Ottawa/Québec aller-retour?

19 décembre 2019

Contre toute attente, le nom de l’ex-premier ministre du Québec. Jean Charest, circule à titre de candidat à la chefferie du Parti conservateur du Canada (PPC). Quoi qu’il en soit, si Jean Charest a pu réaliser le trajet d’Ottawa à Québec en passant du Parti progressiste-conservateur du Canada (PPCC) au Parti libéral du Québec (PLQ), il lui sera probablement tout aussi aisé d’accomplir le même trajet à l’inverse.

Or le québécois Jean Charest réussirait-il à reconquérir le cœur des Québécois à la tête du parti conservateur qui n’a pu faire élire que dix députés au Québec lors du dernier scrutin fédéral? Sur un autre plan, les Québécois ont-ils oublié les scandales de corruption et de collusion dans l’industrie de la construction entourant la garde rapprochée de Jean Charest révélés par la Commission Charbonneau qui visait le parti au pouvoir, à savoir le PLQ de Jean Charest? Enfin, que révèlera le projet Mâchurer de l’UPAC toujours en cours sur des allégations de financement illégal de la part du PLQ pendant les années où Jean Charest était premier ministre d’un gouvernement libéral?

Selon des rumeurs qui semblent fondées, l’ex-chef du PPCC aurait reçu plusieurs invitations d'élus actuels du caucus conservateur, d'ex-élus et de militants à se lancer dans la course au leadership du PCC, lesquelles sollicitations auraient « fortement ébranlé » M Charest qui n’avait pas envisagé faire un retour en politique avec les conservateurs. Toutefois, Jean Charest est une « bête politique » qui a sans doute encore plusieurs défis personnels à relever, et il n’a que 61 ans… Conséquemment, je ne serais pas du tout surpris qu’il fasse le grand saut dans l’arène politique fédérale!

quebechebdo 19 décembre 2019 
Le Soleil 21 décembre 2019 "Ottawa/Québec aller-retour pour Jean Charest?"

Annonce précipitée du départ de François Legault?

16 décembre 2019


Une nouvelle pour le moins imprévue, le premier ministre François Legault sollicitera un deuxième mandat et, s’il est réélu, il quittera la politique au cours de ce mandat.

 

François Legault se décrit comme un « homme d’affaires », faisant référence, notamment, à la dizaine d’années passées à la direction d’Air Transat. D’ailleurs, son style de gouvernance, axé sur la performance, l’efficacité et la recherche de résultats à court terme en font foi. Le premier ministre semble engagé dans une véritable course contre la montre, animé par un sentiment d’urgence. Il gouverne dans la hâte, voire diront certains, dans la précipitation, à coup de menaces de lois spéciales et de bâillons pour forcer l’adoption de projets de loi, les choses n’allant jamais assez vite à ses yeux. Toutefois, l’alliance « vite et bien » ne fait pas toujours bon ménage. À preuve, le cafouillage du programme de l’expérience québécoise (PEQ) qui a dû retourner sur la table à dessins du ministre Jolin-Barette.

En fait, l’annonce du départ éventuel de François Legault de la politique n’est peut-être pas aussi surprenante qu’on pourrait le penser. Aux yeux du premier ministre, la durée et le nombre de mandats n’ont aucune importance. « Pouvons-nous être meilleurs, être plus fiers d’être Québécois? C’est ça qui me motive, ce n’est pas la question du pouvoir », affirme-t-il.

Toutefois, cette révélation « précipitée » ne risque-t-elle pas de jouer en sa défaveur eu égard à sa cote de popularité élevée auprès d’une majorité de Québécois qui pourraient lui manifester une forme de désapprobation, voire de déni?… Là est toute la question!

quebechebdo 16 décembre 2019

De quoi je me mêle, M Legault?

15 décembre 2019

Après la performance remarquable du Bloc québécois d’Yves-François Blanchet à l’occasion du dernier scrutin fédéral, le premier ministre du Québec François Legault avait déclaré, lors d’un point de presse, que son principal interlocuteur concernant les dossiers du Québec demeurerait le premier ministre du Canada Justin Trudeau.

