Place à la majorité!

7 avril 2019

En campagne électorale la Coalition avenir Québec (CAQ) s’est engagée à proposer un projet de loi sur la laïcité de l’État qui s’appuie sur l’interdiction du port de signes religieux chez les employés de l’État en ligne d’autorité, y compris les enseignants.

Or, il s’avère que le projet de loi 21, une fois présenté par un gouvernement qui a obtenu une majorité des suffrages de la part de l’électorat québécois, donne l’impression qu’il émane de nulle part et qu’il suscite des contestations telles de la part de certains groupes qu’ils semblent sortir d’une autre planète. Et pourtant, le gouvernement Legault ne fait que réaliser une promesse électorale, une démarche que bien des gouvernements antérieurs laissaient dans le placard, une fois élus.

Par ailleurs, le dernier sondage révèle clairement qu’une grande majorité des Québécois sont en faveur du projet de loi tel que présenté. J’en déduis donc que les contestations proviennent d’une minorité de citoyens. Or, dans une démocratie qui se respecte, il est de circonstance que la règle de la majorité (1) l’emporte sur la minorité et que cette dernière se rallie autour de la majorité.

Alors, pourquoi en serait-il autrement en ce qui concerne le projet de loi sur la laïcité de l’État québécois? Pourquoi les travailleurs de l’État en fonction d’autorité ne s’abstiendraient-ils pas de porter des signes religieux ostentatoires qui vont à l’encontre d’une laïcité dont l’objectif premier est de séparer la religion de l’État?

Information complémentaire (1)
« La règle de la majorité est définie comme  (…) une sorte de convention de guerre, laquelle a pour objet, premièrement, de borner la lutte au domaine de l'intelligence et des passions en excluant toutes voies de fait ; secondement, d'obtenir la soumission volontaire des vaincus du scrutin qui doit décider comme ferait ailleurs la force, et par là d'affirmer et de conserver le fait social (…)Issu de l'impossibilité pratique de la paix complète et de la société pure, ce droit est une convention qui fonde la paix possible et la société possible, vise à les affermir, et même à les étendre, en se prêtant à la manifestation de l'unanimité dans la mesure où elle tend à se produire. » 

Charles Renouvier, philosophe français (1815-1903)

vigile.net tribune libre 5 avril 2019

Aide médicale à mourir…vous dites?

7 avril 2019

Selon le Rapport sur la situation des soins de fin de vie au Québec, depuis la mise en place de l’aide médicale à mourir (AMM) au Québec en 2015, 34 % des demandes ont été écartées entre le 10 décembre 2015 et le 31 mars 2018, soit 830 requêtes sur 2462.

De plus, 400 autres personnes admissibles sont décédées avant de recevoir l’aide médicale à mourir ou sont devenues inaptes à consentir avant de pouvoir en bénéficier. Ce sont donc 16 % des demandes qui sont demeurées lettre morte, même si la personne répondait aux critères. Un constat qui m’interroge sur la lourdeur de l’appareil administratif sous-jacent. La Commission relève que seulement 350 médecins de la province ont administré l’AMM en 2017-2018, soit 1,7 % des médecins du Québec. Près du double serait nécessaire pour répondre à la demande, selon le président de la Commission sur les soins de fin de vie.

Le gouvernement a le devoir de pallier impérativement ces lacunes qui entravent malencontreusement le processus de l’aide médicale à mourir. C’est une question de respect envers ces personnes qui ne formulent qu’un vœu, mourir dans la dignité!

Le Soleil le 8 avril 2019

Une motion tout à fait légitime

7 avril 2019

La motion déposée à l’Assemblée nationale par la députée indépendante Catherine Fournier eu égard au retrait du Salon bleu de tous les signes et symboles religieux revêt, à mes yeux, un caractère tout à fait légitime dans le contexte d’un projet de loi sur la laïcité de l’État québécois.

« Je ne vois pas pourquoi des symboles de la religion anglicane auraient davantage leur place que des symboles de la religion catholique », argue Catherine Fournier, faisant allusion et aux signes de la monarchie britannique associés à l'Église anglicane et au crucifix.

