Les féminicides, un fléau grandissant

31 décembre 2019

S’il y a un fléau qui n’a cessé de croître en 2019, c’est bien les féminicides. À ce sujet, un rapport publié le 6 décembre 2019, soit trente ans après la tuerie de Polytechnique qui a causé la mort de 14 jeunes femmes, par l’Observatoire canadien du féminicide pour la justice et la responsabilisation révèle que 118 femmes et filles avaient été tuées cette année par la violence au Canada, ce qui signifie qu’il y a eu un meurtre de femme à chaque trois jours, en moyenne. Au Québec, 605 femmes et filles ont été assassinées de 1997 à 2015. Depuis le 25 novembre 2018, 15 femmes et trois enfants ont été tués au Québec.

Pour la très grande majorité de ces femmes, la violence conjugale est à l’origine de ces meurtres. Certaines d’entre elles ont signalé ces violences aux forces policières. La plupart des agresseurs s’en sont tirés avec des conditions de libération, notamment la défense de prendre contact avec leur conjointe, conditions qui, la plupart du temps, ne sont pas respectées. Résultat? L’irréparable se produit…

Mais, que faire alors pour radier le phénomène croissant des féminicides? Le système judiciaire fait partie de la solution. À cet effet, les tribunaux imposent désormais des sentences plus sévères dans les cas de violence conjugale extrême quoique cette forme de violence ne fasse pas partie du code criminel… La voie est ouverte. La prochaine étape serait d’intégrer la violence conjugale dans le code criminel à titre d’infraction criminelle aux yeux de la loi!

quebechebdo 31 décembre 2019

L’affaire Matzneff

31 décembre 2019

 

Sur le plateau d’Apostrophes, l’émission littéraire de Bernard Pivot diffusée sur Antenne 2 le 2 mars 1990, Denise Bombardier dénonce vertement les propos de l’auteur de Mes amours décomposés, Gabriel Matzneff, qui se vante d’avoir eu de multiples relations sexuelles avec des mineurs. « Les vieux messieurs attirent les petits enfants avec des bonbons. M. Matzneff, lui, les attire avec sa réputation! », lance-t-elle-elle froidement au sujet de l’auteur assis à ses côtés, médusé.

Trente ans plus tard, une semaine avant la parution du livre-choc Le consentement, publié chez Grasset, un roman autobiographique de l’éditrice Vanessa Springora vient hanter les couloirs des lettres françaises. Pour la première fois, une victime de Matzneff révèle sa relation avec le pédophile alors qu’elle n’avait que 14 ans. Le retour du pendule se manifeste sans fioriture au grand jour.

Dans son livre, Vanessa Springora évoque le « consentement » d’une jeune fille de 14 ans manifesté lors de l’opération-charme de son prédateur sexuel. Le consentement relance ainsi le débat entre les défenseurs de l’écrivain et ses détracteurs, dans un contexte de dénonciation des violences sexuelles en France.

Trente ans ont passé depuis ce face à face entre Denise Bombardier et Gabriel Matzneff… Pour le journaliste Pierre Maisonneuve, ce passage à Antenne 2 en 1990 a eu une influence indéniable. « Ce jour-là, Denise Bombardier a fait tourner le vent. Elle avait l’expérience du direct et un propos à tenir. Elle n’a pas reculé. » … Et grand bien nous fasse!

quebechebdo 31 décembre 2019
vigile.net tribune libre 4 janvier 2020

En rétrospective, décès de la fillette de Granby

29 décembre 2019

L’histoire bouleversante de la fillette de 7 ans de Granby ayant subi de nombreux sévices au cours de sa courte vie a bouleversé le Québec. Elle a été découverte ligotée dans un état critique à l’intérieur de la résidence familiale le 29 avril avant de succomber à ses blessures le lendemain. 

« Le filet de protection sociale n’aura pas été suffisamment efficace pour prévenir le décès de cette enfant et une succession d’événements qui n’auraient pas dû se produire l’ont placée dans une situation à haut risque avant son décès », stipule le rapport de l’enquête interne déclenchée dans les jours qui ont suivi le décès de la fillette. 

