Le petit Saint-Jean-Baptiste frisé accompagné d’un mouton

23 juin 2015

La politisation de la Saint-Jean-Baptiste au détriment des festivités incarnées par le petit bonhomme frisé accompagné d’un mouton remonte à la révolution tranquille.

[1] En 1968, un incident survient durant le défilé traditionnel du 24 juin auquel assiste, entre autres, à la veille d'une élection générale, le premier ministre du Canada de l'époque, Pierre Elliot Trudeau, dont l'hostilité à la thèse indépendantiste est bien connue. Il devient rapidement la cible d'un groupe de manifestants indépendantistes qui scandent : « Trudeau traître, Trudeau vendu, à bas Trudeau » et tentent de le chasser de la tribune à coup de pierres et de bonbonnes d'acide.

Trudeau refuse de quitter la scène. Il expliquera plus tard dans son autobiographie : « Je n'avais pas du tout envie d'obéir à une violence aussi saugrenue. Je déteste la violence. Démocrate, je n'admets pas qu'une infime minorité d'agitateurs tente de chasser à coups de pierres les invités de la majorité ». Les forces policières au service de l'intégrité du régime démocratique défendu par le premier ministre procédèrent à la répression des manifestants. Finalement, l'opération se termine par l'arrestation de 290 personnes. La télévision de Radio-Canada et CBC rediffusèrent la scène du refus de Trudeau de quitter la scène dans les journaux télévisés du soir.

D'après les commentateurs politiques de l'époque, de nombreuses personnes considérèrent le geste de Trudeau comme étant un acte ouvert de courage, impressionnant pour l'électorat canadien-anglais. Au lendemain de ces manifestations, le PLC obtenait 45,37 % des voix des électeurs Canadiens et 53,6 % de celles des Québécois.
[1] Source : Wikipédia

Près de 50 ans après cet « acte de bravoure » de PET, les Québécois vivent toujours dans la tradition de leur petit Saint-Jean-Baptiste frisé accompagné d’un mouton, le symbole de l’animal docile qui suit paisiblement le troupeau !…

quebechebdo 23 juin 2015
 

Reconnecter la jeunesse au sein du PQ

22 juin 2015

La présence du chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, à la réunion annuelle des membres du Comité national des jeunes du Parti québécois (CNJPQ) à Waterville en Estrie, le 20 juin, a été surtout marquée par un échange direct avec les jeunes. Une occasion pour le nouveau chef de réitérer l’importance qu’il accorde au fait que les députés du PQ devraient être plus présents sur le terrain pour parler de l'article un du parti, l'indépendance.

Mais aussi et surtout une intention de reconnecter la jeunesse au sein du PQ, une jeunesse qui s’est détachée en masse du parti au cours des dernières décennies qui ont vu les leaders péquistes tergiverser sur l’option indépendantiste du PQ, voire même la placer carrément sur les tablettes.

Toutefois, à côté de ce dossier prioritaire, PKP devra aussi aborder les sujets qui préoccupent les jeunes, à savoir, l’environnement, l’économie et l’éducation, des sujets phares chez les jeunes. Et, à cet effet, le chemin risque de rencontrer des embûches, principalement l’environnement sur lequel la position du chef ne semble pas tout à fait claire, sa volte-face sur le projet d’oléoduc Énergie Est en étant un exemple révélateur.

À n’en pas douter, PKP est un personnage charismatique qui attire l’attention des Québécois et des médias québécois. Néanmoins, arrivera-t-il à susciter le même attrait chez les jeunes péquistes? À mon avis, il est encore un peu tôt pour répondre à cette interrogation. Tout dépendra de la solidité des liens qu’il réussira à créer avec les jeunes…Une histoire à suivre avec attention!

vigile.net tribune libre 22 juin 2015
quebechebdo 22 juin 2015
 

Confusion autour du projet Énergie Est

22 juin 2015

Lors d'un échange avec la presse parlementaire, à la suite d'une cérémonie de remise de l'Ordre national du Québec le 16 juin, Pierre Karl Péladeau a mis en garde contre les simplifications dans le dossier Énergie Est de Trancanada, et il a invité les journalistes à s'adresser à un autre membre de son caucus, en l’occurrence Bernard Drainville, porte-parole du PQ en matière d’énergie, tout en plaidant en ces termes :

