Scission entre vaccinés et non-vaccinés

27 décembre 2021

La campagne de vaccination a créé une onde de choc entre les vaccinés et les non-vaccinés, notamment au sein des familles. Des tensions, voire des rejets sont apparus, si bien que, souvent, la communication s’est effritée jusqu’à ce qu’elle devienne complètement brisée. Malheureusement…

Je vis présentement une telle situation avec ma fille, et je ne vous cache pas que les tensions apparaissent lorsque nous abordons le sujet de la COVID-19. Aussi avons-nous pris la résolution d’éviter le plus possible ledit sujet. D’autre part, jamais il ne m’est arrivé de juger la décision de ma fille. C’est son choix et je le respecte sans nécessairement être en accord avec elle. La pire attitude à adopter est d’atterrir sur le plancher de la confrontation en lui faisant sentir qu’elle est dans le clan des « méchants » et moi dans celui des « bons ». Ni l’un ni l’autre n’a totalement tort ou entièrement raison. De toute façon, quelle que soit la situation conflictuelle dans laquelle nous nous trouvons, aucun ne peut affirmer avec certitude qu’il détient la possession tranquille de la vérité.

À cet effet, la professeure titulaire au Département d’histoire de l’Université de Montréal, Laurence Monnais, estime qu’il est essentiel d’éviter les discours stéréotypés en associant systématiquement la non-vaccination à « un refus explicite, égoïste et ignorant, ce qui a pour conséquence que les gens vaccinés sont les détenteurs absolus de la morale, de la vertu, enfin les bons citoyens ».

À mon sens, il m’apparaît essentiel de susciter le dialogue et de s’assurer que les personnes en conflit, qu’ils soient dans un clan ou l’autre, évitent toute forme de confrontation en respectant le choix de l’autre, tenant pour acquis que, dans toute famille, il y aura toujours des sujets plus fragiles qu’il faut aborder avec tact et respect.

vigile.quebec tribune libre 26 décembre 2021

De quoi je me mêle?

24 décembre 2021

Dans la foulée du maire de Brampton, Patrick Brown, eu égard à la contestation de la loi sur la laïcité de l’État du Québec, se sont ajoutées les villes de London, de Toronto et fort possiblement les villes de Calgary et de Winnipeg qui ont accepté de financer des organismes à but non lucratif qui contestent la Loi 21 du Québec.

En guise de rappel, cette épidémie de villes contestataires est née du congédiement d’une enseignante de Chelsea pour avoir porté le hijab en classe devant ses élèves, la loi 21, adoptée en 2019, interdisant clairement le port de signes religieux ostentatoires dans l’exercice de leurs fonctions, notamment aux enseignants.

Imaginons le scénario suivant. Le gouvernement de l’Ontario fait adopter une loi réduisant de 50% le financement des établissements post-secondaires francophones de la province. Face à cette décision qu’elles jugent injustes, plusieurs municipalités du Québec offrent en appui financier aux organismes d’appui à ces établissements scolaires pour contester cette loi devant les tribunaux. Il est fort à parier que le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, exhorterait ces municipalités québécoises à se mêler de leurs affaires, et ce serait tout à fait à propos.

Alors pourquoi une situation similaire d’ingérence municipale hors Québec serait-elle acceptable? Depuis quand les maires de certaines villes du ROC interviennent-elles contre une loi québécoise adoptée majoritairement depuis deux ans à l’Assemblée nationale du Québec?  De quoi je me mêle?

vigile.quebec tribune libre 24 décembre 2021

Ma personnalité de l’année 2021 au Québec

23 décembre 2021

La pandémie ayant occupé une très grande part de la scène médiatique au Québec en 2021, il m’est apparu opportun de désigner une personne ayant gravité autour de la COVID-19, en l’occurrence le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé.

En juin 2020, François Legault annonce un remaniement ministériel en désignant Christian Dubé à titre de ministre de la Santé en remplacement de Danièle McCann, au moment où le Québec compte près des deux tiers des décès liés à la COVID-19 au Canada alors qu’il ne forme que 23% de la population. Le défi est énorme pour le nouveau ministre de la Santé alors que la grogne se fait de plus en plus persistante eu égard à l’hécatombe qui sévit dans les CHSLD.

Depuis lors, de vagues en vagues, Christian Dubé a toujours su démontrer une attitude apaisante, jumelant avec habilité le tact et la fermeté envers la population. Ses interventions comme membre de la cellule de crise ont toujours été réfléchies et posées eu égard aux circonstances du moment.

