Les écoles souffrent du mal d’amour
Dans le cadre de la série Les grands reportages présentée sur les ondes de RDI le 31 mars, Ricardo Larrivée dresse un sombre portrait de l’état des écoles québécoises dans le documentaire intitulé Écoles sous pression. Murs en décrépitude, plafonds qui s’effondrent, classes étouffantes et surchargées, moisissure, tout est exhibé sans ménagement aux yeux du téléspectateur.
En revanche, le budget Girard 2026-2027 en éducation est de 24 milliards$, soit une hausse de 2,4%, une somme qui permettra tout juste à empêcher le navire de couler dans un climat de plus en plus toxique généré par la croissance de la violence chez les jeunes et leur exposition exorbitante aux médias sociaux. Et si vous ajoutez à tous ces irritants la lourdeur de la tâche des enseignants aux prises avec de plus en plus d’élèves à besoins particuliers, et la pénurie de personnel spécialisé, vous obtenez un cocktail explosif idéal.
Or lors de son élection en 2018, le gouvernement Legault s’est engagé à faire de l’éducation sa priorité des priorités. Huit ans plus tard, les prévisions de dépenses en immobilisations ont atteint des proportions faramineuses mettant en danger la sécurité et la qualité de vie des élèves et du personnel scolaire. Les phénomènes de violence psychologiques et d’agressions physiques ne cessent de s’accroître. En bref, la gouvernement Legault, hormis les augmentations salariales octroyées aux enseignants lors des dernières négociations, et la construction de six écoles laboratoires sur tout le territoire du Québec, a bifurqué vers une politique prioritairement axée sur l’économie.
L’école québécoise souffre du mal d’amour, elle a perdu ses repères au fil des ans dans un monde déchiré par la violence et la vétusté inquiétante de ses bâtiments. Le prochain gouvernement devra donner un important coup de barre pour lui redonne ses lettres de noblesse. Des investissements majeurs autant dans les infrastructures que dans le personnel spécialisé indispensable à sa vocation première, soit d’offrir à « tous » les élèves une éducation de qualité doivent figurer expressément au prochain budget.
Le gouvernement du Québec ne peut plus se défiler, il a le devoir de placer l’école au centre de ses priorités à défaut de quoi c’est toute une génération de jeunes Québécois qui en subiront des conséquences indélébiles sur leur vie d’adultes au grand dam de la société québécoise.
vigile.quebec tribune libre 4 avril 2026
Henri Marineau

