Immigration « utilitariste »

14 août 2019

De passage en commission parlementaire pour discuter de la planification de l’immigration 2020-2022, la représentante de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI), Veronica Islas, a critiqué la vision « réductrice » et « utilitariste » que le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) semble avoir de l’immigration. Selon elle, vouloir se servir des nouveaux arrivants seulement pour combler les besoins de main-d’oeuvre des entreprises entraînera une immigration plus homogène au Québec. 

Qu’à cela ne tienne, une immigration « utilitariste » représente, à mes yeux, un choix judicieux et pragmatique dans une période de crise de main d’œuvre au Québec. D’un autre côté, une immigration privilégiant le multiculturalisme ne doit pas devenir un obstacle à l’arrivée d’une main-d’oeuvre répondant aux offres d’emploi disponibles.

Selon moi, il faudrait cesser de considérer l’immigration comme la clef permettant aux immigrants, quelle que soit leur formation, de s’installer au Québec sans aucun prérequis pour s’intégrer dans le milieu du travail hic et nunc. Autrement dit, l’immigration n’est pas une porte ouverte pour désoeuvrés.

En bref, le gouvernement Legault respecte sa promesse électorale eu égard à l’immigration, à savoir d’accueillir moins d’immigrants mais d’en prendre soin… 

vigile.net tribune libre 14 août 2019

Le mouvement indépendantiste albertain prend de l’ampleur

14 août 2019

Un coup de sonde mené à la mi-juillet par Abacus Data montrait un appui de 25% à l’indépendance en Alberta tandis que 30% des Albertains ont jugé que « l’Alberta s’en sortirait mieux en formant son propre pays » lors d’un sondage mené par Research Co. au début août.

La liste des récriminations des membres du Wexit Alberta de Peter Downing est longue. Entre autres, M. Downing critique le système de péréquation, la taxe sur le carbone, la lenteur du développement des projets d’oléoduc, la loi C-69 sur l’évaluation des impacts environnementaux des grands projets et la loi C-48 qui impose un moratoire sur le trafic de pétroliers le long de la côte britanno-colombienne.

Le mouvement indépendantiste est suffisamment fort en Alberta pour que le premier ministre Jason Kenney, qui dit comprendre le ressentiment de la population, sente régulièrement le besoin d’y répondre. « Les Albertains, nous sommes de fiers Canadiens. Travaillons à réparer ce qui ne fonctionne pas dans la fédération, en commençant par un changement de gouvernement fédéral », a appelé dans une vidéo mise en ligne sur son compte Twitter celui qui compte faire campagne contre Justin Trudeau en vue des élections fédérales du 21 octobre.

Nul ne peut prévoir quel serait le pourcentage du vote populaire albertain pour le Wexit Alberta advenant un référendum sur la question. Toutefois, chaque vote en sa faveur créerait une brèche importante dans le fédéralisme canadien.

vigile.net tribune libre 14 août 2019


 

Et vogue sur ton voilier, Greta!

14 août 2019

Il y a maintenant un an, la jeune militante suédoise de 16 ans pour le climat, Greta Thunberg, initiait, seule, devant le Parlement suédois, une grève de l’école pour le climat qui a donné naissance, peu après, au mouvement mondial « Fridays for Future ».

Toutefois, le chemin n’a pas toujours été facile, notamment lors de son passage à l’Assemblée nationale en juillet, des élus l’ayant traitée de « gourou apocalyptique ». Qu’à cela ne tienne, « je les ignore, parce que c’est aussi un bon signe qu’ils essaient de nous faire taire. Ça signifie que nous avons une influence et qu’ils nous voient comme une menace, réplique Greta.

Prochaine étape, la traversée de l’Atlantique sur son voilier, Le Malizia II, où elle aura l’occasion de transporter son discours dans plusieurs rendez-vous sur le climat, notamment lors d’un sommet de l’ONU à New York en septembre et à la COP 25, au Chili, en décembre.

Aux dires de la jeune suédoise, le débat sur le climat est en train de changer, les idées évoluent. « J’ai l’impression que son urgence devient plus manifeste, les gens commencent à être plus conscients, lentement », a-t-elle déclaré dans une entrevue accordée à l’Agence France-Presse.

