Le rap contre la répression

11 octobre 2012

Dans un pays où la femme est considérée comme étant condamnée à occuper l’arrière-scène, la rappeuse afghane de 23 ans, Sosan Firooz, utilise le rap comme forme d’expression contre la répression des femmes et comme moyen privilégié de clamer ses espoirs de paix en Afghanistan.

Pendant la guerre civile afghane des années 90 et l’ascension vers le pouvoir du régime taliban de 1996, la famille de Sosan ayant déménagé en Iran pendant cinq ans, la première rappeuse afghane raconte son mépris ressenti envers les « sales réfugiés afghans ».

En écoutant les paroles de ses chansons, empreintes d’un réalisme souvent inimaginable et percutant, Sosan Firooz supplie les afghanes de demeurer dans leur pays et de continuer la lutte pour leur libération…un cri du cœur qui ne peut que susciter compassion et encouragement!

quebechebdo 11 octobre 2012

 

 

Une tribune idéale pour Pauline Marois pour se démarquer de Harper

10 octobre 2012

Il m’arrive régulièrement de consulter les articles qui apparaissent dans la rubrique « Il y a un an, il y a deux ans… » sur la page d’accueil de la tribune libre de Vigile. Or, en cette soirée du 9 octobre, à la rubrique « Il y a un an », je suis tombé sur deux articles qui traitaient sensiblement du même sujet, à savoir certaines déclarations « fracassantes » que Pauline Marois avait faites au cours des derniers jours.

D’entrée de jeu, mon argumentaire ne vise aucunement l’intégrité des auteurs de ces articles mais plutôt le contenu des déclarations de Pauline Marois qui, rappelons-le, ont été faites lorsqu’elle était chef de l’Opposition officielle à l’Assemblée nationale du Québec.

D’abord, voici un extrait de l’article de Robert Barberis-Gervais paru sur cette tribune en date du 10 octobre 2011 sous le titre : « Je veux créer le pays du Québec » – Pauline Marois » :

« En réponse à une question de Jean Lapierre : "Vous êtes pas tannée de vous faire poignarder dans le dos par des gens de votre parti !", Pauline Marois a répondu : "Oui, je suis tannée. Mais je continue pour trois raisons. A cause de mes convictions. Parce que je crois qu’avec notre programme, on peut aider les gens ordinaires et améliorer leur situation. Et parce que je veux créer un pays, le Québec." C’est ce que j’ai entendu à l’émission Lapierre-Larocque, dimanche le 9 octobre 2011. »

Ensuite, je vous cite un extrait de l’article de René-Marcel Sauvé, paru sur vigile.net le même jour, intitulé « Abolir le gouvernement fédéral » vient d’être proposé par Pauline Marois » :

« Abolir le gouvernement fédéral » vient d’être proposé par Pauline Marois dans un discours politique adressé à une foule de 600 personnes à l’Assomption. Ses propos ont été accueillis par des applaudissements à tout rompre, qui frisaient le délire. Pauline Marois vient de proposer la formule gagnante qui remplace toutes les conditions gagnantes que tant de Québécois, nationalistes, souverainistes et séparatistes attendent depuis longtemps. »

Or, un an plus tard, le nouveau ministre des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur, Jean-François Lisée, même s’il donne l’assurance que Québec prendra sa place dans le cadre du 14e Sommet de la Francophonie qui se déroulera à Kinshasa en République démocratique du Congo du 12 au 14 octobre, demeure prudent quant à la possibilité que Mme Marois se fasse remarquer par un coup d’éclat.

Pourtant, à l’occasion de cette première rencontre officielle entre Stephen Harper et la première ministre du Québec, ce Sommet de la Francophonie ne serait-il pas l’occasion idéale pour Mme Marois de donner un avant-goût du ton qu’elle a l’intention d’adopter face aux politiques rétrogrades du gouvernement Harper sur le plan linguistique, d’autant plus que ce Sommet sera le premier de l’histoire de la Francophonie à adopter une politique de promotion et de défense du français dans le monde ?

