La main de fer dans le gant de velours

20 mai 2015

Pour avoir œuvré plus de 30 ans dans le monde de l’éducation, le billet de Richard Martineau paru dans le Journal du 19 mai sous le titre « École : la dictature de l’autorité » m’interpelle au plus haut point.

Au début de ma carrière dans l’enseignement, comme tout jeune professeur, j’ai adopté l’attitude du prof près de ses élèves dans l’intention de créer un lien avec eux et ainsi de pouvoir mieux communiquer ma matière. Toutefois, j’ai vite réalisé que cette approche pédagogique conduisait rapidement à une sorte de camaraderie inconciliable avec mon rôle d’enseignant.

Avec le temps, j’ai pris un recul face à mes élèves de telle sorte que le climat dans la classe s’est progressivement apaisé pour le plus grand bien de la communication des connaissances, ce pourquoi, en réalité,  j’avais décidé d’endosser cette profession. En réalité, j’avais décidé d’opter pour l’autorité.

Une autorité qui ne s’impose pas mais qui s’acquiert avec le temps en adoptant la main de fer dans le gant de velours, à savoir une attitude autoritaire tout en ayant la sagesse d’accepter les écarts de conduite occasionnels des élèves.

Aujourd’hui, quand je rencontre mes anciens élèves, ils me remercient d’avoir agi de la sorte et la plupart d’entre eux gardent un bon souvenir de moi parce que, disent-ils, « avec vous, on savait où on allait »…En fait, n’est-ce pas cela enseigner? Communiquer des connaissances dans un climat propice à l’apprentissage.

quebechebdo 20 mai 2015 
vigile.net tribune libre 22 mai 2015 " À props de notre jeunesse…"

Le défi titanesque de PKP

19 mai 2015

Parmi tous les chiffres qui sont ressortis du dernier sondage Léger-Le Journal-Le Devoir, je retiens surtout de l’effet Péladeau le nouvel engouement de la jeunesse québécoise pour un Parti québécois dirigé par PKP, et le fait que le nouveau chef du PQ soit nettement le mieux perçu parmi les chefs des autres partis pour développer l’économie du Québec, ce qui démontre à mes yeux l’intérêt marqué des jeunes pour l’économie.

Pour ce qui est des actions de PKP dans Québecor, les Québécois ne semblent pas inquiets de cette situation puisque 43 % seront satisfaits s’il confie un mandat à une fiducie pour gérer ses avoirs et que 52 % se montrent indifférents, des résultats qui enlèvent des minutions aux libéraux et aux caquistes qui misent sur cet argument pour déstabiliser M Péladeau.

Enfin, quoique 42 % des personnes sondées voteraient « oui » à un référendum sur l’indépendance du Québec, Pierre Karl Péladeau se devra de démontrer qu’il a la stature nécessaire pour rallier d’une part, les forces souverainistes et d’autre part, les indécis…Un défi titanesque qui attend le nouveau chef du PQ!

quebechebdo 19 mai 2015
Le Soleil 22 mai 2015
 

L’immigration à vitesse grand V

18 mai 2015

J’ai reçu récemment par courrier électronique un message fort révélateur sur la croissance astronomique des immigrants à Rimouski de 2004 à 2011. En voici les grandes lignes.

En 2004,  4 familles musulmanes  arrivent à Rimouski et s'y installent…

Printemps 2005, 14 autres familles musulmanes viennent les rejoindre…

Été et automne 2005, 26 autres  familles islamiques arrivent à Rimouski…

En 2006, Rimouski reçoit 55 familles islamiques et certaines d'entre elles étant financièrement très à l’aise font une demande à la Ville de Rimouski pour y avoir au moins une rue au nom de l'un de leur grand prêtre islamique…

En 2007, 65 nouvelles familles islamiques arrivent à Rimouski et, à l'automne 2007, elles reçoivent le OK pour une rue en leur honneur…

Au printemps 2008, une nouvelle rue fait son apparition, tout près du Wall-Mart, soit la première rue au sud du boul. Arthur-Bhuis et porte le nom de : Rue MOHAMED ALEI SAB….

