De l’autorité de l’enseignante

14 avril 2019

En entrevue à 24/60, l'avocate Julie Latour estime que le projet de loi 21 du gouvernement de François Legault sur la laïcité de l’État est « sobre, modéré et efficace » et qu’il répond à l’aboutissement d’un long processus.

Toutefois, nonobstant l’argumentaire de l’avocate avec lequel je suis entièrement en accord, notamment le fait que « l’autorité de l’enseignant est celle d’ouvrir à la liberté », j’aimerais attirer votre attention sur la dernière phrase de Mme Latour qui répondait à cette future enseignante qui serait contrainte d’enlever son voile sur sa tête devant ses élèves.

« La foi ne se prouve pas, elle s’éprouve », conclut Julie Latour…  Une profonde réflexion qui vient démontrer clairement la prédominance de la foi intérieure sur le port des signes religieux extérieurs.   

vigile.net tribune libre 11 avril 2019
quebechebdo 14 avril 2019

Tout simplemenr scandaleux!

13 avril 2019

Le chef de la direction d’Air Canada, Calin Rovinescu, a vu sa rémunération totale grimper à 11,5 millions $ l’an dernier, ce qui représente une hausse de 28 pour cent par rapport à sa rémunération de 9 millions $ pour l'exercice précédent. De plus, M. Rovinescu, qui dirige la ligne aérienne montréalaise depuis 2009, a également reçu une prime de 3,5 millions $.

Par ailleurs, le nombre de personnes à faible revenu était estimé entre 693 000 et 1,1 million de personnes en 2014 au Québec. Même à 693 000 personnes, l’estimation la plus basse demeure imposante. Un nombre aussi grand de gens est difficile à imaginer, mais pour avoir une approximation, on pourrait dire que c’est presque autant que les villes de Laval et de Gatineau réunies, soit respectivement 425 225 habitants et 278 780 habitants au 1er juillet 2015.

Deux mondes diamétralement opposés…qui vivent ici même, dans notre Québec, au 21ième siècle!

quebechebdo 13 avril 2019
 

Le crucifix de Duplessis: une initiative politique

12 avril 2019

Un récent recensement effectué par Radio-Canada permet de constater qu'environ 50 % des villes de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches ont déjà retiré le crucifix de leur salle de conseil. Sur la quarantaine de municipalités rejointes par Radio-Canada, dix-neuf l’ont toutefois conservé.

Et pourtant, je suis d’avis que Duplessis souhaitait, en plaçant le crucifix au mur de l'Assemblée législative de l’époque, séparer la couronne britannique et l'Église anglicane de l'État canadien-français au Québec. 

Conséquemment, la décision de Duplessis d’installer un crucifix à l’Assemblée législative est une initiative politique et non religieuse, comme on le colporte malheureusement trop souvent. Dans ces circonstances, la présence du crucifix à l’Assemblée nationale a toujours sa place dans un Québec laïc!

quebechebdo 12 avril 2019

Dominique Anglade: candidate pressentie à la chefferie du PLQ

11 avril 2019

En politique, il est préférable de bien connaître ses adversaires. Or, il appert que plusieurs rumeurs circulent à l’effet que Dominique Anglade serait pressentie pour devenir la future chef du Parti libéral du Québec (PLQ). Aussi ai-je voulu en savoir davantage sur la députée du comté de Saint-Henri-Sainte-Anne.

Dominique Anglade détient un MBA de HEC Montréal et un baccalauréat en génie industriel de l'École Polytechnique de Montréal. Elle débute sa carrière à l’âge de 22 ans chez la multinationale Procter & Gamble et Nortel où elle est rapidement promue chef d’un département d’opérations, dirigeant plus d’une centaine d’employés. De 2000 à 2004, elle travaille chez Nortel Networks où elle s’occupe de la gestion stratégique de la chaîne d’approvisionnement et des prévisions globales de marché.

Par la suite, elle travaille pendant sept ans, de 2005 à 2012, chez McKinsey, une firme canadienne de consultants en gestion des affaires qui œuvre dans les villes de Montréal, Toronto, Calgary et Vancouver. Elle y oeuvre, notamment, au redressement d’entreprises en difficultés. Avant de faire le saut en politique en 2012, Dominique Anglade était présidente-directrice générale de Montréal International, un poste qu’elle occupait depuis deux ans.

