Intervention d’Obama dans la campagne électorale canadienne

18 octobre 2019

À quelques jours du scrutin fédéral canadien, le citoyen Barack Obama et ex-président des États-Unis d’Amérique s’est prononcé officiellement en faveur de la candidature de Justin Trudeau à titre de premier ministre du Canada. « Le monde a besoin de son leadership progressiste maintenant et j’espère que nos voisins du nord lui accorderont son appui pour un deuxième mandat. »

Une initiative qui a soulevé des interrogations auprès des divers médias. Était-ce une initiative amicale de l'ex-président américain ou un appel à l'aide de la dernière chance de la part d'un chef libéral dont la campagne est à bout de souffle? 

Selon toute vraisemblance, l’initiative est probablement venue de l’ex-président lui-même, mais il serait peu probable qu’il n’ait pas obtenu au préalable l’assentiment de Justin Trudeau et de son équipe de campagne avant de publier le tweet. Les plus cyniques pourraient même aller jusqu’à prétendre qu’il est possible que ce soit Trudeau lui-même qui ait envoyé un S.O.S. à son ami pour lui donner une bouée de sauvetage de dernière minute lui permettant d’éviter la noyade avant le jour du scrutin. 

Il est quand même étonnant aujourd’hui, alors que toute la classe politique américaine est hypersensible à l’enjeu de l’ingérence étrangère dans les élections, suscité par l’affaire ukrainienne, de voir un des démocrates les plus populaires aux États-Unis intervenir sans scrupule dans une élection étrangère.    

On peut donc se poser bien des questions sur cette incursion en apparence spontanée de Barack Obama dans les derniers milles de la campagne fédérale. S’agit-il d’un simple geste d’appui ou plutôt d’une manœuvre de désespoir de la part des responsables de la campagne du premier ministre sortant qui voient le contrôle de cette campagne leur glisser entre les doigts? On le saura peut-être un jour…

vigile.net tribune libre 17 octobre 2019

Le multiculturalisme à tout crin

15 octobre 2019

Entrevue accordée au journal Le Devoir par Gérard Bouchard (extrait)

« Quelle nation de ce coin-ci du monde sait encore le plus rêver en articulant ses mythes fondateurs, ces valeurs jugées fondamentales, pour ne pas dire sacralisées? Le Québec, le Canada anglais ou les États-Unis ? »

Le docteur Gérard Bouchard s’est penché au chevet de ces collectivités dans son livre et son diagnostic développe des constats surprenants. La nation distincte n’est finalement pas celle que l’on croit. Le grand mythe étasunien s’effondre, les rêves québécois rapetissent, mais l’idéal national du Canada, lui, tient bel et bien le coup…

« Dans mes conclusions, je crois que dans la grande majorité des cas, les mythes nationaux ne se portent pas très bien, y compris au Québec, dit le savant mythologue. Certains ont des difficultés plus graves que d’autres et certains sont carrément en crise. Il y a des exceptions parmi lesquelles je vois le Canada anglais. »

Pourquoi ? « Leurs mythes nationaux sont encore florissants, gonflés et ils rendent les Canadiens heureux de cette situation. Je ne vois pas par exemple la fin prochaine du multiculturalisme. Ça fait un demi-siècle que ça dure et ça marche bien. »

Alors que faire ? Pour le pro du mythe, Il n’y a pas mille solutions. Il faut réactiver des valeurs fondamentales, dont celle du multiculturalisme, plein de promesses de cohésion. « Il faut réinventer des équilibres, dit le professeur. Des équilibres entre l’intégration et le respect des droits, entre la survie de la majorité sans broyer les minorités. Ce n’est pas vendeur, mais ça se fait. »

De l’avis de Gérard Bouchard, au Québec, deux mythes servent d’axes centraux. D’abord la reconquête pour redresser le malheur de 1760, avec les idées connexes celles du Canada binational, du « maître chez-nous » ou de la souveraineté. Et puis, l’idée de former une minorité sur le continent, consacrée depuis la Rébellion de 1837. « Qui parle encore de tout ça, demande le professeur ? L’autonomie et le nationalisme sont devenus des coquilles vides. Le moteur qui nous a soutenus collectivement ne marche plus. C’est fondamental. »

Réaction personnelle

De ces « constats » de Gérard Bouchard, je retiens deux éléments. D’abord, son culte viscéral envers le multiculturalisme canadien, « plein de promesses de cohésion » et qui, dans la réalité, contribue grandement à des frictions constantes entre le ROC et le Québec. Ensuite, son assertion voulant que « l’autonomie et le nationalisme sont devenus des coquilles vides » alors que le gouvernement québécois de François Legault vient de faire reconnaître par une majorité de Québécois la laïcité de l’État.

