L’acceptabilité sociale selon Legault

7 avril 2022

Les politiciens font parfois preuve d’aberrations surprenantes, voire contradictoires. Ainsi en est-il du premier ministre François Legault dans deux dossiers fort d’actualité, à savoir le tramway dans la Capitale nationale et l’allègement de la norme sur la nickel dans l’air.

Alors que le premier ministre utilisait très rarement les termes «acceptabilité sociale» auparavant, voilà qu’il en fait son cheval de bataille pour marquer sa réserve eu égard au tramway. Par contre, dans le dossier sur le nickel, François Legault reste complètement muet sur l’acceptabilité sociale alors que, dans les faits, le rehaussement de la concentration de nickel tolérée dans l’air par le ministère de l’Environnement, a été dénoncé par la Ville de Québec et de nombreux regroupements citoyens de la capitale.

Inutile de vous dire que les députés de l’opposition s’en sont donné à coeur joie sur l’attitude pour le moins paradoxale du premier ministre dans ces deux dossiers, notamment le député solidaire de Jean-Lesage, Sol Zanetti, qui a lancé, avec un brin d’ironie que «Les gens de Limoilou, les gens de Beauport, les gens de Québec sont en furie. L’acceptabilité sociale, ça ne compte plus quand il s’agit de satisfaire une multinationale, c’est juste bon pour retarder le transport collectif».

Dans ces deux dossiers, je suis porté à croire que le politique joue un grand rôle. En effet, dans le dossier du tramway, le rétrécissement d’une partie du boulevard René-Lévesque va ralentir la circulation des automobilistes des régions environnantes de la capitale, des électeurs potentiels pour la CAQ. Quant à l’allègement de la norme sur le nickel dans l’air, il m’apparaît qu’on sacrifie l'air des gens de Québec pour sauver des emplois à Bécancour.

Quoi qu’il en soit, l’acceptabilité sociale telle que perçue par François Legault verse carrément dans le paradoxe selon les situations. En bref, de la petite politique de bas étage qui risque de rebondir avec fracas au visage du premier ministre lors de la campagne électorale.

quebechebdo tribune libre 7 avril 2022
vigile.quebec tribune libre 7 avril 202


 

Le Conseil de sécurité de l’ONU au banc des accusés

7 avril 2022

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky, n’a pas été tendre envers le Conseil de sécurité de l'ONU alors qu’Il s’adressait aux membres pour la première fois depuis le début de l'invasion de son pays par la Russie.

«Le Conseil de sécurité existe pour maintenir la sécurité et la paix. Mais où est la paix aujourd’hui? Où sont les garanties que les Nations unies sont censées apporter?» a demandé Volodymyr Zelensky aux membres du Conseil réunis d'urgence, incluant la Russie, pour se pencher sur les exactions qui ont été commises à Boutcha, en banlieue de Kiev, par l'armée russe.

Dans une allocution vidéo, le président ukrainien a dénoncé la paralysie du Conseil de sécurité eu égard à une guerre qui viole clairement l'article 1 de la Charte des Nations unies, celui-là même qui érige le maintien de la paix et la sécurité internationale comme le but premier de l'organisation.

« Les crimes les plus horribles depuis la Seconde Guerre mondiale ont été perpétrés dans notre pays», a dénoncé M. Zelensky. «Je m'adresse à vous au nom de ceux qui sont morts à Boutcha, qui ont pris des balles dans le dos, dans la rue, dans leur appartement, dans leur maison. D’autres ont été jetés dans un puits, certains ont été tués dans leur voiture alors qu’ils tentaient de fuir, des femmes ont été violées devant leurs enfants, on a décapité certaines personnes», a poursuivi M. Zelensky.

«Tout cela a été fait par un membre du Conseil de sécurité des Nations unies. Si ça continue, on ne pourra dépendre que des armes pour assurer notre sécurité et non plus du droit international», a mis en garde M. Zelensky. « Êtes-vous prêts à laisser tomber le droit international?», a-t-il lancé d’un ton lapidaire.