Finalement, elle fait le saut en politique en 2012 alors qu'elle devient présidente de la Coalition avenir Québec. Elle est élue députée de la circonscription de Saint-Henri-Saint-Anne sous la bannière libérale en 2015. Ministre de l’Économie dans le gouvernement Couillard à partir de 2016, elle est nommée vice-première ministre le 11 octobre 2017.

Le site du Parti Libéral du Québec souligne que Dominique Anglade a été très engagée au niveau communautaire pendant une vingtaine d’années.  Elle a siégé au conseil d’administration de plus d’une quinzaine d’organisations, dont Centraide et la Fondation de l’Hôpital Sainte-Justine. Mme Anglade est aussi la cofondatrice de la fondation KANPE.  Elle a reçu plus de 25 distinctions telles que la Bourse Émérite Desjardins, remise au lauréat des MBA du Québec. L’Ordre des ingénieurs du Québec a également reconnu sa contribution exceptionnelle dans la profession à travers son engagement social.

Qualités personnelles et milieu familial

Dominique Anglade possède la réputation d’être ambitieuse, dynamique et surdouée pour faire sa place dans les rangs du PLQ. Plusieurs observateurs du milieu estiment qu’elle est dotée d’une énergie remarquable et que son désir de réussite trouve son origine dans son milieu familial, cultivé et engagé. À cet effet, rappelons que Dominique Anglade, née en 1974, est la fille d’un des fondateurs de l’UQAM, Georges Anglade, un homme politique, écrivain et géographe d’origine haïtienne et de Mireille Neptune, qui était diplomate, auteure et professeure de français. 

Dominique Anglade en avance

Une course ouverte s’annonce à la chefferie du Parti libéral du Québec, alors que la cuisante défaite électorale a laissé la formation sans dauphin désigné. «On voit qu’il n’y a pas de vedette au Parti libéral du Québec. Personne ne sort devant, sauf un peu Dominique Anglade, souligne le président de la firme Léger, Jean-Marc Léger. C’est la première fois qu’on mesure une course à la chefferie où il n’y a pas de gagnant au départ, même si celui-ci ne l’emporte pas toujours à la fin.» 

Quelque 150 jours après l’élection, une majorité d’électeurs libéraux (58 %) est incapable de désigner un favori comme chef libéral, selon le sondage Léger.  L’ex-ministre de l’Économie Dominique Anglade – qui ne cache pas ses ambitions de succéder à Philippe Couillard – arrive en tête, mais avec 10 %. Dominique Anglade est suivie de près par Sébastien Proulx et Christine St-Pierre, qui obtiennent 8 % d’appuis.

Dominique Anglade ne sera peut-être pas le dauphin désigné du PLQ… Si tel était le cas, je pourrai possiblement refaire le même exercice pour le/la chef élu (e).

vigile.net tribune libre 9 avril 2019

 

Abus de pouvoir en santé

11 avril 2019

La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec-FIQ, qui représente 76 000 professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires, estime que le temps supplémentaire obligatoire « est devenu un réel mode de gestion qui porte atteinte aux droits des professionnelles en soins et a un impact direct sur la qualité et la sécurité des soins ».

À cet effet, le 8 avril, journée de manifestations, et tel que stipulé par une juge du Tribunal administratif du travail qui a rendu une décision obligeant les infirmières à accepter, durant leur journée nationale sans heures supplémentaires obligatoires, toute demande d’heures supplémentaires obligatoires « lors de situations urgentes et exceptionnelles », « les professionnelles en soins ont voulu pouvoir choisir leur santé physique et mentale, leur vie personnelle et familiale. Elles ont voulu, comme la grande majorité de la population, vivre une journée normale de travail. Une journée où elles ne risquent pas d'être prises en otage », a expliqué la présidente de la FIQ Nancy Bédard dans un communiqué.

En ce 8 avril, les infirmières ont tenu bon et refusé d’effectuer les heures supplémentaires obligatoires, trop souvent invoquées selon elles. Une journée qui a permis de «donner un électrochoc» aux gestionnaires de la santé, d’après la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ). De fait, les gestionnaires ont dû optimiser la planification des horaires en conséquence.

