Au royaume des montagnes russes

27 avril 2026

La gestion du conflit au Moyen-Orient par le président des États-Unis, Donald Trump, démontre, pour une énième fois, les incohérences dont peut faire preuve le président. Le 28 février 2026, Donald Trump déclare la guerre à l’Iran appuyé du premier ministre d’Israël, Benjamin Netanyahu. Or devant la force de la résistance inattendue du régime iranien, il demande l’aide des pays de l’OTAN qui refusent tous sa demande invoquant, à raison, qu’ils n’ont jamais fait partie des discussions sur ce conflit déclenché unilatéralement par Donald Trump qui reproche à l‘OTAN, de surcroît, son refus de collaborer.

Le conflit s’éternise et les répercussions de la fermeture du détroit d’Ormuz sur l’augmentation du coût de la vie des Américains liées à l’augmentation vertigineuse du prix du pétrole suscitent l’inquiétude et la colère au pays de l’oncle Sam. Dans une déclaration à caractère génocidaire,Trump annonce alors qu’il donne 48 heures au régime iranien pour rendre les armes à défaut de quoi il menace d’exterminer la nation iranienne. Enfin quelques heures plus tard, le président déclare sur un ton triomphant un cessez le feu entre les USA et l’Iran.

Les négociations sont prévues à Islamabad au Pakistan et, dès le départ, les deux négociateurs ne s’entendent pas sur l’arrêt des bombardements d’Israël sur le Liban, l’Iran exigeant le cessez-le-feu et non pas les États-Unis. Un litige qui risque de mettre un frein sur les négociations et de prolonger le périple dans les montagnes russes vertigineuses du président américain.

vigile.quebec tribune libre 26 avril 2026

Le principe des vases communicants

27 avril 2026

À six mois du scrutin provincial du 5 octobre 2026, le dernier sondage Léger sur les intentions de vote des Québécois place le Parti québécois (PQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ) nez à nez. La remontée des libéraux après le chaos suscité par la saga des brownies alliée à la nomination de Charles Milliard à la tête du PLQ méritent, à mon sens, une analyse approfondie de la « renaissance » des libéraux.

D’entrée de jeu, il ne fait aucun doute que Charles Milliard a rapidement acquis une popularité auprès de plusieurs Québécois notamment en raison de sa personnalité positive et de son sourire communicatif.Toutefois sur le plan du contenu, son discours jusqu’à maintenant ne contient que des bouquets de belles paroles qui ne font que survoler les défis géopolitiques auxquels il sera confronté advenant qu’il devienne premier ministre du Québec.

Je veux parler bien sûr de l’instabilité économique dans laquelle nous a plongés Donald Trump depuis le début de son deuxième mandat particulièrement les répercussions dramatiques de l’implantation des tarifs du président sur le panier d’épicerie du consommateur. Et de surcroît, il faut mentionner la hausse fulgurante du prix de l’essence à la pompe liée à la fermeture du détroit d’Ormuz dans le cadre de la guerre au Moyen-Orient.

Si on ajoute à ce contexte économiquement pour le moins explosif la dégringolade vertigineuse de la Coalition avenir Québec (CAQ) dans le dernier sondage Léger, il n’en fallait pas davantage pour qu’un bon nombre de militants caquistes de l’aile économique du parti fassent le saut chez les libéraux. C’est tout simplement le principe des vases communicants qui se manifeste concrètement de la CAQ vers le parti dirigé par le néophyte Charles Milliard qui incarne le changement souhaité par une majorité de Québécois. En réalité, nous en sommes encore aux matchs hors-concours. Reste à voir comment se comportera la recrue libérale lorsque débuteront les séries éliminatoires.

vigile.quebec tribune libre 26 avril 2026

Trump franchit la ligne rouge

23 avril 2026

On ne compte plus les incohérences flagrantes dans le discours de Donald Trump particulièrement depuis le début de son deuxième mandat. Or cette fois-ci, en menaçant de détruire la civilisation iranienne et de renvoyer l’Iran à l’âge de pierre, le président américain se positionne de facto en terrain génocidaire. Le président des États-Unis vient de franchir la ligne rouge.