Du côté du président et directeur général du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, Stéphane Tremblay, « notre système a failli à plusieurs reprises parce que nos intervenants n’ont pas été à même d’utiliser les bonnes pratiques [...] afin d’assurer la meilleure décision possible et d’aviser un partenaire qui aurait pu intervenir d’une différente façon ».

Une fillette de 7 ans est morte dans des circonstances bouleversantes et nébuleuses. Une enquête révèle que ce n’est ni une personne ni un service en particulier qui peut être blâmé dans la mort de l’enfant martyre de Granby, mais bien tout un système. La fillette aurait donc été victime d’un « système défaillant ». Autrement dit, l’imputabilité de cette mort atroce d’une fillette de 7 ans, sans nom et sans visage, n’incombe à aucun intervenant. Nous voguons en plein obscurantisme… Tout simplement pathétique!

quebechebdo 29 décembre 2019 

La loi 21, un événement politique marquant en 2019

29 décembre 2019

Force est de constater que les réactions, parfois vives et émotives, autour de la Loi sur la laïcité de l’État, autant de l’Assemblée nationale que de la population en général, auront monopolisé l’ensemble des tribunes médiatiques, y compris et surtout les médias sociaux, pendant une bonne partie de cette session parlementaire.

Comme il fallait s’y attendre, cette loi, qualifiée de « modérée » par le premier ministre François Legault, n’a pas eu l’heur d’avoir le même effet chez les personnes de communauté musulmane qui y ont perçu un obstacle flagrant contre l’exercice de leurs droits individuels, et cela même si l’interdiction de signes religieux sur les lieux de travail ne touchent que certains travailleurs en ligne d’autorité.

L’un après l’autre, les groupes s’opposant à la loi 21 sont venus exprimer leurs doléances en commission parlementaire sans que cela ne fasse broncher d’un iota le gouvernement Legault qui a finalement adopté le projet de loi sous bâillon, le premier ministre évoquant, entre autres, que la grande majorité des Québécois appuyaient cette loi.

Une saga qui est loin d’être terminée, la loi 21 étant déjà contestée devant les tribunaux par la Commission scolaire English-Montréal (CSEM) et risquant de se retrouver éventuellement devant la cour Suprême du Canada, là où le débat tournera, à mon sens, autour des juridictions provinciales ou fédérales visées par la loi 21, notamment la dichotomie entre les droits collectifs et les droits individuels… Un dossier chaud à suivre en 2020!

quebechebdo 29 décembre 2019
Le Soleil 31 décembre 2019 "La loi 21: l'événemment politique de l'année au Québec" (version modifiée)
Le Devoir 31 décembre 2019 "La loi de l'année" (version modifiée)

La reconnaissance envers les enseignants: cette grande absente

27 décembre 2019

Ce n’est pas d’hier que nous entendons fréquemment certains commentaires mettant l’accent sur la situation « privilégiée » des enseignantes et des enseignants choyés de pouvoir bénéficier de deux mois de vacances estivales, d’une semaine de relâche et de deux semaines de vacances durant la période des Fêtes.

Or, derrière ce scénario en apparence idéal, se cachent des heures et des heures de corrections et de préparations de cours qui se font souvent à l’école, notamment au primaire, où les enseignantes élaborent leur plan de cours en équipe. C’est sans compter les nombreuses réunions de l’équipe-école qui se tiennent après les heures régulières.

De plus, l’arrivée de plus en plus massive d’élèves en difficulté d’apprentissage et/ou de comportement alliée à la pénurie de spécialistes, et l’augmentation croissante du nombre d’élèves par groupe, ajoutent à la complexité de la tâche d’enseignant. Or, malgré ces embûches vécues au quotidien, la profession d’enseignant demeure mal perçue par une bonne partie de la population.

De toute évidence, force est de constater que la « vocation » d’enseignant souffre d’une carence ancrée dans les mœurs de la société québécoise eu égard à la reconnaissance à laquelle elle a pleinement droit… Et pourtant, n’est-ce pas aux enseignantes et aux enseignants qu’incombe l’énorme responsabilité de former les hommes et les femmes québécois de demain?

quebechebdo 27 décembre 2019

Meilleurs voeux à la majorité silencieuse!