Alors oui, M. Bouchard, le Québec peut encore rêver pour autant qu’on lui en fournisse les motifs qui font vibrer ses convictions profondes, son identité propre et ultimement, son cheminement vers son indépendance.

vigile.net tribune libre 13 octobre 2019

Extinction Rebellion et la désobéissance civile

14 octobre 2019

Selon Wikipédia, « Extinction Rebellion (XR) est officiellement lancé, à Londres, le 31 octobre 2018, par une déclaration de rebellion devant le palais de Westminster, en présence d'un millier de manifestants. L'événement ouvre une campagne de désobéissance civile prônant l'état d’urgence climatique. Le mois suivant, Extinction Rebellion enchaîne, durant une semaine, diverses actions militantes, dont le « rebellion day » (« jour de rebellion »), journée au cours de laquelle cinq ponts londoniens enjambant la Tamise, sont bloqués.

Depuis lors, le mouvement s’est répandu un peu partout à travers le monde, notamment à Montréal lorsque deux activistes d’Extinction Rebellion ont gravi le pont Jacques-Cartier à l’heure de pointe matinale, entrainant une congestion monstre pendant des heures. Récemment, Roger Hallam, cofondateur du groupe d’activistes contre le changement climatique, affirmait que son organisation était prête à « faire tomber » les gouvernements et que « certains pourraient en mourir au cours du processus ».

De toute évidence, on est bien loin de la marche pacifique pour le climat menée par Greta Thunberg suivie de quelque 500 000 manifestants qui s’est déroulée à Montréal le 27 septembre dernier. Les activistes d’Extinction Rebellion ont grimpé d’un cran leur contestation en promouvant la désobéissance civile, un cran, à mon avis, qui risque de conduire à des actes de violence insoupçonnés.

Je suis d’avis que le mouvement Extinction Rebellion porte en lui le germe d’une provocation explosive envers les dirigeants de la planète qui risque de dégénérer en affrontements sanglants, voire meurtriers… À cet effet, il m’apparaît opportun de se rappeler la phrase révélatrice de Martin Luther King : « La violence crée plus de problèmes sociaux qu’elle n’en résout ».

quebechebdo 14 octobre 2019
vigile.net tribune libre 19 octobre 2019

Loi 21: le discours de Trudeau monte d’un cran

12 octobre 2019

La politique est ainsi faite que le discours d’un politicien s’adapte souvent à l’auditoire auquel il s’adresse. Il en est ainsi de la Loi 21 qui reçoit l’aval d’une grande majorité de Québécois alors que, du côté anglophone, les critiques fusent de partout. Il ne fallait donc pas être surpris si, devant le public anglophone, le débat des chefs donne libre cours à Justin Trudeau d’augmenter d’un cran sa position concernant la loi sur la laïcité au Québec.

En effet, lors du Face-à-face en français à TVA, il a abordé du bout des lèvres son intention de « défendre les droits des minorités », le premier ministre sortant se contentant d’ajouter que « c’est une conversation, pour l’instant, qui se passe au Québec. » Par ailleurs, au débat en anglais, Justin Trudeau s’est montré beaucoup plus déterminé dans ses propos, arguant que « le gouvernement fédéral devra peut-être intervenir dans ce dossier, parce que le fédéral a besoin de protéger les droits des minorités, les droits linguistiques, les droits des femmes ».

À n’en pas douter, la Loi 21 heurte violemment l’ardeur multiculturaliste de Justin Trudeau et le culte qu’il voue à la Charte des droits et libertés fédérale, héritage de son père. Conséquemment, M. Trudeau aura beau emprunter tous les chemins tortueux que lui imposent les différences entre le Québec et le ROC, il ne pourra résister à la tentation de contester devant les tribunaux la constitutionnalité de la Loi 21 s’il est reporté au pouvoir.

vigile.net tribune libre 12 octobre 2019

La question d’Althia Raj

12 octobre 2019

La question de la journaliste et chef de bureau du HuffPost à Ottawa, Althia Raj, posée à Jagmeet Singh lors du débat en anglais sur le caractère « discriminatoire » de la Loi sur la laïcité de l’État québécois [Loi 21] revêt, à mon sens, un mépris éhonté envers les institutions démocratiques québécoises, notamment le fait que cette loi a été adoptée à l’Assemblée nationale du Québec.

