Jean Charest le sauveur?

13 février 2022

C’est un secret de polichinelle, le Parti conservateur du Canada (PCC) passe actuellement une très mauvaise période, tiraillé entre la droite conservatrice et la gauche progressiste.

La récente mise en candidature de Pierre Poilievre ne contribuera en rien à unifier le parti, le député de Carlton étant perçu comme un tenant de l’extrême-droite, par conséquent non habilité à recréer l’unité au sein du PCC, notamment les positions contre les mariages gais, contre l’avortement et en faveur des armes à feu qui déplaisent à plusieurs députés du Québec, de l’Ontario, des Maritimes et même de l’Ouest canadien, plusieurs élus conservateurs craignant de perdre leur circonscription aux prochaines élections si le parti endosse une idéologie plus à droite.

Dans cette perspective, il n’est pas étonnant que le nom de Jean Charest circule dans les officines du parti comme le candidat progressiste recherché par une frange substantielle de députés. Le parti a besoin de se ressouder rapidement pour éviter de s’effondrer. Dans ce contexte, Jean Charest est un peu considéré comme le « sauveur ».

Quant à l’enquête Mâchurer sur le financement douteux du Parti libéral du Québec (PLQ) alors que Jean Charest en était le chef, celle-ci ne semble pas représenter véritablement une épée de Damoclès pour l’ex-premier ministre du Québec, cette enquête n’ayant pas abouti et semblant au point mort depuis de nombreuses années. Quoi qu’il en soit, la présomption d’innocence peut toujours servir de défense à l’ancien chef du PLQ.

Aux yeux de plusieurs députés du PCC. Jean Charest est perçu comme « le candidat de la dernière chance », un orateur flamboyant, un rassembleur efficace et capable de ramener la coalition au sein du PCC…À suivre!

vigile.quebec tribune libre 13 février 2022

Le bla-bla-bla de Trudeau

13 février 2022

L’occupation prolongée d’Ottawa et le blocage du pont Ambassador sont devenus des irritants que le premier ministre Justin Trudeau semble incapable de dénouer. Il a beau monter le ton, rien ne bouge, les manifestants persistent dans leurs revendications et leurs moyens de pression.

« Toutes les options sont sur la table » pour faire partir les camionneurs en colère immobilisés à Ottawa et à Windsor… L’intervention policière deviendra « de plus en plus robuste » pour déloger les manifestants qui bloquent les rues d’Ottawa ou des points de passage vers les États-Unis… « Il commence à y avoir de réelles conséquences à leur licence, à leur avenir, à leur emploi s’ils se font arrêter dans des barricades illégales », clame haut et fort le premier ministre.

Or, les menaces de Justin Trudeau coulent comme de l’eau sur le dos d’un canard jusqu’ici. Paroles, des paroles, des paroles qui n’ont aucun effet sur les manifestants qui, de toute évidence, semblent déterminés à continuer tant et aussi longtemps qu’ils n’obtiendront pas la levée de toutes les restrictions sanitaires.

Depuis le 28 janvier, les camionneurs associés au « Convoi de la liberté » bloquent les principales artères autour du parlement canadien. Depuis plusieurs jours, des centaines de millions $ de marchandises sont bloquées sur le pont Ambassador entre Windsor et Détroit. Le président Biden s’impatiente. Justin Trudeau lui aurait promis « des actions rapides pour faire respecter la loi ».

À mes yeux, Justin Trudeau joue son avenir politique. Le bla-bla-bla doit faire place aux actes à défaut de quoi son manque de leadership risque de lui coller à la peau jusqu’au jour du prochain scrutin.

vigile.quebec tribune libre 13 février 2022

C’est en coachant qu’on apprend à coacher

13 février 2022

Tout au cours de sa carrière dans la LNH, le diminutif Martin St-Louis a toujours fait preuve de courage et de combativité, et d’un talent exceptionnel.