En bref, deux hypothèses s’offrent au Conseil de sécurité de l’ONU pour trancher le nœud gordien. Ou bien il expulse la Russie à titre de membre ayant droit de veto, ou bien il se transforme complètement en évitant de se placer dans des culs-de-sac inextricables. Pour l’instant, il se retrouve muselé par ses propres règles…

Le Soleil (version internet) 6 avril 2022 

Qu’adviendra-t-il de Bay du Nord?

6 avril 2022

Au moment où le Groupe d’experts intergouvernemental sur les changements climatiques (GIEC) publie un rapport dévastateur sur les gaz à effet de serre (GES) liés, entre autres, à l’exploitation du pétrole tout en condamnant vertement l’ouverture de nouvelles usines d’exploitation pétrolière, le ministre fédéral de l’Environnement, Steven Guilbeault, est encore en réflexion au sujet du projet controversé d’exploitation pétrolière Bay du Nord, au large de Terre-Neuve-et-Labrador. Aux dernières nouvelles, le ministre s’est engagé à mettre fin au suspens d’ici le 17 avril au plus tard.

Aux yeux des membres du GIEC, il n’y a pas de remède miracle contre la crise climatique, mais il y a un ennemi connu: les énergies fossiles. Il n’y a plus de place pour leur expansion,

Les ONG appellent à sortir d’urgence du charbon, du pétrole et du gaz et à mettre fin à leurs subventions, mais aussi à développer massivement les énergies renouvelables, à transformer les systèmes agricoles et alimentaires et à accroître le financement des énergies renouvelables. Les décideurs ont déjà toutes les solutions en main, mais il faut les déployer à une plus grande échelle . On peut encore agir, mais le temps bouscule les échéances.

Le monde n’est pas sur la bonne trajectoire. Les émissions de CO2 du secteur de l’énergie ont bondi de 6 % en 2021, pour atteindre un sommet historique. Elles devraient encore augmenter de 14 % d’ici à 2030, par rapport à 2010 alors qu’il faudrait les réduire de 45 % pour garder une chance de ne pas dépasser 1,5°C de réchauffement.

Le projet Bay du Nord va complètement à l’encontre des observations et recommandations du GIEC qui lance un cri d’alarme retentissant. Prenez-en bonne note dans votre réflexion, M. Guilbeault, d’autant plus que le Canada est déjà sur la liste des pays les plus pollueurs sur la planète!


vigile.quebec tribune libre 5 avril 2022
Le Soleil (version internet) 6 avril 2022

Départs massifs au PLQ

4 avril 2022

Dans la foulée de Philippe Couillard, Sébastien Proulx, Gaétan Barrette, Christine St-Pierre, Lise Thériault, Francine Charbonneau et Monique Sauvé, les députés libéraux Hélène David, Nicole Ménard et Jean Rousselle ne solliciteront pas de nouveaux mandats aux prochaines élections provinciales.

Est-ce l’effet du hasard, est-ce le virage progessiste que veut implanter la cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ) Dominique Anglade, qui contribuent à un tel exil du PLQ? La question se pose. En réalité, Dominique Anglade assume-t-elle le leadership auquel le parti, notamment la vieille garde,devrait s’attendre?

Depuis le début de son premier congrès à titre de cheffe du PLQ, Dominique Anglade a dû défendre le virage à gauche de sa formation et affronter les critiques de ses propres militants. «Ça fait partie de la réalité d’un parti qui se transforme. Le moment où tu décides d’opérer un virage, il va y avoir des réactions de personnes qui ont milité au parti et qui peuvent ne pas être d’accord», tout en ajoutant que «le statu quo était impensable à la suite du sévère résultat électoral de 2018».

Le PLQ traîne derrière lui un lourd passé, que ce soit son implication sur le plan de la corruption dans l’industrie de la construction sous le gouvernement de Jean Charest ou le régime d’austérité imposé aux Québécois par Philippe Couillard. Conséquemment, le virage draconien proposé par Dominique Anglade est, en soi, une initiative qui s’impose si le PLQ désire faire revivre les belles années des grands projets réalisés sous le règne de Jean Lesage, comme le souhaite Mme Anglade avec le projet ÉCO axé sur un gigantesque plan de nationalisation de l’hydrogène vert… Un défi gigantesque à relever dans une période difficile qui voit partir des députés d’expérience à l’aube d’une campagne électorale!