À titre informatif, il m’apparaît pertinent de retranscrire ici l’intégralité de la question de Mme Taj : « Votre campagne porte sur le courage, mais vous n’avez pas montré le courage de lutter contre la loi discriminatoire du Québec. Elle interdit aux personnes qui, comme vous, portent des symboles religieux d’exercer certains emplois dans la province. Si vous étiez premier ministre, autoriseriez-vous une autre province à discriminer ses citoyens? [...] Ne placez-vous pas les intérêts de votre parti au Québec au-dessus de vos principes et des droits égaux de tous les citoyens? »

Dans son préambule, Althia Taj affirme clairement que la Loi 21 est « discriminatoire », une approche tendancieuse qui prépare la voie à sa question tout autant tendancieuse, à savoir « autoriseriez-vous une autre province à discriminer ses citoyens? »

Toutefois, là où le bât blesse avec le plus d’acuité réside dans le fait qu’une telle question condescendante et méprisante envers le peuple du Québec ait réussi à s’infiltrer à travers le crible des organisateurs du débat… Elle est où la belle unité canadienne?


vigle.net tribune libre 12 octobre 2019

Denise Bombardier, la dérangeante

9 octobre 2019

Rien de nouveau sous le soleil, Denise Bombardier n’a jamais eu la langue de bois. Cette fois-ci, dans le documentaire Denise au pays des francos, elle critique la francophonie en milieu minoritaire, arguant que mélanger le français et l’anglais, c’est ne parler aucune langue… Plutôt choquant pour les anglophones hors Québec qui font des efforts pour s’exprimer en français!

Invitée à l’émission Tout le monde en parle, Denise Bombardier en a ajouté une « couche » en avançant que « ce n’est pas parce qu’on parle une langue qu’on possède la culture de cette langue ». Était-ce vraiment nécessaire quand on s’adresse à des anglophones simplement désireux de parler français?

Et, comme si ce n’était pas suffisant, citant une discussion avec trois jeunes dans le documentaire lors d’un échange à Ottawa, la politologue Stéphanie Chouinard, qui a participé au documentaire, n’a pas manqué de souligner combien les propos de Denise Bombarder sont choquants et insultants pour des francophones en milieu minoritaire. À preuve cette remarque plutôt désobligeante : « Si elle croit que la langue qu’elle doit parler, c’est la langue dans laquelle elle m’a parlé, y a pas d’avenir pour elle en français, qu’elle parle tout de suite en anglais. » Des propos insultants, voire dénigrants, qui sont loin de créer un effet incitatif!

Enfin, je retiens le commentaire tout à fait pertinent de la chancelière de l’Université de Moncton, Louise Imbeault, : « Mme Bombardier ne fait pas la différence. Parler un français standard, un français correct, un français châtié est une chose. La survie des populations francophones hors Québec, c’en est une autre. »  

quebechebdo 9 octobre 2019

Une volte-face malheureuse

8 octobre 2019

Le vendredi 4 octobre, le ministre responsable de la langue française, Simon Jolin-Barrette, déclarait la guerre à la formule de salutation « Bonjour-Hi! » qui pullule dans les commerces québécois, alléguant qu’il réfléchissait à la possibilité de légiférer afin de contraindre les commerçants à saluer leur clientèle en français.

En guise d’argumentaire, le ministre avançait que la proportion de commerces offrant un accueil uniquement en français a décru fortement en cinq ans, passant de 84 % en 2010 à 75 % en 2017, selon une étude de l’Office québécois de la langue française et que le taux d’accueil exclusivement en anglais avait grimpé (de 12 % à 17 %), tandis que le taux d’accueil à la fois en français et en anglais avait bondi (de 4 % à 8 %).

Or, trois jours plus tard, le discours a tout à coup changé… le même ministre n’envisage plus la mise en place de mesures coercitives pour faire du français la seule langue d’accueil au Québec mais préfère parler de mesures « incitatives » pour « accompagner les entreprises ». Autant dire que la situation continuera de se détériorer!

Une volte-face malheureuse sur une occasion unique pour Simon Jolin-Barrette d’ouvrir la voie à une série de mesures pavant la route à la défense et la protection de la langue française au Québec qui, selon les données du recensement 2016 de Statistique Canada, recule, autant comme langue maternelle que comme langue d’usage, une tendance à la baisse qui s’accentue à chaque recensement.

vigile.net tribune libre 6 octobre 2019
quebechebdo 8 octobre 2019

Qui est Yves-François Blanchet?

7 octobre 2019

Source: Wikipédia

Biographie

Originaire de Drummondville, Yves-François Blanchet est né le 16 avril 1965 et est le père de quatre enfants. Diplômé en anthropologie et en histoire de l'Université de Montréal, il commence à s'impliquer politiquement en 1987 au sein du Parti québécois aux côtés de Jacques Parizeau. En 1990, il fonde et préside Les Productions culturelles Paradigme inc. et Diffusion YFB inc., et assume la gérance de la carrière du chanteur Éric Lapointe1. Yves-François Blanchet a également été enseignant à l'École du show-business et auprès de jeunes décrocheurs à Intégration Jeunesse du Québec. En 2008, il effectue un retour en politique et est élu député de la circonscription de Drummond en 2008 et de Johnson en 2012. Défait en 2014, il devient chroniqueur politique sur les ondes de Radio-Canada, ainsi que pour le Groupe Capitales Médias.

