Le bonbon du ministre Blais

30 novembre 2015

Personne ne peut être contre la vertu, ça va de soi. On ne peut que se réjouir du « cadeau » de 80 millions $ investi dans le réseau de l’Éducation par le ministre François Blais. Toutefois, en pleine négociations ardues entre le gouvernement et les enseignants, on peut s’interroger sur le « timing » pour le moins « curieux » du cadeau du ministre.

De plus, toute chose étant relative, il convient de placer cette enveloppe budgétaire dans son contexte, à savoir que cette somme représente 8% du milliard $ coupé en éducation depuis 5 ans, 80 millions $ sur un budget prévu de 17,66 milliards $ en 2016-2017 en éducation. Ou si vous préférez, 10% du montant versé « en surplus » aux médecins. Telle est la réalité.

À mes yeux, ce gouvernement, muré derrière des coupures drastiques qui affectent pernicieusement le système d’éducation québécois, ressort un bonbon de son sac de Père Noël tout en tentant de nous faire croire qu’il veut contribuer à sauver l’école québécoise alors que c’est lui-même qui est en train de la démanteler sans coup férir…Foutaise, M. le ministre, c’est trop peu, trop tard!

quebechebdo 30 novembre 2015
vigile.net tribune libre 1er décembre 2015

Intégration des réfugiés, oui ou non?

29 novembre 2015

Je suis estomaqué de constater à quel point l’arrivée des réfugiés syriens soulèvent de controverses concernant la langue d’usage au Québec. En effet, autant Kathleen Weil que Hélène David n’arrivent  pas à s’entendre à ce sujet qui m’apparaît pourtant d’une limpidité évidente.

La question est fort simple : comment voulez-vous que l’intégration tant « souhaitée » par les politiciens se fasse de facto s’ils ne sont pas soumis dès leur arrivée à la langue et à la culture de leurs hôtes québécois? Et, de surcroît, d’où vient cette fragilité viscérale concernant notre identité francophone?

Des tergiversations qui relèvent de l’utopie faisant en sorte que ces réfugiés arrivent dans un Canada officiellement reconnu comme un pays bilingue. Devant une telle « réalité politique », il n’est donc pas surprenant que la langue française, dans le contexte nord-américain anglophone, ne soit reléguée comme second violon dans la tête des émigrants.

Pourtant, il va bien falloir un jour que la volonté politique s’exprime clairement sur le fait que leur terre d’accueil est de souche et de culture francophones. En termes clairs, désirons-nous vraiment l’intégration de ces réfugiés, oui ou non? Si oui, agissons dans ce sens et cessons nos élucubrations qui contribuent insidieusement à ouvrir des portes sur une assimilation dangereusement inquiétante!

quebechebdo 29 novembre 2015
vigile.net tribune libre 29 novembre 2015 "Oui ou non à l'intégarion des réfugiés"  

Laisser la parole aux enfants

28 novembre 2015

Qu’on le veuille ou non, les enfants d’aujourd’hui sont bombardés par les médias sociaux quotidiennement. Raison de plus pour qu’ils se sentent concernés lorsque les informations qu’ils reçoivent les touchent personnellement.

C’est le cas d’une enseignante du primaire qui a demandé à ses élèves de s’exprimer par des dessins et des commentaires demandant au ministre de l’Éducation de changer d’idée et de cesser les compressions pour sauver l’école publique.

Or, un parent d’élève s’insurge devant cette initiative qu’il qualifie de « propagande », alléguant que « les enfants ne devraient pas être utilisés [et qu’] à six ou sept ans, ils n’ont pas l’âge de comprendre tous les enjeux. »

Toutefois, même si les jeunes ne comprennent pas tous les enjeux du conflit, il n’en demeure pas moins qu’ils le vivent au quotidien depuis des semaines. Conséquemment, il m’apparaît tout à fait légitime qu’ils puissent s’exprimer sur ce qu’ils ressentent…C’est une simple question d’opportunité de « laisser la parole aux enfants » comme le justifie à raison l’enseignante concernée.

quebechebdo 28 novembre 2015
Le Journal de Québec 29 novembre 2015
Le journal Métro 30 novembre 2015

La croisade de Hollande

27 novembre 2015

Échaudé par une réputation de « pantin » sur l’échiquier international depuis le début de son mandat, je dois avouer que les attentats de Paris ont insufflé à François Hollande une stature de chef d’État inconnue jusqu’alors auprès des leaders mondiaux, la croisade qu’il a entreprise pour se rallier ses alliés autour de la destruction du groupe État islamique en faisant foi.

