Le chef du PQ se présentera-t-il dans Marie-Victorin?

9 novembre 2021

Maintenant que le comté de Marie-Victorin est devenu vacant à la suite de l’élection de Catherine Fournier à la mairie de Longueuil, le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon (PSPP) en profitera-t-il pour se présenter lors de l’élection complémentaire qui doit se tenir, selon l’article 130 de la loi électorale, au plus tard dans les six mois suivant la démission d’un élu?

La décision du chef du PQ est cruciale. En effet, s’il décide de ne pas se présenter, PSPP ayant toujours invoqué qu’il préfère travailler à la reconstruction du PQ sur le terrain, certains pourraient lui reprocher de manquer de cran et de craindre les effets négatifs d’une défaite. D’un autre côté, s’il se présente et qu’il perd, la défaite pourrait être fatale pour le moral des troupes, voire même sonner le glas du PQ, déjà très fragilisé par sa piètre performance du dernier scrutin de 2018.

Dans un autre scénario plausible, le premier ministre François Legault pourrait choisir de ne pas présenter de candidat de la Coalition avenir Québec (CAQ) dans Marie-Victorin afin de de permettre au chef d'un des partis d'opposition de siéger à l'Assemblée nationale. En revanche, très présente sur la rive-sud de Montréal, la CAQ pourrait profiter de l'occasion pour tenter de ravir cette circonscription au PQ, alors que Catherine Fournier avait récolté une mince avance de 705 votes en 2018, avec 30,8 % du vote, contre 28,3 % d'appuis à la CAQ.

Quoi qu’il en soit, la balle est maintenant dans les mains de PSPP. En ce qui me concerne, le chef du PQ a tout avantage à profiter de cette occasion de faire son entrée à l’Assemblée nationale, là où il pourra faire avancer les dossiers sur la souveraineté du Québec, laquelle, il faut bien l’admettre, ne pèse pas lourd, par les temps qui courent, sur l’échiquier politique du Québec.

vigile.quebec tribune libre 9 novembre 2021

Les Forces armées canadiennes au pas

8 novembre 2021

Finie la belle époque où les membres des Forces armées canadiennes (FAC) soupçonnés d’allégations d’inconduite sexuelle étaient convoqués en cour devant des magistrats faisant partie des FAC. En termes clairs, toutes les allégations d’inconduite sexuelle visant des membres des FAC seront désormais transférées aux autorités civiles des différentes provinces qui auront la responsabilité de faire enquête et de déposer des accusations, le cas échéant.

Au moment où de nombreux hauts gradés de l'armée sont visés par des allégations d'inconduite sexuelle, notamment l'ex-chef d'État-major Jonathan Vance, son successeur Art McDonald et le responsable de la distribution de vaccins au Canada, Dany Fortin, cette réforme arrive à point nommé.

Aux yeux de Stéphanie Raymond, ancienne militaire et victime d'agression sexuelle au sein des Forces canadiennes, l'annonce de la ministre de la Défense nationale Anita Anand représente un grand pas en avant arguant que les plaignants n’avaient pas accès à une justice équitable. Mme Raymond espère qu'avec les changements annoncés, davantage de plaignants potentiels auront le courage de porter plainte. De plus, elle insiste sur le fait qu’’il était devenu prioritaire de rebâtir les liens de confiance entre les membres des forces armées et l'appareil judiciaire militaire.

Enfin, je suis d’avis qu’un geste aussi déterminant posé par la ministre Anita Anand quelques jours seulement après être entrée en fonction laisse présager un avenir prometteur eu égard aux réformes qui restent encore en plan au sein de l’appareil judiciaire des FAC.

vigile.quebec tribune libre 7 novembre 2021

Place au changement à Québec!

8 novembre 2021

À l’époque où j’ai enseigné le français au jeune Bruno Marchand en troisième secondaire à la fin des années ‘80, il se démarquait comme un travailleur infatigable, un élève consciencieux, avide d’apprendre et doué d’une curiosité intellectuelle peu commune. À cet effet, il lui arrivait fréquemment de me rencontrer après les cours pour échanger son point de vue sur un sujet d’actualité quelconque.

À la tête de l’Association québécoise de prévention du suicide pendant plusieurs années, et par la suite président de Centraide Québec et Chaudière-Appalaches, Bruno Marchand est un homme de terrain qui a toujours placé en priorité l’écoute de ses commettants, une attitude à laquelle il s’est engagé envers les citoyens de Québec au cours de sa campagne.

En l’emportant sur la dauphine du maire sortant Régis Labeaume, Marie-Josée Savard, l’élection de Bruno Marchand vient confirmer, à mon avis, le désir de changement des citoyens de la Capitale nationale, un changement basé sur la concertation que le nouvel élu de 48 ans à l’Hôtel de Ville entend créer avec la population.

