La main de fer dans le gant de velours
Pour avoir œuvré plus de 30 ans dans le monde de l’éducation, le billet de Richard Martineau paru dans le Journal du 19 mai sous le titre « École : la dictature de l’autorité » m’interpelle au plus haut point.
Au début de ma carrière dans l’enseignement, comme tout jeune professeur, j’ai adopté l’attitude du prof près de ses élèves dans l’intention de créer un lien avec eux et ainsi de pouvoir mieux communiquer ma matière. Toutefois, j’ai vite réalisé que cette approche pédagogique conduisait rapidement à une sorte de camaraderie inconciliable avec mon rôle d’enseignant.
Avec le temps, j’ai pris un recul face à mes élèves de telle sorte que le climat dans la classe s’est progressivement apaisé pour le plus grand bien de la communication des connaissances, ce pourquoi, en réalité, j’avais décidé d’endosser cette profession. En réalité, j’avais décidé d’opter pour l’autorité.
Une autorité qui ne s’impose pas mais qui s’acquiert avec le temps en adoptant la main de fer dans le gant de velours, à savoir une attitude autoritaire tout en ayant la sagesse d’accepter les écarts de conduite occasionnels des élèves.
Aujourd’hui, quand je rencontre mes anciens élèves, ils me remercient d’avoir agi de la sorte et la plupart d’entre eux gardent un bon souvenir de moi parce que, disent-ils, « avec vous, on savait où on allait »…En fait, n’est-ce pas cela enseigner? Communiquer des connaissances dans un climat propice à l’apprentissage.
quebechebdo 20 mai 2015
vigile.net tribune libre 22 mai 2015 " À props de notre jeunesse…"
Henri Marineau

