ça serait de gagner des droits d’auteur », a-t-il laissé tomber avant de s’adresser aux producteurs dans la salle. « On est la matière première de votre industrie. Votre industrie n’existerait pas s’il n’y avait pas de chansons et d’auteurs-compositeurs derrière », a-t-il rappelé lors de cette intervention enflammée. 

Trente-six ans plus tard, l’histoire se répète, Cette fois-ci, c’est l’auteur-compositeur-interprète Pierre Lapointe qui a profité de sa tribune pour lancer un cri du coeur et un appel à la solidarité en interpellant directement les élus présents dans la salle pour qu’ils forcent les grandes compagnies de communication, notamment les plateformes de diffusion telles Spotify, à payer des impôts au Canada. « La raison de ma petite montée de lait actuelle, c’est qu’on se fait voler depuis plusieurs années par des multinationales qui viennent faire de l’argent au Canada et qui sont, comme par magie, exemptes d’impôt », a lancé Pierre Lapointe.

Une lumière au bout du tunnel…Le ministre du Patrimoine canadien, Pablo Rodriguez, qui était présent au gala de l’ADISQ, a réagi à la sortie de Pierre Lapointe : « Nos artistes et créateurs méritent d’être payés justement pour leurs œuvres et ils ont raison de se lever pour le réclamer, a déclaré le ministre par courriel. Nous sommes en 2019 et les principales lois qui régissent notre culture et nos communications datent d’avant internet. Cette situation nuit à notre économie, à nos emplois et à notre culture. [..] Tout le monde, et ça inclut les géants du web, va devoir contribuer à la création de contenu d’ici, l’offrir sur ses plateformes et le promouvoir. Fini, les passe-droits ! »… Reste à voir si les actions vont suivre les paroles!

quebechebdo 29 octobre 2019
Le Devoir 30 octobre 2019
Le Soleil 30 octobre 2019

 

Un peu d’humilité, M. Blanchet!

26 octobre 2019

Dans les derniers propos tenus par Yves-François Blanchet eu égard à une campagne « collée » sur les positions de la CAQ sur certains dossiers, notamment celui de la Loi 21, le chef du Bloc québécois souffre d’une frustration à peine voilée concernant la couverture médiatique qui a véhiculé de tels propos.

S’ajoute à cela le fait que François Legault ait décliné l’intention manifestée de M. Blanchet de le rencontrer, le premier ministre arguant qu’il désirait rencontrer d’abord le premier ministre élu du Canada, Justin Trudeau.

C’est donc la ministre des Relations canadiennes, Sonia Lebel, qui a rencontré le chef du Bloc et qui en a ajouté « une couche » en affirmant que les élus du Bloc « ne feront pas le pont entre nous et le gouvernement, on va négocier de gouvernement à gouvernement ». En termes clairs, les troupes d’Yves-François Blanchet ne serviront pas de courroie de transmission entre les gouvernements Legault et Trudeau.

À mon avis, dans toute cette mise au point concernant la procédure qu’entend mettre de l’avant François Legault avec le gouvernement fédéral, je suis d’avis que le chef du Bloc doit retenir que son rôle est d’abord de défendre les intérêts des Québécois à Ottawa… Pour le reste, M. Blanchet, je vous invite à faire preuve d’un peu d’humilité, votre crédibilité ne s’en portera que mieux!

quebechebdo 26 octobre 2019

Trans Mountain et… les énergies propres

25 octobre 2019

Le premier ministre a fait son nid : l’élargissement du pipeline Trans Mountain est non négociable. Quoi qu’il en soit, les travaux sont déjà en cours et la décision d’aller de l’avant a été prise. Toutefois, il y a un hic qui n’est pas minime : le Nouveau Parti démocratique, le Bloc québécois et le Parti vert sont tous trois d’avis que l’expansion de Trans Mountain devrait être abandonnée.

Toutefois, pour dorer la pilule, le gouvernement Trudeau, une fois les travaux d’élargissement terminés, prévoit de tirer du pipeline des revenus de 500 millions $ par année, une somme qui serait investie dans des sources d’énergie propres, notamment dans la plantation de millions d’arbres d’ici dix ans.

Le « mariage forcé » entre Trans Mountain et les énergies propres, probablement tributaire d’une forme de dédommagement envers l’Alberta et la Saskatchewan qui ont complètement balayé les libéraux de leur territoire au dernier scrutin, me paraît un deal risqué, notamment eu égard à la désaffection exprimée fortement par le NPD qui détient la balance du pouvoir de même que par le Bloc et le Parti vert.

Somme toute, Justin Trudeau utilisera les profits engendrés par une source de pollution pour lutter contre cette même pollution… Pour le moins antinomique comme stratégie, non?

quebechebdo 25 octobre 2019
Le Soleil 28 octobre 2019

« J’ai entendu votre message »

23 octobre 2019


« Mes chers Québécois, j’ai entendu votre message ce soir. Vous voulez continuer d’avancer avec nous, mais vous voulez vous assurer que la voix du Québec se porte encore plus à Ottawa… Et je vous donne ma parole: mon équipe et moi serons là pour vous. » Tels sont les mots utilisés par Justin Trudeau lors de son allocution prononcée devant ses partisans après l’annonce de l’élection du PLC.