Ayant maintenant atteint le septième étage, je ne peux que me réjouir du dynamisme et de la détermination de cette jeune fille qui mobilise de plus en plus de gens à sa cause… Et vogue sur ton voilier, Greta!

quebechebdo 14 août 2019
Le Soleil 15 août 2019
 

Qui est Sylvain Gaudreault?

12 août 2019

À la suite de la décision de la députée de Joliette Véronique Hivon de ne pas se présenter à la chefferie du Parti québécois, le député de Jonquière Sylvain Gaudreault demeure le seul député péquiste à avoir manifesté son intérêt pour briguer la succession de Jean-François Lisée.

Aussi ai-je cru pertinent de vous présenter un portrait sommaire du député de Jonquière dans le but de le connaître quelque peu…  

 

Source (Wikipédia)

Biographie

Né le 8 juillet 1970 à Chicoutimi, Sylvain Gaudreault est député de Jonquière à l’Assemblée nationale du Québec.

Jusqu’à son élection, le 26 mars 2007, il était enseignant au Cégep de Jonquière.

Détenteur d’un baccalauréat en histoire à l’Université du Québec à Chicoutimi et d’un baccalauréat en droit de l’Université Laval, Sylvain Gaudreault fut chroniqueur pour le Journal Le Quotidien durant plusieurs années.

Il a été membre du Barreau du Québec de 1996 à 2010. Boursier de la fondation Jean-Charles Bonenfant et stagiaire à l’Assemblée nationale du Québec, il a également été directeur général de la Fondation des parlementaires québécois Cultures à partager. Impliqué dans sa région, il a siégé au conseil d’administration de la Société historique du Saguenay et fut président du Centre de solidarité internationale du Saguenay—Lac-Saint-Jean. Sylvain Gaudreault est aussi l'un des seuls ministres à avoir parlé de son homosexualité publiquement. L'homme politique avait fait le point sur son orientation sexuelle lors de son passage à l'émission Tout le monde en parle.

 

Carrière politique

À la suite de l'élection générale de 2007, il est devenu député de Jonquière à l'Assemblée nationale du Québec, sous la bannière du Parti québécois, et a été réélu en 2008, 2012, 2014 et 2018.

Il a été porte-parole de l'opposition officielle en matière d'énergie de mars 2010 à août 2011 et en matière d'éducation primaire et secondaire et d'alphabétisation d'août 2011 à août 2012. Il a occupé les postes de ministre des Transports et de ministre des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire dans le gouvernement de Pauline Marois, et était porte-parole de l'opposition officielle en matière de développement durable, d'environnement et d'accès à l'information. Du 6 mai 2016 au 7 octobre 2016, il a été chef par intérim du Parti québécois.

vigile.net tribune libre 12 août 2019

Le nationalisme du PLQ

12 août 2019

 


De toute évidence, le chemin du nationalisme québécois semble être devenu la voie de prédilection pour reconquérir le coeur des Québécoises et des Québécois. En effet, après la Coalition avenir Québec (CAQ), c’est maintenant au tour des jeunes libéraux de se tourner vers une approche davantage nationaliste en affichant une forme de « leadership québécois à l'intérieur du Canada ».

Autre changement de cap important, les jeunes libéraux ont mis de l’avant le concept de l’interculturalisme qui se définit comme un modèle qui privilégie une identité collective commune, sans pour autant nier les différences des groupes qui composent la société, tandis que le multiculturalisme fait la promotion de la diversité ethnique.

En apportant de telles propositions, il m’apparaît clair que les jeunes du PLQ veulent renouer avec l’ensemble des Québécois, particulièrement les francophones, un objectif qu’ils ont complètement raté lors du dernier scrutin hormis la région de Montréal, notamment chez les anglophones.

