De Justin à Monsieur

9 août 2015

Un petit détail est survenu depuis le début de la campagne électorale et particulièrement depuis le débat des chefs. Alors que Stephen Harper s’était toujours plu à désigner ironiquement Justin Trudeau par son prénom, nous avons assisté à un revirement de la part du premier ministre qui nomme maintenant le chef libéral monsieur Trudeau.

Serait-ce parce que Justin Trudeau a gagné du gallon à la suite du débat? Peut-être. Toutefois, un fait m’apparaît clair. Ce changement d’appellation risque de créer un effet bénéfique pour M. Trudeau qui a maintenant atteint le même niveau de respect que ses opposants.

Paradoxalement, Thomas Mulcair est devenu Tom, peut-être pour imiter son prédécesseur Jack. Toujours est-il que le plus âgé tente de se rapprocher des jeunes alors que le plus jeune essaie de gagner en crédibilité auprès d’un électorat plus âgé…Curieux monde que celui de la politique, n’est-ce pas?

quebechebdo 9 août 2015

Gilles Duceppe, le grand absent

8 août 2015

La politique nous conduit souvent dans des sentiers imprévisibles. L’exemple le plus récent réside dans le fait que Justin Trudeau et Tomas Mulcair ont débattu pendant quelque trente minutes sur la clarté référendaire et la souveraineté du Québec et ce, en l’absence du principal intéressé, à savoir Gilles Duceppe.

Un débat insolite qui a montré d’une part un Mulcair tiraillé entre la déclaration de Sherbrooke de son parti qui rallie le Québec et la position du ROC qui penche vers la clarté référendaire. Et, d’autre part, un Trudeau qui défend la loi saur la clarté en évoquant le jugement de la Cour suprême tout en se mettant à dos le Québec.

Un talon d’Achille qui risque de causer beaucoup d’ennuis au NPD et aux libéraux lorsque le chef du Bloc québécois montera véritablement en selle pour attaquer les deux chefs sur la position inconfortable dans laquelle Mulcair et Trudeau baignent par rapport au ROC et au Québec…Alors, nous serons plus en mesure de vérifier si la souveraineté est une question qui ne préoccupe pas les Québécois comme le martèlent à outrance les chefs des partis fédéralistes !

quebechebdo 8 août 2015
 

Fécondation assistée…de Power Corporation

7 août 2015

Curieusement, au moment où le gouvernement Couillard dépose le projet de loi 20 visant à mettre fin au programme de fécondation assistée, nous apprenons que la famille Desmarais via IntegraMed qui appartient à près de 97 % à Sagard Capital, filiale de Power Corporation du Canada, se porte acquéreuse de la plus grande clinique de fécondation assistée au Québec.

En termes clairs, le gouvernement libéral, indirectement, par son projet de loi, siphonne d’une part l’accès à ce programme, invoquant toujours ses mesures d’austérité, tout en privilégiant d’autre part les couples plus aisés… et en garnissant les coffres des Desmarais.

La recette est fort simple. En se joignant au géant américain de l’infertilité, les cliniques Procréa pourront avoir «les meilleurs prix» du marché, dit le président fondateur, Pierre St-Michel. Et ses clients auront aussi accès aux financements qu’offre IntegraMed. «La majorité de la clientèle n’a pas d’argent pour payer un cycle de fertilité. Est-ce qu’on peut les aider tout en respectant le code de déontologie? Aux États-Unis, ça fonctionne relativement bien.»

Or, les couples infertiles devront toutefois s’attendre à payer le gros prix. Selon le site internet d’IntegraMed, les taux d’intérêt des prêts peuvent atteindre 20%, soit cinq fois les taux hypothécaires actuels sur le marché américain.

Chez Power, le vice-président et chef du contentieux assure que «Power n’a eu aucun contact avec Québec à ce sujet». Stéphane Lemay a refusé de commenter davantage. «IntegraMed est une compagnie distincte de Power Corporation, avec sa propre équipe de direction et son propre conseil d’administration. L’intérêt de Power dans IntegraMed est par ailleurs un intérêt indirect, via notamment le fonds Sagard Capital établi aux États-Unis».

Du côté des usagers potentiels, «la procréation assistée va devenir un bar ouvert médical et financier», déplore Céline Braun, la nouvelle présidente de l’Association des couples infertiles du Québec, qui défend les droits des parents recourant à la procréation assistée. Mme Braun redoute la hausse des coûts à prévoir pour les couples infertiles si le projet de loi 20 est adopté. Pour elle, la venue au Québec d’entreprises comme IntegraMed, qui offre des prêts pour payer ses services de fécondation in vitro, «ouvre la porte à l’endettement des patients».