Or les résultats du dernier scrutin fédéral démontrent clairement que le Québec est divisé entre les libéraux et les bloquistes, d’où la reprise du slogan de la campagne libérale d’une part, et l’assurance que « la voix du Québec se porte encore plus à Ottawa » d’autre part.

Pour ce qui est des Québécois spécifiquement, que faut-il comprendre des mots « j’ai entendu votre message ce soir »? Est-ce à dire que Justin Trudeau est prêt a abandonner toute forme de contestation de la Loi 21 sur la laïcité de l’État québécois? Si tel est le cas, où sont passés les mots « pour l’instant » lorsqu’il excluait le recours aux tribunaux en campagne électorale?

À mon avis, compte tenu que la Loi 21 est déjà devant les tribunaux, Justin Trudeau demeurera discret sur le sujet dans l’espoir que les contestations en cours se rendent jusqu’à la Cour suprême, auquel cas il n’aura d’autre choix que d’accepter si, aux yeux des juges, la loi sur la laïcité est inconstitutionnelle ou non…

vigile.net tribune libre 23 octobre 2019

Le #wexit prend de l’ampleur

23 octobre 2019

De l’avis du premier ministre de l'Alberta, Jason Kenney, la victoire des libéraux aux élections fédérales risque d’attiser le sentiment souverainiste qui gagne peu à peu sa province. Sur Twitter, le mot-clic #wexit s'est hissé parmi les plus populaires dans la province au cours des 24 heures qui ont suivi l’élection de Justin Trudeau.

Non seulement la frustration du premier ministre est-elle palpable, mais celle des Albertains l’est tout autant, le Parti libéral du Canada n’ayant fait élire aucun député en Alberta, les conservateurs ayant obtenu 69,2 % du vote populaire, très loin devant les libéraux à 13,7 %.

Dans une longue lettre de cinq pages adressée à Justin Trudeau décrivant les mesures que devrait prendre le chef libéral pour apaiser l'Alberta, Jason Kenney lui fait part de ses « profondes préoccupations vis-à-vis de l'état de la fédération canadienne et de la place de l'Alberta en son sein ».

Le haut taux de vote pour les conservateurs reflète « la grande frustration ressentie par les Albertains de toutes les régions et origines, par rapport au fait que nous avons contribué énormément au reste de la fédération, mais que notre province et sa principale industrie sont attaquées », écrit Jason Kenney dans sa lettre.

Le torchon brûle entre Mm Kenney et Trudeau. Le #wexit prend de plus en plus d’ampleur. Par ailleurs, le fédéral est toujours propriétaire du projet de pipeline Trans Mountain pour lequel le gouvernement minoritaire de Justin Trudeau ne peut obtenir l’appui d’aucun tiers parti. D’un autre côté, le premier ministre sortant s’est présenté comme le grand défenseur de la lutte aux changements climatiques en campagne électorale… Une histoire à suivre! 

vigile.net tribune libre 23 octobre 2019
quebechebdo 27 octobre 2019
 

En souvenir de « Tililly »

23 octobre 2019

Les récits de vie poignants entendus à l’ouverture des audiences de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse démontrent à quel point la mort atroce de « Tillily » (prénom d’origine haïtienne), l’enfant martyre de Granby, ne représente que la pointe de l’iceberg eu égard aux sévices vécus par de jeunes adultes qui ont été placés par la DPJ.

À titre d’exemples, un jeune homme, qui a été placé par la DPJ à l'âge de 7 ans, a affirmé avoir dû changer sept fois de centre de réadaptation. En l'espace de quelques années, à l'adolescence, il a fait 33 fugues. Une femme de 33 ans, brandissant un trousseau de clés, a expliqué qu'un jeune n'entendait que ce seul bruit dans une salle aux murs capitonnés dotée d'une porte sans poignée destinée à l'isoler, parfois pendant des jours.

En septembre dernier, les directeurs de la protection de la jeunesse remettaient leur bilan annuel pour 2018-2019. Les DPJ se sont dit préoccupées par la hausse constante des signalements, qui s’est élevée à 10 % durant la dernière année, à 16 % pour les deux dernières années et à 27 % pour les cinq dernières années. Pour 2018-2019, la DPJ a reçu 105 644 signalements de situations d’enfants, franchissant ainsi la barre des 100 000 signalements pour la première fois de son histoire.

Dans son mot d’ouverture, Régine Laurent, la présidente de la Commission, a déploré qu’il était « désolant d'être obligés d'être ici aujourd'hui… Être ici aujourd'hui, c'est un constat d'échec. » Le sort tragique de la fillette de 7 ans qui est décédée fin avril à Granby a touché le Québec en entier. Les attentes et les défis auxquels font face les membres de la Commission sont gigantesques… Toutefois, ils n’ont pas le droit d’échouer, la qualité de vie de milliers d’enfants, voire leur survie, dépend d’eux!

quebechebdo 23 octobre 2019
 

Le tandem Blanchet/Legault

22 octobre 2019

L’élection de 32 députés du Bloc québécois à Ottawa et la présence d’un gouvernement caquiste majoritaire à Québec laisse présager d’une synergie nationaliste garante de la protection des droits des Québécois et de leurs aspirations légitimes.  