Je suis d’avis que cette motion devrait être soulevée lors des consultations prévues sur le projet de loi 21… C’est une question de gros bon sens qui ne peut être évitée!

quebechebdo 7 avril 2019
Le Soleil 9 avril 2019
 

Et l’évitement fiscal, M. Trudeau?

6 avril 2019

En campagne électorale, Justin Trudeau s'est engagé à lutter contre ceux qui utilisent les paradis fiscaux pour éviter de payer des impôts. Or, à la fin de son mandat, le gouvernement n’a fourni, jusqu’à maintenant, que des données fiscales générales, ce qui fait dire au directeur parlementaire du budget, Yves Giroux, qu’« il est très difficile de résoudre un problème que vous ne pouvez pas quantifier», une somme estimée par M. Giroux à plusieurs milliards de dollars.

Par ailleurs, l'Agence du revenu du Canada (ARC) a identifié près de 900 personnes et sociétés canadiennes dans les «Panama Papers» et cinq enquêtes criminelles sont en cours, mais aucune accusation n'a encore été portée jusqu'à maintenant. L'agence a aussi fourni de nouveaux détails sur l'état d'avancement de son enquête au sujet de la fuite d'informations provenant du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca. Les documents répertorient des centaines de milliards de dollars provenant du monde entier et protégés dans des paradis fiscaux. Aux dires de certains experts, ces chiffres n’illustrent que la pointe l’iceberg…

De son côté, Yves Giroux a demandé au ministre des Finances, Bill Morneau, en janvier, de proposer une modification législative permettant au Directeur parlementaire du budget d’avoir accès à des données fiscales plus détaillées pour l’étude sur l’écart fiscal… Pour l’instant, c’est le silence radio!

quebechebdo 6 avril 2019
 

Promesse faite, promesse tenue

5 avril 2019

Lors du dernier scrutin provincial tenu le 1er octobre 2018, la Coalition avenir Québec (CAQ) a fait élire 74 députés et récolté 37,42 % des suffrages exprimés à la suite d’une campagne pendant laquelle François Legault s’est engagé, notamment, à présenter un projet de loi sur la laïcité de l’État québécois dans les premiers mois du mandat de son gouvernement.

Par ailleurs, un sondage Léger réalisé en décembre 2018 révélait que 61 % des Québécois jugeaient « inacceptable » le port de signes religieux chez les enseignants. Or, il s’avère que certaines associations syndicales et certaines commissions scolaires ont déjà manifesté leur intention de contester la future loi, voire de ne pas la respecter. Pire encore, le Robin des bois de la défense des droits de la personne, Me Julius Gray, est même allé jusqu`à affirmer que, dans certains cas, la désobéissance civile était un droit!

Et pourtant, le gouvernement actuel suit à la lettre son plan de campagne eu égard aux engagements qu’il a pris pendant la campagne électorale, ce que, il faut bien l’admettre, a rarement été le lot des gouvernements précédents pour qui les promesses s’envolaient en fumée.

Or, fort d’un gouvernement majoritaire issu d’engagements pris par la CAQ lors de sa campagne électorale, je ne peux qu’applaudir au projet de loi 21 qui mettra fin à plus de dix ans de tergiversations qui ont fait suite au rapport Bouchard-Taylor et à la Charte des valeurs du gouvernement Marois.

En ce qui a trait à la clause dérogatoire intégrée dans le projet de loi, je suis d’avis qu’elle représente un rempart nécessaire eu égard à de possibles poursuites judiciaires que certains farouches opposants seraient tentés d’utiliser pour bloquer le projet de loi.

Enfin, compte tenu des irritants que soulèvent le projet de loi 21, François Legault et Simon Jolin-Barrette auront tout avantage à user de tact et de patience sur un dossier aussi émotif, à défaut de quoi la laïcité du Québec risque de tourner en une foire d’empoigne stérile qui pourrait faire avorter un projet de loi pourtant si nécessaire dans une démocratie moderne. 

vigile.net tribune libre le 3 avril 2019
 

Le projet de loi 21 au banc des accusés

5 avril 2019

Sans grande surprise, le dépôt du projet de loi 21 sur la laïcité de l’État suscite une levée de boucliers, notamment auprès de plusieurs organismes de défense des droits de la personne et de la communauté musulmane qui réclament le retrait du projet de loi, tandis qu'une commission scolaire, la English Montreal School Board, a déjà annoncé qu'elle n'appliquerait pas la future loi.

