Demeurer vigilants et rassembleurs

20 mars 2011

Le 23 janvier 2011, paraissait sur la tribune libre de Vigile un article signé de ma main, intitulé "La persévérance au tableau d'honneur", dans lequel je relatais les parcours de vie de trois jeunes qui ne l'avaient pas eu facile mais qui, à force de détermination, avaient réussi à sortir du ghetto de l'exclusion dans lequel la société les avait enfermés!
Depuis quelques jours, pas moins d'une douzaine d'articles ont été publiés sur Vigile relativement aux propos de certains bonzes de cette tribune jugés antisémites par quelques vils démagogues! À cet effet, je rejoins d'emblée le contenu des réactions qui ont suivi! Et, ce n'est pas la première fois, vous le savez fort bien, que ce site subit les attaques de ces empêcheurs de tourner en rond!
Dans ce contexte, au-delà de ces assauts de bas étage, j'incite fortement les plus anciens de cette tribune libre et les nouveaux arrivés à persévérer dans leurs convictions et à utiliser tous les moyens pour les mettre de l'avant…tout en étant conscients que leurs propos continueont de déranger! De toute façon, la seule manière de fuir la critique, c'est de ne rien dire…et je ne crois pas que le silence fera avancer notre cause qui a bien besoin de croisés pour la défendre!
En ce sens, je rejoins les propos de Richard Le Hir, parus sur Vigile le 19 mars, dans un article intitulé "À la défense de Vigile":
"Ça, c'est l'essentiel. Le reste est accessoire. Que la "tribune libre" de Vigile soit à l'occasion, et même souvent, le théâtre de certains débordements maladroits est une évidence qui saute aux yeux, mais qui tient à la nature même de l'exercice. Cependant, une chose est certaine, tous les points de vue y sont représentés, même certains qui à l'occasion peuvent faire grincer."
La flotte souverainiste doit continuer son périple vers sa destination et ce, malgré les attaques répétées des corsaires fédéralistes. C'est pourquoi, je me fais un plaisir d'accorder toute la place aussi bien aux auteurs qu'aux lecteurs de Vigile à ce tableau d'honneur qui vient couronner leur persévérance, tout en les incitant à continuer de demeurer vigilants certes, mais aussi rassembleurs!

vigile.net tribune libre 20 mars 2011

Avons-nous oublié nos aînés?

20 mars 2011

Au québec, les personnes âgées de 65 ans et plus représentent 16% de la population, soit environ 1,3 million de personnes. Au référendum de 1995, 54 000 votes séparaient les tenants du OUI de ceux du NON, soit 4% des aînés d'aujourd'hui! Intéressant, non?
D'autant plus intéressant qu'en novembre 2005, Yvon Larose, dans un article publié dans la revue "Au fil des événements", intitulé "Un effet de générations", ressortait, entre autres, les résultats suivants d'une étude de deux professeurs de sociologie de l'Université Laval, Mm. Gilles Gagné et Simon Lavoie:
"D'une part, le Québec compte actuellement 912 000 nouveaux jeunes électeurs âgés entre 18 et 24 ans…En 2005, 67% des 18-24 ans accordent un appui ferme au projet souverainiste. Il s'agit d'une augmentation d'environ 6% sur les électeurs de la même tranche d'âge de 1995…D'autre part, les électeurs souverainistes qui avaient entre 55 et 64 ans en 1995, et qui font maintenant partie des aînés, sont demeurés en général fidèles aux thèses du camp du OUI."
http://www.scom.ulaval/Au.fil.des.evenements/2005/11.03/
referendum.html