Toutefois, il est certain que tous les regards des amateurs du Canadien de Montréal vont observer comment le nouvel entraineur-chef par intérim du Tricolore va se comporter derrière le banc des joueurs, lui qui n’a aucune expérience comme entraineur d’une équipe de la LNH. À cet égard, Martin St-Louis répond qu’il possède en revanche beaucoup d’expérience sur le banc, dans une chambre de joueurs et sur la glace, et qu’il sait comment les joueurs se sentent dans des situations difficiles. 

Or, peut-il changer l’atmosphère au sein de l’équipe ? En termes clairs, peut-il arriver à communiquer à ses joueurs le désir de vaincre? En tout cas, ceux qui l’ont côtoyé vous diront qu’il ne prenait pas des gants blancs pour inviter ses coéquipiers à démontrer plus de combativité dans les périodes creuses que traversait son équipe.

Martin St-Louis affirme « avoir le pouls des joueurs », une qualité qui ne s’apprend pas derrière le banc mais que l’on possède à la naissance. C’est ce que l’on appelle l’intuition, un don naturel qui lui permettra de poser le bon geste au bon moment.

Enfin, je suis convaincu qu’en étant bien entouré de ses entraineurs-adjoints, Martin St-Louis saura surement rapidement mettre à profit leurs conseils et redonner une âme à cette équipe qui en a bien besoin. Après tout, n’est-ce pas en coachant qu’on apprend à coacher?

Le Soleil (version internet) 13 févier 2022

Qui est Pierre Poilievre?

11 février 2022

Il n’a pas fallu longtemps après le départ d’Erin O’Toole pour que le député conservateur de Carlton, Pierre Poilievre, pose sa candidature à la direction du Parti Conservateur du Canada avant même que la course officielle ne soit lancée.

Mais qui est Pierre Poilievre?

Source : Wikipédia

Jeunesse et études

Né de parents franco-albertains, il étudie en relations internationales à l'Université de Calgary et participe aux forums de débat du campus pendant ses études.

Avant de se lancer en politique, il est copropriétaire et opérateur de 3D Contact Inc., une firme de sondage et de consultants, l'autre partenaire étant Jonathan Denis, avocat à Calgary. Il travaille également pour Magna International, se concentrant sur les communications et fait du travail de relations publiques à Toronto. Avant son élection en tant que parlementaire, il travaille comme assistant pour les députés Stockwell Day et Jason Kenney de l'Alliance canadienne.

Engagement politique

Il remporte la nomination du Parti conservateur dans la circonscription de Vepean-Carleton pour les élections fédérales de 2004, à l'âge de 25 ans, après que le député provincial ontarien John Baird ait décide de ne pas se présenter. Dans une course très polarisée, Poilievre défait le ministre David Pratt, candidat à sa réélection pour le Parti libéral du Canada, par près de 4 000 voix, soit 5,5 % du total des suffrages. Les libéraux sont réduits à un gouvernement minoritaire lors des élections.

Lors des élections fédérales de 2006, il est réélu avec 55 % des voix, défaisant le candidat libéral par plus de 19 000 voix. Les conservateurs peuvent former un gouvernement minoritaire à l'échelle nationale. Le 7 février 2006, il est nommé secrétaire parlementaire à l'honorable John Baird, le président du Conseil du Trésor. Réélu en 2008 avec 55,8 % des voix et en 2011 avec 55,4 % des voix, il se présente dans la nouvelle circonscription de Carlton en 2015, à la suite de l'abolition de Nepean-Carlton. Il est réélu avec 46,8 % des voix.

Nommé ministre d’État des institutions démocratiques le 15 juillet 2013 par le Premier ministre Harper, il devient ministre des Ressources humaines et du Développement social le 9 février 2015 en remplacement de Jason Kenney. Poilievre quitte ses fonctions le 4 novembre 2015, lors de l'entrée en fonction du cabinet de Justin Trudeau.