Sous-jacente à une réaction aussi vive s’ensuit toute une série de questions portant sur les mécanismes que le gouvernement entend utiliser pour s’assurer que la future loi sera respectée, et, en corollaire, les sanctions prévues à ceux qui refuseront de la respecter.

À cet effet, je suis d’avis que la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, s’est aventurée sur un terrain « glissant » en affirmant en mêlée de presse que la police pourrait débarquer dans une commission scolaire, par exemple, pour la forcer à appliquer la future loi 21, obligeant d'éventuelles enseignantes contrevenantes à enlever leur hijab.

À mon avis, de telles questions sont nettement prématurées et laissent place à un dérapage du projet de loi alors qu’il vient tout juste d’être présenté à la population qui doit prendre le temps nécessaire pour « digérer » toutes ses composantes avant de porter un jugement objectif.

De son côté, le ministre Jolin-Barrette s'est montré confiant de voir tous les citoyens et tous les organismes publics se conformer à la nouvelle législation tout en refusant d'envisager les moyens éventuellement utilisés pour la faire appliquer au besoin… Autrement dit, on traversera le pont quand on sera parvenu à la rivière!

vigile.net tribune libre 3 avril 2019
quebechebdo 3 avril 2019 (version abrégée)
 

Wilson-Raybould refait surface

3 avril 2019

Un autre chat vient de sortir du sac de l’ex-ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould. Cette fois-ci, elle a présenté au comité de la justice de la Chambre des communes un enregistrement d’une conversation avec l'ancien greffier du Conseil privé, Michael Wernick, dans laquelle elle dit qu'il lui a fait des menaces voilées au sujet des procédures criminelles contre la firme de génie montréalaise SNC-Lavalin.

Dans l'enregistrement datant du 19 décembre 2018, on peut entendre Mme Wilson-Raybould dire qu'elle est «certaine à 100 % qu'elle ne fait rien d'inapproprié». Elle ajoute que cette campagne visant à la convaincre est «entièrement inappropriée» et représente de «l'ingérence politique». L'ancienne ministre dit également à plusieurs reprises qu'elle est «mal à l'aise» d'avoir cette conversation. M. Wernick lui répond en disant que le premier ministre ne lui demande pas de faire quoi que ce soit d'inapproprié, et qu'il est «très décidé» sur ce sujet. «J’ai peur qu’il y ait un conflit, parce qu’il est très ferme à ce sujet… Je l’ai vu il y a quelques heures, et c’est quelque chose de très important pour lui».

Michael Wernick a nié avoir menacé Mme Wilson-Raybould ou avoir exercé des pressions indues sur elle. Au moment où il a comparu pour la deuxième fois devant un comité, le 6 mars, M. Wernick semble avoir appris que sa conversation du 19 décembre avait été enregistrée. Lorsqu'il répondait à des questions sur ses souvenirs au sujet de cette conversation, il a déclaré: «Je ne portais pas d'enregistreur, je n'enregistrais pas la conversation et ne prenais pas de notes improvisées ».

L’opposition, bien sûr, n’a pas tardé à réagir à ces nouvelles révélations. Quant au bureau du premier ministre Trudeau, c’est le silence complet, Enfin, pour ce qui est de Jody Wilson-Raybould, elle a déclaré qu’elle n’avait plus rien à ajouter sur le sujet… Suite au prochain épisode?

vigile.net tribune libre 1er avril 2019 

Une saga qui ne veut pas mourir

3 avril 2019

Je n’ai jamais compris les motifs qui justifiaient que Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott aient fait le choix de demeurer au sein du caucus du Parti libéral du Canada après leurs déclarations clamant l’ingérence de la garde rapprochée de Justin Trudeau, y compris lui-même, dans l’affaire SNC-Lavalin. À mon sens, la congruence aurait dû les amener à démissionner du caucus libéral et à siéger comme indépendantes.