Dans l’hypothèse où Pauline Marois adopte une attitude tièdement provinciale à ce sujet au Sommet de Kinshasa, nous pourrons en conclure qu’il y a loin de la coupe aux lèvres et que les propos qu’elle a tenus il y a un an ont perdu toute leur vigueur depuis qu’elle occupe le siège du pouvoir !

vigile.net tribune libre 10 octobre 2012
quebechebdo 10 octobre 2012 (version abrégée) "Sommet de la Francophonie – Une tribune idéale pour Pauline Marois"

Le PQ à l’heure du choix…la coalition ou l’érosion

9 octobre 2012

Avant la rentrée scolaire, je me rappelle qu’à titre de directeur de l’école, je rencontrais mon équipe de direction pour déterminer ensemble les priorités que nous entendions mettre de l’avant au cours de l’année scolaire.

Par la suite, je convoquais l’ensemble du personnel pour discuter avec lui de ces priorités, écouter leurs commentaires et suggestions, et finalement nous entendre sur le plan d’action que l’équipe de l’école allait présenter aux élèves lors de la rentrée scolaire.

Le 4 septembre 2012, l’ensemble des forces souverainistes du Québec, soit le Parti québécois, Québec solidaire et Option nationale, ont récolté 40% des suffrages exprimés, à savoir près de 1,5 million Québécois parmi les 3,7 millions d’électeurs qui se sont prévalus de leur droit de vote.

Toutefois, plus d’un mois s’est déjà écoulé depuis l’élection d’un gouvernement souverainiste au Québec et aucune déclaration n’est ressortie du cabinet des ministres quant à ses intentions concernant la démarche qu’il entend proposer aux tiers partis pour rallier les forces souverainistes du Québec.

Pourtant, la « directrice » devrait connaître certaines règles de l’art élémentaires quant au bon fonctionnement de « l’école parlementaire », la toute première consistant à rallier ses ouailles autour du projet politique qu’elle entend mettre sur la table pour soutenir le processus d’accès du Québec à son indépendance.

Voilà pourquoi Mme Marois se doit de sonner dans les meilleurs délais la cloche qui annonce la fin de la récréation et de convoquer tous les tenants souverainistes, de tous partis confondus, et de leur proposer un mode de coalition qui saura rallier les forces souverainistes au Québec.

Et pour y arriver, la nouvelle première ministre devra, à mon sens, dans un premier temps, élever le débat au-dessus de toute partisanerie électoraliste et descendre de sa « tribune parlementaire » pour enfin s’asseoir à la table de la nécessaire concertation avec ceux qui aspirent aux mêmes ambitions qu’elle prétend véhiculer, à savoir l’accession du Québec à son statut de pays.

Même si le nouveau gouvernement a agi jusqu’à maintenant dans le sens de ses engagements électoraux depuis le début de son mandat, il devra tôt ou tard être confronté, entre autres, à l’opposition féroce du chef des poules caquistes qui n’attend que l’occasion de caqueter dans le poulailler du pouvoir lors de la rentrée parlementaire qui risque d’être de courte durée.

À défaut de se soumettre à la stratégie de la concertation et de la coalition avec les autres partis souverainistes, le PQ devra assister impuissant à l’érosion progressive de son membership. En conséquence, Pauline Marois doit maintenant choisir entre la coalition ou l’érosion…et le temps presse car les loups sont à la porte de la bergerie!

quebechebdo 9 octobre 2012
vigile.net tribune libre 9 octobre 2012

 

Je me suis rappelé Leclerc de l’île

7 octobre 2012

J'ai la chance de vivre à quelque trente minutes de l'île d'Orléans et, comme des milliers de Québécois, il m'arrive fréquemment d'y faire un tour, simplement pour me retrouver sur une terre entourée d'eau qui me donne l'illusion d'être isolé du monde terrestre.