"On ne peut pas dire ça, comme ça, de façon aussi simpliste. Je vous invite à discuter avec Bernard Drainville, qui est notre porte-parole en matière d'énergie, et nous allons déterminer, je ne dirais pas de manière définitive parce qu'il n'y a jamais rien de définitif dans la vie." Une attitude prudente peut-être, mais tout aussi confuse quant aux réelles intentions de PKP sur le sujet.

Et, pour se sortir de cet imbroglio, le chef péquiste s'est contenté de répéter que son opinion dans ce dossier n'est pas importante puisque le Québec n'a pas voix au chapitre étant donné que le projet relève de la juridiction fédérale. "Cette décision n'appartient pas aux Québécois, elle appartient au gouvernement fédéral, à des fonctionnaires de l'Office national de l'énergie, c'est ça la situation. Je vous ai déjà dit que ma position importe peu, c'est au Québécois de prendre cette décision. Or, il se trouve que dans l'environnement constitutionnel actuel, les Québécois n'ont pas voix au chapitre."

Dès le lendemain, le PQ s’est empressé de rectifier le tir par voie de communiqué et lors d’une entrevue de Bernard Drainville à 24/60 au cours de laquelle le député de Marie-Victorin a défendu son chef. « Il n’a jamais dit qu’il était pour. [...] Il a fait sa réflexion et il arrive à la conclusion que le projet n’est pas bon pour le Québec ».

Dans toute cette histoire, il faut retenir que le nouveau chef du PQ devrait, à mon avis, prendre acte de l’opinion des responsables du dossier de l’énergie au sein du PQ avant de s’exprimer devant la presse à ce sujet. La confusion, ou même une apparence de confusion en politique est rapidement récupérée par l’opposition qui ne se gêne pas pour en faire ses choux gras ! 

vigile.net tribune libre 22 juin 2015

La Terre, « notre maison commune »

21 juin 2015

Le pape François n’en est pas à sa première intervention percutante en faveur des plus démunis de la planète. Cette fois-ci, il utilise la voie d’une encyclique intitulée Laudato Si’ [Louez sois-tu] pour condamner le réchauffement climatique dont les plus pauvres incarnent les premières victimes.

Et pour éviter que la Terre, « notre maison commune » ne se transforme en un « immense dépotoir », François préconise rien de moins qu’une révolution sociale, économique et culturelle au cours de laquelle « l’humanité est appelée à prendre conscience de la nécessité de réaliser des changements de style de vie, de production et de consommation, pour combattre le réchauffement ».

Des changements qui s’attaquent à un système économique soumis au diktat du marché. « Aujourd’hui, tout ce qui est fragile, comme l’environnement, reste sans défense par rapport aux intérêts du marché divinisé ». En parlant de la sorte, le pape associe clairement l’égoïsme économique et social des pays riches à la situation alarmante des plus démunis.

Quelques mois avant la conférence climatique de Paris, cet appel pressant de François vient certes mettre la table pour une véritable révolution à laquelle il appelle les dirigeants des pays riches. Toutefois, je dois avouer mes craintes concernant la réalisation des vœux de François, considérant la puissance des lobbys sur les énergies fossiles…Enfin, on peut toujours rêver qu’un miracle se produise!

quebechebdo le 20 juin 2015
Le Journal de Québec 22 juin 2015
 

Les dessous de l’immigration

18 juin 2015

Le dernier argument de Philippe Couillard concernant une augmentation du nombre d’immigrants sur le territoire du Québec pour contrer une pénurie de main d’œuvre vient d’être contredit par une étude remise au ministère de l’Immigration par les chercheurs Brahim Boudarbat et Gilles Grenier.