Dorénavant, le nouveau gouvernement fédéral libéral minoritaire n’aura d’autre choix que de tenir compte des voix des bloquistes qui constituent maintenant un poids politique incontournable sur la scène politique fédérale.

L’ascension exceptionnelle du Bloc dans les sondages populaires entre le début de la campagne électorale jusqu’au jour du scrutin témoigne, notamment, d’un appui inconditionnel des Québécois envers la Loi 21 sur la laïcité de l’État, laquelle a occupé une bonne partie des débats des chefs.

S’ajoutent à cela la position du Bloc et de la CAQ sur la lutte aux changements climatiques, particulièrement leur position commune contre la construction d’un oléoduc qui passerait sur le territoire du Québec, et l’appui du Bloc à la nouvelle politique d’immigration du gouvernement Legault.

Enfin, quoique Justin Trudeau ait tenté de discréditer le Bloc en alléguant que sa priorité était de préparer la souveraineté du Québec, Yves-François Blanchet a rétorqué que son mandat était « lié à ce que l’Assemblée nationale véhicule », et que même les militants du Bloc québécois avaient accepté le fait que cela n’incluait pas, pour le moment, l’indépendance du Québec.

quebechebdo 22 octobre 2019
vigiel.net tribune libre 22 octobre 2019
Le Devoir 23 octobre 2019

La transition énergétique

21 octobre 2019

Depuis l’arrivée de la jeune militante suédoise de 16 ans, Greta Thunberg, sur la scène environnementale, on a assisté à une mobilisation sans précédent de millions de personnes partout sur la planète eu égard à la lutte aux changements climatiques.

Récemment, Greta Thunberg s’est rendue en Alberta, le pays de l’or noir, pour participer à une marche contre les changements climatiques qui a regroupé plusieurs milliers de participants. Par ailleurs, sans grande surprise, des contre-manifestants ont voulu eux aussi parler de leurs préoccupations quotidiennes devant cette montée du combat contre l’exploitation des énergies fossiles, notamment du pétrole.

Et comme il fallait s’y attendre, nous avons assisté à un dialogue de sourds, les « bons » étant représentés par les défenseurs du climat, et les « méchants », par des travailleurs dont le gagne-pain est étroitement lié à l’exploitation du pétrole.

Et pourtant, de plus en plus de voix, y compris des scientifiques, parlent de transition énergétique. On apprend même que les compagnies pétrolières ont entamé des recherches qui pourraient, ultimement, réduire à zéro les émissions de gaz à effet de serre d’ici quelques années.

Partant de ce constat, ne serait-il pas pertinent, voire essentiel, que les deux clans cessent de manifester chacun de son côté et s’assoient ensemble pour mettre en place des pistes de solution visant une transition énergétique qui répondrait aux velléités de chacune des parties en cause? 

vigile.net tribune libre 19 octobre 2019

Carles Puidgemont, persona non grata au Canada

18 octobre 2019

Manifestement, l’autorisation de voyage (AVE) de l’ancien président catalan Carles Puigdemont au Canada auprès du ministère de l’Immigration fédérale, suite à l’invitation de la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) à faire une tournée de conférence au Québec pour parler du référendum de 2017 sur l’indépendance de la Catalogne fait l’objet de retards « administratifs » pour le moins douteux, qualifiés de « manœuvres dilatoires » par Me Stéphane Handfield, l’avocat de M. Puigdemont.

En attente depuis plus de cinq mois d’une décision du ministère fédéral de l’Immigration pour sa visite au Québec, l’ancien président de la Catalogne, Carles Puigdemont, lui a fait parvenir une mise en demeure. Dans une lettre signée par son avocat, il somme le ministre de l’Immigration, Ahmed Hussen, et son ministère de lui fournir une réponse d’ici vendredi, sans quoi il entreprendra des recours judiciaires.

« Cette mascarade a assez duré, a dénoncé le président de la SSJB, Maxime Laporte. On considère que cette obstruction, dont fait preuve Ottawa, témoigne d’une complaisance honteuse de la part des autorités canadiennes à l’égard de cet autoritarisme espagnol qui s’exprime plus que jamais ces derniers jours. »

Deux rappels effectués au début et à la fin du mois de septembre sont demeurés sans réponse. « La question que je me pose, c’est est-ce qu’il y a eu ingérence du gouvernement dans ce dossier-là pour retarder de rendre une décision, a demandé Me Handfield. Est-ce que les autorités de Madrid sont intervenues dans ce dossier-là pour faire de la pression pour ne pas que le Canada délivre l’AVE ?

À mon sens, le ministre de l’Immigration a reçu ordre du bureau du premier ministre Justin Trudeau de laisser trainer les choses, tout en espérant que le dossier ne s’essouffle…Il m’apparaît clair que Carles Puigdemont est considéré comme persona non grata et que sa venue au Canada risquerait de nuire aux relations diplomatiques entre Madrid et Ottawa!  

vigile.net tribune libre 17 octobre 2019