«S’ils ont été capables de le faire une fois, ils sont capables de le faire tout le temps», croit la présidente de la Fédération, Nancy Bédard. La FIQ avait ordonné à ses 76 000 membres — infirmières, infirmières auxiliaires et autres professionnelles en soins — de refuser les heures supplémentaires obligatoires, à moins qu’il ne s’agisse de situations urgentes.

De son côté, la ministre de la Santé, Danielle McCann, a rappelé en point de presse que le gouvernement a pris l’engagement d’abolir le temps supplémentaire obligatoire en campagne électorale, tout en prenant soin d’ajouter qu’ « en même temps, il faut se rappeler qu’il y a une obligation éthique, déontologique des infirmières de voir à la sécurité des patients ».

À mon avis, il y urgence d’agir sur ce qui m’apparaît clairement un abus de pouvoir inacceptable de la part des gestionnaires des hôpitaux qui tiennent de façon outrancière leur personnel littéralement en otage … Dans ces circonstances, Mme la ministre, il est plus que temps de vous atteler à régler, dans les meilleurs délais, ce type de gestion inhumaine auquel sont confrontées quotidiennement les infirmières et les autres professionnelles en soins!

vigile.net tribune libre 9 avril 2019
Le Devoir 13 avril 2019 (version abrégée)

 

Laïcité et signes religieux

11 avril 2019

Quoique je puisse comprendre que le fait que le principe de dérogation et l’utilisation possible du bâillon soient intégrés dans le projet de loi sur la laïcité de l’État horripilent le co-président de la commission Bouchard-Taylor, Gérard Bouchard, je sourcille quelque peu toutefois sur un des arguments utilisés par le sociologue en entrevue à l’émission 24/60 sur les ondes de RDI.

«Quand les gens parlent de laïcité, ils font référence à la séparation de l’Église et de l’État. [...] Mais en quoi le port de signes religieux par un employé de l’État peut remettre en question cette séparation?», déclare Gérard Bouchard.

Là où ou le bât blesse dans cette assertion, c’est d’énoncer que porter une croix autour du cou, un turban sur la tête ou bien un voile, n’empêcherait pas les défenseurs du port de signes religieux d’exercer leurs taches avec compétence et impartialité. Or, à mon point de vue, ils ont déjà franchi le seuil de l’impartialité dans une salle de classe lorsque leurs convictions religieuses affichées par un symbole religieux sont plus importantes que leur professionnalisme en tant que représentants d’un État laïc auprès des jeunes.

Conséquemment, le port de ces signes religieux heurte de plein front la notion même de « référence à la séparation de l’Église et de l’État ».

quebechebdo 11 avril 2019
vigile.net tribune libre 11 avril 2019

Les commissions scolaires marquent un point

10 avril 2019

Le projet de loi 21 ne prévoit aucune sanction à imposer aux contrevenants, mais le gouvernement s'engage à le faire appliquer une fois adopté. Toutefois, si on se fie aux intentions du gouvernement, eu égard aux réseaux scolaires primaire et secondaire, il appartiendra aux dirigeants des commissions scolaires de trouver le moyen de veiller à son application.

À cet effet, le président de la Fédération des commissions scolaires, Alain Fortier, juge pour le moins cavalier que le gouvernement Legault s'apprête à imposer de nouvelles responsabilités aux commissions scolaires avec l'application de la loi sur la laïcité, alors qu’en campagne électorale, il s'est engagé à les abolir.

« Comment, d'une part, il peut demander notre collaboration et, d'autre part, (être) en train de nous dire: "On n'a pas besoin de vous autres"? », lance M. Fortier… Force est de constater que, vu sur cet angle, les commissions scolaires marquent un point aux dépens du gouvernement!

Le Devor 10 avril 2019
 

Le vrai visage de Justin Trudeau

9 avril 2019

D’entrée de jeu, voici les grandes lignes de la formation académique et des diverses professions exercées par Justin Trudeau avant son saut en politique, telles que relatées dans L’encyclopédie canadienne :

« Quand Justin a 12 ans, Pierre se retire de la politique. Le père et ses fils déménagent à Montréal où Justin fait ses études secondaires au Collège Jean-de-Brébeuf, l’alma mater de son père.