Dans cette foulée, un nombre croissant d’élus du Congrès en appellent aux membres de son cabinet pour invoquer le 25e amendement de la Constitution qui stipule qu’ils sont légitimés de démettre Trump de ses fonctions en raison de sa démence, affirmant qu’il mène une guerre illégale d’une part et profère des menaces de crimes de guerre d’autre part.

Or une heure avant l’ultimatum lancé par Donald Trump pour attaquer l’Iran, il recule et annonce une trêve avec l’Iran visant un accord de paix, un scénario habituel chez Trump consistant à menacer et créer la crainte puis à reculer pour manifester à la planète ses « bonnes intentions ».

Jusqu’à récemment, Donald Trump multipliait les incongruités et les contradictions mais jamais, il n’a menacé de rayer de la carte une civilisation entière. Le 25e amendement de la Constitution américaine prévoit notamment la possibilité de remplacer le président lorsque le vice-président et une majorité des ministres ou du Congrès ne l’estiment plus capable d’assumer ses fonctions. Manifestement, cela ne se produira pas, et la plus grande puissance militaire de la planète continuera d’être gouvernée par un homme qui n’a plus toutes ses facultés mentales. Et pourtant, l’impensable réalité se déroule impunément sous nos yeux hic et nunc.

vigile.quebec tribune libre 12 avril 2026

La foi s’invite sur les réseaux sociaux

23 avril 2026

En cette période d’instabilité où la planète est rongée par les changements climatiques, les conflits, la peur face à la présence de plus en plus croissante de l’intelligence artificielle et l’incertitude face au futur, l’utilisation des médias sociaux chez les jeunes vient répondre à un besoin de sens et de repères auxquels s’attacher.

Les baptêmes de jeunes explosent. Sur le territoire du diocèse de Québec, on en comptait 17 en 2023., l’an dernier, ils étaient 104, et cette année s’annonce aussi faste, alors que 90 personnes ont été baptisées lors du week-end pascal. « On voit beaucoup de prêtres ou de jeunes influenceurs qui vont se mettre de l’avant sur les réseaux sociaux, et ça, c’est un témoignage vrai pour des jeunes. Quand ils voient des gros rassemblements jeunesse sur ces plateformes, ils se disent qu’ils ne sont pas seuls à être croyants », argue Joanie Paquet-Letellier, agente de pastorale en banlieue de Québec. « C’est ça que les réseaux sociaux apportent, c’est une nouvelle image de l’Église », renchérit-elle.

« Chez plusieurs jeunes aujourd’hui, on perçoit une soif très profonde : une soif de vérité, une recherche de ce qui est durable et authentique. Beaucoup expriment le désir de quelque chose d’absolu, qui dépasse les réponses superficielles ou passagères », constate la directrice principale de l’Évangélisation et de la vie chrétienne de la métropole, Isabel Correa.

Les parents sont perplexes devant ce mouvement d’engagement religieux de la part de leur (s) enfant (s). Ils s’interrogent sur les motifs qui poussent leur(s) jeune(s) à adhérer avec ouverture et confiance à cette montée de la foi catholique, eux qui, pour la plupart, ne sont pas ou plus pratiquants.

En réalité, force est de constater que les jeunes d’aujourd’hui incarnent le reflet de la société actuelle, une société qui a perdu ses repères. En bref, peut-être assisterons-nous à un grand rendez-vous des générations autour d’une démarche rassembleuse axée sur la quête de sens à donner à la vie sur terre. Pour l’instant, un constat se dégage : la foi s’est bel et bien invitée sur les réseaux sociaux. Il reste à voir si la tendance se maintiendra…

vigile.quebec tribune libre 10 avril 2026

M. St-Pierre Plamondon, atterrissez!

23 avril 2026

L‘hommage à François Legault du chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon (PSPP) à l’Assemblée nationale, a détonné malencontreusement alors que les chefs de partis d’opposition ont pris la parole pour souligner avec éloges la dernière présence de François Legault en chambre à titre de premier ministre. En revanche, le chef péquiste, pour sa part, malgré quelques fleurs envers M. Legault, y est allé d’un commentaire tout à fait inadéquat en déblatérant certaines critiques acerbes à l’endroit du premier ministre en soulignant à grands traits les insuccès de la CAQ eu égard à ses demandes répétées au fédéral.