Autre statistique intéressante qui ressort de cet article…compte tenu qu'un électeur sur deux s'était prononcé en faveur du NON en 1995 et que plusieurs d'entre eux sont décédés depuis, les aînés pour le OUI sont passés, en 2005, de 37% à 40%.
Toutefois, force nous est de constater que le discours actuel sur les aînés tourne autour du vieillissement de la population et de sa qualité de vie. Par ailleurs, au-delà de ces considérations humaines essentielles, nous sommes-nous interrogés sur leurs idées concernant l'avenir du Québec? Connaissons-nous leurs inquiétudes advenant l'accession à notre souveraineté?
Dans trois de mes articles publiés sur cette tribune libre, je lançais quatre pistes de solution aux jeunes du Québec concernant leurs réflexions sur l'actualisation du projet de pays. Je me permets de les répéter:
-Donner à nos jeunes le goût de connaître leur histoire, leur langue et leur culture.
-Inviter nos jeunes à nos rassemblements populaires.
-Inviter nos pionniers à nos rassemblements populaires.
-Rétablir le pont avec le peuple québécois.
Partant du constat que les aînés constituent 16% de la population du Québec, il m'apparaît essentiel de les mobiliser à la cause souverainiste, d'autant plus que 40% d'entre eux voteraient pour le OUI si la tendance s'est maintenue depuis 2005. C'est pourquoi, j'invite la génération montante à songer sérieusement à ajouter une cinquième piste de solution à ses prochains rassemblements:
-Rétablir le pont avec les aînés.

vigile.net tribune libre 19 mars 2011
quebechebdo 20 mars 2011 "Les aînés et l'avenir du Québec"  

  

Dans la poche du contribuable!

18 mars 2011

Réaction au dépot du budget du ministre Bachand (17 mars 2011)

Les consommateurs paieront davantage en raison de l'augmentation de la TVQ, les travailleurs devront assumer une majoration de leur cotisation au RRQ, les contribuables subiront une augmentation de leur contribution santé et les étudiants verront leurs droits de scolarité augmentés.
Parallèlement à ces mesures, le gouvernement ajoute quelques programmes d'aide aux entreprises sans, toutefois, avoir pris le temps d'évaluer à la loupe les nombreux programmes existants qui exigent l'embauche de centaines de fonctionnaires.
Bref, ce gouvernement semble beaucoup plus habile à augmenter ses revenus à même la poche du contribuable qu'à contrôler ses dépenses!

cyberpresse.ca 18 mars 2011
quebechebdo 18 mars 2011
Le Soleil 19 mars 2011

La laïcité…des zones grises à éclaircir!

17 mars 2011

Le moins que l'on puisse dire, c'est que la récitation de la prière au début des séances municipales de Saguenay a fait couler beaucoup d'encre…et soulevé toutes sortes d'émotions, allant de la frustration au désabusement en passant par l'indignation! Pour sa part, le Mouvement laïque québécois (MLQ), empêtré dans les procédures d'appel intentées par le maire Jean Tremblay, lance une campagne de financement auprès de ses membres et de ses sympathisants pour pallier les sommes prévues mais non encore versées par le Tribunal pour le dédommager.
À mon sens, la grande majorité des Québécois admettent d'emblée le départage de la société civile et de la société religieuse. Toutefois, à la lumière des derniers événements survenus à Saguenay, il m'apparaît évident que les esprits s'échauffent lorsque les fondements mêmes de la laïcité sont secoués! En ce sens, il serait souhaitable, voire essentiel, d'éclaircir les zones grises afin de ramener le débat sur des bases rationnelles. C'est pourquoi, je rejoins le constat relevé dans l'article intitulé "Histoire de la laïcité au Québec", paru sur le site www.cciel.ca:
"Le québec s'est donc modernisé, mais sans qu'il y ait eu de véritable débat sur la laïcité, alors que les discussions n'ont porté que sur la déconfessionnalisation du système scolaire, laissant ainsi les employeurs et les institutions publiques dans un vide juridique lorsqu'ils sont confrontés à des demandes d'accommodements religieux. D'où l'importance de se doter d'une Charte de la laïcité."
Autrement dit, comme écrivait Boileau dans son "Art poétique" en 1674, "Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire s'énoncent aisément." Vivement une Charte de la laïcité au Québec!

quebechebdo 17 mars 2011  

Une décision scandaleuse!