Cette même année :
En 2008, 90 familles islamiques arrivent à Rimouski…
En 2009, 140 familles du même genre arrivent à Rimouski…
En 2010,  25 familles islamiques arrivent à Rimouski PAR MOIS…

OUI oui, vous avez bien lu, 300 familles islamiques en 2010 seulement… En 2011, 400 familles de ce genre sont attendues…Attendez-vous de voir Rimouski grossir à vue d'œil au cours des prochaines années, et le grand développement entre la 2e rue et le sud du boul. Arthur Bhuis Est leur appartient à 95%…Et tout cela, en seulement sept ans!

quebechebdo 18 mai 2015

La flèche empoisonnée

17 mai 2015

Jean-Marc Fournier aura attendu la veille du dévoilement du nouveau chef du Parti québécois pour lancer son expression lapidaire « le PQ, le parti Québécor », faisant allusion bien sûr à l’élection probable de Pierre Karl Péladeau.

À cet effet, j’aimerais vous faire part d’une réalité qui ne fait aucun doute dans mon esprit, à savoir que, en tant que client abonnée du Soleil et du Journal de Québec, je puis vous assurer que la neutralité des chroniqueurs ressort davantage dans le média de Québécor que dans celui de Desmarais où la ligne éditoriale est clairement fédéraliste.

Pour ce qui est du « possible » conflit d’intérêt de PKP en tant qu’actionnaire de Québécor et chef du PQ, je laisse le soin à la commission parlementaire instaurée à cet effet de statuer, le député de Saint-Jérôme ayant déjà déclaré qu’il placerait ses actions dans une fiducie sans droit de regard.

En bref, M Fournier aurait avantage à s’occuper des « vraies affaires » au lieu de s’acharner à lancer des flèches empoisonnées sur tout ce qui bouge…un rôle qui, d’ailleurs, lui va à merveille!

quebechebdo 17 mai 2015
vigile.net tribune libre 26 mai 2015 "Qu'on passe aux "vraies affaires!"" 
 

Un chef, ses convictions et ses aspirations

16 mai 2015

Encore enfant, mon père me disait souvent : « Quand tu crois fortement à quelque chose, ça va arriver! »…Et je dois vous avouer que cette attitude d’esprit m’a généralement bien servi dans la vie. Pourquoi? Parce que tes convictions deviennent le moteur des décisions et des actes que tu poses. Et, de là, leur force.

À cet effet, c’est Denise Bombardier qui écrit dans son billet du 16 mai : « À Québecor, PKP était le maître, comme le fut avant lui son père, et ainsi l’on peut dire qu’il est le digne fils de ce dernier. La prudence qu’il a manifestée en affaires ne l’a aucunement inspiré lorsqu’il a pris la décision solitaire de faire le saut en politique. L’explication est simple. PKP est un croyant, un homme de foi. Il croit à l’indépendance du Québec comme d’autres croient en Dieu. »

Les aspirations de Pierre Karl Péladeau sont claires : faire du Québec un pays et, pour y arriver, il a la tâche herculéenne de convaincre les Québécois d’embarquer avec lui dans son bateau.  «Ce soir, nous commençons le grand rassemblement du Parti québécois; le grand rassemblement des souverainistes et des indépendantistes…Vous m'avez confié un mandat fort et clair: Faire du Québec un pays! La grande coalition pour l'indépendance doit renaître.»

Mais, il faut bien l’admettre, le défi est gigantesque. La déconfiture d’avril 2014 a laissé des cicatrices profondes au sein des partisans de la cause indépendantiste. L’intensité de la flamme de 1995 peine à se maintenir allumée, particulièrement chez les moins de 35 ans qui ont les yeux tournés vers d’autres horizons. Pierre Karl Péladeau doit et trouver le discours, et établir la confiance et créer les circonstances pour rallumer cette flamme.

Par ailleurs, l’ex « success story » possède une carte majeure dans son jeu, à savoir son expérience chevronnée dans le monde des affaires, un atout indéniable compte tenu de la place prépondérante qu’occupe l’économie pour tous les citoyens du Québec, y compris les jeunes. Si la souveraineté du Québec doit se faire, elle passera par un taux de croissance économique fort. Sous le gouvernement Marois le PQ a été perçu comme une entrave au développement économique. De là l’urgence de renverser cette perception.

PKP est venu en politique pour « faire du Québec un pays ». Les portes lui sont maintenant ouvertes mais le champ auquel il fait face est loin d’être dénué d’obstacles, à commencer par les libéraux et les caquistes qui ne se gêneront pas pour jouer la carte d’une « souveraineté passée date ». Au nouveau chef du PQ de remettre sur la carte les avantages de l’indépendance du Québec…et je suis convaincu que ses convictions et ses aspirations seront ses meilleurs atouts pour y parvenir!

quebechebdo 16 mai 2015
vigile.net tribune libre 16 mai 2015
Le Journal de Québec 17 mai 2015

La triste histoire de Benjamin

15 mai 2015

J’ai lu avec beaucoup d’intérêt le billet de Pierre Martin paru dans le Journal du 15 mai sous le titre « Pourquoi Benjamin doit retourner à l’école. » Une histoire qui donne froid dans le dos tellement le scénario est pitoyable, voire inhumain.