Ce n’est pas la première fois que PSPP se lance dans des envolées oratoires souvent hors contexte qui ont l’heur de détourner les questions des journalistes et, la plupart du temps, de se poser sur le terrain de la souveraineté du Québec. En introduisant inopportunément les échecs du chef de la CAQ dans ses demandes à Ottawa dans un contexte où l’émotion et la reconnaissance prenaient toute la place, PSPP a, pour une énième fois, fait figure de pilote seul à bord aux commandes de sa navette spatiale. Atterrissez, M. St-Pierre Plamondon, avant que vous ne manquiez de carburant pour vous rendre à destination…

vigile.quebec tribune libre 8 avril 2026

Les écoles souffrent du mal d’amour

23 avril 2026

Dans le cadre de la série Les grands reportages présentée sur les ondes de RDI le 31 mars, Ricardo Larrivée dresse un sombre portrait de l’état des écoles québécoises dans le documentaire intitulé Écoles sous pression. Murs en décrépitude, plafonds qui s’effondrent, classes étouffantes et surchargées, moisissure, tout est exhibé sans ménagement aux yeux du téléspectateur.

En revanche, le budget Girard 2026-2027 en éducation est de 24 milliards$, soit une hausse de 2,4%, une somme qui permettra tout juste à empêcher le navire de couler dans un climat de plus en plus toxique généré par la croissance de la violence chez les jeunes et leur exposition exorbitante aux médias sociaux. Et si vous ajoutez à tous ces irritants la lourdeur de la tâche des enseignants aux prises avec de plus en plus d’élèves à besoins particuliers, et la pénurie de personnel spécialisé, vous obtenez un cocktail explosif idéal.

Or lors de son élection en 2018, le gouvernement Legault s’est engagé à faire de l’éducation sa priorité des priorités. Huit ans plus tard, les prévisions de dépenses en immobilisations ont atteint des proportions faramineuses mettant en danger la sécurité et la qualité de vie des élèves et du personnel scolaire. Les phénomènes de violence psychologiques et d’agressions physiques ne cessent de s’accroître. En bref, la gouvernement Legault, hormis les augmentations salariales octroyées aux enseignants lors des dernières négociations, et la construction de six écoles laboratoires sur tout le territoire du Québec, a bifurqué vers une politique prioritairement axée sur l’économie.

L’école québécoise souffre du mal d’amour, elle a perdu ses repères au fil des ans dans un monde déchiré par la violence et la vétusté inquiétante de ses bâtiments. Le prochain gouvernement devra donner un important coup de barre pour lui redonne ses lettres de noblesse. Des investissements majeurs autant dans les infrastructures que dans le personnel spécialisé indispensable à sa vocation première, soit d’offrir à « tous » les élèves une éducation de qualité doivent figurer expressément au prochain budget.

Le gouvernement du Québec ne peut plus se défiler, il a le devoir de placer l’école au centre de ses priorités à défaut de quoi c’est toute une génération de jeunes Québécois qui en subiront des conséquences indélébiles sur leur vie d’adultes au grand dam de la société québécoise.

vigile.quebec tribune libre 4 avril 2026

Retour du bon vieux duel entre le PQ et le PLQ

23 avril 2026

Selon le dernier sondage Léger, le Parti Québécois (PQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ) se retrouvent nez à nez au sommet des intentions de vote, récoltant chacun 33% d’appui, un scénario qui s’explique en grande partie par la dégringolade de la Coalition avenir Québec (CAQ) qui se retrouve à 9% des intentions de vote dans la cave du classement avec Québec solidaire (QS).

En somme, le PLQ a réussi à récolter les fruits du mécontentement des caquistes après huit ans de pouvoir du gouvernement de la CAQ de François Legault victime de l’usure du pouvoir, un phénomène qui se répète inéluctablement chez les partis qui sont au pouvoir pendant deux mandats consécutifs.

