PKP, le mécène

30 avril 2015

La lettre signée par 101 artistes québécois soulignant l’apport de Pierre Karl Péladeau à la vie artistique du Québec, quoique stratégiquement bien placée dans le cadre de la campagne à la direction du Parti québécois, révèle à mes yeux une facette de l’homme d’affaires pour qui la culture québécoise lui tient à cœur.

On aura beau invoquer que PKP dispose d’un empire florissant, il n’a aucune obligation morale d’appuyer comme il le fait les entreprises culturelles québécoises et, cela, dans des domaines aussi variés que la musique, les musées, les arts visuels, la danse, etc…

On ne peut que se réjouir du mécénat de PKP et envisager avec confiance un scénario semblable s’il devient chef du PQ et avec plus d’ampleur dans l’hypothèse où il occupe le siège de premier ministre du Québec.

Conséquemment, je me range avec optimisme du côté des signataires lorsqu’ils concluent que « Pour Pierre Karl, la culture est et sera toujours une priorité. Nous reconnaissons la contribution exceptionnelle de Pierre Karl Péladeau au développement et rayonnement de la culture québécoise dans toute sa diversité. »

quebechebdo 30 avril 2015
vigile.net tribune libre 30 avril 2015
 

La conjointe de l’autre

29 avril 2015

La saga concernant les Productions J, propriété de Julie Snyder, et le gouvernement du Québec en ce qui a trait à la légitimité pour l’entreprise de Mme Snyder de bénéficier du crédit d’impôt remboursable pour la production cinématographique et télévisuelle a pris, aux dires de la productrice, des allures de vendetta.

Selon le gouvernement, l'entreprise de Mme Snyder ne serait pas « indépendante », parce que trop liée avec le réseau TVA. « Ce que fait le gouvernement, c’est d’insinuer que je ne suis que la conjointe de quelqu’un. Que si j’ai des contrats, c’est parce que je suis la compagne de quelqu’un d’autre. C’est super discriminatoire », réplique Julie Snyder.

Je formule l’hypothèse que Julie Snyder n’est pas la conjointe de Pierre Karl Péladeau. Dans ce cas, est-ce que le gouvernement Couillard aurait changé les règles malgré les intérêts de PKP dans Quebecor? Si la réponse est affirmative, le gouvernement devrait justifier le fait que les Productions J « sont trop liées » avec le réseau TVA. Par contre, dans l’hypothèse d’une réponse négative, il m’apparaîtrait clair que le conjoint de Mme Snyder devient la cause de la décision du gouvernement.

En termes clairs, Julie Snyder est-elle la victime d’une décision politique aux allures de vendetta de la part du gouvernement Couillard? Ou le gouvernement désire-t-il montrer patte blanche dans cette saga en jouant la carte de la justice envers les autres entreprises? En ce qui me concerne, j’aurais plutôt tendance à jouer la carte de la discrimination envers la conjointe de l’autre.

quebechebdo 29 avril 2015
vigile.net tribune libre 30 avril 2015
 

Ne coupez pas dans l’éducation

28 avril 2015

D’entrée de jeu, je vous confie que je ne suis pas un amateur de galas. Toutefois, je dois reconnaître que l’intervention de Philippe Laprise au moment d’accepter son prix artiste d’émissions jeunesse m’a particulièrement touché.

La simplicité et la sincérité dont il a fait preuve lorsqu’il a abordé toute l’importance qu’il accordait aux enseignants qu’il a rencontrés lors de son séjour sur les bancs d’école en tant qu’élève ayant un déficit d’attention a fait réagir la foule par des applaudissements nourris. Particulièrement lorsqu’il a avoué qu’il ne serait pas là où il est aujourd’hui sans le concours de ses enseignants.