26 décembre 2019

En cette fin d’année 2019 au cours de laquelle une poignée d’acteurs ont monopolisé toute la scène de la couverture médiatique, j’aimerais diriger l’éclairage sur toutes celles et tous ceux qui ont oeuvré silencieusement dans l’ombre…

À tous ces parents qui, aux prises avec un enfant en difficulté d’apprentissage, se dévouent sans relâche au plein épanouissement de leur enfant…

À tous les policiers qui, au risque de leur vie, accomplissent leur métier avec courage et professionnalisme confrontés dans un monde où la violence ne cesse de s’accroître…

À tous ces jeunes qui, à l’encontre de toutes les critiques qu’on leur impute, se mobilisent par milliers pour la lutte aux changements climatiques…  

À toutes ces éducatrices dans les garderies et les CPE qui accompagnent les tout-petits dans leur cheminement personnel avec patience et dévouement…

À toutes ces personnes qui ont donné généreusement de leur temps aux sinistrés à l’occasion des inondations monstres du printemps 2019…

À toutes ces femmes battues et agressées sexuellement qui ont osé franchir le mur de la peur et dénoncer leurs agresseurs avec courage…

À tous ces intervenants qui, devant le phénomène croissant de la maltraitance des enfants, persistent à leur apporter toute l’attention nécessaire à leur survie…

Enfin, à tout le personnel qui œuvre avec compassion et générosité dans les résidences pour personnes âgées et les CHSLD auprès des aînés en perte d’autonomie…

J’offre mes meilleurs vœux de bonheur pour cette période du temps des Fêtes et de santé pour la nouvelle année!

quebechebdo 26 décembre 2019

Où s’en va la profession d’enseignant?

25 décembre 2019

 

Viendrait-il à la tête d’un directeur général de Centre hospitalier d’engager un médecin non qualifié dans un contexte de pénurie de main d’œuvre dans un département spécifique? La réponse est non. Et pourtant, c’est actuellement le cas dans plusieurs commissions scolaires qui, aux prises avec des difficultés de recrutement, doivent de plus en plus souvent avoir recours à des professeurs non qualifiés pour enseigner à leurs élèves, et tout cela dans un contexte où la Fédération des commissions scolaires, de son côté, est en pleine campagne de valorisation de la profession enseignante dans le but d’attirer de futurs candidats.


À mon avis, la transmission du savoir est aussi importante que la qualité des soins médicaux prodigués. À cet effet, il existe peut-être un moindre mal pour pallier la pénurie d’enseignants qualifiés. Le ministère de l’Éducation pourrait permettre aux étudiants à leur dernière année de baccalauréat en sciences de l’éducation d’agir, exceptionnellement, à titre d’enseignant dans la discipline de leur spécialité sous la responsabilité d’un enseignant qui serait rémunéré pour agir à titre de tuteur.


Autrement dit, je suis d’avis qu’il faut tout mettre en œuvre pour pallier ce manque d’enseignants le plus adéquatement possible, entre autres en persistant dans les efforts de valorisation de la profession, dans le but ultime d’offrir aux élèves québécois la qualité d’enseignement à laquelle ils ont droit! 

quebechebdo 24 décembre 2019

François face à la peur du changement de l’Église

22 décembre 2019

Le pape François, à l’occasion de ses vœux de Noël aux cardinaux, évêques et prêtres qui oeuvrent au Saint-Siège, a dénoncé la « rigidité » dans la manière de vivre sa foi chrétienne et les a appelés à s’ouvrir au changement.

« Aujourd'hui, nous ne sommes plus les seuls à produire de la culture, plus les premiers entendus ni les plus écoutés, a déclaré François aux prélats. La foi en Europe et dans une grande partie de l'Occident n'est plus une présomption évidente, mais plutôt souvent niée, marginalisée et ridiculisée. »

En s’exprimant ainsi, François défend sa vision et ses priorités en tant que reflet de l'Évangile et de l'axiome selon lequel la vraie tradition de l'Église est celle d'un chemin de changement continu et distinct. « La tradition n'est pas statique, elle est dynamique », a-t-il lancé.