Bien que la cellule de crise ait connu des périodes critiques, il a toujours su apporter des éléments de solutions et si, par malheur, sa solution ne s’avérait pas pertinente, il arrivait toujours avec une autre proposition de solution, démontrant de la sorte une ténacité sans reproche tout en demeurant très humain dans ses communications avec la population.  

Aujourd’hui, la montée fulgurante des cas liés au variant Omicron relance le ministre de la Santé sur le sentier de la guerre. Muni de son pouvoir de persuasion auprès de la population, il affronte l’ennemi comme un brave combattant confiant envers son « armée »…Ne le décevons pas!  

Le Soleil (version internet) 22 décembre 2021
vigile.quebec tribune libre 28 décembre 2021

Un très joyeux Noël…

21 décembre 2021

Aux personnes âgées qui ont contribué à la sueur de leur front à façonner le Québec d’aujourd’hui

Aux enseignantes et enseignants qui, jour après jour, permettent à notre jeunesse de s’ouvrir au monde

Au personnel de la santé qui se dévoue sans relâche envers les personnes malades

Aux parents qui démontrent une générosité et un sens des responsabilités exemplaires envers leurs enfants

Aux agriculteurs et aux cultivateurs du Québec qui manifestent un souci constant d’agrémenter notre table

Au personnel des organismes bénévoles qui ne comptent pas les heures passées auprès des personnes dans le besoin

Aux artisans et bâtisseurs d’ici qui contribuent à la survie du patrimoine québécois par leur apport inestimable

Aux pléiades d’artistes québécois qui déferlent sur les scènes pour nous permettre de nous évader dans l’imaginaire

Au personnel de soutien qui travaille quotidiennement dans l’ombre au mieux-être de la vie au travail

Enfin, aux Québécoises et aux Québécois qui manifestent une ouverture au monde et une sincérité remarquable dans leurs relations humaines

quebechebdo tribune libre 21 décembre 2021
vigile.quebec tribune libre 22 décembre 2021

La reine du country s’est éteinte

20 décembre 2021

Un pan privilégié de mon adolescence s’est éteint à l’âge de 74 ans. Renée Martel a incarné longtemps une de mes idoles de la chanson québécoise. Elle était belle, chaleureuse et douée d’une voix chaude et mélodieuse.

En bref…
Parmi les nombreuses chansons qu’elle a interprétées, je retiens « Liverpool » et « J’ai un amour qui ne veut pas mourir » qui ont tenu les premières places du palmarès québécois pendant des semaines, voire des mois.

Sa carrière a dû être interrompue à de nombreuses occasions par la maladie, notamment des cancers et des pneumonies mais toujours, elle est revenue sur scène plus populaire que jamais.

Renée Martel a vécu un début de carrière ardu, étant longtemps qualifée comme « la fille de… » Marcel Martel, son père, avec qui dès l’âge de 3 ans, elle est montée sur les planches pour la première fois.

Dans la première moitié des années ’60, Renée Martel apparaissait sur toutes les scènes de la musique populaire du Québec au grand plaisir de ses fans qui l’ont suivie tout au cours de sa carrière marquée surtout par le country et un bref passage du côté du yé-yé.

Conclusion

Renée Martel demeurera une icône de la chanson country québécoise. Son départ laisse un grand vide sur la scène artistique québécoise. Toutefois, des dizaines de ses chansons demeurent bien vivantes dans mon cœur d’adolescent… Merci à toi, Renée, pour nous avoir emportés si souvent dans le rythme country qui demeure toujours bien présent au Québec en grande partie grâce à toi!