Il faut reconnaître l’effort de rapprochement des jeunes libéraux avec l’électorat québécois francophone. Toutefois, force est de constater que le CAQ de François Legault a déjà fait son nid dans le créneau du nationalisme québécois. En conséquence, il m’apparaît pour le moins délicat pour le PLQ de présenter la voie du nationalisme comme une « nouvelle » route qu’il entend emprunter compte tenu que la CAQ s’est fait élire en grande partie pour avoir placé en priorité la défense de ce même nationalisme québécois… Dans cette perspective, on peut se demander comment le PLQ pourra espérer ravir des circonscriptions à la CAQ.

quebechebdo 12 août 2019
vigile,net tribune libre 14 août 2019
Le Devoir 16 août 2019

Kenney s’en va-t-en guerre

8 août 2019

C’est un secret de polichinelle qu’il n’existe pas d’atomes crochus entre le premier ministre de l’Alberta Jason Kenney et son homologue du Canada Justin Trudeau. À l’évidence, trois mois avant les élections fédérales, Jason Kenney s’invite déjà dans les débats, notamment en alléguant que « l’Alberta se fait avoir » en accusant le gouvernement fédéral et « beaucoup de provinces » d’être à l’origine de bien des maux de l’Alberta eu égard, entre autres, à la taxe carbone et à la péréquation., tout en clamant qu’« ils ont affaibli notre capacité à tirer profit de nos ressources ».

Et, qui plus est, le premier ministre albertain laisse planer le spectre du séparatisme en cas de réélection de Justin Trudeau en octobre, ne manquant pas de souligner qu’une partie de la population albertaine s’est récemment déclarée favorable à l’idée de se séparer du reste du pays tout en laissant entendre que c’est à cause des politiques de Justin Trudeau. « Je ne pense pas qu'on devrait [le] laisser nous exclure de notre pays. Plutôt que de mettre nos efforts à séparer l’Alberta du reste du Canada, j’aimerais les concentrer à éloigner Justin Trudeau du bureau du premier ministre du Canada », ajoute-t-il.

Par ces attaques véhémentes contre Justin Trudeau, le bouillant Jason Kenney est littéralement parti en guerre contre lui. Toutefois, quoique les provinces de l’Ouest puissent être peinturées en bleu le soir du scrutin, il est fort à parier que l’Ontario, le Québec et une partie des Maritimes se rallieront aux libéraux de Justin Trudeau qui risque de la sorte de conserver le pouvoir… peut-être à la tête d’un gouvernement minoritaire!

vigile.net tribune libre 7 août 2019

Le « quoi » avant le « qui »

8 août 2019

 

La nouvelle a été confirmée. Véronique Hivon ne sera pas candidate à la chefferie du Parti québécois (PQ). «Je vis le moment où ma famille a le plus besoin de moi depuis que je suis en politique et où j’ai le plus besoin d’être là pour elle», a-t-elle écrit dans un message publié sur Facebook.

Indépendamment des motifs d’ordre familial que je respecte amplement, j’aimerais revenir sur quelques arguments évoqués par la députée de Joliette, eu égard à la situation actuelle du PQ, notamment les réflexions qui ont cours actuellement sur les motifs relatifs à la déconfiture du parti lors du dernier scrutin.

L’une des causes provient, selon Mme Hivon, du fait que le PQ s’est peu à peu distancé de sa base électorale depuis quelques années, un constat qui a conduit inévitablement à un désintérêt des militants envers le parti et, par ricochet, envers la cause indépendantiste du Québec, d’où l’essentielle reconnexion avec la base militante du PQ.

En second lieu, la députée s’interroge sur l’idée ancrée au PQ qu’il faut à tout prix rechercher un « sauveur » pour mener au pouvoir le parti. À cet effet, Mme Hivon croit fermement qu’au congrès extraordinaire qui doit se tenir en novembre, l’emphase doit être mise sur le « quoi » avant le « qui »… une démarche qui, à mon sens, ne peut que susciter la remobilisation essentielle des militants. 

vigile.net tribune libre 7 août 2019
quebechebdo 8 août 2019
Le Soleil 9 août 2019 "PQ: Le "quoi" avant le "qui" "

La montée du suprémacisme blanc aux États-Unis

6 août 2019

Depuis l’élection de Donald Trump, la protestation de suprémacistes blancs, prônant une idéologie raciste d’exclusion des communautés considérées comme « non-blanches » aux États-Unis a le vent en poupe.