Le 26 novembre 2018, il annonce qu'il sera candidat à la course à la chefferie du Bloc québécois pour succéder à Martine Ouellet, qui a été défaite le 3 juin 2018 lors d'un vote de confiance2. Il est élu sans opposition à ce poste le 17 janvier 2019.

Fonctions politiques et parlementaires

Ministre de l'Environnement au sein du gouvernement Marois du Parti québécois du 4 décembre 2012 au 7 avril 2014 en remplacement de Daniel Breton

Whip en chef du gouvernement du 19 septembre 2012 au 4 décembre 20124

Porte-parole de l'opposition officielle en matière d'aide financière aux études du 9 janvier 2009 au 27 janvier 2010

Membre de la Commission de l'éducation du 14 janvier 2009 au 14 septembre 2009

Membre de la Commission de la culture et de l'éducation depuis le 15 septembre 2009

Porte-parole de l'opposition officielle en matière de jeunesse et d'affaires étudiantes du 27 janvier 2010 au 26 août 2010

Porte-parole de l'opposition officielle en matière de culture et de communications du 27 août 2010 au 18 août 2011

Engagement communautaire et politique

Yves-François Blanchet a été président de l'Association québécoise de l’industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ) pendant trois ans (2003-2006), où il s'est investi dans la lutte au piratage musical. Également, il a été président pendant deux ans de la division québécoise du Jour de la Terre (2006-2008). Enfin, il a siégé sur de nombreux conseils d'administration tels que le Conseil canadien de la musique, le comité ministériel sur la culture à la Commission du disque et du spectacle de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), le Fonds RadioStar, la Fondation Musicaction et la Société de gestion collective des droits des producteurs de phonogrammes et de vidéogrammes du Québec (SOPROQ) (2000-2008).

vigile.net tribune libre 7 octobre 2019

L’éléphant accouchera-t-il d’une souris?

7 octobre 2019

Le ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette, déclare la guerre à la formule de salutation « Bonjour-Hi! » qui pullule dans les commerces québécois. Il réfléchit à la possibilité de légiférer afin de contraindre les commerçants à saluer leur clientèle en français.

À cet effet, la proportion de commerces offrant un accueil uniquement en français a décru fortement en cinq ans, passant de 84 % en 2010 à 75 % en 2017, selon une étude de l’Office québécois de la langue française. Le taux d’accueil exclusivement en anglais a grimpé (de 12 % à 17 %), tandis que le taux d’accueil à la fois en français et en anglais a bondi (de 4 % à 8 %).

Or, phénomène beaucoup plus crucial à mes yeux, selon les données du recensement 2016 de Statistique Canada, le français recule au Québec, tant comme langue maternelle que comme langue d’usage, une tendance à la baisse, qui s’accentue à chaque recensement.

Le recul de la langue de Molière dans la province s’est fait au profit de l’anglais comme langue d’usage, en hausse de près d’un point de pourcentage depuis le dernier recensement 2011. En 2016, 14,4 % de la population québécoise déclarait être plus à l’aise en anglais lorsqu’elle devait choisir entre les deux langues officielles.

Face à un constat aussi inquiétant, j’espère de tout cœur que le ministre responsable de la Langue française ira au-delà de ses inquiétudes eu égard au « Bonjour-Hi! » et qu’il fera en sorte que l’éléphant n’accouche pas d’une souris!…

vigile.net tribune libre 6 octobre 2019
quebechebdo 7 octobre 2019

À la recherche des potins à sensations

6 octobre 2019

Depuis le début de la campagne électorale fédérale, nombreux ont été les commentaires de divers médias eu égard à une campagne qui ne parvient pas à « lever ».

Or, curieusement, les trois occasions où les médias ont eu l’occasion d’avoir de l’eau au moulin pour « abreuver » l’intérêt de l’électorat concernent des situations hors contexte qui n’ont absolument rien apporté de nouveau en termes d’engagements des divers partis.

Je veux parler de l’épisode du « blackface » de Justin Trudeau, de l’utilisation du mot « dégueulasse » par Jagmeet Singh pour désigner l’interdiction aux musulmanes de porter le voile dans certaines fonctions prévues par la loi 21, et de la double citoyenneté d’Andrew Scheer.

En réalité, il est à se demander si les médias tout autant que l’électorat ne sont pas davantage intéressés au petit côté « sensationnaliste » de la nouvelle à potin plutôt que d’entendre se dérouler une litanie sans fin de milliards $ en promesses électorales qui, pour la plupart, vont mourir au feuilleton… En réalité, on en est peut-être rendus à ce point de désintérêt de la politique!

quebehebdo 6 octobre 2019