Or, un jour où je vivais les blues d’une fin d’automne qui cédait de plus en plus de place aux rigueurs de l’hiver, je me suis rendu sur la pointe de Sainte-Pétronille et, face au fleuve et au paysage que m’offrait la rive sud vue de cet endroit, j’ai griffonné quelques mots qui sont devenus un poème intitulé « Au bout de l’île » :

« Au bout de l’île d’Orléans
Devant le fleuve Saint-Laurent
Tournoyant en reflets d’argent
J’entends le chant des goélands

Sur l’autre rive curieux mariage
De vert côtoyant l’usinage
Le temps sur son infâme passage
Ayant brisé le pâturage

Au loin un paquebot fend l’eau
Du fleuve qui porte sur son dos
La marée noire du cargo
Enfouie dans son lourd tombeau d’eau

Mon regard se porte à nouveau
Sur l’élégant mouvement de l’eau
Je le reçois comme un cadeau
Du matelot venu d’en haut

Par un après-midi d’automne
En revenant par le pont de l’île
Je me suis rappelé Leclerc de l’île
Comme l’homme que toujours on fredonne

De chaque côté du Saint-Laurent
Mon regard se porte à nouveau
Sur l’élégant mouvement de l’eau
En arrière-plan l’île d’Orléans »

Quelques semaines plus tard, « je me suis rappelé Leclerc de l’île »
et me suis rendu faire « Le tour de l’île » en compagnie de Félix qui m’a laissé sur ces paroles :

« …Pour célébrer
L’indépendance
Quand on y pense
C’est-y en France
C’est comme en France
Le tour de l’île
Quarante-deux milles
Comme des vagues
Les montagnes
Les fruits sont mûrs
Dans les vergers
De mon pays

Ça signifie
L’heure est venue
Si t’as compris »

quebechebdo 7 octobre 2012

La cassette des fiscalistes…un chantage éhonté

6 octobre 2012

Des données fiscales publiées par l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) en 2009 sont plutôt étonnantes au moment où le débat sur l’imposition des contribuables québécois les plus fortunés continue d’alimenter les discussions. En effet, on y apprend notamment qu’en 2009, 92 000 contribuables québécois ont déclaré un revenu annuel de 150 000 $ et plus, les sommes de leurs revenus déclarés totalisant ainsi la somme astronomique de 29 milliards $.

Pendant la campagne électorale, le Parti québécois a signifié clairement son intention de créer deux nouveaux paliers progressifs d’imposition pour les contribuables québécois qui ont un revenu de plus de 130 000 $ par année, une mesure fiscale qui toucherait seulement 2 % des contribuables québécois.

En agissant de la sorte, le PQ souhaite créer un quatrième palier qui imposera de 28 % les revenus d’un contribuable qui gagne entre 130 000 $ et 250 000 $ alors qu’un cinquième palier à un taux marginal d’imposition à 31 % verrait également le jour pour tout gain annuel dépassant 250 000 $. En conséquence, un contribuable qui déclarera l’an prochain des revenus de 150 000 $ verra son taux d’imposition progresser de 0,53 % alors que celui qui aura un gain de 300 000 $ paiera 2,77 % de plus annuellement en impôts.

L’IRIS fait également remarquer que les contribuables les plus fortunés ont aussi vu leurs perceptions fiscales réduites de façon significative au cours des 10 dernières années au Québec en raison des nombreuses baisses d’impôts décrétées successivement par Québec et Ottawa. À titre d’exemples, un contribuable qui gagne aujourd’hui 150 000 $ peut compter sur au moins 10 000 $ de plus dans ses poches qu’il y a 12 ans. Par contre, la hausse d’impôts annoncée lui laissera 600 $ de moins dans son portefeuille l’an prochain. Par ailleurs, un travailleur québécois qui gagne de son côté 300 000 $ jouit d’au moins 15 000 $ de plus chaque année qu’en l’an 2000. Avec la hausse d’impôts annoncée par Québec, il payera 8100 $ de plus l’an prochain. Enfin, toujours selon les données de l’IRIS, en 2009, 12 contribuables québécois ayant déclaré plus de 250 000 $ de revenus, grâce à l’appui de fiscalistes qui connaissent très bien les lois sur les impôts, ont réussi à encaisser des prestations d’aide sociale.