En effet, selon les deux chercheurs, « Rien ne prouve que l’économie a besoin de beaucoup plus d’immigrants pour se développer…Nous recommandons de maintenir les niveaux d’admission actuels soit autour de 50 000 immigrants permanents par année », tout en ajoutant que pas moins de 42 % des nouvelles demandes à l’aide sociale sont faites par des immigrants, une affirmation confirmée par le ministère de la Sécurité du revenu.

Devant ces faits plutôt révélateurs, il y a lieu de s’interroger sur les véritables raisons qui animent les velléités de Philippe Couillard d’augmenter le seuil de l’immigration. Et, à cet effet, je pose l’hypothèse suivante : considérant le fait accompli que la très grande majorité des immigrants votent pour le parti libéral au moment des élections provinciales, le premier ministre ne voit-il pas, par sa proposition, une occasion en or d’augmenter son pourcentage de votes? Et, par la même occasion, un moyen de contrer les effets d’un « oui » à l’occasion d’un prochain référendum?…Des questions que nous devons nous poser sur les dessous de l’immigration, version Couillard!

quebechebdo 18 juin 2015

 

Pour un véritable « dialogue avec l’histoire »

17 juin 2015

Ce qu’il est convenu d’appeler « une œuvre d’art », à savoir « Dialogue avec l’histoire », située à Place de Paris et offerte par la ville de Paris en 1987, doit être démantelé pour des raisons de sécurité compte tenu que l’eau s’est infiltrée entre les plaques de marbre qui la constituent, et qu’elle menace de s’écrouler.

En ce qui me concerne, quoique peu féru en arts, je me suis toujours demandé quel était la pertinence de cette tour de plaques de marbre en plein cœur de la Place royale, un berceau de l’histoire du Québec. Il me semble que nos cousins français devraient s’ingénier à trouver un cadeau qui s’apparente mieux avec le décor historique dans lequel il est appelé à trôner…en réalité, un véritable « dialogue avec l’histoire »!

quebechebdo 17 juin 2015
 

Cours d’éducation sexuelle: de la poudre aux yeux

17 juin 2015

Tous les intervenants s’entendent sur la nécessité d’un retour du cours d’éducation sexuelle dans les écoles. Toutefois, les enseignants se rebiffent à l’idée de donner un cours à rabais, à partir d’un contenu qui sera saupoudré périodiquement dans les cours réguliers, et cela, sans qu’ils aient reçu la formation adéquate pour offrir un tel cours.

Si le gouvernement est vraiment sérieux en proposant une telle mesure, il devrait, à mon sens, d’une part, faire une place au cours d’éducation sexuelle dans l’horaire de l’élève, et d’autre part, offrir aux enseignants qui l’offriront les ressources humaines et matérielles nécessaires à un enseignement de qualité.

À défaut de quoi, non seulement les élèves seront perdants dans un tel scénario, mais encore le ministère de l’Éducation y aura contribué en lançant un projet mort-né pour satisfaire de façon purement partisane une demande légitime qui requiert autre chose que de la poudre aux yeux pour atteindre les objectifs visés.

quebechebdo 17 juin 2015
Le journal Métro 18 juin 2015 "De la poudre aux yeux"
Le Soleil 22 juin 2015
 

Pierre Lavoie: motivateur chevronné de l’exercice physique

17 juin 2015

Je ne m’aventurerai dans les méandres du gargarisme de termes techniques dans lesquels semblent se complaire le sociologue Jean-Serge Baribeau. J’ai plutôt l’intention de m’attarder au fond de son billet paru dans Le Journal du 16 juin (eh bien oui, M Baribeau, il a été publié!…), à savoir la pléiade de qualificatifs déplacés dont il affuble le responsable du Défi Pierre Lavoie qui porte son nom.

À titre d’exemples et dans le but de discerner le côté biaisé de monsieur le sociologue, je crois pertinent de faire ressortir ici quelques’unes  de ces pirouettes lexicales : « gourou qui est plus un preacher qu’un communicateur rigoureux…le grand artisan de cet eureka subversif, annonçant des lendemains qui chantent et enchantent…voir rouler des centaines de cyclistes qui tiennent le langage éternel et enflammé du positive thinking »…et j’en passe! Je ne connais pas la facette « subversive » qui anime M Baribeau. Toutefois, à mes yeux, une chose est certaine : comme démolisseur, il est difficile de faire mieux.