Finalement, le lauréat conclut en faisant le vœu que le gouvernement fasse le bon choix en ne coupant pas dans l’éducation…Un message qui a semblé rejoindre toute la colonie des artistes présente à l’occasion du gala Artis, et un appui de taille pour la qualité et le maintien des services aux élèves!

quebechebdo 28 avril 2015
 

Vers une nouvelle pratique religieuse

27 avril 2015

C’est un secret de polichinelle, les églises du Québec, depuis le début des années 60, se sont vidées à vitesse grand V, passant de 85 % de fréquentation à 5 % aujourd’hui. Pourtant, les non-pratiquants continuent, pour la plupart, de se déclarer encore croyants, telle une flamme d’espoir qui a réussi à passer à travers les crises de l’Église catholique.

Alors, que s’est-il donc passé pour expliquer ce phénomène? Comment se fait-il que le message ait survécu au temps alors que le canal se soit effrité avec les décennies? Que s’est-il passé pour que la « pratique » religieuse ait été abandonnée avec autant de désinvolture? Des questions qui suscitent des commentaires variés parmi lesquels j’aimerais en aborder un qui me semble prioritaire.

Je veux parler de la scission qui s’est opérée entre le clergé et ses « fidèles », une scission idéologique sur l’interprétation du message du Christ dans les Évangiles. En effet, les « fidèles » d’aujourd’hui refusent d’être astreints à la pratique dominicale obligatoire, tel un rituel qu’ils jugent inutile et fastidieux, et préfèrent vivre ce message dans leur vie quotidienne.

Dans ce contexte, il devient impératif que l’Église renoue avec ses ouailles en descendant dans la rue pour rétablir la « communion » avec eux, à défaut de quoi la traditionnelle « pratique religieuse » s’éteindra à jamais de l’imaginaire collectif québécois pour être substituée par une véritable « pratique religieuse » axée sur le modèle du Christ, à savoir sur son message d’amour et de charité.

quebechebdo 27 avril 2015 

L’infantilisme de François Blais

26 avril 2015

Récemment, le ministre de l’Éducation François Blais recommandait aux dirigeants des universités et des cégeps d’expulser quelques élèves par jour, alléguant que « ça va faire réfléchir les autres, c'est clair…On fait ça avec les enfants, quand on veut les corriger ou corriger leur comportement ».

Aujourd’hui, devant les menaces de moyens de pression de la part des enseignants, le ministre, quoique se disant sensible à leurs doléances, leur rappelle toutefois qu’« il y a des règles à respecter dans les conventions collectives, [qu’] il y a des heures d’assiduité, [qu’]on ne peut pas permettre qu’il y ait dérogation ». Et, comme pour enfoncer le clou de la culpabilisation, François Blais en rajoute : « Il faut qu’ils fassent attention au fait que les parents leur confient ce qu’ils ont de plus précieux [leurs enfants]. Les parents font confiance aux enseignants et c'est important, pour les enseignants, dans les moyens qu'ils vont choisir, qu'ils maintiennent ce lien de confiance. C'est un conseil que je leur donne ».

Au lieu de se lancer dans des déclarations infantilisantes qui n’auront aucun effet sur des adultes majeurs et vaccinés, le ministre Blais aurait nettement avantage à s’asseoir avec les principaux intéressés et discuter d’adultes à adultes dans le but d’échanger sur les positions de chacune des parties…Une démarche qui démontrerait une attitude responsable et mature de la part du ministre!

quebechebdo 26 avril 2015
vigile.net tribune libre 27 avril 2015
 

Le PQ tire de la patte

25 avril 2015

Le dernier sondage CROP révèle que le PQ, avec Pierre Karl Péladeau comme chef, recule de 7 % dans les intentions de vote des Québécois par rapport à mars dernier alors que l’option souverainiste grimpe de 6 %. Un constat qui laisse PKP perplexe : «Je trouve ça effectivement curieux que la souveraineté soit en hausse et le Parti québécois en baisse parce que le Parti québécois a toujours été le véhicule de la souveraineté».