Selon Léo-Paul Lauzon, professeur de comptabilité à l'Université du Québec à Montréal, la «cassette» des fiscalistes a souvent tourné : «Ils ne sont pas pour critiquer la main qui les nourrit. Ce n'est pas la première fois qu'on brandit l'épouvantail de l'exode des entreprises et des cerveaux, et cela ne s'est jamais concrétisé», tout en ajoutant qu’ « on a des structures fiscales pour les entreprises meilleures que la Chine, la Russie, la Grande-Bretagne et les États-Unis. Est-ce que pour autant Apple et Microsoft se bousculent pour déménager au Canada?»

Et de conclure M. Lauzon : «Oui, les impôts sont plus élevés ici. Toutefois, avant de dire que les riches vont se précipiter en Ontario, il faudrait ajouter que, dans cette province, le prix des maisons, les impôts fonciers et l'assurance automobile sont beaucoup plus chers qu'au Québec. Tout cela n'est donc que chantage éhonté».

quebechebdo 6 octobre 2012

« L’erreur boréale »…un début de sensibilisation

6 octobre 2012

Dans son dernier numéro de novembre 2012, le magazine "Le bel âge" nous présente, sous la plume de Julie Stanton, un dossier fort stimulant intitulé "Ces homme qui nous inspirent" parmi lesquels elle nous parle de Richard Desjardins.

D’entrée de jeu, je vous propose l’introduction de l’article de Mme Stanton: « Fils, petit-fils et arrière-petit-fils de forestiers, Richard Desjardins a la forêt abitibienne fichée au cœur et de la sève d’épinette noire dans le sang. »

Natif de la ville minière de Noranda en 1948, Richard Desjardins n’a que 5 ans quand son père l’amène pour la première fois au chalet qu’il a bâti après la guerre au bord du lac Vaudray, à 40 minutes de Rouyn : « À cette époque, la forêt était bûchée manuellement et les compagnies étaient obligés de faire attention au bois car sinon, elle perdaient leurs concessions. Pendant l’hiver, les repousses vivaient sous la neige et on n’avait pas besoin de reboiser ».

Ce n’est que 20 ans plus tard qu’il a vraiment réalisé le désastre qui se préparait lorsque son père lui signale la présence d’une abatteuse en plein travail à deux kilomètres du chalet familial : « Je pensais qu’ils étaient en train de construire un aéroport! C’était la première fois de ma vie que je voyais une abatteuse. J’ai crié au chauffeur : « Attention, vous approchez du ruisseau! » Il m’a répondu : « Je le saurai quand je serai rendu d’dans ».

C’est à ce moment-là que « L’erreur boréale » a allumé en lui, un film-choc sur une première véritable sensibilisation du public à la surexploitation forestière, pour lequel il obtient en 1999 le prix Jutra du meilleur documentaire en plus de se mériter au Québec comme en Europe plusieurs prix cinématographiques dans les catégories de l’environnement et du développement durable.

À titre de rappel, Richard Desjardins, appuyé de son ami de longue date Robert Monderie, dénoncent dans leur documentaire l’argument qui prétend que la forêt québécoise a toujours été une source de matière considérée tellement riche qu'elle en est quasi-inépuisable. Alors que le discours officiel assure que le patrimoine forestier demeurera, malgré l'industrialisation, la population ignore les effets néfastes de la coupe à blanc sur de grandes étendues du territoire québécois. Face à ce constat, dans son documentaire, Richard Desjardins donne sa vision de la situation sur l'exploitation erratique et abusive de la forêt boréale québécoise et questionne la responsabilité citoyenne face à la destruction de l'environnement.

Toutefois, la fondation de l’Action boréale de l’Abitibi-Témiscamingue [ABAT], créée en 2000 par Richard Desjardins, soutenu par d’autres indignés telle sa sœur Louise, écrivaine, a réussi un premier pas important auprès des autorités gouvernementales qui ont reconnu en partie le bien fondé du documentaire et l'importance d'une gestion plus responsable des forêts si bien que, le 22 mars 2005, suite au rapport Coulombe, le projet de loi no 71 modifie la Loi sur les forêts en prônant des actions concrètes pour amorcer le virage qui s’imposait.