Par conséquent, je ne crois pas que l’arrivée de Charles Milliard ait eu quelque influence sur cette migration des caquistes chez les libéraux d’autant plus que, jusqu’à maintenant, le nouveau chef du PLQ n’a révélé quoi que ce soit sur sa plateforme électorale. En réalité, Charles Milliard arrive au bon moment à la bonne place dans un contexte où les Québécois ont grandement soif de changement.

En ce qui a trait au PQ, il plafonne depuis plusieurs mois entre 30% et 35% des intentions de vote malgré l’ombre qui émerge d’un référendum sur la souveraineté du Québec promis par Paul St-Pierre Plamondon (PSPP) au cours d’un éventuel premier mandat, un engagement qui lui donne une échéance maximale de quatre ans, soit jusqu’en 2030.

Bien des pions peuvent bouger sur l’échiquier politique du Québec d’ici l’élection d’octobre 2026, notamment la montée du Parti conservateur du Québec (PCQ) dans la grande région de Chaudière Appalaches, et la remontée de la CAQ sur les intentions de vote dans les sondages suite à la nomination de Christine Fréchette à titre de cheffe du parti comme tous les sondages le prédisent depuis les premiers coups de sonde de la course à la direction de la CAQ et, par ricochet, de première ministre jusqu’au déclenchement de la campagne électorale.

Bien malin celui ou celle qui peut s’aventurer sur des prédictions au soir du 5 octobre. Les sondages, c’est bien connu, représentent un portrait actuel des intentions des Québécois à huit mois de leur choix dans l’urne avant lequel une campagne électorale révélant les propositions des chefs sur leur plateforme électorale et la tenue de débat risquent de faire osciller l’aiguille dans bien des directions.

vigile.quebec tribune libre 3 avril 2026

L’école en souffrance

23 avril 2026

Le budget Girard 2026-2027 en éducation est de 24 milliards$, soit une hausse de 2,4%, une somme ne permettant que de couvrir les frais de fonctionnement sans égard aux dépenses d’immobilisations reliés à la vétusté des bâtiments. Même scénario pour la déferlante de la violence sous toutes ses formes pour lequel le système peine à dénicher du personnel spécialisé.

Or les sommes attribuées par le ministre des Finances, Éric Girard, permettent tout juste à empêcher le navire de couler si bien que les résolutions émanant d’éventuels États généraux risquent d’aboutir à un coup d’épée dans l’eau. En revanche, lors de son élection en 2018, le gouvernement Legault s’était engagé à faire de l’éducation sa priorité des priorités.

Les dernières négociations des conventions collectives avec les employés du secteur public, notamment avec les enseignants, ont permis de répondre globalement aux demandes des enseignants eu égard à leurs conditions salariales. En revanche, la pénurie de personnel spécialisé et la décrépitude des écoles sont demeurées des réalités bien présentes encore aujourd’hui, créant des besoins criants dans les infrastructures et la lutte contre la croissance de la violence à vitesse grand V dans et hors de nos écoles.

Dans ces circonstances fort inquiétantes liées aux budgets limités, les responsables des Centres de service scolaires sont placés devant deux choix : ou procéder à la remise à neuf des infrastructures ou mettre en place une politique contre la violence à l’école nécessitant l’engagement des ressources humaines nécessaires à juguler le phénomène pervers de la violence.

À mon sens, le choix est évident. En ouvrant ses portes le matin, l’école a pour mission notamment de former les adultes de demain dans un monde où prime un climat respectueux envers le personnel scolaire et les élèves, et favorable à l’acquisition des connaissances. On aura beau bâtir de nouvelles écoles ou procéder à la rénovation de certaines, cela ne changera en rien les comportements violents liés malheureusement souvent à l’addiction des jeunes aux médias sociaux.

De ce fait, le ministère de l’Éducation, en collaboration avec les responsables des Centres de service scolaires, des parents et des intervenants des organismes communautaires doivent faire front commun pour pallier en amont les effets collatéraux de la violence tels les traumatismes à court, à moyen ou à long terme chez les victimes les plus vulnérables. Il en va de l’imputabilité de tous les agents d’éducation.

vigile.quebec tribune libre 31 mars 2026

Balivernes!