Or, à peine deux mois après l’élection du Parti libéral du Canada, un premier litige entre Mm Legault et Blanchet a trait aux échanges commerciaux eu égard à l’aluminium tels que stipulés dans l’ACEUM, François Legault alléguant que « le Bloc doit défendre les intérêts des Québécois, et [que] c’est dans les intérêts des Québécois que cette entente soit adoptée et ratifiée rapidement parce que c’est un gain », le chef du Bloc répliquant que « nous demandons que nos travailleurs de l’aluminium aient droit à la même protection que les travailleurs de l’acier, quitte à renégocier. »  

Mon intention n’est pas ici de prendre position pour une des deux parties mais plutôt de faire ressortir le ton « paternaliste et infantilisant » de François Legault envers Yves-François Blanchet alors que le premier ministre s’était pourtant engagé à négocier directement avec Justin Trudeau.

De quoi je me mêle, M Legault? Laissez M Blanchet prendre ses propres positions sur l’aluminium québécois et défendez les vôtres auprès des Québécois. Et si, par hasard, vous désirez discuter avec M Blanchet, faites-le en privé svp et non pas devant les caméras… C’est une simple question de diplomatie élémentaire!

quebechebdo 15 décembre 2019

Il est où l’humour sans sacre?

14 décembre 2019

Lors d'une entrevue accordée à Sophie Durocher sur les ondes de QUB Radio, l'humoriste, comédien, auteur-compositeur-interprète et ancien sénateur Jean Lapointe a déploré le nombre effarant de sacres qui fusaient de toutes parts lors du 21e Gala les Olivier.

Jean Lapointe s’en est pris particulièrement à l’humoriste Mike Ward, notamment à ses discours de remerciements, lesquels débordaient de commentaires sarcastiques et de sacres. « Regarde Mike Ward qui dit merci. Il y a deux sacres en dedans d'une minute dans des remerciements, des moments normalement très solennels. Moi, ça me choque », a-t-il déploré.

Je sais, ici au Québec, le sacre a perdu complètement ses origines religieuses pour devenir un juron comme les autres, notamment chez les jeunes humoristes qui n’ont pas connu cette période noire de la société québécoise qui a dû assister à l’omniprésence de l’Église jusque dans la vie privée de ses « ouailles », d’où cette frustration, voire ce fiel, à l’égard des mots religieux qui se sont transformés en sacres « libérateurs ».

Or, maintenant que l’Église a récupéré son bercail, peut-être serait-il pertinent que nos humoristes usent de leur imagination fertile pour créer de nouveaux jurons qui représenteraient davantage la société québécoise d’aujourd’hui!

quebechebdo 14 décembre 2019

Où sont les économies?

12 décembre 2019

La « paix » est revenue entre les médecins spécialistes et le gouvernement. Une entente a finalement été signée entre la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) et le gouvernement Legault pour réduire progressivement leur enveloppe salariale de 560 M$ en 2022-23 sans pour autant être soumis à quelque baisse d’honoraires, les deux parties misant sur la création d’un nouvel acteur indépendant, soit l’Institut de la pertinence, lequel aura pour mandat d’éliminer des actes inutiles ou en plafonner d’autres, ou réduire des tarifs versés aux médecins, « mais il devra alors avoir l’approbation de la FMSQ ». 

M. Dubé a justifié le recul sur la promesse de campagne électorale d’un milliard par de nouvelles informations provenant d’une étude qui sera rendue publique en janvier et qui « démontrerait » que les spécialistes sont à égalité avec la moyenne canadienne. Le gouvernement Legault promettait de récupérer 1 milliard par année. Or, ce sera plutôt 148,3M$ en 2019-20, 280,7M$ en 2020-21, 403,4M$ en 2021-22 et 560,2M$ en 2022-23.

Toutefois, dans toute cette valse de chiffres, une question me turlupine : dans l’hypothèse, par exemple, où un radiologue se verra empêcher par l’Institut de la pertinence de prescrire une mammographie à une femme de plus de 70 ans, ne pourra-t-il pas par ailleurs tout à loisir voir une autre patiente, une entourloupette qui n’affectera en rien son revenu et, par ricochet, qui n’apportera aucune économie pour le gouvernement? Autrement dit, où sont les économies si le spécialiste peut conserver le même nombre de patients, voire les augmenter?

quebechebdo 12 décembre 2019

Immigration: solution à la pénurie de main-d’oeuvre?