Le Soleil (version internet) 4 avril 2022

Affaire Will Smith

3 avril 2022

La prestigieuse soirée des Oscars a été sérieusement entachée lorsque l’acteur Will Smith s’est précipité sur la scène pour administrer une gifle à l’humoriste Chris Rock qui venait de faire un gag sur la tête rasée de la conjointe de Will Smith, Jada Pinkett Smith, atteinte d’alopécie – une maladie provoquant une importante chute de cheveux. À la suite de cet incident pour le moins déplacé,Will Smith a refusé de quitter la cérémonie des Oscars comme il lui a été demandé,après avoir giflé l’humoriste Chris Rock, et a récupéré son siège tout naturellement.

Dans cette affaire, je serais porté à considérer le gag de Chris Rock pour le moins de très mauvais goût. Or, l’attaque brutale de Smith face à Rock était-elle légitime ou inacceptable dans le contexte d’une soirée des Oscars? Will Smith aurait-il dû quitter la salle tel qu’on lui a demandé?

Quoi qu’il en soit, le conseil d’administration de l’Académie s’est déjà réuni et a « ouvert la procédure disciplinaire à l’encontre de Will Smith en raison de violations du règlement de l’Académie, ce qui inclut les contacts physiques inappropriés, les conduites abusives ou dangereuses et la compromission de l’intégrité de l’Académie ». Une éventuelle « action disciplinaire » à son encontre sera discutée lors d’une prochaine réunion. Elle pourrait inclure la suspension ou l’exclusion de Will Smith de l’Académie.

Finalement, je laisse la parole à l’humoriste Wanda Sykes qui estime que Will Smith n’aurait jamais dû être autorisé à rester dans la salle et à recevoir son trophée après un tel geste. « Cela envoie un mauvais message. Si vous agressez quelqu’un, on vous fait sortir du bâtiment, un point c’est tout »… Une position derrière laquelle je me serais rangé sans aucune hésitation.

vigile.quebec tribune libre 1er avril 2022
quebechebdo tribune libre 3 avril 2022

Départ de Catherine Dorion de la politique active

2 avril 2022

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le départ de la politique de la députée de Taschereau pour Québec solidaire, Catherine Dorion, va creuser un grand vide au sein de la députation de QS qui perd une politicienne hors norme dont la spontanéité et la transparence ont nettement contribué à lui procurer ses lettres de noblesse. Quand Catherine Dorion s’exprimait à l’Assemblée nationale ou devant les caméras, il n’était pas question d’utiliser la lange de bois, son argumentaire était sans ambiguïté.

Catherine Dorion sort de la politique mais soyez sûrs que la politique ne sortira pas complètement de ses sujets d’intérêt qui vont sûrement se pointer là où elle a laissé il y a quatre ans, soit dans sa carrière artistique sans pour autant cesser de militer pour les causes sociales qui lui tiennent à cœur.

Dans sa «lettre d’amour aux gens de Taschereau» de plus de 10 minutes publiée sur sa page Facebook, Catherine Dorion déclare qu’« on a gagné des choses à Québec à travers tout le tumulte des dernières années, et il ne faudra pas lâcher le morceau. Et pas seulement à l’Assemblée nationale, mais dans la rue aussi. Et moi, c’est ça que je veux faire maintenant. Je veux militer sur le terrain, dans les salles de spectacle et dans les bars, dans des livres et à travers les gens, et je veux y mettre tout mon temps». Dans cette foulée, la députée de Taschereau incite ses électeurs à faire le saut en politique pour faire avancer des causes progressistes. «C’est exactement ça que ça nous prend en politique, des grandes gueules qui aiment la liberté et qui n’ont pas peur d’exprimer leurs opinions», lance-t-elle.