Néanmoins, même si le rapport Coulombe donne globalement raison au contenu du documentaire de Richard Desjardins, les compagnies rechignent, « Ça va être la guerre ! On n’est pas couchés ! », lance l’activiste qui déplore, du même souffle, l’inertie d’un trop grand nombre de personnes de sa génération qui « sortent pas fort quand vient le temps de s’engager », préférant aller « chez Canadian Tire deux fois par jour pour acheter une vis, puis revenir s’écraser devant la télévision ! »

quebechebdo 6 octobre 2012
vigile.net tribune libre 6 octobre 2012

Commentaire:

"Merci pour ce rappel. Il faut absolument voir le documentaire… On peut le retrouver sur You Tube" 

http://www.youtube.com/watch?v=SrY-…

Gaëtan Pelletier
vigile.net tribune libre 8 octobre 2012

Mystère autour des décès de Noémie et d’Audrey Bélanger

5 octobre 2012

Audrey Bélanger, 20 ans, et sa soeur Noémie, 25 ans, ont été trouvées sans vie dans leur chambre de l'hôtel Palm Residence de l'île de Phi Phi en Thaïlande le 15 juin…de cause inconnue selon les termes de l’enquête de la police thaïlandaise.

Une conclusion à laquelle s’attendait le père, Carl Bélanger: «C'est ce à quoi je m'attendais. J'ai toujours dit que la conclusion de leur enquête serait une cause inconnue. Ils ont tout fait pour éliminer les preuves avant que l'autopsie soit pratiquée», faisant référence au délai qui s'est écoulé entre la découverte des corps de ses filles dans leur chambre d'hôtel et l'autopsie pratiquée en Thaïlande, période suffisante selon lui pour éliminer toute trace de produit toxique dans leur corps…Deux filles dans la vingtaine qui entrent dans leur chambre d'hôtel en parfaite santé et n'en ressortent pas, pour moi, ce n'est pas une raison inconnue.»

Toutes les recherches menées par la police de la Thaïlande relativement aux décès d'Audrey et Noémie sont interrompues. Les autorités policières ont même mis fin à leurs recherches pour tenter de retrouver et d'interroger l'homme qui a été capté par la caméra de surveillance de l'hôtel et qui est venu conduire l'une des soeurs à sa chambre tard dans la nuit du 13 juin, alléguant que cet individu ne vit pas en Thaïlande et que sa famille a demandé de ne pas l'interroger.

Le dossier des décès des sœurs Bélanger est maintenant entre les mains de la Sûreté du Québec qui n’est pas autorisée à se rendre en Thaïlande pour enquêter à moins qu’il y ait eu acte criminel et, pour l’instant, ce n’est pas le cas.

J’espère sincèrement que la confiance manifestée par Carl Bélanger envers la Sûreté du Québec va pouvoir aboutir à des conclusions qui feront la lumière sur les circonstances nébuleuses dans lesquelles sont décédées ses deux filles et qu’enfin, il puisse assumer légitimement son deuil sans que chaque retour de cette affaire dans l'actualité ne le démolisse un peu plus.

quebechebdo 5 octobre 2012

L’école, contre vents et marées

5 octobre 2012

Au 5ième siècle avant Jésus-Christ, Socrate créait sa maïeutique, soit l’art d’accoucher les esprits dans une approche empirique de son élève. À la même époque, Platon, son fidèle disciple, favorisait une dialectique axée autour d’une discussion lui permettant de remonter jusqu’aux idées.

En ce début du 21ième siècle, le Québec, via son Ministère de l’Éducation, a entrepris de mettre de l’avant une réforme en profondeur, donc à donner une autre forme à l’acte pédagogique. Devant certaines réticences provenant particulièrement du milieu de l’enseignement, les réformateurs brandissent la sempiternelle résistance au changement, tuant ainsi dans l’œuf toute possibilité de contestation. Dorénavant, prétendent ces réformateurs visionnaires, l’apprenant sera le maître d’œuvre de sa formation appuyé en cela par un enseignant dont le rôle principal sera de guider l’élève vers les sources de la connaissance.

Désormais, l’élève vivra au rythme de projets comme si les réformateurs des années ’60 n’avaient conçu aucun projet pour l’école issue de la révolution tranquille. Le maître sera ainsi appelé à développer les habilités de l’élève comme si l’analyse et la synthèse inhérentes à la démarche traditionnelle ne favorisaient pas le développement des dites habilités. Enfin, l’élève trempera dans un bain de compétences transversales comme si ces compétences n’étaient pas dans le prolongement de l’interdisciplinarité des dernières décennies.