L’étude du projet de loi 20 doit reprendre à la fin du mois d’août. Pour des raisons d’éthique élémentaire, il est à souhaiter que la fécondation assistée au Québec ne devienne pas « assistée de Power Corporation » pour le plus grand bonheur des couples québécois qui désirent s’en prévaloir, indépendamment de leurs ressources financières !

vigile.net tribune libre 7 août 2015
quebechebdo 7 août 2015
Le Journal de Québec 10 août 2015 (version abrégée)
 

Le roi déchu de retour sur son trône

5 août 2015

André Arthur a régné sur les ondes radiophoniques de Québec durant près de 25 ans. Un règne ponctué de controverses et de poursuites judiciaires qui auront eu raison de sa carrière à la radio en 2004 alors que sa collaboration à l'émission de CHOI-FM prend fin, en raison de la volonté du propriétaire Patrice Demers de limiter l'impact des problèmes juridiques potentiels propres à la formule lapidaire du « roi des ondes ».

Et voilà que le roi déchu s’apprête à effectuer un retour sur les ondes à la station CHOI Radion X de Québec. Non-satisfaits du retour de Jeff Fillion à l'antenne de NRJ 98,9 l'an dernier, les auditeurs de la radio poubelle de la Capitale nationale semblent en redemander davantage comme si « les langues sales » faisaient partie de la « culture » de la région de Québec.

Rappelons qu’au moment de son départ précipité des ondes, Arthur incarnait encore cette denrée rare qui jouissait d’un ascendant tellement puissant qu’il en était arrivé à se croire intouchable à tel point qu’au nom de la sacrosainte liberté d’expression, il pouvait se permettre de proférer les pires insanités pour autant qu’elles captaient son auditoire captif lui vouant une loyauté indéfectible.

Eh bien, si vous croyez qu’André Arthur revient avec des meilleures dispositions, détrompez-vous…À preuve, la « protection juridique totale » qu’il réclame de Philippe Lefebvre, directeur général de CHOI Radio X en des termes qui décrivent bien l’attitude qu’Arthur entend manifester sur les ondes : «Je veux que les pires chiens sales d'avocats soient à la disposition de CHOI-FM quand on va me poursuivre.»

Décidément, ce n’est pas avec de tels retours que la région de Québec prendra du gallon sur les ondes auprès de ses auditeurs. En ce qui me concerne, André Arthur aurait pu demeurer dans le placard des animateurs de bas étage qui s’est donné comme « vocation » d’attaquer bassement ses victimes…Une attitude tout simplement méprisante qui doit être bannie des ondes pour le plus grand bien de la démocratie radiophonique!

Or, il semble que la plaie Arthur fasse partie de ces phénomènes cycliques qui ressurgissent par intervalles pour satisfaire une clientèle avide de "sensations fortes" tels les Romains qui salivaient devant le spectacle horrible des chrétiens se faisant dévorer par les lions. Et il semble bien que ce spectacle dégradant est appelé à réapparaître…Absolument désolant et rétrograde !

quebechebdo 5 août 2015 (version abrégée)
vigile.net tribune libre 5 août 2015
 

La « transparence » de Stephen Harper

3 août 2015

Officiellement, Stephen Harper allègue qu’une campagne électorale de 79 jours permet aux contribuables d’épargner de l’argent puisque les partis politiques ne pourront pas détourner les ressources gouvernementales ou parlementaires pour faire officieusement campagne. Conséquemment, si j’interprète correctement le premier ministre, il prétend ainsi faire preuve de transparence.

Une « transparence » qui, pourtant, laisse derrière le rideau des partis nationaux qui pourront dépenser 53 millions de dollars, au lieu de 25 millions, et des candidats qui pourront dépenser 213 000 $, au lieu de 100 000 $, des dépenses remboursables à 50 % ou 60 % par l’État, donc par les contribuables. Et, c’est sans compter sur les salaires qu’Élections Canada devra verser plus longtemps à ses travailleurs d’élection, ce qui pourrait faire gonfler la facture au-delà du demi-milliard, comparativement à une moyenne de 375 millions de dollars, une hausse de 125 millions, toujours assumée par les contribuables.