Benjamin est un jeune enfant autiste profondément atteint qui s’est vu refuser l’accès à sa classe dans une école spécialisée pour des motifs budgétaires. Par ailleurs, on apprend de la bouche d’un parent qui avait un enfant autiste maintenant décédé que son « passage à l'école avait été la plus grande source de bonheur de toute la vie de son enfant. »

Lorsque des raisons purement budgétaires viennent priver ces enfants de ces rares moments de bonheur auxquels ils ont droit, nous sommes en droit de nous demander si notre gouvernement ne s’est pas désincarné en machine à sous au détriment du rôle éducatif qui lui incombe pour « tous » les enfants du Québec. Oui, tous les Benjamin doivent demeurer à l’école…C’est une question d’éthique et de justice sociale élémentaires!

quebechebdo 15 mai 2015
 

La Journée nationale des patriotes…en 2015

14 mai 2015

Au-delà du devoir de rappel envers les patriotes de 1837-1838 qui ont défendu corps et âme la nation canadienne-française, j’ai voulu m’attarder un peu sur le sens que prend aujourd’hui le « patriote » tel que défini par le Larousse : « Qui aime ardemment sa patrie et le prouve par ses actes. »  Sur Wikipédia, on définit le  patriotisme comme étant « le dévouement d'un individu envers son pays qu'il reconnaît comme étant sa patrie. »

De son côté, le Mouvement national des Québécoises et des Québécois (MNQ) affirme sur sa page de présentation concernant la Journée nationale des patriotes 2015 qu’ « aujourd’hui encore, on retrouve partout des patriotes engagés dans les mêmes combats et animés du même courage que celui des Patriotes de 1837-1838. Depuis 1837, ces patriotes ont non seulement assuré un devoir de mémoire, mais aussi un devoir de vigilance, en vue de préserver notre culture, nos droits et nos institutions. Méditant les leçons du rapport Durham, chaque génération depuis 1837 s’est ainsi donné les moyens de maintenir haut le flambeau de la lutte nationale et faire en sorte que le Québec ne sombre pas tout entier dans l’orbite de l’Amérique anglo-saxonne. »

Bien sûr qu’il ne faut pas s’attendre à ce que les batailles actuelles soient aussi virulentes que celles de la rébellion de 1837-1838. Néanmoins, la question se pose : Existe-t-il de nos jours des patriotes qui répondent aux définitions précédentes et qui maintiennent « haut le flambeau de la lutte nationale ? » Des hommes et des femmes de notre temps qui font « en sorte que le Québec ne sombre pas tout entier dans l’orbite de l’Amérique anglo-saxonne ? »

Où sont passés les René Lévesque, les Pierre Falardeau, les Michel Chartrand, les Simone Monet, les Pierre Bourgault, des hommes et des femmes qui ont épousé la cause au prix de leur vie personnelle ? Des hommes et des femmes viscéralement impliqués dans la mission qu’il s’était donnée et qui ont dû lutter inlassablement pour la défense de la cause qui leur tenait à cœur.

Notre monde moderne a tendance à créer rapidement des héros qui disparaissent aussi rapidement de la mémoire collective des Québécois, des « héros de passage » qui n’ont laissé que l’illusion d’une profonde conviction qui s’est dissipée dans les dédales du pouvoir une fois qu’ils ont accédé à ce même pouvoir.

En conclusion, nous en sommes encore à souligner la Journée nationale des patriotes en référence aux Papineau, De Lorimier, Chénier, etc, et je suis heureux que cette commémoration se poursuive de nos jours. Toutefois, j’apprécierais qu’émane de la société actuelle un personnage plus grand que nature qui réussirait à insuffler cet élan de fierté de la nation québécoise et qui la conduirait enfin à son plein épanouissement…Un souhait réalisable ? Je l’espère de tout coeur !…

quebechebdo 14 mai 2015
vigile.net tribune libre 18 mai 2015 "Où sont les patriotes d'aujourd'ui?" 

L’éducation commence à la maison

13 mai 2015

D’entrée de jeu, je tiens à souligner que les commentaires qui suivent ne touchent pas tous les parents mais une certaine proportion dont le comportement face à l’éducation de leur enfant laisse pour le moins à désirer. J’en ai pour cause ce petit récit véridique que j’ai vécu lors de mon passage à la direction d’une école il y a quelques années.