Le 3 août, à El Paso au Texas, ville à majorité hispanique près de la frontière mexicaine, un homme blanc de 21 ans a ouvert le feu avec un fusil d'assaut dans un centre commercial bondé, faisant 22 morts et 26 blessés avant de se rendre. Treize heures plus tard, à Dayton en Ohio, un homme blanc de 24 ans a abattu neuf personnes et fait 27 blessés, dont sa propre soeur, avant d'être tué par des policiers moins d'une minute après avoir ouvert le feu. Ces deux nouvelles tueries portent à 251 depuis le début de l'année le nombre de fusillades ayant fait au moins quatre victimes, morts et blessés confondus, selon un décompte de l'ONG Gun Violence Archive.

Du côté du président Trump, refusant catégoriquement toute responsabilité liée à son discours raciste contre les populations migrantes et les Noirs, il attribue plutôt ces fusillades à la violence des jeux vidéo et à la maladie mentale de tireurs fous. Et toute cette « sage analyse » dans un contexte où le président, dans sa dernière série de Tweets sur des élues démocrates « non-blanches » à qui il suggérait de « retourner dans leur pays d’origine »… Un comble quand on sait que sa propre épouse, Melania Trump, n’est même pas née aux États-Unis… 

quebechebdo 6 août 2019

Restauration du patrimoine culturel à caractère religieux

5 août 2019

Tel que promis en campagne électorale, la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault investit une somme de 20 millions de dollars pour la restauration du patrimoine culturel à caractère religieux au Québec, notamment 69 bâtiments, deux orgues, quatre biens mobiliers, ainsi qu’un ensemble d’oeuvres d’art qui seront restaurés à partir de ce montant duquel une enveloppe de 5 millions servira à la requalification des lieux de culte dans le but de préserver leur valeur patrimoniale.

Depuis 2011, les Québécois ont assisté impuissants à la démolition de 40 bâtiments à vocation religieuse chaque année, une situation touchant particulièrement des églises désertées par les paroissiens et que les fabriques sont financièrement incapables de rénover compte tenu des sommes astronomiques qu’un tel investissement nécessite.

Je ne peux qu’applaudir à une telle initiative de la part du gouvernement caquiste. En effet, bien que le Québec soit devenu un État laïc depuis l’adoption de la Loi 21 sur la laïcité, il m’apparaît fort pertinent de conserver ces édifices pour la plupart centenaires faisant partie du patrimoine des Québécois qui sont restés très attachés à leur église paroissiale qui demeure pour eux le seul endroit de recueillement de prédilection.

Les églises paroissiales représentent un fleuron patrimonial et culturel qui fait partie de la mémoire collective des Québécois et, à ce titre, elles doivent être conservées en mémoire d’un passé qui a marqué des générations de Québécois.

quebechebdo 5 août 2019
vigile.net tribune libre 5 août 2019

Gillam, une population tenue sous pression

5 août 2019

 

Depuis le 23 juillet, la petite municipalité de Gillam, située à mille kilomètres au nord de Winnipeg, assiste à la scène d’une chasse à l’homme ininterrompue pour tenter de retrouver Kam McLeod, 19 ans, et Bryer Schmegelsky, 18 ans. Tous deux sont accusés d’un triple meurtre et considérés « armés et dangereux », avertit la Gendarmerie royale du Canada (GRC) qui appelle la population à ne surtout pas les approcher et à barricader leurs portes.

Dans toute cette saga qui dure maintenant depuis plus de dix jours, les médias ont concentré leur énergie à couvrir les pistes empruntées par les Forces armées canadiennes et la GRC pout tenter de mettre la main au collet des deux fugitifs.

Toutefois, très peu de reportages sur les dommages collatéraux subits par la « paisible » population de Gillam qui soudain, est devenue la scène d’une chasse à l’homme où des militaires arpentent les rues, armés jusqu’aux dents jour et nuit, sans compter la présence de nombreux médias qui ont été appelés à couvrir les événements au quotidien.

Bien sûr, ça ne fait pas très « sensationnaliste » d’aborder le haut degré de stress que vivent les quelque 1265 personnes selon le dernier recensement de 2016. De son côté, le maire de Gillam indique que la Ville envisage des services de santé mentale pour soutenir les résidents lorsque la chasse à l’homme sera terminée… J’espère aussi que les deux paliers de gouvernements verront à mobiliser les ressources humaines et matérielles nécessaires au soutien de cette population tenue sous pression depuis si longtemps.

quebechebdo 4 août 2019