Comme le disait Alain Finkielkraut dans son livre intitulé "L’ingratitude ; conversation sur notre temps", publié en 1999 chez Québec Amérique, "Instruire, c’était introduire l’élève à ce qui le dépasse. On raisonne aujourd’hui comme si le moi avait assisté à la création du monde…rien ne dépasse, chacun est sujet, c’est-à-dire roi. Et l’actuelle exigence de mettre l’enfant au centre du système éducatif, comme si autrefois on y mettait des lampadaires ou des pots de fleurs, vise, en réalité, à remplacer l’obligation faite à l’élève d’écouter le professeur par l’ordre d’écouter les jeunes intimé aux animateurs du primaire et du second degré."

Mais cessons ces comparaisons que certains pourraient qualifier de minimalistes et portons notre regard vers une petite histoire contextuelle du Québec depuis les quatre dernières décennies. Partant d’une éducation pour tous au début des années ’60, nous sommes progressivement passés aux critères de la performance et, qui plus est, de l’excellence. Mais qu’avons-nous perdu en chemin ? À partir du moment où l’école est devenue accessible à tous, l’utopie a été de penser et, pire encore, d’exiger que tous les élèves performent, atteignent l’excellence académique, en d’autres termes, se classent tous parmi les premiers. Se peut-il que nous ayons erré dans la définition que nous nous sommes donnée de l’excellence ? Un jeune réussissant ses études secondaires avec une moyenne générale de 68% et ce, après avoir consenti des efforts constants, n’est-il pas aussi excellent qu’un autre ayant cumulé une moyenne de 84% et ce, sans qu’il ait fourni d’efforts significatifs ?

Par ailleurs, il y a trente ans, un jeune qui terminait ses études était presque assuré d’obtenir un emploi dans quelque domaine que ce soit, la motivation à l’étude étant, de ce fait, facilitée par un contexte favorable à l’emploi. Petit à petit, certaines professions sont devenues contingentées, ce qui a contribué à la naissance d’un climat d’insécurité pour les jeunes qui persévéraient dans leurs études. L’abolition du cours classique et la naissance du Cégep contribuèrent à la prolifération des profils de cours et, par conséquent, des professions. C’est ainsi que le jeune de 16 ans fait déjà face à un choix qui, sans être déterminant, l’engage vers un profil de cours qui pourrait, dès ce moment, lui fermer les portes de certaines professions. L’avènement des techniques, conduisant au marché du travail immédiatement après le cours collégial, est venu multiplié le choix qui s’offre à l’élève. Finalement le jeune est confronté à un courant de mondialisation croissant le condamnant à se mettre au diapason, entre autres, des nouvelles technologies de l’information et de l’apprentissage d’une troisième langue.

Sur le plan familial, elles sont bien loin les valeurs véhiculées par la cellule traditionnelle de la mère au foyer veillant à l’éducation de ses enfants et du père bon pourvoyeur. La plupart des parents d’aujourd’hui vaquent quotidiennement à leurs occupations respectives, ce qui a conduit à un partage des tâches familiales, lesquelles sont difficiles à réaliser, particulièrement dans le cas des familles monoparentales qui constituent, selon les statistiques, près de la moitié des familles québécoises d’aujourd’hui.

Ces réalités nous conduisent inévitablement vers la problématique suivante : les résultats scolaires étant devenus le critère le plus important dans une société ayant privilégié la course à l’excellence, plusieurs élèves subissent rapidement, si ce n’est au primaire, au plus tard au secondaire, une démotivation conduisant, hélas souvent, au décrochage. C’est ainsi que des jeunes, pourtant talentueux, perdent le goût d’apprendre dans une école qui maintient le cap sur une excellence axée autour des performances scolaires.

