Le gouvernement doit-il imposer la vaccination?

15 décembre 2020

D’entrée de jeu, le gouvernement, en vertu de l’article 123 de la Loi sur la santé publique, a le pouvoir d’imposer la vaccination pour une partie ciblée ou pour toute la population. Cela étant, le gouvernement doit-il imposer la vaccination? Quoique nous n’en soyons qu’au tout début de la période de vaccination, la question, tôt ou tard, devra se poser.

À mon avis, si le gouvernement décide d’emprunter la voie de l’imposition du vaccin, il devra s’attendre à être confronté à des groupes ou des individus qui invoqueront la Charte québécoise des droits et libertés, auquel cas, la cause pourrait se retrouver ultimement en Cour suprême du Canada.

Par ailleurs, si nous supposons a priori qu’une majorité de la population prendra la décision d’être vaccinée, le gouvernement, dans ces circonstances, retirerait-il quelque avantage à imposer la vaccination à une minorité de personnes qui refuseraient la vaccination pour quelque raison que ce soit.

À cet effet, il m’apparaît tout à fait normal que certaines personnes ressentent un sentiment d’inquiétude face à un nouveau vaccin dont les effets secondaires à long terme sont pour l’instant inconnus, et qu’elles préfèrent attendre un certain temps avant d’être vaccinées.

Quoi qu’il en soit, je suis d’avis que la santé publique devra faire preuve de transparence sur les effets secondaires du vaccin, une attitude qui, selon moi, devrait permettre aux personnes perplexes de prendre une décision éclairée.

quebechebdo tribune libre 15 décembre 2020
Le Devoir 17 décembre 2020
vigile.net tribune libre 27 décembre 2020

Fitzgibbon sauvé par la cloche?

14 décembre 2020

Décidément, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, semble avoir le don de se placer en conflit d’intérêt dans l’exercice de ses fonctions. C’est du moins le constat de la commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale qui vient de lui attribuer un deuxième blâme en deux mois.

François Legault aura beau invoquer « qu'il n'est absolument rien arrivé entre l'entreprise [Immerversion] puis le gouvernement », la commissaire à l’éthique persiste et signe, cette entreprise détient des liens avec l’État, ce qui place le ministre en conflit d’intérêt.

À mon sens, il m’apparaît clair que M. Fitzgibbom éprouve des difficultés à couper les liens avec le monde des affaires dans lequel il a baigné pendant des années dans une vie antérieure. Il existe tout un monde entre la vie publique et celle du monde des affaires et ça, le ministre, de toute évidence, ne l’a pas encore franchi.

Quoi qu’il en soit, Pierre Fitzgibbon doit être soulagé de voir arriver la fin de la session parlementaire qui contribuera à laisser tomber la poussière d’ici le retour en Chambre. Sera-t-il sauvé par la cloche? Une histoire à suivre…

vigile.quebec tribune libre 14 décembre 2020

Où était Simon Jolin-Barrette?

14 décembre 2020


Le projet de loi 66 concernant l’accélération de certains projets d’infrastructure visant à donner le feu vert rapidement à 181 projets d’infrastructure à travers le Québec en accélérant les processus d’évaluations environnementales et d’expropriation a été adopté en soirée le 10 décembre.


Or parmi ces projets figurent les projets d'agrandissement du Collège Dawson et de l'Université McGill, deux établissements d'enseignement supérieur anglophones. Conséquemment, le projet de loi n’a pas obtenu l’appui du Parti Québécois qui « s’opposera toujours à l’anglicisation planifiée du Québec », a fait valoir le député péquiste de Jonquière Sylvain Gaudreault.


En passant, je me demande où était le ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette, au moment où la langue française au Québec, son supposé cheval de bataille, se faisait passer un sapin juste avant les « réjouissances » du temps des Fêtes!

vigile.quebec tribune libre 14 décembre 2020

Le coup de Jarnac d’Arruda envers Legault

14 décembre 2020

Comme si ce n’était pas assez frustrant que les restaurateurs aient eu à subir un deuxième confinement à compter du 28 septembre, la déclaration du directeur national de santé publique, le docteur Horacio Arruda, lors de sa rencontre avec les députés de l’opposition, selon laquelle il n’a jamais recommandé la fermeture des restaurants a jeté de l’huile sur le feu chez les restaurateurs.