À mes yeux, PKP, depuis son entrée fracassante en politique, a réussi à attiser la fibre souverainiste sans pour autant l’associer au Parti québécois qui ne semble plus « le véhicule de la souveraineté », particulièrement chez la jeune génération. C’est pourquoi le défi du candidat Péladeau se présente dans une remobilisation des souverainistes au sein du PQ, une tâche titanesque, considérant les dernières décennies de tergiversations du PQ sur son option fondamentale souvent reléguée dans le placard.

À cet effet, les candidats qui demeurent en liste dans la course à la direction du PQ doivent redoubler d’ardeur pour recentrer le PQ au cœur de son option fondamentale sans quoi la locomotive risque de se détacher du convoi et manquer de munitions lorsqu’arrivera la prochaine campagne électorale.

quebechebdo 25 avril 2015
 

La sortie ratée

24 avril 2015

Dans son mot de clôture lors du troisième débat des candidats à la direction du Parti québécois à Québec, Bernard Drainville a mis les péquistes en garde contre la «tentation de se raccrocher à cette idée de l'homme providentiel» et du «sauveur». «Moi, je pense que c'est un mirage». Une flèche on ne peut pas plus directe à l’endroit de Pierre Karl Péladeau.

Moins d’une semaine plus tard, un revirement inattendu, M Drainville se retire de la course et se rallie à PKP. Vous me direz qu’il est difficile de s’y retrouver, je ne peux vous en blâmer. Je peux comprendre les motifs du retrait du député de Marie-Victorin lorsqu’il affirme que le combat était perdu et qu’il privilégie l’unité du parti.

Toutefois, là où le bât blesse avec acuité, c’est le fait qu’il se rallie au candidat qu’il pointait, quelques jours auparavant, comme un « mirage », un qualificatif pour le moins dénigrant. Difficile de croire qu’un homme de la trempe de Bernard Drainville ait pu changer d’idée de façon aussi draconienne en si peu temps. À mon sens, l’ex-candidat Drainville a raté sa sortie, il aurait dû demeurer neutre et ainsi ne pas influencer ses appuis dans le choix de leur candidat…C’est une question d’éthique professionnelle et de respect des libertés individuelles.

quebechebdo 24 avril 2015
Le Journal de Québec 25 avril 2015
 

La « quotamanie »

23 avril 2015

Je ne sais pas si vous éprouvez la même sensation que moi mais, lorsque j’entends le ministre Barrette parler de quotas imposés aux médecins, j’ai l’impression qu’il traite les patients comme des numéros catalogués de façon arbitraire.

La dernière trouvaille du « ministre des quotas » touche les soins à domicile, reconnus comme des activités médicales particulières, qui deviennent des activités d’établissement jugées prioritaires et pour lesquelles tous les médecins doivent faire un nombre d’heures minimal. Ainsi, un patient avec des besoins complexes et en perte d’autonomie sévère suivi à domicile équivaut à 12 patients ordinaires. Pour les soins palliatifs à domicile, on parle d’un ratio de 25 pour 1. Pour les premiers, le quota maximum est de 100 patients par médecin de famille, pour les seconds, 40 patients.

Comment Gaétan Barrette, lui-même médecin de profession, peut-il sérieusement parvenir à de tels quotas lorsque le simple profane peut très bien comprendre que chaque patient demeure un cas unique qui nécessite le temps qu’il faut lui accorder pour répondre à ses attentes? Une question toute simple à laquelle je n’ai aucune réponse adéquate…En attendant que le ministre retrouve le gros bon sens, vogue la galère des quotas!

quebechebdo 23 avril 2015
vigile.net tribune libre 27 avril 2015 "La "quotamanie" de Gaétan Barrette"

PKP au premier tour

23 avril 2015

Avec le retrait de Bernard Drainville de la course à la direction du PQ et son appui au favori Pierre Karl Péladeau, il m’apparaît de plus en plus possible que PKP soit élu dès le premier tour de scrutin.