À l’entendre défendre avec courage la « douce France », c’est un François Hollande décidé à anéantir l'EI qui s’est exprimé lors de l’hommage aux 130 morts et aux quelque 300 blessés des tueries du 13 novembre. On peut douter des éventuels succès d’une coalition contre l’ÉI mais on ne peut mettre en doute la ténacité et le courage du président français.

Comme il arrive parfois dans des situations de crises, certains hommes d’État, plutôt dans l’ombre, prennent du panache et nous permettent de découvrir en eux des qualités insoupçonnées jusqu’alors…Et François Hollande fait partie de ceux-ci!

quebechebdo 27 novembre 2015
 

Garderies subventionnées: le « tiers performant »

27 novembre 2015

Le système de garderies subventionnées s’apprête à subir le couperet du gouvernement Couillard, des compressions qui risquent de démobiliser les intervenants au détriment des services à la petite enfance. De son côté, la ministre de la Famille Francine Charbonneau évoque le fait que le tiers des garderies parviennent à boucler leur budget. Et, c’est à partir de ce « tiers performant » qu’elle justifie ses compressions. Toutefois, la réalité, c’est que ces garderies « performantes » parviennent à s’en sortir en investissant moins en éducatrices, en nourriture, en hygiène, et même en facture d'électricité.

Lorsque le degré de « performance » est atteint en coupant dans le gras, il m’apparaît que ce critère ne tient pas la route. Par ailleurs, depuis le 1er octobre 2015, le tarif quotidien chargé aux parents est passé de 7 $, montant gelé depuis 10 ans, à 7,30$. Un montant, disons-le, pour le moins « discutable », compte tenu des avantages que retirent des milliers de mères d’un système qui leur permet de réintégrer le monde du travail. Un retour au travail qui, soit dit en passant, génère des impôts dans les goussets du gouvernement.

En bref, au lieu de gruger pernicieusement dans des services directs à la petite enfance derrière un faux critère de performance, je suis d’avis que le tarif quotidien chargé aux parents devrait être augmenté pour atteindre le seuil de rentabilité des garderies et ce, dans des conditions optimales des services offerts aux bénéficiaires.

quebechebdo 27 novembre 2015
vigile.net tribune libre 29 novembre 2015

Où loge Renaud Lachance?

27 novembre 2015

Aux dires de Renaud Lachance « il y a un lien entre le financement des partis politiques et la gestion d'un contrat public lorsque les entrepreneurs en construction se sentent contraints de contribuer à un parti ou de participer à une activité de financement à la demande d'une firme de génie parce qu'elle supervise ses travaux, approuve sa facturation ou recommande ses avenants, ou extras, au donneur d'ouvrage public ».

Or, toujours selon le commissaire Lachance, « ce lien n'a pas impliqué les élus, selon les témoignages entendus à la Commission ». Et, de poursuivre M. Lachance, « il y a un lien entre le développement des affaires et le financement des partis politiques au niveau provincial. Ce lien ne doit pas cependant être confondu avec celui, faisant l'objet du mandat de la Commission, d'un lien entre l'octroi d'un contrat et le financement des partis politiques ».

C’est ce que j’appelle un argumentaire emberlificoté tissé de méandres qui nous conduisent inévitablement vers le cul-de-sac. Une version des faits tendancieuse qui place le lecteur dans une zone grise de laquelle il est difficile de se sortir sans qu’elle ait laissé au passage un doute sur les conclusions de la commissaire France Charbonneau qui établit, de son côté, qu’il « est possible de conclure que, durant les années visées par le mandat de la Commission, un lien unissait le versement de contributions à des partis politiques provinciaux et le processus d'octroi de contrats publics ».

Toutefois là où le bât blesse avec le plus d’acuité, c’est que, comme « par hasard », la position du commissaire Lachance épouse littéralement celle du Parti libéral du Québec en matière de financement politique…De quoi nous laisser pour le moins sceptique sur la scène où loge véritablement Renaud Lachance!

vigile.net tribune libre 27 novembre 2015
 

Au royaume des taxes sur l’essence

26 novembre 2015

Selon des données compilées par Le Journal de Québec, le « modique » pourcentage de taxes payés par le consommateur québécois qui se présente à la pompe à essence s’élève à 43 % de la facture totale, ce qui en fait le « champion » incontesté en Amérique du Nord au chapitre des taxes sur l’essence, à savoir la « taxe carbone », la taxe d’accise fédérale, la taxe provinciale sur les carburants, la taxe sur les produits et services (TPS) et la taxe de vente du Québec (TVQ). Eh oui, vous avez bien compté, cinq taxes différentes qui peuvent varier selon que l’automobiliste habite près des frontières ou dans une région éloignée, la région de Montréal siégeant confortablement en tête du palmarès.