Le chat est sorti du sac lorsque le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, pressa le Dr Arruda de lui donner des recommandations de la Santé publique ignorés par le gouvernement Legault. Un véritable coup de Jarnac d’Arruda envers Legault. Inutile de vous dire que l’opposition s’est jetée sur sa proie avec voracité le lendemain à la période de questions.

Honnêtement, j’éprouve un certain malaise en ce qui a trait à la décision de fermer les salles à manger des restaurants, compte tenu que toutes les mesures de sécurité y sont respectées et qu’aucune éclosion de la COVID-19 ne s’est manifestée dans les restaurants depuis le début de la pandémie. Et, de surcroît, les restaurants génèrent des revenus pour l’État, un critère cher à notre premier ministre.

Jusqu’à maintenant, les restaurants auront été fermés la moitié de l’année en 2020, ce qui représente 5 à 6 milliards de ventes disparues en fumée. Selon une étude menée par l’Association Restaurants Canada, plus de la moitié des restaurants sont à risque de fermer au cours des six prochains mois. Huit restaurants sur dix perdent de l’argent ou survivent à peine. Et 65 % d’entre eux fonctionnent à perte, tandis que 19 % ne font qu’atteindre le seuil de rentabilité.

Et toute cette infortune pendant que les Costco et les Wall Mart de ce monde sont demeurés ouverts depuis le début de la pandémie… Mystère et boule de gomme!

vigile,net tribune libre 14 décembre 2020

Vivement le bâillon, monsieur Trudeau!

14 décembre 2020

Le débat sur l’aide médicale à mourir au Québec a probablement été l’exercice de consultation le plus civilisé jamais entendu entre les murs de l’Assemblée nationale, et tout cela, avec l’accord de la majorité de la population québécoise.

Initialement accessible qu’aux personnes dont la mort naturelle est raisonnablement prévisible, un jugement de la Cour supérieure rendu en 2019 accorde aussi l’accès à l’aide médicale à mourir aux personnes éprouvant des souffrances physiques ou psychologiques intolérables. La juge Christine Baudouin, de la Cour supérieure du Québec, a donné à Ottawa jusqu’au 18 décembre pour modifier sa loi en conséquence.

Or, pour le Parti conservateur du Canada, par la voix de son chef Erin O’Toole, « le projet de loi C-7, en retirant la notion de mort raisonnablement prévisible, ne porte pas sur l’aide à mourir, mais sur l’aide au suicide…et ouvre la porte à un régime étatique en matière de suicide ».

Le délai du 18 décembre fixé par la juge Beaudoin approche à grands pas. Ou Justin Trudeau demande une extension du délai en exigeant que la Chambre des communes siège une semaine de plus avant Noël pour boucler le débat, ou il impose le bâillon.

À mon avis, les conservateurs ont eu tout le temps nécessaire pour s’exprimer sur le sujet. Une extension du délai au-delà du 18 décembre ne ferait que bloquer indument les travaux de la Chambre… Dans ces circonstances, monsieur Trudeau, vivement le bâillon!

vigile.quebec tribune libre 9 décembre 2020

Claude Castonguay, un homme d’état au service des Québécois

13 décembre 2020

Selon Wikipédia, « le qualificatif  « homme d’état » peut avoir un aspect mélioratif, et viser à souligner la capacité du personnage d'État à s'élever au-dessus des divisions partisanes pour rechercher le seul bien commun. » Tel m’apparaît avoir incarné le personnage de Claude Castonguay au cours de sa courte carrière politique de trois ans, soit de 1970 à 1973.

Trois années au cours desquelles il aura réussi à mener à terme l’imposant défi de mettre sur pied l’Assurance-maladie pour tous les Québécois de même que la Régie des rentes du Québec et la Caisse de dépôt. Un exploit titanesque guidé par une ténacité sans borne et une conviction sans limite envers ses principes d’équité pour tous les citoyens québécois.

Claude Castonguay était aussi un homme droit et honnête qui n’hésitait jamais à dire le fond de sa pensée au risque de choquer certains membres du caucus libéral, voire le premier ministre, et cela, dans un profond respect des personnes.