16 mars 2011

Le conseil d'administration de l'Université Laval vient d'accepter de verser une augmentation salariale de 100 000$ en un an à son recteur, Denis Brière, faisant ainsi passer son salaire à 330 000$, soit une hausse de 43% depuis 2009.
Même si la ministre de l'éducation dénonce une telle décision, son attaché de presse s'est contenté de dire que de nouveaux mécanismes de reddition de comptes et d'indicateurs de performance quant à l'encadrement de la rémunération des dirigeants d'universités sont présentement à l'étude au ministère.
Par ailleurs, dans sa réplique parue dans la chronique éditoriale du Soleil du 15 mars, Pierre Genest, l'ex-président du conseil d'administration de l'Université Laval, justifie, en ces termes, la décision su CA:
"Par la suite, nous avons dû amender cette prévision salariale (celle de juin 2009) et la corriger en avril 2010 en raison des données erronées à partir desquelles les évaluations salariales avaint été faites; le conseil d'administration a donc, en plus de corriger la situation, décidé de geler le salaire du recteur à 330 000$, ce qui en 2009 était en lien avec l'effort salarial des professeurs."
Imaginez! Le pauvre recteur de mon alma mater doit se contenter d'un "gel salarial" de 330 000$, une hausse de 43% en deux ans! De son côté, la direction des communications de l'Université Laval justifie cette augmentation par le fait que le salaire du recteur a été ajusté à celui des recteurs des universités québécoises comparables. Un argument difficile à digérer pour le Syndicat des professeurs de l'Université Laval puisque ces derniers viennent d'accepter un gel de salaires pour les deux prochaines années alors qu'ils revendiquaient justement des augmentations salariales comparables aux salaires de leurs collègues des autres universités québécoises. Et, en reconnaissance pour leur effort salarial, leur recteur a dû accepter un "gel de salaire", ou, pour être plus précis, une "petite augmentation de 100 000$!
Enfin, la cerise sur la gâteau…inutile de vous dire que la grogne règne à la Confédération des associations d'étudiants de l'Université Laval qui s'explique difficilement la justification d'une telle augmentation salariale octroyée au recteur, à la veille du dépot du budget Bachand s'apprêtant à augmenter les frais de scolarité…pour renflouer les coffres de l'Université! Combien d'élèves défraieront-ils cette augmentation de 100 000$ à même la hausse de leurs frais de scolarité?
Vous n'êtes pas mal à l'aise, M. Brière? Dans les circonstances où vos enseignants ont été placés, soit dans le contexte de compressions budgétaires inévitables, il me semble que vous auriez pu prêcher par l'exemple en refusant ce gel de salaire "déguisé"  et en acceptant un véritable "gel salarial", l'heure n'étant pas, paraît-il, à l'ajustement salarial pas plus pour vous que pour les enseignants!

