Le vouvoiement…une baguette magique?
L'instauration du vouvoiement dans les écoles apparaît, aux yeux de plusieurs intervenants en éducation, comme la panacée aux problèmes liés au manque de respect de certains élèves envers leurs enseignants. Sans nier certains bienfaits inhérents au vouvoiement assumé par les jeunes qui en comprennent les avantages bien expliqués par les adultes, je ne crois pas que le vouvoiement impose de soi le respect envers quelqu'un, qui qu'il soit.
J'ai toujours vouvoyé mes parents, mes enfants me tutoient et ma petite-fille tutoie ses grands-parents. Et pourtant, il me serait impossible de distinguer quelque différence dans les relations entre ces générations.
Lorsque j'étais enseignant, la plupart de mes élèves me demandaient s'ils devaient me tutoyer ou me vouvoyer; je leur répondais que je n'avais pas de préférence à cet égard pour autant que le respect s'établisse entre nous! Je demeure convaincu que le respect ne s'impose pas de droit, mais qu'il s'acquiert dans une attitude respectueuse des personnes humaines que nous côtoyons, peu importe leur âge et leur statut.
Bref, si nous fabulons sur l'effet magique du vouvoiement, nous risquons de mettre un cataplasme sur la solution au problème d'irrespect de certains jeunes car, si nous restons lucides, nous devons admettre qu'on peut manquer de respect envers quelqu'un même en le vouvoyant!
quebechebdo 14 mars 2011
Henri Marineau