Il y a des jours où, face à de telles pratiques scandaleuses, je me sens, comme Québécois, comme faisant partie des « nègres blancs d’Amérique », une race stigmatisée par un colonialisme outrancier qui nous martèle sans coup férir dans un monde sans scrupule…Ainsi va la vie au pays du Québec!

quebechebdo 26 novembre 2015

La pavé dans la mare

25 novembre 2015

Quatre ans d’enquête au coût de 44,8 millions $ pour un rapport de 1741 pages sur lequel les deux commissaires n’ont même pas été capables de s’entendre sur un chapitre aussi crucial que le canal érigé entre le financement des partis politiques et les contrats accordés aux entreprises de la construction…Et tout cela devant la même preuve présentée devant leurs yeux!

Pour le commissaire Renaud Lachance, la preuve d’un réseau de corruption entre les partis et la construction n’a pas établie hors de tout doute raisonnable alors que pour France Charbonneau, il ne subsiste aucun doute. Quand même pour le moins curieux qu’ils en arrivent à deux conclusions différentes sur un chapitre aussi important du rapport.

Une telle dissension entre les deux commissaires fait sans doute le bonheur des partis politiques impliqués dans cette « supposée affaire », en particulier du PLQ et de Jean Charest qui doivent être « reconnaissants » envers Renaud Lachance. Toutefois, aux yeux de la crédibilité de la Commission, c’est un pavé dans la mare qu’elle reçoit en plein visage au grand dam de sa légitimité…Un poids qui n’a pas fini de remonter à la surface au cours des prochains mois!

quebechebdo 25 novembre 2015
vigile.net tribune libre 27 novembre 2015

Un Québec indivisible ou pas, M. Péladeau?

24 novembre 2015

Après avoir été harcelé de questions sur une éventuelle partition du Québec reliée aux aspirations des Premières Nations qui revendiquent leur indépendance territoriale, le chef du PQ Pierre Karl Péladeau est demeuré flou dans sa réponse aux journalistes : «C’est un vaste chantier, je ne peux pas répondre à cette question», a-t-il commenté au terme du Conseil national du PQ.

Le lendemain, le PQ publiait un communiqué réitérant l’intention de son chef de poursuivre le dialogue avec les Premières Nations et de conserver les frontières du Québec intactes: «Nous sommes confiants d’en arriver à de nouveaux arrangements mutuellement bénéfiques pour toutes les nations concernées dans le respect de l’intégrité du territoire.»

De son côté, le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Ghislain Picard, a profité de la tribune que lui offrait le PQ pour déclarer: «Je suis Innu et je suis souverainiste… pour ma nation.», tout en précisant que la souveraineté des nations autochtones pouvait signifier le morcellement du Québec.

À mes yeux, PKP ne peut pas entretenir le flou sur un dossier aussi prioritaire que l’intégrité du territoire québécois advenant l’indépendance du Québec, et il sait pertinemment que la partition a toujours essuyé un refus catégorique de la part de ses prédécesseurs…En conséquence, M. Péladeau, le Québec est-il indivisible, oui ou non?

quebechebdo 24 novembre 2015
vigile.net tribune libre 24 novembre 2015

« Donne à qui ton coeur veut donner! »

23 novembre 2015

Dans sa chronique du 23 novembre publiée dans Le Journal sous le titre « À qui donner? », Isabelle Maréchal nous interpelle sur les hésitations que nous sommes appelés à vivre devant les dons sollicités autant par les réfugiés qui s’apprêtent à franchir nos frontières que les Québécois dont les besoins sont accrus durant la période des Fêtes…Une question vraiment pas facile!

« Est-ce normal de donner moins à ceux qui sont ici qu’à ceux qui arrivent ? Ces réfugiés syriens, ne deviendront-ils pas nos concitoyens ? Qui choisir ? », se demande Mme Maréchal. « La tarte reste la même, mais de plus en plus de gens dans le besoin doivent se la partager. » Au Regroupement Partage, « on s’attend à ce que l’aide diminue. Chaque fois qu’il y a une crise ailleurs, nos dons diminuent. Les parts vont moins vers nous.»

L’accueil des réfugiés imposent ses besoins sans pour autant que ceux des nôtres ne diminuent. C’est la quadrature du cercle. Isabelle a choisi d’écouter son cœur. Elle a choisi de préparer deux sacs…Une générosité exemplaire qui sera suivie, je l’espère, par de nombreux donateurs québécois!

quebechebdo 23 novembre 2015
Le Journal de Québec 24 novembre 2015

http://www.journaldequebec.com/2015/11/23/a-qui-donner