Il ne faut donc pas s’étonner que la grogne règne chez de nombreux militants libéraux québécois qui ne croient pas que les ex-ministres Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott, au coeur de l'affaire SNC-Lavalin, devraient rester au sein du caucus de Justin Trudeau, mais qu’elles soient plutôt expulsées du caucus. « Qu’elles parlent ou qu’elles jouent en équipe », lance une militante qui soutient du même souffle que les deux ex-ministres doivent « dire ce qu’elles ont à dire ou se taire ». Une autre voix libérale explique que des militants considèrent les deux ex-ministres comme des « traîtres ». Le fait qu’elles restent au sein du caucus dérange plusieurs militants.

L’affaire SNC-Lavalin domine les discussions politiques fédérales depuis déjà sept semaines. Quel lapin le chef conservateur Andrew Scheer peut-il sortir de son sac? Quelles sorties médiatiques les deux ex-ministres nous réservent-elles? Sommes-nous confrontés à une saga qui ne veut pas mourir?.

vigile.net tribune libre 1er avril 2019..
 

Doit-on tourner la page sur l’affaire SNC-Lavalin?

3 avril 2019

Après plusieurs semaines d’une saga fertile en rebondissements, l’affaire SNC-Lavalin semble avoir l’heur d’exaspérer certains libéraux qui prônent ouvertement que les ex-ministres Jody Wilson-Raybould et Jane Philott soient expulsés du caucus après la publication d'une conversation téléphonique enregistrée secrètement par l'ancienne ministre de la Justice alors qu'elle s'entretenait avec Michael Wernick, l'ancien greffier du Conseil privé.

À titre d’argument, les tenants de l’expulsion arguent le manque d’éthique professionnel de Jody Wilson-Raybould qui a pris l’initiative de téléphoner à Michael Wernick en enregistrant leur conversation à son insu…. Va pour le manque d’éthique!

Néanmoins, le contenu de l’enregistrement de la conversation vient réaffirmer que les pressions dont est victime Mme Wilson-Raybould sont « entièrement inappropriées » et qu’elles représentent de « l’ingérence politique ». Quant à M. Wernick, il lui répond en disant que le premier ministre ne lui demande pas de faire quoi que ce soit d'inapproprié, et qu'il est «très décidé» sur ce sujet.

À mon avis, le manque d’éthique de l’ex-ministre de la Justice doit être condamné. Toutefois, les preuves manifestes de pressions inappropriées et d’ingérence de la part de l’ex-greffier, de la garde rapprochée du premier ministre et de Justin Trudeau lui-même ne doivent pas être évincées pour autant.

Par conséquent, je suis d’avis que les deux personnes concernées doivent être convoquées à nouveau par le comité de justice des Communes d’autant plus que, interrogé sur cette conversation, Michael Wernick a répondu laconiquement qu’il  ne portait pas d'enregistreur, qu’il n'enregistrait pas la conversation et qu’il ne prenait pas de notes improvisées… Comme défense, c’est plutôt dérisoire!

vigile.net tribune libre le 1er avril 2019
 

Allo… Y a quelqu’un?

2 avril 2019

Le conseil municipal du 1er avril a donné lieu à un fait plutôt cocasse (et ce n’est pas un poisson d’avril) lorsque le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin, est parti en guerre contre la lenteur du maire Labeaume dans le projet du tramway en tonnant que « c’est quand même assez spécial de voir le premier magistrat de la Ville ne pas être présent sur toutes les tribunes pour vendre son projet. »

Après s’être fait traiter de « cheap » par le conseiller du district de Val-Bélair, Sylvain Légaré, qui lui suggéra de cesser de remettre en cause l’engagement du maire de Québec alors qu’il combat le cancer, le chef de Québec 21 s’est finalement rétracté en avouant bien candidement que personne ne lui avait expliqué la raison des absences récentes du maire, et que « jamais » il n’a voulu attaquer Régis Labeaume sur son état de santé. Allo… Y a quelqu’un au bout de la ligne?

quebechebdo 2 avril 2019