Catherine Dorion ne faisait peut-être pas toujours «dans la dentelle», mais une chose est sûre, elle donnait son point de vue sans fioriture ni tergiversation … C’est peut-être ça «faire de la politique autrement».


quebechebdo tribune libre 2 avril 2022
vigile.quebec tribune libre 3 avril 2022
Le Devoir 5 avril 2022 "Catherine Dorion laissera un vide"

 

La paranoïa de Pablo Rodriguez

2 avril 2022

Les sanctions économiques contre la Russie, on le sait, dans le conflit qui l’oppose à l’Ukraine, ont été nombreuses depuis le début du conflit, et force est de constater qu’elles n’ont pas donné les résultats escomptés.

Or, à mon sens, le ministre du Patrimoine, Pablo Rodriguez, pousse un peu fort sur l’accélérateur en coupant les subventions aux artistes russes et biélorusses qui ont des projets avec la Russie. Dans cette foulée, M. Rodriguez cite les Chœurs de l’Armée rouge en exemple. Et, s’empresse-t-il d’ajouter: «Il y en a bien d’autres aussi où il y a un lien direct avec l’État de Poutine, qui pourrait s’en servir comme instrument de propagande».

En réaction à cette déclaration du ministre, je retiens l’intervention fort à propos du chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet: «Doit-on croire que les artistes canadiens et québécois qui reçoivent du financement de l’État canadien sont assujettis aux valeurs canadiennes, à la propagande canadienne, au multiculturalisme canadien s’ils veulent de l’argent? Si c’est non ici, on peut penser que des artistes qui auraient une forme ou une autre de soutien en Russie ne sont pas nécessairement non plus les porteurs de la propagande du régime russe».

En termes clairs, j’ai la nette impression que le ministre Rodriguez est en train de verser dans la paranoïa eu égard aux «méchants Russes», et qu’il devrait retrouver sa raison avant de perdre la face. De toute façon, soyons réalistes, le fait d’empêcher des artistes russes ou biélorusses de se produire au Canada va-t-il contribuer à désamorcer de quelque façon le conflit entre la Russie et l’Ukraine? Poser la question, c’est y répondre…


vigile.quebec tribune libre 1er avril 2022

 

L’Université Laval et la discrimination positive

30 mars 2022

Dans le but d’accroître la représentativité des femmes, des Autochtones, des personnes en situation de handicap et de celles appartenant aux minorités visibles aux postes de titulaires de Chaires de recherche du Canada» au sein de l’Université Laval, seules les personnes candidates possédant les compétences requises et s’étant auto-identifiées comme membre d’au moins un de ces quatre groupes sous-représentés seront sélectionnées au terme d’un concours du Département de biologie de la Faculté des sciences et de génie de l’Université Laval.

Du côté de l’Université Laval, on explique que les programmes des Chaires de recherche du Canada (CRC) sont soumises aux exigences et pratiques en matière d’équité, de diversité et d’inclusion, qu’elles sont financées par le gouvernement fédéral, que le financement accordé permet l’embauche de nouveaux membres du corps professoral et que toutes les universités doivent se conformer à ces exigences.Le programme des Chaires de recherche du Canada a pour but d’augmenter la représentativité de chercheuses et de chercheurs diversifiés parmi les titulaires de ces chaires. Selon l’Université Laval, l’augmentation de la représentativité en recherche a des bénéfices parce qu’elle apporte une diversité des perspectives qui «permet d’aborder les enjeux complexes auxquels notre société est actuellement confrontée avec une plus grande agilité».

Or, aussi paradoxal que cela puisse paraître, dans son appel de candidature, la Faculté précise que, conformément à ses propres politiques de recrutement, l’Université Laval «garantit l’égalité des chances à toutes les candidates et tous les candidats». Andrée-Anne Stewart, la porte-parole de l’Université Laval, assure que les offres d’emplois de l’établissement n’excluent personne. «Au contraire, elles priorisent, à compétence équivalente, une personne de l’un de ces groupes : les femmes, les membres de minorités visibles et ethniques, les autochtones et les personnes handicapées, lorsqu’il est sous-représenté».