Par ailleurs, placé devant un choix, à mon sens, prématuré, soit vers 16 ans, quant à un profil de cours, le jeune se sent souvent bousculé et non-préparé. De plus, le contingentement de certaines professions qui pourraient susciter son intérêt, allié à la prolifération des profils de cours, conduisent le jeune à une forme d’insécurité souvent déstabilisante. Ajoutons à ces observations que l’introduction accélérée des nouvelles technologies de l’information (NTIC) de même que le courant de mondialisation se sont souvent faits au détriment de l’enseignement des matières de base.

En ce qui a trait à la famille actuelle, sans jeter de jugement de valeurs sur les raisons qui ont conduit les deux membres du couple sur le marché du travail, force nous est de constater que, souvent, et ce dès le primaire, « l’enfant à clé » entre souvent à la maison sans présence pour l’accueillir. Lorsque les parents reviennent du travail, ils sont souvent fatigués et tendus, plus ou moins réceptifs à quelque forme de communication avec leurs enfants. Il n’en fallait pas davantage pour que se produise un glissement du rôle traditionnel de la famille vers l’école actuelle qui s’est sentie, avec le temps, le devoir social de conjuguer avec cette nouvelle réalité familiale.

Sans vouloir jeter le blâme sur qui que ce soit et, partant du principe que parents et éducateurs sont de bonne foi dans leurs relations avec les jeunes, il m’apparaît que ces derniers sont souvent ballottés entre deux mondes, celui, d’une part, de la famille, vivant ses préoccupations modernes, où les parents sont souvent confrontés à la tentation de succomber à la facilité du « oui » pour éviter de longues discussions qui conduiraient à des frustrations jugées inutiles et, d’autre part, le monde de l’école qui accueille le jeune devant une panoplie de règlements contraignants conduisant à toutes sortes de frustrations jugées, là, utiles, voire même nécessaires. Le sens des responsabilités passe inévitablement par la frustration. Tout ce courant social qui en méprise tant l’importance risque de produire de plus en plus d’adultes incapables de composer avec l’autorité, les contraintes inhérentes à l’existence, les exigences de la vie en société.

Il n’en fallait pas davantage pour que nos écoles se voient confrontées à des jeunes turbulents ou éprouvant des difficultés de concentration. Des spécialistes, orthophonistes, psychologues, travailleurs sociaux, etc…ont fait leur apparition dans les écoles dans l’intention de pallier la problématique d’approche de ce profil d’élèves. Des notions nouvelles sont apparues pour désigner ces élèves marginaux, soit hyper-actifs ou déficit d’attention. Des médicaments sont même apparus sur le marché. Cependant, après plusieurs années d’expérimentation de toutes sortes pour venir en aide à ces enfants, est-on en droit de se demander si nos efforts ont été utiles ? Poser la question, c’est en partie y répondre !

Pendant ma carrière de trente-deux ans dans le monde de l’enseignement, il m’a été maintes fois donné l’occasion de demander aux jeunes quels avaient été les meilleurs moments vécus à l’école. Ils m’ont fait part spontanément de circonstances souvent anodines où le professeur avait fait preuve de compréhension, de reconnaissance et de respect de leur personne. Ils gardent en mémoire des paroles bienfaisantes et des gestes de bonté à leur endroit.

En terminant, je vous laisse sur une courte discussion, mais combien révélatrice, que j’ai eue avec un jeune handicapé gravement atteint d’un cancer lors d’un passage à l’Arche de Jean Vanier :

Louis me regarde …

- Ça ne va pas ? Il me fixe profondément… 
- Tu as mal ? Il devient triste. 
- Je puis faire quelque chose ? Il me fait signe d’approcher. 
- Dans trois mois, je ne serai plus !…En attendant, aime-moi !

vigile.net tribune libre 5 octobre 2012
quebechebdo 5 octobre 2012 "Journée internationale des enseignants / L'école, contre vents et marées"

Mort de Barbara Ann Scott: une légende s’éteint

4 octobre 2012

Nous sommes le 31 janvier 1948, jour de la finale en patinage artistique individuel chez les dames à l’occasion des Jeux Olympiques qui se déroulent à Saint-Moritz en Suisse. Lorsqu’elles mettent les pieds sur la patinoire extérieure, c’est une glace molle, grugée précédemment par les lames des joueurs de hockey et un mercure qui oscille autour du point de congélation qui accueillent les patineuses.