Celui qui passera à l’histoire comme le « père » de l’assurance-maladie au Québec demeurera, dans la conscience collective des Québécois, un grand homme d’état qui a consacré ses trois années de carrière politique au service des Québécois.

Monsieur Castonguay, au nom de tous les Québécois, je tiens à vous remercier sincèrement pour l’ardeur indéfectible et la fidélité inlassable que vous avez manifestées pendant votre court mais fertile passage sur la scène politique québécoise… Un grand merci à vous pour votre détermination et votre courage!

quebechebdo tribune ibre 13 décembre 2020

Louis Garneau: « Ne jamais abandonner…! »

13 décembre 2020

J’ai d’abord connu Louis Garneau sur les bancs d’école comme enseignant en français en troisième secondaire où il m’est arrivé fréquemment de le prendre sur le fait en train d’esquisser des dessins dans ses notes de français. Ce n’est donc pas d’hier que Louis dispose d’une propension naturelle aux arts. C’est d’ailleurs lui qui crée tous les designs des vêtements signés de la griffe de Louis Garneau.

Au moment de prendre ma retraite en 2003, comme j’avais toujours éprouvé une passion pour l’écriture, il m’est venu à l’idée d’offrir à Louis d’écrire sa biographie. Après quelques semaines de réflexion, arguant d’abord qu’il se trouvait trop jeune pour publier sa biographie, il finit par accepter.

Puis le marathon prit son élan. Rencontres après rencontres, Louis en vint peu à peu à s’ouvrir de plus en plus sur les émotions à travers desquelles il a dû passer tout au long de son parcours, parfois houleux, mais souvent emballant. Toutefois, tout au cours de ses péripéties, un mot revenait souvent dans nos conversations, à savoir le mot « détermination ». Le titre de sa biographie émergeait de lui-même : Ne jamais abandonner…!

Puis, les années ont passé, toutes plus enivrantes les unes que les autres. Les anecdotes vécues au cours de sa carrière prirent vie d’autant plus que nous avions décidé d’écrire la biographie à la première personne, une tournure stylistique qui conféra encore plus de vécu au récit. En 2009, la biographie était finalement lancée.

En ce qui a trait à l’entreprise, les affaires ont fonctionné à vitesse grand V jusqu’en mars dernier, où Louis Garneau Sport a dû se placer sous la protection de la Loi sur les faillites et l’insolvabilité, avec une dette de 32 millions $.

Toutefois, qu’à cela ne tienne, malgré la pente extrêmement ardue à laquelle l’homme d’affaires était confronté, son désir de renaître en tant qu’entreprise québécoise de renom a contribué à sauver son entreprise grâce à un montage financier de 25 millions $, de nouveaux investisseurs se joignant à lui.   

À la quatrième de couverture de sa biographie, je termine avec ces mots : « Toute la vie de Louis Garneau s’est déroulée en une séquence ininterrompue d’événements qui l’ont prédestiné à devenir l’homme d’aujourd’hui, condamné à ne jamais abandonner. » C’est donc sans grande surprise si aujourd’hui Louis Garneau renaît parmi les grands entrepreneurs québécois. L’homme d’affaires qu’est Louis Garneau est ainsi constitué que chaque événement de sa vie, heureux ou malheureux, représente une pierre d’assise nouvelle qui contribue, à sa manière, à l’érection des murs de l’édifice.

vigile.quebec tribune libre 10 décembre 2020
Le journal Métro 12 décembre 2020 "Louis Garneau renaît"
Le Journal de Québec 13 décembre 2020

Le « pas dans ma cour » de François Legault

12 décembre 2020

D’entrée de jeu, voici un extrait du point de presse de François Legault tenu le vendredi 11 décembre : «La situation qu’on a actuellement, on ne peut pas tolérer qu’elle demeure au niveau où elle est là. [...] Si la situation reste comme ça, on va être obligés d’ajouter des restrictions, à moins que les Québécois se mettent à respecter les mesures déjà en place ». Autrement dit, je serai gentil si les Québécois respectent les mesures sanitaires. En réalité, le « pas dans ma cour ».