Le chemin du changement rencontre de nombreux obstacles de la part d’une certaine frange de catholiques traditionnalistes qui dénoncent haut et fort l'accent que met le pape François sur la miséricorde et l'ouverture à une marge de manœuvre doctrinale sur des questions telles que les sacrements pour les catholiques divorcés et remariés civilement.

Quoique qu’il soit tout à fait naturel que ce soit le pape qui initie cet appel au changement, je suis d’avis que des voix de partout dans le monde doivent se lever et suivre le message d’ouverture de François, et ainsi répondre à l’inquiétude du défunt cardinal Carlo Maria Martini, qui, dans son dernier entretien avant de mourir en 2012, a déploré que l'Église soit « 200 ans en retard » en raison de sa peur innée du changement.

quebechebdo 22 décembre 2019
Le Soleil 24 décembre 2019

La saga du F.-A.-Gauthier

20 décembre 2019

Considéré comme le fleuron de la flotte de la Société des traversiers du Québec (STQ) à son arrivée en 2015, le traversier F.-A.-Gauthier a été mis hors service le 18 décembre 2018 en raison de vices de construction majeurs, après moins de quatre ans de traversées et un coût de 175 millions de dollars aux frais des contribuables. Depuis sa mise en cale sèche en 2018, des frais de réparation de l’ordre de 60 millions ont été encourus.

Problèmes de soudure, installation de pièces rouillées, travaux de peinture non conformes et des employés muselés alors qu’ils tentaient de sonner l’alarme. Vraiment, la construction du F.-A.-Gauthier ne s’est pas faite dans les règles de l’art au chantier Fincantieri,en Italie et ce, en toute connaissance de cause de la part de la STQ, selon un reportage de l’émission Enquête.

Or, c’est finalement « aux sons des tambours et trompettes » que le « fleuron » de la STQ a pris le large il y a quelques jours pour rejoindre son port d’attache de Matane, au Bas-Saint-Laurent, et enfin desservir la clientèle de la traverse maritime Matane-Baie-Comeau-Godbout… Catastrophe, lors du périple, les équipes ont constaté que « les moteurs du F.-A.-Gauthier ne fonctionnaient pas nécessairement selon les paramètres qui sont prescrits par le fabricant ».

Les multiples annulations de traversées en 2019 ont exaspéré les citoyens de la Côte-Nord et du Bas-Saint-Laurent, qui subissent à chaque fois d’importants inconvénients et retards pour traverser le fleuve Saint-Laurent. De son côté, Stéphane Lafaut, le PDG de la STQ, a assuré qu'« on est dans le dernier droit » et qu'il compte bien déployer « tous les moyens possibles et imaginables » pour remettre le navire rapidement en service…??!!! Permettez-moi certains doutes!

quebechebdo 20 décembre 2019
Le Devoir 21 décembre 2019

Une immense figure de la chanson québécoise

19 décembre 2019

Immense figure de la chanson québécoise, Monique Leyrac s’était faite très discrète ces dernières années. Retirée dans sa maison des Cantons-de-l’Est, Catherine Pépin l'a rencontrée en février 2018, à l'occasion de son 90e anniversaire.

Une entrevue intimiste dans laquelle elle explique, entre autres, pourquoi elle a refusé de devenir la passionaria du mouvement indépendantiste dans les années 70, alors qu’on la pressait de s’engager davantage, et évoque ses rencontres avec Gilles Vigneault, Félix Leclerc et Luc Plamondon, dont elle a interprété les chansons avec une grâce exceptionnelle.

Je vous invite à écouter cette entrevue au cours de laquelle Monique Leyrac se livre avec beaucoup de générosité, d’humour et d’humilité.

https://www.icimusique.ca/articles/19679/entrevue-monique-leyrac-radio-canada

 

Interprétation magistrale de Mon pays de Gilles Vigneau à Sopot en 1965

https://www.bing.com/videos/search?q=monique+leyrac&view=detail&mid=8DA3C13EE384884C3F598DA3C13EE384884C3F59&FORM=VIRE

vigile.net tribune libre 17 décembre 2019