En effet, si l’on considère que les appuis des sept députés dont bénéficiait le député de Marie-Victorin rejoindront en grande partie le clan du député de Saint-Jérôme, et l’avance de PKP sur les autres candidats selon les derniers sondages, il serait surprenant que l’un d’eux puisse recueillir assez de votes pour empêcher PKP d’atteindre le 50 % +1 au premier tour.

Enfin, pour ce qui est de Bernard Drainville, je crois que les huées qu’il a dû subir lors du dernier débat en attaquant la stratégie référendaire de PKP ont constitué la goutte qui a fait déborder le vase. Le député de Marie-Victorin, en gagnant qu’il est, a donc pris une décision pragmatique en se retirant de la course tout en s’assurant d’une place de choix auprès du futur chef du PQ.

quebechebdo 23 avril 2015
 

Budget Oliver: L’art de pelleter par avant

22 avril 2015

C’est avec la fierté du paon arborant son plumage que le ministre des Finances, Joe Oliver, a déposé en Chambre un budget équilibré. Pourtant, quand on y regarde de près, on s’aperçoit rapidement que des contorsions fiscales ont dû être exercées pour parvenir à l’objectif visé par les Conservateurs pour se donner un beau portrait de famille à la veille des élections fédérales prévues à l’automne.

D’entrée de jeu, pour en arriver à un budget équilibré, le ministre des Finances fait passer la réserve pour éventualités de 3 à 1 milliard de dollars, une mesure sans laquelle le budget aurait affiché un déficit de 600 millions.

Toutefois, là où le bât blesse davantage, c’est le nombre de mesures annoncées qui s’étaleront sur plusieurs années ou qui seront en vigueur dans l’avenir. À titre d’exemples, notamment aux niveaux de la recherche scientifique, des infrastructures, de la défense ou de la réduction d’impôt pour les petites entreprises où les effets du budget Oliver ne se feront sentir qu’en 2016-2017, voire même en 2019.

Même la sécurité, qui incarne le fer de lance du gouvernement Harper, n’échappe pas à cet étalement des dépenses, le ministère de la Défense nationale se voit promettre une indexation automatique de son budget annuel de 3 %, plutôt que 2 %, à partir de 2017, et ce, sur 10 ans. Par ailleurs, le gouvernement accorde un total de 293 millions supplémentaires à la Gendarmerie royale du Canada, au Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) et à l’Agence des services frontaliers pour qu’ils s’acquittent plus facilement de leurs nouvelles responsabilités. L’investissement, là encore, n’est que de 18 millions cette année, le gros de l’enveloppe survenant entre 2018 et 2020.

L’autre important volet de ce budget est la promesse d’investir dans le transport en commun dans les grandes villes du Canada où le chiffre de 1 milliard s’avère trompeur. En fait, les fonds ne commenceront à affluer que dans deux ans, et encore, à raison de 250 millions la première année et 500 millions la deuxième. Ce n’est qu’en 2019, soit au prochain rendez-vous électoral, que ce sommet d’un milliard sera atteint.

Une nouveauté, Ottawa fait passer à 10 000 $ le maximum annuel qu’un contribuable peut verser à un Compte d’épargne libre d’impôt (CELI), malgré les mises en garde du directeur parlementaire du budget, qui estime que cette mesure ne profitera qu’aux plus riches. Et enfin, les plus importantes dépenses qui ont lieu cette année sont celles destinées aux familles, à savoir la bonification des prestations mensuelles pour enfants et le fractionnement du revenu, lesquelles avaient déjà été annoncées en octobre dernier par Stephen Harper.

Et voilà, la table est mise pour le prochain scrutin fédéral, les convives risquent d’être éblouis par la variété du menu. Toutefois, ils devront patienter encore longtemps avant de pouvoir déguster les mets présentés…à moins qu’un autre traiteur leur fasse miroiter des agapes plus alléchantes qu’ils pourront déguster dans un proche avenir… Toutefois, disons que, pour l’instant, le menu libéral est plutôt discret! 

quebechebdo 22 avril 2015
viile.net tribune libre 24 avril 2015 "L'ar de pelleter par avant"