Le défi remarquable que M. Marchand a su relever avec enthousiasme à la tête du parti Québec forte et fière qui est né depuis seulement quelques mois, démontre à quel point le dynamisme de son chef a su mobiliser un nombre suffisant de partisans pour se hisser petit à petit au coude à coude avec Marie-Josée Savard lors des derniers sondages.

Enfin, Bruno Marchand est un rassembleur qui place ses convictions au sommet de ses valeurs. Nul doute qu’il saura créer auprès des citoyens le sentiment d’une ville « forte et fière ».

quebechebdo tribune libre 8 novembre 2021
Le Soleil (version internet) 8 novembre 2021
vigile.quebec tribune libre 9 novembre 2021

Le p.-d.g. d’air Canada vole à basse altitude

5 novembre 2021

Quoique le transporteur Air Canada soit assujetti à la loi fédérale sur les langues officielles, laquelle stipule la reconnaissance de l’anglais et du français comme langues officielles du Canada, le nouveau patron d’Air Canada, Michael Rousseau, a décidé de prononcer son premier grand discours au Québec devant les membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain exclusivement en anglais. Et, pour ajouter l’insulte à l’ignominie, M. Rousseau a répondu aux journalistes qu’il n’a pas comme priorité d’apprendre le français, alléguant que ses priorités sont concentrées sur les enjeux de sa compagnie, et qu’il a toujours pu vivre à Montréal depuis 2007 sans parler le français.

Le seuil de tolérance venait d’être dépassé. Et les critiques n’ont pas tardé à fuser de tous les horizons, notamment des politiciens québécois. À ce sujet, je m’en voudrais de ne pas reprendre la réaction sans équivoque du ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette : « Le grand patron d’Air Canada exprime tout ce que nous avons rejeté il y a des décennies : le mépris pour notre langue et notre culture chez nous au Québec. Ces propos sont indignes des fonctions qu’il occupe ».

Mais là où le bât blesse avec le plus d’acuité, c’est que cette attitude méprisante provient du grand patron d’Air Canada. À partir de là, comment voulez-vous que le reste de la pyramide se soumette aux recommandations du Commissaire aux langues officielles qui, bon an mal an, envoie une moyenne annuelle de 80 plaintes aux dirigeants de l’entreprise?

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le grand patron de la flotte d’Air Canada vole dangereusement à basse altitude. Il devra rapidement monter d’altitude s’il ne veut pas frapper la dure réalité d’un congédiement.

vigile.quebec tribune libre 5 novembre 2021

Le franco-québécois, la « langue de chez nous »

4 novembre 2021

Un phénomène curieux se produit lorsque certains Québécois se sentent mal à l’aise en présence de Français lorsqu’ils entament une conversion avec un cousin français, On a souvent l’impression que les Québécois vivent un complexe d’infériorité eu égard au français de France.

Et pourtant, par rapport à certains mots ou expressions, les Québécois n’ont rien à envier aux Français. À titre d’exemples, les Québécois font leur magasinage, exécutent leur arrêt au coin des rues si nécessaire, gare leur voiture dans un stationnement, profitent de leur fin de semaine ou se rendent à la pharmacie. Or, de leur côté, les Français font leur shopping, leur stop, utilise le parking pour garer leur voiture, profitent de leur week-end ou se rendent au drugstore.

Sur un autre plan, enclavé dans un environnement anglophone, le franco-québécois a toujours été une langue sous influence des Britanniques d’abord, puis de nos voisins du Sud par la suite, d’où la surabondance d’anglicismes qui l’habitent. Toutefois, depuis la révolution tranquille au début des années ’60, la création du ministère de l’Éducation, qui permettait à tous les petits québécois de fréquenter l’école, a contribué grandement à épurer le parler français au Québec.

Les québécismes constituent une mine de mots qui donnent une couleur particulière au franco-québécois, notamment venant de l’amérindien ou tout simplement créés ici, tels « Canada » qui signifie village, « Québec », passage étroit, et « Saguenay », d’où sort l’eau en amérindien, et « achaler » pour contrarier, « magané » pour abîmé, « achigan », « ouananiche ».   

J’avais coutume, lorsque j’enseignais le français en troisième secondaire, d’intégrer un module sur l’histoire du franco-québécois, et, à ma grande surprise les élèves manifestaient beaucoup d’intérêt pour cette courte incursion dans la langue de chez nous, Dans ces circonstances, j’invite les enseignants à faire de même. Somme toute, on défend toujours plus adéquatement ce que l’on connaît.