vigile.net tribune libre 16 mars 2011
quebechebdo 17 mars 2011  

Vigile.net…une tribune libre féconde

15 mars 2011

Nous sommes le 15 mars 2011, il est 4h…D'un côté, 1404 visiteurs se sont rendus sur les 10 articles parus sur la tribune libre de Vigile au cours de la seule journée d'hier! Connaissez-vous une tribune libre fréquentée par autant de lecteurs? De l'autre, l'auteur de 128 articles parus sur Vigile depuis le 6 octobre 2007, Sylvain Racine, écrit dans son texte du 14 mars, intitulé "Et les Québécois se laissent faire":
"Et les lecteurs de Vigile qui n'ont pas encore levé leur cul pour aller poser des affiches, faire des vigiles, alors vous êtes pires que le reste de la population qui ne sait pas parce que, vous, vous le savez que vous vous faites violer…alors je ne vois pas pourquoi je continuerais à lire Vigile.net parce que, chaque fois que je viens lire, c'est regarder le viol du Québec en direct."
À ces propos que je serais tenté d'interpréter comme une lassitude compréhensible devant la lenteur de l'évolution des événements, j'invite M. Racine à lire et à s'inspirer du commentaire de Stéfan Sallinger au sujet de son article:
"Je pense que vous êtes dans l'erreur, M. Racine. L'erreur de penser que seule l'action dans la rue donne des résultats. Que seule la mobilisation avec des pancartes et des cris fait bouger les sociétés…M. Racine, vous avez des idées intelligentes et une position géographique qui nous apporte une vision incomparable du Québec. Ne lancez pas la serviette sur Vigile…La nouvelle génération a une toute autre façon de s'exprimer et de communiquer…En espérant vous relire!"
À la lecture des propos de Sylvain Racine et de Stéfan Sallinger, je me rallie à ceux de M. Sallinger sur les deux volets de son commentaire. D'abord, comme lui, je ne crois pas qu'il faille privilégier un mode d'expression de ses idées au détriment d'un autre, même si cela se résume à un statut de lecteur, lequel démontre déjà de l'intérêt au débat en se prêtant à cet exercice de lecture! Au Québec, comme dans toute autre société démocratique, nous avons le droit, voire le devoir, de nous faire une opinion et de la manifester par tous les moyens que nous permet notre système démocratique, et je ne vois pas en vertu de quel droit nous pourrions mettre en doute l'efficacité du moyen utilisé pour le faire valoir!
Ensuite, j'endosse l'invitation de M. Sallinger envers M. Racine pour que ce dernier continue à promouvoir ses idées, peu importe le canal qu'il entend privilégier. À cet effet, j'incite M. Racine à s'armer de patience… Après tout, même si parfois les efforts soutenus pour parvenir à notre souveraineté semblent vains, je demeure convaincu que chacune des graines semées dans le terroir de notre pays porte déjà des fruits qui feront un jour les délices des habitants de notre nation, pour autant que nous continuions à les alimenter!

vigile.net tribune libre 15 mars 2011   

Le vouvoiement…une baguette magique?

15 mars 2011

L'instauration du vouvoiement dans les écoles apparaît, aux yeux de plusieurs intervenants en éducation, comme la panacée aux problèmes liés au manque de respect de certains élèves envers leurs enseignants. Sans nier certains bienfaits inhérents au vouvoiement assumé par les jeunes qui en comprennent les avantages bien expliqués par les adultes, je ne crois pas que le vouvoiement impose de soi le respect envers quelqu'un, qui qu'il soit.
J'ai toujours vouvoyé mes parents, mes enfants me tutoient et ma petite-fille tutoie ses grands-parents. Et pourtant, il me serait impossible de distinguer quelque différence dans les relations entre ces générations.
Lorsque j'étais enseignant, la plupart de mes élèves me demandaient s'ils devaient me tutoyer ou me vouvoyer; je leur répondais que je n'avais pas de préférence à cet égard pour autant que le respect s'établisse entre nous! Je demeure convaincu que le respect ne s'impose pas de droit, mais qu'il s'acquiert dans une attitude respectueuse des personnes humaines que nous côtoyons, peu importe leur âge et leur statut.
Bref, si nous fabulons sur l'effet magique du vouvoiement, nous risquons de mettre un cataplasme sur la solution au problème d'irrespect de certains jeunes car, si nous restons lucides, nous devons admettre qu'on peut manquer de respect envers quelqu'un même en le vouvoyant!

quebechebdo 14 mars 2011

Et le cirque continue!