vigile.quebec tribune libre 20 décembre 2021
Le Soleil 24 décembre 2021

QS joue sur deux tableaux

20 décembre 2021



Pour la petite histoire, Québec solidaire (QS) s’est opposé à l’adoption de la loi 21 en juin 2019. Pourtant, eu égard à la saga déclenchée par le retrait d’une enseignante ayant enfreint la loi 21 en décidant de porter un hidjab dans sa salle de classe d’une école primaire de Chelsea, QS désapprouve l’appel lancé par le conseil municipal de Brampton, en Ontario, aux municipalités canadiennes de contribuer financièrement à la contestation de la loi 21.
« Quand le Canada anglais débarque avec ses gros sabots et/ou son argent dans un débat comme celui-là, il nuit à la qualité du débat au Québec. Il est contre-productif pour les gens de bonne volonté, des Québécois et des Québécoises à part entière qui veulent faire valoir une conception différente de la laïcité », argue Gabriel Nadeau-Dubois (GND).
Or, dans la même foulée, GND se garde une petite gêne en laissant les opposants à la loi 21 agir comme bon leur semble, alléguant que « ce n’est pas à nous de leur dire quoi faire », En somme, je suis contre votre ingérence dans le débat sur la loi 21, mais je n’interviendrai pas dans votre démarche pour contester ladite loi … C’est ce que j’appelle « jouer sur deux tableaux ».
Et en guise de dessert, quoique farouchement opposés à la loi 21, GND et Manon Massé ignorent encore comment ils en disposeraient dans l’hypothèse où QS prenait le pouvoir en octobre 2022… Plutôt nébuleux comme position!

vigile.quebec tribune libre 20 décembre 2021
Le Soleil (version inyernet) "Loi 21: Québec solidaire joue sur deux tableaux" 20 décembre 2021

Loi 21: argumentaire tordu de Justin Trudeau

19 décembre 2021

D’entrée de jeu, laissons la parole au premier ministre du Canada Justin Trudeau eu égard à l’interdiction pour les juges et les policiers de porter un signe religieux lorsqu’ils sont en fonction tel que prescrit par la loi 21 : « Je pense que quand on tombe dans une lignée où on commence à dire que quelqu'un qui est religieux ferait un moins bon policier ou juge que quelqu'un d'autre, on est en train de miner la confiance que les gens peuvent avoir dans nos institutions… On ne se pose pas des questions sur la religion d'un policier ou d'un juge. (…) N'importe quelle religion que quelqu'un pratique dans (sa) vie personnelle ne devrait pas l'empêcher de pratiquer une profession. »

Or, la loi sur la laïcité de l’État québécois ne porte aucun préjugé sur la foi religieuse des policiers et des juges. Elle dit simplement que dans un État laïc, il est interdit à un policier et un juge, lesquels occupent des fonctions représentant l’autorité dans la société, de porter un signe religieux ostentatoire lorsqu’ils sont en fonction. Il en est de même des enseignants.

Et, dans la foulée de son argumentaire, lorsqu’on demande à Justin Trudeau s’il se porte à la défense d’un geste illégal, il répond « [qu’il n’est pas]  en train de dire aux gens de ne pas suivre la loi. [Il est en train] de dire aux gens qui contestent cette loi devant les tribunaux qu'ils devraient continuer de faire ce travail, de se défendre devant la cour. » Or, pourtant, le même Justin Trudeau s’est offusqué lorsque l’enseignante de Chelsea, Fatemeh Anvari, a perdu son emploi après avoir enfreint la loi 21 en portant un hidjab en prestation de cours devant ses élèves. « On est en train de dire à une jeune femme qu'elle doit choisir entre sa religion ou sa job », argue le premier ministre. Faux, elle doit choisir entre son hidjab ou sa job. Telle est la réalité.

Somme toute, Justin Trudeau confond délibérément signes religieux et foi religieuse dans le but inavoué de ramener le débat sur la liberté individuelle de la Charte des droits et libertés de Trudeau père au détriment de la liberté collective de l’État québécois eu égard à sa laïcité.

vigile.quebec tribune libre 18 décembre 2021
Le journal Métro 23 décembre 2021

Repose en paix, Ti-Lilly!

17 décembre 2021

On ne connaît pas son nom et pourtant sa mort atroce a touché tout le Québec en 2019. Elle n’avait que 7 ans et pourtant sa courte vie a été jonchée d’écueils tous plus cruels les uns que les autres. Repérée presque à sa naissance par la protection de la jeunesse, elle a pourtant été placée entre les mains d’une marâtre violente. L’enfant martyre a finalement été retrouvée asphyxiée, entourée de ruban adhésif telle une momie.

Aux termes d’un procès fort médiatisé, la belle-mère responsable de l’enfant a été trouvée coupable de meurtre non-prémédité, et le père a plaidé coupable pour séquestration. Tel est le dénouement de cette histoire horrible d’une enfant qui a littéralement passé entre les mailles du système, un système débordé par la croissance exponentielle de cas d’enfants maltraités qui lui étaient confiés.

