Une bataille Bloc-NPD

15 juin 2015

Le retour de Gilles Duceppe à la tête du Bloc québécois laisse entrevoir certes des jours meilleurs pour la défense des droits du Québec sur la scène fédérale pour autant que le Bloc de Duceppe réussisse à faire une percée au Québec.

D’autre part, la victoire surprenante du NPD en Alberta et la popularité relative dont jouit Thomas Mulcair risquent de créer un effet en chaîne sur le reste du Canada, y compris le Québec qui, ne l’oublions pas, a été envahi par la vague orange lors du dernier scrutin fédéral.

Pour ce qui est des conservateurs et des libéraux, il est fort à prévoir qu’ils récolteront des miettes au Québec où la bataille se jouera entre les bloquistes et les néo-démocrates. Une bataille étroitement liée à performance des deux chefs auprès de l’électorat québécois qui aura à trancher pour le parti qui représentera le mieux ses intérêts à Ottawa.

Le défi de Gilles Duceppe, à quelques mois des élections, est herculéen. Celui de Thomas Mulcair l’est tout autant puisqu’il a à prouver que la percée du NPD au Québec en 2011 n’était pas due essentiellement à la popularité de Jack Layton….une bataille qui risque d’être fort intéressante!

quebechebdo 15 juin 2015
 

La porte est ouverte, M Aussant

14 juin 2015

L’invitation de Jean-Martin Aussant de « mettre fin aux exils » prononcée lors de son allocution aux funérailles de Monsieur Parizeau a fait couler beaucoup d’encre, certains y voyant un retour éventuel au Québec de l’ex-chef et fondateur d’Option nationale, d’autres un appel au rassemblement des forces souverainistes. Quoiqu’il en soit, JMA ne peut se dissocier des deux interprétations, compte tenu que l’une et l’autre, s’il demeure conséquent, sont indissociables dans son cas personnel.

De son côté, Pierre Karl Péladeau s’est montré ouvert au retour de JMA dans le giron du PQ : « J’ai l’intime conviction que Jean-Martin Aussant est un indépendantiste, j’ai l’intime conviction que nous partageons cet objectif. Dans la perspective du rassemblement, chose certaine, nous allons échanger ensemble. » 

À cet effet, je crois que la formation d’économiste réputé de JMA représente à n’en pas douter un atout majeur dans le débat sur la souveraineté du Québec. Et PKP aurait tout avantage à lui offrir un poste de conseiller économique spécial au sein du PQ, une proposition qui pourrait avoir l’heur de ramener d’exil l’économiste chevronné et l’indépendantiste convaincu.

quebechebdo 12 juin 2015
Le journal de Québec 14 juin 2015 
vigile.net tribune libre 16 juin 2015  

Un nouveau Duceppe?

11 juin 2015

Mon père me disait souvent qu’ « on ne fait pas du neuf avec du vieux », un adage qu’on pourrait appliquer au « retour d’exil » de Gilles Duceppe à la tête du Bloc québécois. Et de fait, telle a été ma première réaction lorsque j’ai appris cette nouvelle.

Connaissant le stratège attentiste qu’a toujours incarné Gilles Duceppe au cours de sa carrière à Ottawa, je me suis dit que des frictions seront à prévoir entre lui et PKP pour qui le cap sur l’indépendance représente la raison d’être de sa venue en politique.

Toutefois, je dois avouer que la pugnacité avec laquelle M Duceppe a répondu aux questions d’Anne-Marie Dussault à l’émission 24/60 du 10 juin m’a agréablement surpris. J’ai eu l’impression d’entendre un « nouveau Duceppe » tellement ses arguments en faveur de la mobilisation des forces souverainiste étaient empreints d’une verve, voire d’une conviction, que je ne lui connaissais pas dans « son autre vie ».

Peut-être est-ce l’aura de Monsieur qui plane au-dessus de la tête de l’ex-nouveau-chef du Bloc…Je n’en serais absolument pas surpris, tellement les hommages rendus à Monsieur Parizeau à la suite de son décès ont rejailli sur les tenants de la cause indépendantiste du Québec!

quebechebdo 11 juin 2015 
vigile.net tribune libre 11 juin 2015

La fin des exils

10 juin 2015

Vers la fin de son hommage à Jacques Parizeau lors de ses obsèques, Jean-Martin Aussant s’exprime en ces termes : « S’il est une chose que son départ devrait amener, c’est la fin des exils, de tous les exils. Qu’ils soient géographiques ou intellectuels, il faut que chacun de nous participe à sa façon dans la construction de cette société pour laquelle il a tant travaillé… »

Venant de la bouche du fondateur d’Option nationale à la suite de son départ du PQ, et de celui qui s’est « exilé » en Angleterre, ces paroles revêtent une connotation spéciale et soulèvent des interrogations. Entre autres, est-ce à dire que JMA est prêt à retrouver le giron québécois ? Et montre-t-il, par ses paroles, une ouverture à réintégrer le PQ ?