23 avril 2026

Pendant qu’une bonne partie du Québec s’indigne et demande la tête de Michael Rousseau, au sein du ROC, plusieurs commentateurs, chroniqueurs et politiciens lèvent les yeux au ciel invoquant avec mépris un énième et fastidieux débat linguistique. De toute évidence, les deux peuples fondateurs sont à des milliers de lieues d’une entente sur les effets collatéraux de la bévue de Michael Rousseau sur la primauté de la langue française au Québec. Un impair qui n’est pas sans nous rappeler la version abracadabrante de Mark Carney sur la bataille des Plaines d’Abraham.

Un pilote d’avion québécois est décédé lors de la collision entre l’avion qu’il pilotait et un camion de pompiers qui circulait sur le tarmac au moment du choc fatal. S’ensuivit la présentation d’une vidéo au cours de laquelle le p.d-g d’air Canada, Michael Rousseau, offre ses condoléances à la famille du pilote Antoine Forest exclusivement en anglais, hormis les deux mots « bonjour » et « merci ».

Il n’en fallait pas davantage pour que la communauté francophone s’indigne à juste titre devant une bavure aussi grotesque du p.d-g. Or le ROC ne voit dans cette levée de boucliers à la défense du français au Québec que balivernes, qu’une « montée de lait » théâtrale et burlesque. Décidément le ROC et le Québec sont plongés dans deux mondes antinomiques qui évoluent inéluctablement en parallèle et qui sont prédestinés historiquement à l’incompréhension réciproque.

vigile.quebec tribune libre27 mars 2026

 

Tout à fait scandaleux et méprisant

23 avril 2026

Le p.-d.g. d’Air Canada, Michael Rousseau, semble manifestement éprouver un déni pour le français, l’une des deux langues officielles du Canada. À cet effet, dans le but de nous rafraîchir la mémoire, rappelons-nous son discours uniquement en anglais en 2021 devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, lequel avait suscité la colère et l’indignation dans les médias.

Or cinq ans plus tard, à la suite de la collision entre un avion transportant notamment des Québécois à l’aéroport La Guardia et un camion de pompiers, le même Michael Rousseau a diffusé une vidéo dans laquelle il s’exprime uniquement en anglais, accompagnée de sous-titres en français, afin d’offrir ses condoléances aux proches des victimes dont un pilote québécois. Dans cette vidéo, le p.-d.g. d’Air Canada, n’a prononcé que deux mots en français, soit « Bonjour », au début, et « Merci », à la fin. Tout à fait scandaleux et méprisant.

Depuis sa bavure en 2021 et suite à la montée de boucliers des francophones, Michael Rousseau aurait suivi plus de 300 heures de cours en français et réalisé quelque 200 devoirs. Et pourtant, pour avoir moi-même enseigné le français comme langue seconde à des anglophones à raison de 90 heures en période estivale, je peux vous affirmer que les étudiants pouvaient s’exprimer dans un français acceptable après avoir suivi 90 heures de cours en français.

Dans ces circonstances, force est de constater que l’affirmation selon laquelle le p.-d.g. d’Air Canada a bel et bien suivi ces 300 heures de cours en français sont questionnables ou que Michael Rousseau ne possède assurément pas la bosse du français. Quoiqu’il en soit, Air Canada est soumis à la loi canadienne sur le bilinguisme et, de facto, son premier représentant a l’obligation de pouvoir s’exprimer dans les deux langues officielles au pays. Dans ce contexte, il serait tout à fait pertinent qu’un haut dirigeant bilingue du conseil d’administration de l’organisme soit désigné pour tenir les points de presse d’Air Canada.

En somme, il m’apparaît évident que les dirigeants d’Air Canada, y compris son p.-d.g., ne se formalisent aucunement de cet impair éhonté envers la loi sur le bilinguisme au Canada, et cela malgré le fait qu’un des deux pilotes décédés soit un francophone du Québec et que des Québécois faisaient partie des passagers. Honte à vous, M. Rousseau!

vigile.quebec tribnue libre 26 mars 2026