12 décembre 2019

Depuis quelques années, il est devenu monnaie courante d’évoquer l’immigration comme solution à la pénurie de main-d’œuvre au Québec. Or, en fouillant sur le Web, je suis tombé sur un article plutôt révélateur sur le taux de chômage dans la Métropole dont voici le contenu :  

« La métropole du Québec détient ce triste titre en Amérique du Nord. C’est bien à Montréal que les immigrants sont les moins bien intégrés au marché du travail selon une étude de l’Institut du Québec (IdQ) en collaboration avec la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) et Montréal International (MI).

Montréal aurait la pire performance nord-américaine dans l’écart entre le taux de chômage de ses citoyens qui y sont nés, et celui des immigrants. Il est de 10% à Montréal, contre 6% à Toronto et 5% à Vancouver dans le reste du Canada.

Et les résultats sont encore pires pour les plus instruits des immigrants. En effet, le taux de chômage des immigrants détenant un diplôme étranger est à près de 12,5% à Montréal, alors qu’il est d’environ 7% pour ceux détenant un diplôme canadien. Et paradoxalement, la diplomation universitaire des immigrants montréalais est de 33% alors que les natifs sont diplômés dans une proportion de 24%.

Selon Raymond Bachand, président de l’Institut du Québec (IdQ), il est grand temps de se mobiliser afin que les ordres professionnels soient plus flexibles auprès des immigrants.

La question de la langue pourrait aussi faire partie du problème. En effet, le marché du travail montréalais demande aux immigrants de posséder non pas qu’une langue mais bien deux langues afin d’avoir accès à de nombreuses professions. »

Source: TVA Nouvelles, IdQ, Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Montréal International

Dans ces circonstances, il m’apparaît évident que l’immigration ne s’avère nullement la solution-miracle à la pénurie de main-d’œuvre au Québec et qu’il est temps de « mettre la pédale douce sur l’accélérateur » de l’immigration. Par ailleurs, je suis d’avis que le ministère de l’Éducation, en collaboration avec les Universités et les Cégeps, fassent la promotion des domaines d’emploi où sévit la pénurie de façon à aiguillonner les futurs finissants/es vers ces carrières.

Enfin, le ministre Jolin-Barrette se doit de revenir à l’Assemblée nationale avec un projet de loi sur l’Immigration et un programme d’expérience québécoise (PEQ) qui contient une liste exhaustive et détaillée des emplois à combler sur le marché du travail de façon à répondre efficacement à la pénurie de main-d’œuvre.

vigile.net tribune libre 11 décembre 2019

Une autre défaite pour Big Marc

11 décembre 2019

La compagnie de restauration rapide McDonald's vient d’annuler les deux séries de « spots » publicitaires avec le DG du Canadien Marc Bergevin prévues pour les prochains jours « pour des raisons hors de leur contrôle », allègue McDonald’s.

Autrement dit, il semblerait que, cinq semaines et une série noire du CH après la signature de l’entente entre les parties, l’agence de publication Cossette et celle des relations de presse Weber Shandwick auraient craint de voir Marc Bergevin être congédié en pleine campagne publicitaire ou du moins, que l'opinion publique contre le DG du Tricolore nuise à la marque McDo qui aurait dû, en passant, signer l’entente avec Guy Carbonneau qui, lui, vient d’être intronisé au Temple de la renommée du hockey.

Décidément, les temps sont durs pour Big Marc qui, cette fois-ci, essuie une défaite « cuisante » face au Big Mac!

quebechebdo 11 décembre 2019

Rémunération des hauts dirigeants d’universités

11 décembre 2019

Avec un traitement annuel de 544 233 $, la rectrice de l’Université McGill, Suzanne Fortier, remporte le palmarès de la rémunération des hauts dirigeants des universités québécoises. À titre comparatif, le premier ministre du Québec, François Legault, est rémunéré au salaire de 196 193 $ en 2019, soit le tiers de celui de Suzanne Fortier. Valérie Plante, la mairesse de Montréal retire un salaire annuel de 188 623 $ pour une population de 1,873 million d’habitants, et le salaire du maire de Québec, Régis Labeaume se chiffre à 174 420 $ pour une population de 544 000 habitants.