Des questions auxquelles lui seul détient les réponses. Pour ma part, je demeure convaincu que JMA incarne un atout majeur dans l’accession du Québec à son indépendance. À preuve l’affection quasi filiale que lui vouait Jacques Parizeau…une affection qui devra se traduire un jour par « la fin des exils » pour le fils spirituel de Monsieur.

quebechebdo 10 juin 2015
vigile.net tribune libre 11 juin 2015
Le Soleil 12 juin 2015

 

Le lièvre et la tortue, version moderne

10 juin 2015

Tous se rappellent la fable de La Fontaine dans laquelle la tortue, vaillamment et lentement, a fini par gagner la course contre le lièvre qui se reposait après chaque sursaut d’énergie. La morale de cette histoire : rien ne sert de courir, il faut partir à point.

Le retour de Gilles Duceppe à la tête du Bloc québécois suppose nécessairement un travail de collaboration avec le chef du PQ, Pierre Karl Péladeau, une situation comparable à la fable de La Fontaine, M Duceppe incarnant la tortue, M Péladeau, le lièvre. Toutefois, dans le cas présent, la donne risque de changer.

En effet, nous connaissons tous l’empressement de PKP de mettre les cartes sur la table dans un court délai pour mettre en marche le processus d’accession du Québec à son indépendance. Par ailleurs, nous connaissons aussi la stratégie étapiste à laquelle s’est adonné l’ex-chef du Bloc tout au cours de ses années à Ottawa.

Il faut donc s’attendre à des frictions entre les deux hommes à ce sujet. Toutefois, je miserais davantage sur le lièvre pour cette course des temps modernes, la tortue ayant déjà fait la preuve par le passé que sa lenteur n’a fait que retarder l’issue de la course!

quebechebdo 10 juin 2015
 

Un scénario perdant

9 juin 2015

Si la rumeur se confirme, Mario Beaulieu cèderait sa place de chef du Bloc québécois à Gilles Duceppe, le chef actuel demeurant président du parti. Et cette « cession » sans aucune consultation auprès des membres du parti, ces derniers étant pourtant responsables de l’élection du chef du Bloc.

Si les dernières discussions entre les deux hommes sur le rôle que M Duceppe était prêt à jouer dans la prochaine campagne électorale a conduit à un tel scénario, je dois comprendre que les déclarations de M Beaulieu sur le « défaitisme et l’attentisme » qu’il reprochait à Gilles Duceppe se sont estompées comme par magie.

À mes yeux, je crois qu’une telle stratégie risquerait de nuire aux chances du Bloc de faire une percée au Québec lors du prochain scrutin fédéral parce qu’elle sent la magouille à plein nez…Et, de plus, les Québécois ne sont assez dupes pour redonner leur confiance à un ex-chef dont le parti a subi une dégelée catastrophique il y a à peine quatre ans!

quebechebdo 9 juin 2015
Le Journal de Québec 10 juin 2015

 

La guerre d’images

9 juin 2015

En 2014, l’ex-député caquiste de Chauveau, Gérard Deltell, avait récolté près de 53 % des suffrages contre 30 % pour les libéraux. Des résultats qui déteignent considérablement avec ceux du 8 juin 2015 alors que la candidate libérale, Véronyque Tremblay, l’a emporté sur la caquiste, Jocelyne Cazin, avec plus de 41 % des voix contre 33 % pour la candidate caquiste. En récoltant une avance de plus de 1900 voix, les libéraux ont pu ainsi renverser une avance de 10 000 voix de majorité sur la CAQ par rapport à 2014. Un coup dur pour la CAQ de François Legault qui voit sa députation dans la région de Québec réduite à un seul élu en la personne du député de La Peltrie, Éric Caire.

Des chiffres qui en disent long sur l’engouement suscité par Gérard Deltell en 2014 par rapport au parachutage de Jocelyne Cazin dont l’attachement à la région de Québec n’a pas trouvé suffisamment preneurs pour convaincre les citoyens de Chauveau.