13 mars 2011

Je terminais ainsi mon article du 7 février paru sur la tribune de Vigile à propos des idées de François Legault véhiculées sur la Coalition pour l'avenir du Québec (CAQ):
"Pour l'instant, il semble que la girouette Legault fasse preuve d'opportunisme en plaçant son siège dans le sens de l'histoire tout en n'ayant qu'une coquille vide à nous présenter!"
Le 8 mars, le jeune Jonathan Duchesne, sur cette même tribune, en arrivait aux mêmes conclusions en qualifiant le programme de l'ancien ministre péquiste de "ramassis de déjà-vu et d'ennuyant à mort!"
Les vents électoralistes et opportunistes étant souvent capricieux et imprévisibles, la girouette Legault pointe maintenant vers l'ADQ ainsi que le rapporte Jean-Marc Salvet dans son article paru dans le quotidien Le Soleil du 12 mars en page 23:
"Des acteurs du monde politique observent le début d'un flirt entre la Coalition et l'Action démocratique du Québec. Prélude à une fusion?…Le "mariage de raison" que de plus en plus de responsables politiques voient poindre à l'horizon est l'élément qui pourrait donner le plus de voilure à François Legault en plus de lui fournir de nombreux autres électeurs. Ils notent qu'une alliance électorale avec l'ADQ offrirait à l'ancien ministre péquiste et à son groupe une véritable organisation dans la plupart des régions du Québec, un véhicule précieux à environ deux ans des prochaines élections générales."
Gageons que notre girouette nationale va se pointer à la réunion du Réseau Liberté-Québec qui se tiendra à Montréal le 16 avril, aux côtés des "tristement réputés" députés conservateurs Daniel Petit et Maxime Bernier qui ont déjà confirmé leur présence à cette rencontre! Qui sait, peut-être que la girouette de droite, anciennement tournée vers la gauche, y trouvera des vents favorables à un virage vers le centre!
Comme disait mon père, "on ne fait pas du neuf avec du vieux!"…à moins que le vieux ait conservé la verdeur d'un Jacques Parizeau, phénomène plutôt rare en politique, avouons-le! Enfin, comme dirait l'autre, "le cirque continue!"

vigile.net tribune libre 13 mars 2011

L’incident Pacioretty-Chara

13 mars 2011

J'ai visionné le film qui montre le contact entre Chara et Pacioretty et j'ai lu et entendu les reportages et les commentaires du lendemain et des jours suivants.
En ce qui a trait d'abord à la mise en échec du défenseur des Bruins contre l'attaquant du Canadien, elle me semble tout à fait légale, dans le sens où elle ne déroge pas aux règlements de la LNH. Le problème, c'est qu'elle s'est produite à la jonction de la baie vitrée et du banc des Bruins. Chara a-t-il planifié son geste? J'en doute! À la vitesse où se déroule un match de hockey professionnel, ce serait prêter beaucoup de qualités au cerveau du défenseur pour qu'il puisse planifier un tel geste dans l'intention de blesser Pacioretty! Et si le contact s'était produit le long de la baie vitrée, probablement que Pacioretty s'en serait tiré sans trop de dommages!
Parlons maintenant des tollés de la presse médiatique à l'endroit du geste de Chara. Imaginons deux scénarios:
-Un défenseur du Canadien pose le même geste contre un attaquant des Bruins…
-L'incident se passe il y a plusieurs années…Raymond Bourque ou Bobby Orr pose le même geste contre un joueur du Canadien…
Est-ce que les médias auraient tenu les mêmes discours?…Dans toute cette saga, je serais porté à croire que le "big bad Bruins" écope d'un dérapage médiatisé à outrance qui frise le chauvinisme! Avec toute l'émotivité qui caractérise les partisans des Glorieux, on risque de perdre de vue que le hockey est un sport de contacts et, qu'en ce sens, des accidents peuvent survenir…même chez les joueurs du Tricolore!

quebechebdo 13 mars 2011  

Assez, c’est assez! (prise 2)