Justin Trudeau fréquente l’Université McGill où il devient membre de l’équipe de débats et bénévole au centre d’agression sexuelle mis sur pied par les étudiants. Après avoir obtenu son B.A. en littérature anglaise en 1994, il voyage durant un an à l’étranger. Il revient à McGill où il étudie pour devenir enseignant. Avant d’avoir obtenu son diplôme, Justin Trudeau déménage à Whistler, en Colombie-Britannique, où il devient instructeur de planche à neige et travaille comme portier dans une boîte de nuit. Après plusieurs mois, il reprend ses études, cette fois-ci à l’Université de la Colombie-Britannique où il décroche un baccalauréat en enseignement en 1998.

Après avoir occupé le poste d’enseignant suppléant à Coquitlam, en Colombie-Britannique, il décroche un poste permanent à la West Point Grey Academy, une école privée située à Vancouver, où il enseigne le français et les mathématiques. Il passe éventuellement au système d’écoles publiques et enseigne à la Sir Winston Churchill Secondary School à Vancouver. » L’encyclopédie canadienne

 Trudeau, l’homme de théâtre
« J’ai de plus en plus l’impression que l’homme que nous avons élu à la tête du Canada n’est en fait qu’un comédien qui chaque jour, joue un rôle, celui de premier ministre. »
Sylvain Lévesque, Journal de Montréal, 20 février 2018
« Manifestement, Justin Trudeau n’aime rien tant au monde que se déguiser. Il entre dans la peau d’un personnage, il se donne un air grave, absolument pénétré par son rôle, et si on lui demande, il pleure sur commande. » Mathieu Bock-Côté

J’ai eu personnellement la chance de jouer dans quelques pièces de théâtre amateur aux cours de mes études classiques. Lors de ma dernière année, j’ai pu interpréter le rôle de Tarzan dans la pièce Zone de Marcel Dubé, aux côtés du comédien Raymond Bouchard et assisté de la comédienne Monique Lepage et du comédien Yvon Dufour. Des conseils de ces comédiens chevronnés, j’ai retenu, entre autres, qu’une des plus grandes qualités d’un comédien, c’est d’arriver à « embarquer » son auditoire dans le personnage qu’il joue. Autrement dit, il doit être crédible.

Or, j’ai eu l’occasion d’observer à maintes reprises, chez Justin Trudeau, des mimiques du visage et des changements d’intonation qui se rapprochaient nettement de l’interprétation d’un rôle au théâtre, parvenant même à susciter une émotion aux bords des larmes pour gagner en crédibilité auprès de son auditoire.

Tel est, à mes yeux, le vrai visage de Justin Trudeau, un comédien de haut niveau qui s’est vu offert sur un plateau d’argent par une majorité de la population le « rôle » de premier ministre du Canada!

vigile.net tribune libre 8 avril 2019

Trudeau n’est pas sorti du bois…

9 avril 2019

Si les libéraux de Justin Trudeau croyaient être enfin libérés du poids qui pesait sur eux eu égard à l’affaire SNC-Lavalin en expulsant Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott du caucus, j’ai bien l’impression qu’ils devront réviser leur stratégie et s’apprêter à recevoir de nouvelles révélations de la part des deux « moutons noirs ».

À ce sujet, l’enregistrement audio fourni par Jodi Wilson-Raybould au comité permanent de la justice et des droits de la personne se révèle fort révélateur. On y apprend, entre autres, que le greffier du Conseil privé, Michael Wernick, a plaidé auprès de l’ex-ministre de la Justice que le premier ministre voulait pouvoir dire qu'il avait «tenté par tous les moyens légaux possibles de tuer le problème» de SNC-Lavalin «dans l'oeuf», et qu’il voulait comprendre pourquoi on refusait de recourir à un effort de réparation et comptait «parvenir à ses fins d'une façon ou d'une autre».

«Je suis convaincue à 100% que je n'ai rien fait d'inapproprié», a-t-elle affirmé au fil de cette discussion, alors que le plus haut fonctionnaire du gouvernement revenait à la charge.
«Non, bien sûr, mais peut-être que vous le seriez moins si vous décidiez d'appliquer l'un ou l'autre des outils prévus par la loi… Je crois qu'il veut que le gouvernement fasse tout en son pouvoir pour éviter la perte de 9000 emplois… et d'une entreprise canadienne de renom», lui a répondu M. Wernick.
«Oui, bon… encore une fois, je suis convaincue de ma décision, et ma position n'a pas changé à l'égard de SNC. On parle ici du principe constitutionnel de l'indépendance judiciaire. Michael, je dois dire que cette conversation, et les précédentes que j'ai eues avec le premier ministre et bien d'autres à ce sujet, est absolument inappropriée et que cela constitue de l'ingérence politique», a-t-elle répliqué.