Poilievre soutient qu'un budget déficitaire exorbitant, des taux d'intérêt très bas et la taxe sur le carbone sont les principales raisons de l’inflation actuelle. vigile.quebec tribune libre 11 février 2022

Allocution de mise en candidature de Pierre Poilievre (vidéo)

https://twitter.com/PierrePoilievre/status/1490115327786684417

vigile.quebec tribune libre 11 février 2022

 

L’effet Lightbound

10 février 2022

Les réactions à la sortie de Joel Lightbound sur la gestion de crise du premier ministre Justin Trudeau, notamment l’instrumentalisation de la vaccination à des fins politiques, n’ont pas tardé à se manifester dans le camp des libéraux.


Il ne fait aucun doute que, chez les libéraux, la tension, déjà existante reliée aux manifestations des camionneurs, a dû monter d’un cran. De surcroît, certains députés, notamment le député Yves Robillard, affirme que Joel Lightbound « a dit exactement ce que beaucoup d'entre nous pensent [et qu’il était] d'accord avec tout ce que Lightbound a dit ».


De tout temps, le Parti libéral du Canada a toujours adopté une ligne de parti orientée sur le silence du caucus devant des manifestations de dissidence, ce qui entraine comme conséquence, qu’« on doit laver notre linge sale en privé et non pas sur la place publique ». De ce fait, en critiquant la rhétorique du « nous contre eux », Joel Lightbound a lancé carrément une bombe dans le clan libéral.


Depuis l’occupation d’Ottawa par les organisateurs du convoi de la liberté, Justin Trudeau ne fait qu’attiser le feu en ciblant, par exemple, les quelques symboles haineux aperçus ici et là et des dérapages les plus désolants pour se servir de la masse de manifestants comme repoussoir, une attitude dénoncée haut et fort par Joel Ligntbound lors de son point de presse.


En bout de ligne, est-ce que l’effet Lightbound donnera des fruits? La ligne de parti tiendra-elle le coup ou s’effritera-t-elle devant un mouvement croissant de dénonciateurs du style de gestion de Justin Trudeau au sein du caucus? À mon avis, il est à souhaiter que le ton provocateur du premier ministre s’estompe au profit d’un ton plus rassembleur à défaut de quoi le siège d’Ottawa risque de durer encore longtemps!

quebechebdo tribune libre 10 févier 2022

Joel Lightbound, le dissident

9 février 2022

J’ai écouté avec énormément d’intérêt le point de presse du député libéral fédéral de Louis-Hébert et président du caucus du Québec au sein du parti, Joel Lightbound, portant sur l’attitude « dénigrante » de son gouvernement envers la minorité des non-vaccinés et le «style de politique» du gouvernement en lien avec l’imposition de la vaccination.

Dans son argumentaire, Joel Lightbound déplore la stratégie du gouvernement qui favorise la division au détriment de l’unité nationale en stigmatisant les non-vaccinés au lieu de manifester toute tentative de compromis avec les manifestants.

Toutefois, le cœur de l’allocution de M. Lightbound s’adresse à tous ceux manifesten leur colère et leur désarroi devant des restrictions sanitaires qu’ils ne comprennent plus parce que, aux dires du député libéral, elles ne sont tout simplement pas expliquées.

Dans une longue litanie de personnes qu’il a entendues depuis des mois, Joel Lightbound cite des enfants anxieux et dépressifs parce que privés de leurs activités sportives, des restaurateurs sur le point de perdre toutes les économies d’une vie en passant par les personnes âgées esseulées au crépuscule de leur vie. quebechebdo tribune libre 9 février 2022

Certes, le député de Louis-Hébert risque gros en affichant publiquement sa dissidence contre le style de gestion de crise de son gouvernement. Connaissant la ligne de partie qui ne tolère aucune dissidence, M. Lightbound va probablement voir son image d’étoile montante du PLC se ternir. Toutefois, je demeure convaincu que son humanisme et sa transparence ne peuvent qu’être bénéfiques pour lui à moyen terme.