11 mars 2011

Si la flamme souverainiste a réussi à se maintenir allumée malgré les nombreuses intempéries auxquelles elle a été confrontée au cours des quarante dernières années, on peut témoigner aujourd'hui de sa phénoménale vigueur! À preuve, ce court rappel historique qui en fait foi.
Dès le début de son parcours, elle a dû faire face aux vents violents de l'étapisme, un phénomène atmosphérique sclérosant défini ainsi sur le site de Wiktionnaire:
"Idée politique élaborée par le député et ministre péquiste Claude Morin dans les années '70, exprimant la nécessité de passer par un référendum sur un partenariat entre nations pour faire la souveraineté du Québec."
Ailleurs, dans un article intitulé "L'étapisme tue l'imaginaire", publié sur www.erudit.org, Anne Légaré commente ainsi l'ouvrage de Jean Décary "Dans l'oeil du sphinx, Claude Morin et les relations internationales du Québec", publié chez VLB:
"L'Étapisme est le cloître des émotions, des convictions, des fantasmes, des désirs et des projets à propos du devenir d'une société. L'étapisme tue l'imaginaire, pourtant reconnu pour être la sève indispensable à la croissance de l'arbre. L'étapisme est le contraire d'un projet d'avenir, c'est une religion d'interdits qui cloisonne le rêve d'une minorité dans les calculs d'une majorité…Rarement une petite société aura-t-elle été l'objet de tants de stratégies de la part de ses dirigeants au nom de l'éveil de l'intérêt national!
Et, comme l'étapisme devait respecter certaines "étapes", les porteurs de la flamme en sont arrivés à attendre les vents favorables, soit les conditions gagnantes prônées par Lucien Bouchard. À cet effet, Josée Legault signe un article percutant dans Le Devoir du 8 avril 1998, intitulé "Les conditions gagnantes!, dans lequel elle y déclare entre autres:
"Vendredi, alors que paraissait un sondage SOM désastreux pour le PQ, M. Bouchard listait ses fameuses conditions gagnantes. Entre autres, il faudrait que les "gens en veuillent", qu'on ait créé des emplois et relancé l'économie. Pourquoi ne pas attendre aussi d'avoir trouvé un remède contre la grippe? Et pour savoir si les gens en veulent, fera-t-on un référendum pour leur demander…s'ils veulent d'un référendum?" En d'autres termes, pour paraphraser un extrait d'un monologue d'Yvon Deschamps, ayant revêtu le casque d'un capitaine d'une caserne de pompiers: "Dorénavant, quand il y aura un incendie, on se pratiquera la veille!"
Et Josée Legault de poursuivre:
"L'Histoire nous enseigne que le pouvoir devient un piège lorsqu'il ne sert plus à réaliser ses projets et à promouvoir ses idées. Ce piège, le PQ s'y est pourtant déjà enfermé en 1985 avec Pierre-Marc Johnson, avec comme résultat que trop de virages, politiques et économiques, ont fini par entacher sa crédibilité et lui valoir, au bout du compte, d'être "viré" par les Québécois."
"Étape" suivante, l'accalmie, soit le plan de gouvernance de Pauline Marois, décrié récemment et par Jacques Parizeau et par un regroupement de jeunes souverainistes dans une lettre ouverte publiée dans le quotidien Le Devoir, dont voici un extrait:
"Le projet de gouvernance souverainiste présenté par Pauline Marois consiste en une stratégie selon laquelle un éventuel gouvernement péquiste négocierait le rapatriement de pouvoirs avec Ottawa et tiendrait un référendum sur la souveraineté du Québec au moment jugé opportun." Vous ne trouvez pas que ça ressemble étrangement à un mariage d'étapisme et de conditions gagnantes?
Quarante ans plus tard, nous en sommes encore là!…À tergiverser sur la prochaine "étape"! À mon sens, les prochaines étapes sont évidentes: afficher ouvertement notre option souverainiste, la défendre sur des bases solides, en particulier sur la mobilisation de notre jeunesse, prendre le pouvoir et tenir un référendum sans délai sur une question claire: "Voulez-vous que le Québec devienne un pays?"

vigile.net tribune libre 11 mars 2011