Et, la cerise sur le sundae, les sénateurs Mike Duffy, Patrick Brazeau et Pamela Wallin, qui avaient cessé de toucher leur salaire au moment de leur suspension, se voient éligibles pour recevoir à nouveau leur salaire à la dissolution du parlement… Transparent, M. Harper? Foutaise!

quebechebdo 3 août 2015
Le Journal de Québec 4 août 2015

L’austérité dans les fonds de tiroirs

2 août 2015

Décidément le gouvernement Couillard aura grugé dans tous les recoins du budget pour pousser au maximum ses mesures d’austérité. Cette fois-ci, il a décidé de ne pas assumer les dépenses de personnel et de fonctionnement des établissements de santé le 29 février 2016, laissant de la sorte les p.-d.g avec un manque à gagner de 45 à 64 millions [selon les versions]…une mesure qui s’ajoute à des compressions énormes déjà annoncées.

Et, pour banaliser cette mesure, Joanne Beauvais, l’attachée de presse du ministre de la Santé, allègue que ce n’est pas tant une compression qu’une «  opération comptable virtuelle  » qui consiste à répartir le budget annuel sur 366 jours plutôt que sur 365, alors que dans les faits, les salaires des employés et les autres coûts d’entretien liés à l’ajout d’une journée sont bien réels et que les coûts pour une journée supplémentaire n’ont rien de virtuel.

En réalité, Martin Coiteux agit comme si la vie dans les hôpitaux cessait de tourner le 29 février alors que notre ratoureux président du Conseil du Trésor sait très bien qu’il gruge dans les fonds de tiroirs pour aller récupérer des économies de bouts de chandelles dans l’ensemble du budget de la santé…Désolant et minable!

quebechebdo 31 juillet 2015
 

Responsables de négligence criminelle

30 juillet 2015

Ils s’étaient enrôlés dans les Forces armées canadiennes à titre de cadets dans le but de défendre plus tard leur pays. En cette journée de juillet 1974, une soixantaine de cadets étaient rassemblés dans un baraquement de Valcartier dans le but de suivre un exercice de formation sur la sécurité des explosifs. Puis, tout à coup une grenade active, qui s’était retrouvée parmi des grenades inertes, explose entre les mains d’un cadet…C’est le carnage! Six cadets périssent dans l’explosion et une soixante d’autres sont blessés.

Et, quarante et un ans plus tard, on ne sait toujours pas pourquoi un tel drame s’est produit. Avouez qu’il y a de quoi s’interroger sur les motifs de l’omerta gardés aussi longtemps par les Forces armées canadiennes et le ministère de la Défense nationale. La version officielle : une série d'erreurs et de négligences humaines…Et voilà, le dossier est clos!

Toutefois, plus de quarante ans après cette catastrophe atroce, un rapport dévoilé par l'ombudsman de la Défense nationale et des Forces armées canadiennes, Gary Walbourne, met en lumière l'injustice commise envers les ex-cadets victimes du drame de Valcartier. Il recommande que chaque ancien cadet affecté physiquement ou psychologiquement ait droit à une évaluation et bénéficie de l'aide requise, et qu’une « indemnité financière immédiate et raisonnable » soit versée à chacun des cadets touchés par les effets négatifs de ce drame…

Mince consolation si l’on considère que, dans cette affaire, les responsables de cette « série d’erreurs » auraient dû être poursuivis pour « négligence criminelle »!

quebechebo 30 juillet 2015
cyberpresse.ca 3 août 2015

Ce n’est plus comme dans l’temps!

29 juillet 2015

L’autre jour, nous parlions ensemble, un ami et moi, et notre conversation est tombée sur les changements rapides qui se sont produits dans notre société québécoise au cours des dernières décennies. Entre autres, nous avons abordé la chute de l’ardeur religieuse, le vide qu’elle a créé dans les églises jusqu’à la piètre apparence que ces monuments historiques offrent aux passants.

Bien sûr, nous avons aussi discuté de la percée fulgurante des médias sociaux qui ont bouleversé la chaîne des communications à tel point qu’il devient impossible pour le profane de décoder les messages que s’envoient nos jeunes. Et, tout en parlant de nos jeunes, l’éclatement de la famille traditionnelle [les dernières statistiques démontrent qu’un couple sur deux se sépare] et ses conséquences sur l’éducation des enfants, ballotés entre deux résidences familiales, ont pris le plancher.

