L’éducation commence à la maison
D’entrée de jeu, je tiens à souligner que les commentaires qui suivent ne touchent pas tous les parents mais une certaine proportion dont le comportement face à l’éducation de leur enfant laisse pour le moins à désirer. J’en ai pour cause ce petit récit véridique que j’ai vécu lors de mon passage à la direction d’une école il y a quelques années.
Un élève, ayant été surpris à tenter de vendre de la drogue à l’école, est convoqué à mon bureau en compagnie de sa mère, un geste qui est sanctionné d’une expulsion automatique dans notre école. Je demande d’abord à rencontrer la mère dans l’espoir d’obtenir son appui pour une possibilité de garder son fils en nos murs, moyennant certaines conditions.
C’est alors que la mère, après m’avoir écouté, me répond qu’elle préfère fumer un joint les fins de semaine à la maison avec son fils plutôt que de le laisser sortir avec ses amis et de boire de la bière, alléguant qu’elle craignait que son fils ne devienne alcoolique comme son oncle…Vous comprendrez que, devant une telle attitude de non-collaboration de la part de la mère, il ne me restait qu’à expulser le jeune!
Dans son billet du 12 mai paru dans Le Journal sous le titre « Le Québec croit-il en l’éducation? », Mathieu Bock-Côté, concernant l’attitude laxiste de certains parents, abonde en ces termes : « Il était une fois un autre monde où l’enseignant se savait soutenu par les parents. Il est bien révolu, ce temps. » Et, de conclure M Bock-Côté, « Si nous ne croyons pas que l’éducation est la chose la plus importante au monde, nous ne progresserons jamais vraiment. » Un constat auquel je souscris entièrement.
quebechebdo 13 mai 2015
Henri Marineau