Et que dire des poètes de chez nous, tels Félix Leclerc, Gilles Vigneault, Robert Charlebois, etc… qui ont traversé l’Atlantique pour aller chanter notre langue. À cet effet, je me souviens avoir fait entendre Le p’tit bonheur de Félix Leclerc à des élèves de première secondaire, et, surprise, la plupart connaissaient les paroles de la chanson.

Enfin, qui de mieux qu’Yves Duteil pour louer La langue de chez nous, « C'est une langue belle à qui sait la défendre Elle offre les trésors de richesses infinies Les mots qui nous manquaient pour pouvoir nous comprendre Et la force qu'il faut pour vivre en harmonie »

vigile.quebec tribune libre 4 novembre 2021
Le Soleil (version internet) 6 novembre 2021

Steven Guilbeault et le défi des changements climatiques

2 novembre 2021

C’était un secret de polichinelle. Steven Guilbeault, en s’engageant en politique fédérale, visait le ministère de l’Environnement. Or il aura dû faire son purgatoire au Patrimoine avant que ses vœux ne se réalisent finalement, au grand plaisir des organismes environnementaux.

« S’il m’avait consulté, je lui aurais dit d’attendre, de finir son mandat», avait répliqué Steven Guilbeault à la suite de la démission subite de l’ex-ministre français de la Transition écologique, Nicolas Hulot. Maintenant qu’il a les « deux mains sur le volant », le nouveau ministre canadien de l’Environnement et du Changement climatique arrivera-t-il à contourner les méandres de la realpolitik qui ont fini par « avoir la peau » de l’ex-ministre français?

Steven Guilbault jouit d’une réputation internationale en matière d’environnement. À preuve, ses nombreuses distinctions, notamment sa désignation à titre de l’un des 50 acteurs mondiaux du développement durable par le journal français Le Monde et l’un des 35 influenceurs pour les 35 ans de la  Fondation Marie-Vincent.

Quoique la nomination de M. Guilbeault soit généralement bien accueillie au Canada, il en va tout autrement dans l’ouest, particulièrement de la part de Jason Kenney étant donné son rapport étroit à l’industrie pétrolière.

Du temps de son militantisme en faveur de l’environnement, Steven Guilbault était perçu comme un radical. Maintenant dans le siège de ministre, saura-t-il relever le défi de rallier toutes les provinces et territoires autour de projets nationaux visant la réduction des gaz à effet de serre? L’avenir le dira…

vigile.quebec tribune libre 2 novembre 2021

Dominique Anglade dans la tempête

2 novembre 2021

Depuis quelques jours, la cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade, se retrouve en pleine tempête causée par deux de ses députés, à savoir Marie Montpetit et Gaétan Barrette, la première étant visée par une plaine formelle de harcèlement psychologique, le second, porte-parole du caucus sur les questions relevant du Conseil du trésor, ayant développé une propension à commenter sur les réseaux sociaux les dossiers de la santé.

Face à ces « écarts de conduite » pour le moins inadéquats, Dominique Anglade a pris les décisions de suspendre Marie Montpetit du caucus et de déposséder Gaétan Barrette de sa responsabilité des dossiers reliés au Conseil du trésor. Et tout cela à quelques semaines du congrès du parti à Québec fin novembre, et durant une année électorale alors que les sondages placent le PLQ à des années-lumière de celui de François Legault dans les intentions de vote.

Le PLQ transporte sur ses épaules un lourd passé depuis quelques décennies, et ses appuis, hormis les anglophones de la région de Montréal, sont à peine existants du côté des francophones du Québec. Les membres jetteront surement un regard critique sur la façon dont Dominique Anglade a géré la crise actuelle au sein de son parti qui déjà semble divisé sur son leadership.

Mme Anglade réussira-t-elle à passer à travers la tempête? À mon avis, à moins d’une bévue impardonnable de sa part, le peu de temps qui reste d’ici les élections prévues en novembre 2022 joue en faveur de la cheffe du PLQ, lequel ne convoquera pas une course au leadership à un an des élections.

vigile.quebec tribune libre 2 novembre 2021

« On t’aime, Guy! »

31 octobre 2021

L’émotion était palpable à la place Jean-Béliveau lors du dévoilement de l’œuvre d’art rendant hommage à Guy Lafleur, représentant le passage du Démon blond avec les Remparts de Québec de la LHJMQ avec qui il a récolté le nombre époustouflant de 233 buts en 118 parties de saison régulière.

Un Guy Lafleur affaibli par les séquelles de son cancer qui le gruge depuis des années et envahi par l’émotion est venu s’adresser à ses partisans qui scandaient: «On t’aime, Guy!», «Prends ton temps!», «Lâche pas, t’es capable!»