Pourtant, les commentaires (à part ceux de notre sociologue national) sur les bienfaits du Défi Pierre Lavoie, particulièrement sur notre jeunesse qui a bien besoin d’exercices physiques, sont unanimes. Mais, comme il arrive fréquemment dans notre société québécoise, il s’en trouve toujours un pour déblatérer contre toute forme d’initiative louable d’un des nôtres.

Si ce texte est publié, je crois que je recevrai l’assentiment de la majorité des lecteurs, « ce qui va me ravir ». Enfin, si je me fie à la critique acerbe de M Baribeau, l’avenir de la sociologie me semble vraiment compromis.

Le Journal de Québec 17 juin 2015
 

Un team PKP-JMA…Pourquoi pas?

16 juin 2015

Le décès de Monsieur Parizeau a soulevé, à n’en pas douter, beaucoup d’émotion auprès d’une vaste majorité de la population québécoise. Parallèlement à ce flot émotif, les nombreuses réalisations de Monsieur ont ébloui les citoyens du Québec et les hommes politiques, de toutes allégeances confondues.

Parmi les nombreux témoignages entendus à la suite du décès de Jacques Parizeau, nul doute que celui de Jean-Martin Aussant en a été un qui a retenu davantage l’attention des journalistes, en particulier sa référence à « la fin des exils ». Une référence qui peut être interprétée autant par son propre retour au Québec que son message de mobilisation des forces souverainistes québécoises.

Si on jette un rapide coup d’œil sur le passé, on se souviendra que l’arrivée de Jacques Parizeau auprès de René Lévesque a contribué grandement à ajouter beaucoup de crédibilité à l’aspect économique de l’entourage immédiat du chef, un team qui deviendra par la suite un atout majeur dans l’évolution de l’idée souverainiste auprès de la population québécoise.

À mes yeux, une histoire semblable pourrait se produire aujourd’hui si Jean-Martin Aussant optait pour un retour dans le giron du PQ auprès du chef actuel, Pierre Karl Péladeau. Sans connaître les véritables intentions de JMA, il m’apparaît qu’un tel team, non seulement contribuerait à injecter une dose d’énergie importante au projet de pays du Québec, mais recevrait l’accord de Monsieur, considérant toute l’amitié, voire l’affection qu’il portait envers JMA.

quebechebdo 16 juin 2015
vigile.net tribune libre 16 juin 2015 "Pourquoi pas une équipe PKP-JMA?"
 

Joël Legendre, l’homme et le personnage public

16 juin 2015

Lors de l’entrevue qu’il a accordé à Pénélope McQuade et Jean-Luc Mongrain à Ici Radio-Canada, Joël Legendre a voulu démontrer qu’il avait retrouvé l’estime de lui-même grâce à une thérapie intensive et qu’il était maintenant prêt à reprendre ses activités professionnelles.

Le 4 septembre 2014, Joël Legendre a été surpris à poser un geste indécent devant un policier au parc Marie-Victorin à Longueuil. L’incident aurait presque passé inaperçu s’il avait été commis par un citoyen inconnu du grand public. Mais tel n’était pas le cas.

À mon point de vue, il est opportun de dissocier les deux aspects qui sont visés par le geste de M Legendre, à savoir l’homme et le personnage public. En ce qui a trait à l’homme, nul doute que la thérapie qu’il a suivie lui aura permis de refaire la paix avec lui-même. Et grand bien lui fasse!

Toutefois, le personnage public est étroitement lié à ses admirateurs qui, selon leur conscience, lui accordent ou non leur absolution. L’ovation que Joël Legendre a obtenue à la fin de l’entrevue avec Mme McQuade et M Grondin est-elle révélatrice de l’ensemble des fans de M Legendre? Seul l’avenir le dira…

quebechebdo 16 juin 2015