À n’en pas douter, la bataille dans Chauveau s’est rapidement transformée en une guerre d’images entre les deux candidates vedettes. À preuve les deux dernières élections dans ce comté où les candidats les plus populaires, à savoir M Deltell et Mme Tremblay, ont obtenu de fortes majorités, et cela, indépendamment de leur allégeance politique.

quebechebdo 9 juin 2015
 

Le moment de vérité

8 juin 2015

Dans son essai paru chez Boréal, La souveraineté en héritage, le sociologue, professeur  et ancien sous-ministre responsable de la langue française dans le gouvernement Marois, Jacques Beauchemin, se montre catégorique : « Les carottes sont cuites. Si on ne fait pas la souveraineté maintenant, on ne la fera pas du tout. La fenêtre qui s’est ouverte avec la Révolution tranquille est en train de se refermer », tout en qualifiant Pierre Karl Péladeau d’ « homme de la dernière chance ». « Si on est incapables de faire la souveraineté avec le PQ dirigé par Pierre Karl Péladeau, je ne vois pas comment on pourra la faire. »

Un constat alarmiste? Je ne crois pas. Étant moi-même un Québécois qui a vécu avec enthousiasme l’effervescence suscitée par les bouleversements de le Révolution tranquille, force m’est de constater que le climat politique actuel ne prête pas à une mobilisation significative autour de l’option indépendantiste du Québec. À preuve ce témoignage du professeur Beauchemin au sujet de ses étudiants à l’UQAM : « La plupart disent qu’ils sont souverainistes… De là à militer et à s’empêcher de dormir pour le pays… Ce n’est pas une question de vie ou de mort pour eux. »
 
Pourtant, la route semblait toute tracée avec le « Maître chez nous » de Jean Lesage et l’avènement du Parti québécois de René Lévesque. Toutefois, le destin en a décédé autrement, un destin envahi par les tentacules du pouvoir qui ont grugé sournoisement le
« désir de durer », selon les termes de M Beauchemin.

Enfin, je me rallie aux conclusions du sociologue. Il m’apparaît indubitable que PKP a emprunté le chemin de la politique pour faire l’indépendance du Québec sans les tergiversations oiseuses des derniers chefs du PQ…Au Québec de saisir son « moment de vérité. » C’est maintenant ou jamais!

quebechebdo 8 juin 2015
vigile.net tribune libre 8 juin 2015
cyberpresse.ca 10 juin 2015

Un pas dans la bonne direction

7 juin 2015

Quoique le projet de loi 54 ne change pas la nature fondamentale de l’animal en droit civil, il faut lui reconnaître une intention louable dans le fait que son statut passe de « bien meuble » à « un être doué de sensibilité ayant des impératifs biologiques »…un changement important auquel le propriétaire d’un animal devra se conformer dorénavant.

Ce projet de loi marque un pas significatif dans un débat qui dure depuis des décennies au Québec et vient tenter de rectifier en partie une situation non enviable qui fait du Québec la pire province au Canada concernant la maltraitance envers les animaux.

Toutefois, aux yeux de Me Sophie Gaillard, de la SPCA, « on reconnaît symboliquement que les animaux ne sont pas des biens, que ce sont des êtres doués de sensibilité. Néanmoins, toutes les dispositions légales applicables aux biens demeurent applicables aux animaux ; donc, c'est un changement symbolique… »  Un changement peut-être symbolique mais qui représente tout de même un pas dans la bonne direction.

quebechebdo 7 juin 2015
 

Le fardeau de la preuve

6 juin 2015

En droit civil québécois, le principe veut que le fardeau de la preuve appartienne à celui qui invoque un droit (2803 C.c.Q.). Aux dires de Pierre Karl Péladeau,  les hommages qui entourent le décès de l’ancien premier ministre Jacques Parizeau feront progresser les appuis au projet d’indépendance du Québec.

Il n’en fallait pas davantage pour que Philippe Couillard ne saisisse l’occasion de ramener sur le tapis la notion de « fardeau de la preuve » : «Plus le Parti québécois parle de l'indépendance du Québec ou de la séparation du Québec, plus les questions se posent, a-t-il lancé. C'est sur eux, entièrement, que repose le fardeau de la preuve.»

Partant du principe que « le fardeau de la preuve appartienne à celui qui invoque un droit »,  il me semble que ce principe devrait prévaloir dans les deux directions. En effet, si les souverainistes doivent faire la preuve que la séparation du Québec du Canada sera bénéfique aux Québécois, pourquoi les fédéralistes n’auraient-ils pas le devoir de faire la preuve que le statu quo est la meilleure solution pour les Québécois?  En réalité, les fédéralistes n’invoquent-ils pas le droit de demeurer au sein du Canada?

Comprenons-nous bien, il demeure impératif que le Parti québécois entame une sérieuse réflexion sur les motifs pour lesquels l’indépendance est souhaitable pour les Québécois. D’autre part, j’apprécierais que, parfois, les tenants de l’indépendance poussent les fédéralistes à justifier les bienfaits de leur adhésion au ROC.

En agissant de la sorte, le fardeau de la preuve serait partagé équitablement entre les deux options et permettrait aux Québécois de faire un choix plus éclairé pour l’avenir du Québec. Pourquoi, dans les faits, les Québécois ne pourraient pas bénéficier d’un débat sain et progressif sur les avantages et inconvénients des deux options?…Alors que cela m’apparaît tout à fait juste et équitable!

quebechebdo 5 juin 2015 (version abrégée)
vigile.net tribune libre 6 juin 2015