C’est Guy Lafleur, l’être humain, qui a servi aux jeunes une leçon de courage au moment où il a abordé l’importance d’avoir des rêves dans la vie: «On doit tous avoir des rêves et c’est ce qui est important, aller au bout de ses rêves et ne pas lâcher. Il faut toujours avoir espoir jusqu’à ce qu’on trouve une solution, peu importe le problème. De mon côté, je vis au jour le jour… Aujourd’hui est un privilège et on doit savourer chaque moment.»

Guy Lafleur est un phénomène de la nature. Lorsqu’il sautait sur la patinoire, on sentait la fébrilité s’emparer des spectateurs, debout pour l’encourager. Alors, le numéro 4 des Remparts s’emparait de la rondelle et amorçait une montée à l’emporte-pièce, contournant les joueurs adverses avec adresse et déjouant habilement le gardien! À ce moment-là, c’était l’euphorie dans l’enceinte du Colisée pleine à craquer.

Guy Lafleur a incarné, pendant toute sa carrière, le batailleur infatigable, toujours prêt à fournir le dernier effort pour vaincre ses rivaux. Aujourd’hui, son rival est coriace et sournois. Toutefois, la dose d’amour qu’il a reçue lors de cette cérémonie ne pourra que l’encourager à continuer son dur combat contre cette terrible maladie… «On t’aime, Guy!»

vigile.quebec tribune libre 29 octobre 2021
Le Soleil (version internet) 31 octobre 2021
 

Conditions de travail inhumaines

31 octobre 2021

Depuis des mois, les critiques concernant le temps supplémentaire obligatoire (TSO) fusent de partout, notamment de la part des infirmières qui sont les plus touchées par cette mesure.

À cet effet, l’histoire invraisemblable de Marie-Christine Beaupré, infirmière auxiliaire de l’Hôtel-Dieu de Lévis, donne des frissons dans le dos. Le 15 octobre, Marie-Christine, souffrante, devait aller consulter un médecin après son quart de travail. Or, une rencontre avec sa gestionnaire la force à rester au travail malgré la situation de Marie-Christine, sa supérieure arguant qu’elle était obligée de rester ce soir-là, tout en insistant sur le fait que sa présence faisait partie de son obligation professionnelle selon son code de déontologie. À la suite des menaces, à l’intimidation et à la manipulation de la part de la gestionnaire, Marie-Christine a finalement cédé sous la pression, craignant de recevoir un avis disciplinaire.

Infirmière auxiliaire depuis plus de 20 ans, Marie-Christine Beaupré connaît la « chanson », puisqu’elle la vit pratiquement toutes les semaines depuis plusieurs mois. À ses yeux, cette fois-ci, en imposant le TSO à des infirmières qui sont malades, « la situation est allée trop loin ». Aussi envisage-t-elle de porter plainte auprès de l'Ordre des infirmières à laquelle sa gestionnaire appartient, ainsi qu'au CISSS de Chaudière-Appalaches, avec l’appui de son syndicat.

Une histoire qui outrepasse cavalièrement l’éthique fondamentale envers les employés, et qui se traduit par l’imposition de conditions de travail inhumaines qu’il faut dénoncer et corriger à tout prix!

quebechebdo tribune libre 31 octobre 2021
vigile.quebec tribune libre 31 octobre 2021

Mike Ward non-coupable

30 octobre 2021

Le jugement de la Cour suprême eu égard à la cause qui opposait Mike Ward à Jérémy Gabriel depuis dix ans est tombé. Dans le jugement rendu par les cinq juges majoritaires, Mike Ward n’a pas fait le choix de se moquer de Jérémy Gabriel sur la base de son handicap mais plutôt parce qu’il est une personnalité publique. Conséquemment, selon les juges majoritaires, les blagues de l'humoriste ne peuvent donc pas être considérées comme de la discrimination au regard de la Charte québécoise des droits et libertés.

Du côté des quatre juges dissidents, l’argumentaire des juges majoritaires fait abstraction d'une réalité fondamentale : M. Ward a ciblé des aspects de la personnalité publique de Jérémy Gabriel qui étaient inextricablement liés à son handicap.

Autrement dit, si on se fie à l’argumentaire des juges majoritaires, un humoriste pourrait faire des blagues grotesques sur une personnalité publique souffrant d’un handicap sans coup férir? La personnalité publique en question ne peut être considérée comme discriminée eu égard à la Charte québécoise des droits et libertés?

Des questions qui me laissent perplexe sur la vulnérabilité d’une personnalité publique handicapée aux yeux de la loi…

quebechebdo tribune libre 30 octobre 2021
vigile.quebec tribune libre 31 octobre 2021