En raison de l’état lamentable de la glace, Barbara Ann Scott décide à la dernière minute de modifier son programme, ce qui ne l’empêche pas de sortir victorieuse de la compétition, devenant ainsi la première et la seule patineuse artistique canadienne à avoir remporté l’or en compétition individuelle aux Jeux olympiques.

Barbara Ann Scott est décédée le 30 septembre 2012 à l’âge de 84 ans. Son amie d’enfance Judy Reid, qui s’entraînait avec elle à l’époque, se souvient de sa discipline de travail exemplaire : « Chaque jour, Barbara Ann s’entraînait à partir de tôt le matin jusqu’à tard le soir ». C’est cette détermination sans borne qui a sans doute valu à Mme Scott de remporter, au cours des années ’40, quatre championnats canadiens et les championnats nord-américains, européens et mondiaux à deux reprises chacun.

Au cours des prochains jours, Barbara Ann Scott recueillera ses dernières fleurs…espérons que la légende qu’elle incarne contribuera à laisser derrière elle un modèle de persévérance pour les générations à venir!

quebechebdo 4 octobre 2012 

Le sophisme à son meilleur

4 octobre 2012

Selon Wikipédia, un sophisme, ou argument à logique fallacieuse, est un raisonnement qui cherche à apparaître comme rigoureux mais qui en réalité n’est pas valide au sens de la logique. À l’inverse du paralogisme qui est une erreur involontaire dans un raisonnement, le sophisme est fallacieux en ce sens qu’il est prononcé avec l’intention de tromper l’auditoire afin, par exemple, de prendre l’avantage dans une discussion.

Je me souviens que, lorsque je suis entré en fonction à titre de professeur de français au début des années ’70, un professeur d’expérience possédait cette « qualité » d’intervenir après une de mes opinions, alléguant d’entrée de jeu que mon intervention était à propos mais qu’elle souffrait de quelques précisions qu’il fallait nommer…au bout de son argumentaire « sans faille apparente », je me rendais compte qu’il avait complètement détruit le contenu de mon opinion et que je me retrouvais penaud et contraint d’admettre malgré moi que j’étais tombé dans le panneau de ce « maître du sophisme ».

Dans le sillon de ce professeur, l’ancien ministre de la santé dans le gouvernement Charest et troisième candidat à se lancer dans la course à la chefferie du PLQ, Philippe Couillard, tente de soutenir, dans une histoire plutôt ennuyeuse qui risque de lui coller à la peau tout au cours de la campagne, qu’il n’a rien fait d’incorrect en se magasinant un emploi dans un fonds privé d’investissement en santé alors qu’il était toujours ministre, alléguant le plus sérieusement du monde que le simple fait qu’il ait pu se lancer dans la course prouve son intégrité…une façon fort habile d’embrouiller les circonstances entourant les évènements plutôt que de les éclaircir.

Un autre exemple de l’habilité de Philippe Couillard à faire bien paraître une décision controversée réside dans le fait qu’il soutient, qu’en réglementant la pratique de la médecine privée dans une cinquantaine de champs d’activité, en avoir limité son accès alors que, dans les faits, il n’en a pas moins posé les conditions de son expansion en lui assurant un cadre plus sécuritaire.

En bref, un peu comme mon professeur « émérite », Philippe Couillard avoue bien humblement d’entrée de jeu que les critiques qui ont entouré les circonstances de son départ sont en partie fondées, question de mettre en confiance son interlocuteur sur ses bonnes intentions, mais, au fur et à mesure que la conversation progresse, notre fin sophiste parviendra à sortir blanc comme neige d’une situation qui semblait à prime abord « embêtante » mais qui, dans les faits, ne lui cause aucun préjudice quant à son intégrité.

Imaginez maintenant un instant dans quel labyrinthe argumentaire fallacieux les Québécois se retrouveraient cantonnés s’il fallait qu’un manipulateur aussi habile parvienne à se faire élire premier ministre du Québec !…

vigile.net tribune libre 4 octobre 2012
quebechebdo 8 octobre 2012