Ce qui a fait dire à mon copain qu’auparavant les parents avaient beaucoup d’enfants mais qu’aujourd’hui ce sont les enfants qui ont beaucoup de parents et…de grands-parents. Le monde à l’envers quoi! Une prolifération de parents qui a fait dire à un jeune qu’il était chanceux d’avoir beaucoup de parents parce que ses cadeaux de Noël et d’anniversaires étaient plus nombreux…

Pas facile de parler de valeurs avec de tels raisonnements, vous savez ces valeurs, telles l’esprit de famille et les liens qu’il permet de créer entre les membres d’une même famille, lorsque cette dernière a vécu l’éclatement…Enfin, nous nous sommes laissés sur ce sujet en nous disant que, si nos jeunes reçoivent toute l’attention désirée de la part des adultes qui les entourent, ils réussiront à faire leur bout de chemin malgré un monde souvent bouleversé par le rythme effarant de la vie!

quebechebdo 29 juillet 2015
Le Journal de Québec 31 juillet 2015 

Le mépris de Bettman envers Québec

28 juillet 2015

La dernière déclaration pour le moins loufoque de Gary Bettman selon laquelle les Nordiques, s’ils devaient revenir au sein de la LNH, pourraient évoluer dans l’Association Ouest de la ligue démontre, à mon sens, le mépris éhonté de Bettman envers les partisans de la capitale nationale.

Lorsque le président de la LNH évoque le déséquilibre actuel entre les Associations, à savoir 16 équipes dans l’Est et 14 dans l’Ouest, il ne fait qu’ajouter de la confiture sur la rôtie pour qu’elle présente un aspect plus alléchant. En réalité, la plupart des analystes connaissent fort bien l’engouement quasi maladif de Bettman pour une expansion en terre étasunienne.

À titre d’exemple, selon un stratège en communication corporative, Jean Gosselin, «ce n’est que la continuité de la façon dont M. Bettman traite le dossier de Québec. Il est excellent à cet égard-là, il ne perd pas le nord. Il est toujours fixé sur son cap de ramener des équipes dans le nord-ouest des États-Unis. »  Et de poursuivre M. Gosselin relativement au déséquilibre entre les deux Associations, « c’est une autre façon, selon moi, de jeter le souffle froid sur Québec, question de s’éliminer un peu de pression. Il faut se rappeler que l’objectif de M. Bettman n’est pas nécessairement de faire plaisir aux partisans, mais de développer son marché. Dans le plan d’affaires de la LNH, la valeur ajoutée doit d’abord passer par les États-Unis. »

M. Bettman, au lieu de jouer au fin finaud  avec les partisans de Québec, mettez donc cartes sur table. De cette façon, la discussion avec les représentants de Québecor portera sur les vraies affaires et peut-être qu’alors vous n’aurez pas d’autre choix que de vous rallier aux arguments moussant la candidature de Québec…tout au moins pour la défense de votre crédibilité, pour l’instant sérieusement entachée!

quebechebdo 28 juillet 2015
 

Une fonction essentiellement symbolique

27 juillet 2015

La nomination récente du nouveau lieutenant-gouverneur du Québec a relancé le débat sur la pertinence ou non de ce poste au sein du système parlementaire québécois. Selon la Constitution du Canada, le monarque du Canada est le chef de l’État, poste occupé depuis 1952 par la reine Élisabeth II en tant que reine du Canada. Le monarque canadien possède des pouvoirs qui lui sont propres et d'autres qui sont exercés par le biais de ses représentants : le gouverneur-général et les lieutenants-gouverneurs provinciaux.

Le lieutenant-gouverneur du Québec est donc le représentant de la reine du Canada au Québec. Il assume des responsabilités équivalentes à celles qu'exerce le gouverneur-général dans l'État fédéral. Malgré ses pouvoirs officiels, le lieutenant-gouverneur occupe actuellement une fonction essentiellement symbolique pour laquelle il reçoit un salaire annuel de l’ordre de 120 000 $.

Si vous ajoutez à cette farce monumentale le fait qu’au Québec les députés nouvellement élus prêtent le serment d’allégeance à la reine du Canada, vous obtenez la recette idéale d’une soumission avilissante et rétrograde dont le ridicule n’a d’égal que l’anachronisme qu’il véhicule depuis des décennies…Foutaise !

De deux choses l’une, ou le Québec persiste à jouer un rôle de figurant dans son système parlementaire, ou il abolit le poste de lieutenant-gouverneur et, par ricochet, le serment d’allégeance à la reine du Canada.

quebechebdo 27 juillet 2015 
Le Devoir 28 juillet 2015