La morale de cette histoire : encore une fois, le fédéral étend ses tentacules multiculturalistes jusque dans l’enseignement supérieur en faisant valoir la discrimination positive pour justifier les objectifs de son programme des Chaires de recherche du Canada.

vigile.quebec trinune libre 30 mars 2022
Le Soleil (version internet) 31 mars 2022

Zelensky ouvert à la neutralité de l’Ukraine

30 mars 2022

Un pas important a été franchi dans le processus de cessez-le-feu dans le conflit entre la Russie et l’Ukraine. En effet, Volodymyr Zelensky s’est montré ouvert sur la question de la neutralité de l’Ukraine au plan international, (un pays neutre étant un État faisant le choix de ne pas s’immiscer dans un conflit ou une guerre, que ce soit directement ou indirectement). En Europe, la Suède, l'Autriche et la Suisse revendiquent ce statut. Rappelons par ailleurs que Vladimir Poutine réclame, en plus de la neutralité du pays, la démilitarisation de l’Ukraine et sa "dénazification".

Bien que ce compromis de la part de Zelensky ne représente qu’une partie des conditions de Poutine, il ouvre la porte à d’autres négociations qui pourraient aboutir éventuellement à un accord de paix. Toutefois, je suis d’avis qu’un cessez-le-feu doit préalablement être décrété par les deux parties pendant le temps des négociations à défaut de quoi le conflit risque de s’envenimer de plus belle. En réalité, comment négocier «de bonne foi» et poursuivre les attaques simultanément?

À mon avis, il est temps que Zelensky et Poutine aient une rencontre face à face… Espérons que le tsar de Moscou daignera rencontrer le Serviteur du peuple et qu’une lueur d’espoir ressortira de ce tête-à-tête pour le plus grand bien du peuple ukrainien traqué comme des rats depuis plus d’un mois!

Le Soleil (version internet) 30 mars 2022

La saga de l’extension de la loi 101 au cégep

29 mars 2022

Bien honnêtement, je n’arrive pas à comprendre les raisons, voire l’entêtement, qui motivent le gouvernement caquiste à ne pas étendre la loi 101 au cégep d’autant plus que, de source sure, depuis 1995, la part des étudiants collégiaux qui fréquentent les cégeps en anglais et leur pendant privé subventionné est passée de 14,9% à 19%, un bond pour le moins inquiétant. Par ailleurs, au lieu d’en interdire l’accès, le gouvernement a plutôt choisi de plafonner la proportion d’admissions au cégep anglophone au niveau de 2019, soit 17%.

Et pourtant, dans 13 cégeps de partout au Québec, des professeurs de cégep revendiquent l’extension de la loi 101 au cégep. Ces professeurs oeuvrent dans la réalité. Ils sont témoins plus que tous de la dynamique linguistique chez les jeunes, témoins que la langue des couloirs est de plus en plus l’anglais. Ces professeurs constatent que les jeunes générations s’anglicisent, et que c’est la communauté anglophone qui assimile les nouveaux arrivants. En bref, l’État finance notre propre anglicisation tout en dévalorisant une partie de notre système d’éducation francophone.

Or, un sondage de juin 2021 révélait que 58 % des Québécois étaient favorables à l’extension de la loi 101 au cégep. Les Québécois le demandent, les chercheurs le justifient, et maintenant les professeurs le revendiquent, et le gouvernement persiste dans sa décision de ne pas étendre la loi 101 au cégep. De son côté, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, estime qu’il n’est pas nécessaire d’étendre la loi 101 au cégep pour protéger la langue française au Québec. La solution, selon lui, « se passe au primaire et au secondaire». Selon lui, qui fait pourtant partie de l’aile nationaliste de la CAQ, « la loi 96, telle qu’elle est écrite en ce moment, va assez loin », un constat qu’il fait, rappelons-le, après plus de trois ans aux commandes du ministère de l’Éducation.

En bref, pendant que l’anglicisation galopante du Québec, particulièrement de la grande région de Montréal, fait irruption, le projet de loi 96, Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français, propose aux Québécois des fusils à eau pour éteindre les flammes pendant que la maison est en feu…

vigile.quebec tribune libre 28 mars 2022