Un élève, ayant été surpris à tenter de vendre de la drogue à l’école, est convoqué à mon bureau en compagnie de sa mère, un geste qui est sanctionné d’une expulsion automatique dans notre école. Je demande d’abord à rencontrer la mère dans l’espoir d’obtenir son appui pour une possibilité de garder son fils en nos murs, moyennant certaines conditions.

C’est alors que la mère, après m’avoir écouté, me répond qu’elle préfère fumer un joint les fins de semaine à la maison avec son fils plutôt que de le laisser sortir avec ses amis et de boire de la bière, alléguant qu’elle craignait que son fils ne devienne alcoolique comme son oncle…Vous comprendrez que, devant une telle attitude de non-collaboration de la part de la mère, il ne me restait qu’à expulser le jeune!

Dans son billet du 12 mai paru dans Le Journal sous le titre « Le Québec croit-il en l’éducation? », Mathieu Bock-Côté, concernant l’attitude laxiste de certains parents, abonde en ces termes : « Il était une fois un autre monde où l’enseignant se savait soutenu par les parents. Il est bien révolu, ce temps. » Et, de conclure M Bock-Côté, « Si nous ne croyons pas que l’éducation est la chose la plus importante au monde, nous ne progresserons jamais vraiment. » Un constat auquel je souscris entièrement.

quebechebdo 13 mai 2015
 

Des trop-perçus…mal perçus

12 mai 2015

Je ne sais pas si vous éprouvez la même indignation et la même frustration que moi, mais lorsque je constate les sommes astronomiques déclarées par Hydro-Québec en trop-perçus au cours des sept dernières années [1,4 G$] et que, en tant que client, j’ai subi des hausses de tarifs au cours de cette même période, j’ai la nette impression d’avoir été floué par notre société d’État.

Aux dires de Marc-Olivier Moisan-Plante, économiste à l’Union des consommateurs, «si le 1,4 G$ avait été remis dans les tarifs dans une année, cela aurait provoqué sur le coup une baisse des tarifs d’électricité d’H-Q de l’ordre de 12%». Selon ses calculs, la baisse aurait été de 121 $ après taxes pour un petit logement et de 290 $ pour un bungalow chauffé à l’électricité. «Devant la Régie de l’énergie, la société d’État sous-estime systématiquement ses revenus ou surestime ses dépenses lorsque vient le temps de faire approuver ses tarifs»

Et comme si ce n’était pas assez, alors que la Régie a finalement mis en place un plan de partage des trop-perçus entre la société d’État et les clients d’Hydro-Québec l’an dernier, le gouvernement Couillard, avec le projet de loi 28 récemment adopté, a décidé de s’approprier les trop-perçus de 160 M$ qui auraient pu servir à réduire la facture d’électricité des consommateurs en 2016.

Dans toute cette saga méprisante, les Québécois se trouvent à incarner les dindons de la farce dont le rôle est de garnir l’assiette au beurre d’Hydro-Québec qui refile ses profits abusifs dans les goussets du gouvernement…Pathétique et révoltant!

quebechebdo 12 mai 2015
vigile.net tribune libre 12 mai 2015
cyberpresse.ca 15 mai 2015
 

In medio stat virtus

11 mai 2015

Dernièrement, je suis allé prendre un petit déjeuner sur une terrasse dans le Vieux-Québec avec ma conjointe. On nous a placés à une table tout près du trottoir. Après quelques minutes, je me suis allumé une cigarette. Quelques secondes plus tard, un employé du restaurant est venu m’avertir qu’il était défendu de fumer sur la terrasse. J’ai aussitôt obéi et me suis déplacé sur le trottoir tout près de la terrasse.

Vous comprendrez que la fumée de ma cigarette se dissipait autant sur le trottoir que sur la terrasse mais, je respectais de la sorte le règlement! C’est alors que je me suis rappelé de mes cours en latin et que m’est revenue cette maxime, « In médio stat virtus » que je traduirais par « En mesurant trop, on entre en démesure ».

Comme le proclamait à raison Aristote dans son « Éthique à Nicomaque » : « L'excès est une faute et le manque provoque le blâme ; en revanche, la juste moyenne obtient des éloges et le succès, double résultat propre à la vertu. La vertu est donc une sorte de moyenne, puisque le but qu'elle se propose est un équilibre entre deux extrêmes… »

quebechebdo 11 mai 2015
Le Devoir 19 mai 2015