Quant au recteur de l’Université de Montréal, Guy Breton, il gagne 450 882 $ annuellement, alors que sa consœur de l’Université Laval, Sophie D’Amours touche 340 215 $. Le recteur de l’Université de Sherbrooke, Pierre Cossette, touche quant à lui 322 439 $. Enfin, le principal et vice-chancelier de Bishop, Michael Goldbloom, une université qui ne compte que 2526 étudiants à temps plein, suit de près avec une rémunération annuelle de 315 044 $. De plus, M. Goldbloom a droit à une indemnité de départ de 292 841 $. 

Un tel écart salarial entre les maires de Montréal et de Québec, et les hauts dirigeants des universités, compte tenu de l’ampleur des responsabilités qui incombent aux deux magistrats municipaux, témoignent, à mon avis, d’un déséquilibre injustifié, voire inadmissible, qui devrait faire l’objet d’une sérieuse discussion aux deux conseils municipaux respectifs.

quebechebdo 11 décembre 2019

L’humour sans frontière

10 décembre 2019

Question de se remettre dans le contexte de la saga engendrée entre l’humoriste Mike Ward et Jérémy Gabriel, voici un extrait du monologue à l’origine de la controverse durant la période de 2010 à 2013 : « Au début yé arrivé, tout le monde l'insultait, j'étais le seul à le défendre. [...] Sauf que là, cinq ans plus tard, yé pas encore mort! Il meurt pas le p’tit tabarnak. [...] Je suis allé voir sur Internet pour voir c'est quoi sa maladie. Sais-tu c'est quoi qu'il a? Yé laitte, esti! »

Eh bien, qu’à cela ne tienne, Mike Ward vient de recevoir quatre trophées au Gala des Olivier dont les prestigieux Olivier de l’année et celui du Meilleur spectacle. J’avoue être abasourdi devant un « couronnement » aussi incongru d’un humoriste qui place en étendard la sacrosainte liberté d’expression pour se permettre de dilapider en spectacle des paroles blessantes et injurieuses envers une personne handicapée.

Mais où s’en va l’humour si l’humoriste peut attaquer sans coup férir n’importe quel individu dans ce qu’il a de plus profond, à savoir sa dignité humaine, au nom de la liberté d’expression? Où s’en va cet humour sans frontière qui fait littéralement fi du respect humain fondamental?

En humour comme dans toute forme d’expression culturelle et artistique, la liberté des uns cesse là où elle cause préjudice à la liberté des autres et porte atteinte à leurs droits fondamentaux, notamment le respect et la sauvegarde de leur dignité.

quebechebdo 10 décembre 2019

Une procédure de destitution « bidon »

9 décembre 2019

"Nous avons un dossier en béton", a déclaré sur CNN Jerry Nadler, président de la commission judiciaire de la Chambre des représentants. "Si ce dossier était présenté à un jury, un verdict de culpabilité serait rendu en trois minutes chrono". 

Toutefois, malheureusement pour M. Nadler, le scénario prévu dans la procédure de destitution du président n’aboutira pas devant un jury mais plutôt au Sénat, majoritairement composé de républicains pour la plupart favorables à l’acquittement du président.

Et toute cette saga où des dizaines de témoins crédibles ont fourni aux démocrates pendant des semaines des preuves flagrantes, telles que abus de pouvoir et corruption, entrave à la bonne marche du Congrès et entrave à la justice.

Mais, là où le bât blesse avec le plus d’acuité, c’est que la base militante sur laquelle s’appuie Trump lui est restée fidèle pendant toute la durée de l’enquête. Résultat?  L’aiguille des sondages n’a pas bougé, les Américains sont divisés dans une proportion de 50 % pour le président, 50 % contre.

Or, il est évident que le Sénat ne sera pas aussi partagé que la population. Le dossier « en béton » des démocrates va se faire engouffrer par une procédure de destitution « bidon » dont on pouvait connaître les conclusions avant même le début de toutes ces audiences. En bref, Donald J. Trump sera acquitté… and the show will go on!

quebechebdo 9 décembre 2019
Le Devoir 11 décembre 2019