Dans la foulée de cette tragédie humaine sordide, a été créée la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse présidée par Mme Régine Laurent, laquelle Commission a réalisé un travail titanesque dans un rapport exhaustif dont voici les dernières phrases du préambule rédigé par Mme Laurent où elle écrit directement à la petite fille qu’elle avait nommée Ti-Lilly : « Je suis convaincue que nous allons, tous ensemble, prendre les moyens pour transformer en actions concrètes cette colère, cette honte et cette peine ressenties à la suite de ta disparition. La route sera ponctuée d’obstacles et de difficultés, mais ton souvenir va nous accompagner, nous inspirer et nous guider vers notre destination, un Québec bienveillant pour ses enfants et ses jeunes. »

La fillette martyre de Granby incarne à la fois l’échec et l’espoir, l’échec d’un système qui étouffe sous le poids des milliers d’enfants dans le besoin, et l’espoir d’un milieu humain en mesure d’accueillir ces enfants qui ne demandent qu’un peu de « bienveillance »…Repose en paix, Ti-Lilly, puisse ta mort ne pas avoir été vaine!

vigile.quebec tribune libre 16 décembre 2021

Ces trottoirs qui font jaser!

15 décembre 2021

Ceux qui étaient encore perplexes sur les effets perturbateurs des changements climatiques n’ont qu’à constater les changements brusques de température que dame nature nous impose depuis le début de cet hiver en dents de scie.

Et les piétons n’ont qu’à bien se tenir s’ils ne veulent pas glisser sur les trottoirs souvent changés en patinoires. D’ailleurs, à cet effet, il m’apparaît tout à fait normal que les hauts et les bas de température alliés aux intempéries causées par la neige, le grésil, la pluie verglaçante et la pluie incarnent le cocktail idéal pour contribuer à ce triste scénario.

Ces derniers jours, certains citoyens se sont montrés critiques, voire violents, envers le service de déneigement de la ville de Québec alors que les préposés à l’entretien des trottoirs font des pieds et des mains pour pallier le mieux possible les soubresauts de cet hiver de m…

Alors, s’il vous plaît, un peu de compréhension et de diplomatie envers les responsables de l’entretien des trottoirs. C’est une simple question de savoir-vivre et de solidarité élémentaires envers les responsables du déglaçage des trottoirs, une opération qui n’est pas sans subir son lot d’imprévus et d’intempéries de toutes sortes. 

quebechebdo tribune libre 15 décembre 2021
Le Soleil (version internet) 16 décembre 2021

La loi 21, l’affaire des Québécois

14 décembre 2021

D’entrée de jeu, je suis d’avis que la commission scolaire Western Québec n'aurait pas dû embaucher une enseignante portant le hidjab devant ses élèves alors que le projet de loi 21 a été adopté il y a plus de deux ans à l’Assemblée nationale La loi sur la laïcité de l’État est très claire à cet effet, tout signe religieux étant interdit aux personnes en ligne d’autorité pendant l’exercice de leurs fonctions, y compris aux enseignants.

La réaffectation de l’enseignante a remis la loi sur la laïcité de l’État québécois sur la sellette, provocant, entre autres, des réactions de la part du premier ministre canadien, Justin Trudeau, de même que de l’ambassadeur du Canada aux Nations unis, Bob Rae.

Sans grande surprise, connaissant déjà l’opposition de Justin Trudeau envers le projet de loi 21, il affirme son « profond désaccord avec la loi 21 » et « [il] ne trouve pas que, dans une société libre et ouverte, quelqu'un devrait perdre sa job à cause de sa religion.». Un argumentaire qui fait prévaloir les droits individuels reconnus par la Charte des droits et libertés de la personne de Trudeau père sur les droits collectifs. 

Mais là où le bât blesse avec le plus d’acuité, c’est le réaction pour le moins inopportune de Bob Rae qui a écrit sur son compte Twitter que « la loi 21 était profondément discriminatoire» et qu'elle allait à l'encontre de la Déclaration universelle des droits de l'homme » Il n’en fallait pas davantage pour faire sursauter le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, en l’accusant d’avoir « enfreint le droit de réserve que ses fonctions exigent et il l’a fait dans l’intention manifeste de ternir la réputation du peuple québécois sur la scène internationale ».

L'adoption de la Loi sur la laïcité de l'État est le fruit d'un long débat ayant culminé avec la commission Bouchard-Taylor, il y a presque 15 ans. Elle a été adoptée dans les règles par l’Assemblée nationale du Québec La loi 21, c’est l’affaire des Québécois et seuls les Québécois en sont par conséquent les héritiers exclusifs.

vigile.quebec tribune libre 14 décembre 2021
Le journal Métro 16 décembre 2021