Depuis lors, les « deux alliées dans la tempête » ont multiplié les sorties publiques après avoir été mises à la porte de la famille libérale. Et rien n’indique qu’elles ont fini de déballer leur sac en public.
« Je ne serais pas surpris de les voir se lancer dans une tournée médiatique, de passer à la télé, pour parler de leur expérience, soutient l’expert en gestion de crise. Comme elles ne sont plus membres du parti, elles ont une marge de manœuvre plus importante. » affirme le politologue de l’Université Laval, Thierry Giasson.

Par ailleurs, le gouvernement Trudeau répète à qui veut l’entendre qu’il respecte l’indépendance de l’actuel ministre de la Justice, David Lametti. Or, ce dernier entend chaque jour ses collègues libéraux vanter sur toutes les tribunes les mérites d’une entente à l’amiable avec SNC-Lavalin pour « sauver 9000 emplois ».

« Si ce n’est pas de la pression, je ne sais pas ce que c’est, dit M. Giasson. Les libéraux n’ont vraiment pas conscience de ce qu’ils disent. »

vigile.net tribune libre 8 avril 2019

Catherine Dorion: la métamorphose

7 avril 2019

Je me souviens d’un temps pas si lointain où je lisais avec un plaisir toujours renouvelé les billets de Catherine Dorion sur cette tribune libre. L’indépendantiste convaincu avait le don de trouver les formulations colorées pour nous décrire ou ses élans souverainistes ou ses frustrations eu égard au fédéralisme.

À cet effet, je vous propose un extrait du discours prononcé par Catherine Dorion à l'occasion du 50ème du RIN le 10/09/10, et publié sur cette tribune le 18 septembre 2010 sous le titre Avancer malgré le trac.

« …Mais en même temps je me dis : « aye, wo ». En 1960 l’avenir de l’humanité n’était pas en meilleure posture, on répétait partout que ce qui nous attendait au prochain tournant c’était l’hécatombe nucléaire. Et puis en 1960 les indépendantistes québécois étaient au plus quelques centaines; aux élections de 1966 ils n’étaient même pas 10%! On envie les membres du RIN parce qu’alors tout était à faire, mais justement : tout était à faire. À nous il ne reste que le dernier mille à faire et dans un sens c’est nous qui sommes les plus chanceux, parce qu’avec un peu de courage et un peu d’intelligence on pourra profiter de ce que d’autres ont mis tant d’efforts à préparer sans jamais, pour beaucoup d’entre eux, pouvoir y goûter. On dit tout le temps que les baby-boomers ont tout pris – mais avec tout le poids de leur génération ils ont aussi semé quelque chose de grand pour nous et c’est à nous d’en faire la récolte. 10% en 1960, 40% en 1980, 50% en 1995 où deux millions trois cent mille personnes ont dit « OUI JE VEUX LE QUÉBEC POUR PAYS ». Juste le nombre de ceux qui ont voté OUI c’est plus que le nombre d’habitants d’une bonne cinquantaine de pays dans le monde. Mais comme il nous faut la majorité on a quoi, 1% à aller chercher? En 1960 c’était 90% qu’il fallait aller chercher!… »

Depuis lors, les temps ont bien changé comme en fait foi la position « multiculturaliste » de Québec solidaire sur la laïcité et pour lequel la députée de Taschereau, Catherine Dorion, milite activement. Où sont passées les valeurs identitaires de celle qui vouait une admiration sans bornes aux membres du RIN pour leur engagement dans la promotion de l’indépendance du Québec? Pourquoi endosse-t-elle aujourd’hui une position mondialiste au détriment de notre propre identité en tant que nation? Où sont passées les grandes envolées oratoires de Catherine Dorion sur sa soif de l’indépendance du Québec?

« OUI JE VEUX LE QUÉBEC POUR PAYS »… Si on demandait aujourd’hui à Catherine Dorion de nous définir quel pays elle souhaite pour le Québec, quelle serait sa réponse? À quel « oui » nous inviterait-elle à adhérer?   

vigile.net tribune libre 5 avril 2019