Par ailleurs, en date du 10 décembre, le Canada dénombrait 13 109 décès, le Québec, en tête des provinces, 7 382, soit 56% de l’ensemble des décès au pays, la deuxième province dénombrant le plus grand nombre de décès, soit l’Ontario, comptait 3 871, soit 30% des décès au Canada. 

En termes clairs, avec un dossier aussi peu reluisant au chapitre des décès liés à la COVID-19, le premier ministre du Québec devrait peut-être jeter à l’occasion un coup d’œil dans sa cour, notamment dans les CHSLD, pour voir s’il ne devrait pas assumer sa part d’imputabilité eu égard au nombre imposant de décès dans SA province qui lui confère le titre peu enviable de premier de classe au chapitre des décès au Canada!

quebechebdo tribune libre 12 décembre 2020
vigile.quebec tribune libre 14 décembre 2020

Le Québec doit-il être remis « sur pause »?

9 décembre 2020

Devant le nombre de cas, de décès et d’hospitalisations quotidiens qui n’arrivent pas à diminuer depuis des semaines, force est de constater que les mesures sanitaires décrétées par le gouvernement n’arrivent pas à stopper la croissance de la contamination communautaire au Québec.

À cet effet, plus de 75 experts en santé, en économie et en sciences sociales, dans une lettre ouverte publiée dans La Presse, plaident que le gouvernement Legault remette le Québec sur pause et décrète la fermeture de tous les services non essentiels pendant la période des Fêtes, soit du 20 décembre au 3 janvier, arguant que l’économie tourne déjà au ralenti et que beaucoup de gens, dont les étudiants, sont en congé, plutôt que d’être confrontés à une perspective encore plus critique en janvier et février.

Du côté du gouvernement, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, allègue que les mesures sanitaires actuelles sont déjà « très sévères » tout en insistant sur le difficile équilibre qu'il tient à maintenir entre les restrictions sanitaires et la santé mentale de la population.

Compte tenu de la situation critique qui règne dans les hôpitaux en termes de débordement provoquant, entre autres, des délestages inquiétants, et du taux d’absentéisme alarmant du personnel médical, je suis plutôt de l’avis des experts, à savoir que le Québec devrait être remis sur pause pendant deux semaines pour permettre au réseau de la santé de faire le plein d’oxygène et de démarrer la nouvelle année dans un meilleur état.  

quebechebdo tribune libre 9 décembre 2020

La loi 21 entre mauvaises mains

9 décembre 2020


Frédéric Bastien, historien et ex-candidat à la direction du Parti québécois, a déposé une plainte au conseil de la magistrature contre le juge Marc-André Blanchard, celui-là même qui devra trancher le débat sur la loi de la laïcité, parce qu’il aurait validé les propos controversés de Me Azim Hussain comparant la loi 21 à des lois raciales.


À titre d’exemples, Me Hussain aurait comparé le loi 21 aux lois de Nuremberg, des lois raciales nazies discriminant la communauté juive, et aux lois ségrégationnistes sud-américaines forçant, entre autres, les individus de couleur à s’asseoir à l’arrière dans les autobus.


Loin de de se dissocier des comparaisons outrancières de l’avocat et de le ramener à l’ordre, le juge est allé jusqu’à valider les arguments de Me Hussain. Or, selon Frédéric Bastien, le magistrat aurait dû couper court à ces propos démesurés et « rabrouer » l’avocat, au lieu de renchérir avec des exemples similaires.


Dans cette foulée, Frédéric Bastien dénonce aussi des paroles « partiales » émises par le juge lors d’un échange précédent, où le magistrat aurait dit que « quant à [lui], il n’y a aucun doute qu’il y a des droits fondamentaux qui sont violés » par la loi 21, un commentaire anti déontologique selon l’historien puisque les avocats qui se portent à la défense de la loi 21 n’ont pas encore plaidé. 


Sans être un expert en droit, il m’apparaît évident que le juge a erré eu égard au code de déontologie lié à sa fonction et qu’il doit être de facto remplacé sur-le-champ, à défaut de quoi la loi 21 est condamnée à être jugée inconstitutionnelle.

vigile.quebec tribune libre 7 décembre 2020