https://www.journaldequebec.com/2022/02/08/dissension-au-plc-lightbound-critique-la-gestion-de-la-crise-sanitaire?fbclid=IwAR3LWefGcf5v8VzcCQCsACt5EgFSsiYa_5-EUgfCCSzHV0E_-iOJxiIuqSU

quebechebdo tribune libre 9 février 2022
vigile.quebec tribune libre 9 février 2022
Le Soleil (version internet) 10 février 2022

 

L’odyssée de Bérubé

9 février 2022

Le député péquiste de Matane, Pascal Bérubé, a décidé de propager l’idée de rendre la loi 101 obligatoire au Cégep auprès de tous les députés et ministres caquistes un à un en les invitant dans une lettre à échanger en tête-à-tête au sujet du projet de réforme de la Charte de la langue française actuellement en consultation.

On se souviendra que le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, au cours d’un dernier point presse, a soutenu que l’application de la Charte de la langue française aux étudiants des cégeps n’est pas nécessaire, alléguant que la loi 96, telle qu’elle est écrite en ce moment, allait « assez loin» et que la solution « se [passait] au primaire et au secondaire ». Toutefois, c'est un secret de Polichinelle qu'une aile plus nationaliste de la CAQ fait de plus en plus pression à l'interne pour étendre la loi 101 aux cégeps.

Aux yeux du député de Matane, le projet de loi 96 n’est pas assez « costaud » pour défendre avec fermeté la survie de la langue française au Québec « parce que pour l’instant, il est trop mollo ». D’autre part, M. Bérubé demeure convaincu que le pilote du dossier, le ministre Jolin-Barrette, est lui-même en faveur de la mesure, mais se retrouve isolé dans son camp face aux « affairistes » et aux  « fédéralistes » de son parti.

Selon Pascal Bérubé, il y a longtemps que la preuve a été démontrée à l’effet   que le réseau collégial anglophone participe activement à l’anglicisation du Québec, particulièrement dans le grand Montréal où  « ce sont 40 % des étudiants qui le fréquentent, non pas pour apprendre l’anglais, car les jeunes Québécois sont déjà massivement bilingues, mais bien dans l’optique d’adopter un mode de vie anglicisé ».  

À mes yeux, le momentum est tout à fait propice à la promotion et la défense de la langue française au Québec, à savoir un projet de loi en consultation et des données probantes sur le déclin du français… En conséquence, j’applaudis l’initiative de Pascal Bérubé en espérant qu’il puisse rallier assez de caquistes pour faire renverser le statu quo.

vigile.quebec tribune libre 9 février 2022

Le ras-le-bol se répand

9 février 2022

Ce qui n’était au début qu’un convoi de camionneurs en route vers Ottawa pour manifester contre l’obligation d’être vaccinés pour traverser la frontière est devenu un mouvement pour l’abolition des mesures sanitaires qui s’est répandu partout au pays, un mouvement qui prend de plus en pus d’ampleur comme le révèle le dernier sondage Léger qui confère aux partisans des anti-mesures sanitaires près du tiers de la population et, qui plus est, aux dires du sondeur Jean-Marc Léger, « une partie de la population s’oppose de plus en plus aux restrictions sanitaires. Le groupe de mécontents pourrait donc devenir majoritaire dans un avenir proche ».

Mais que faut-il voir dans cette croissance constante d’adhérents à l’abolition des restrictions sanitaires? À mon avis, le facteur prépondérant qui émane de ce mouvement tire son origine du ras-le-bol généralisé des mesures sanitaires, tous citoyens confondus. À preuve, près de 44 % des répondants vaccinés contre la COVID-19 disent qu’ils comprennent les frustrations exprimées par les personnes qui participent à la manifestation à Ottawa.

De son côté, le premier ministre Trudeau se contente de maintenir la ligne dure en déclarant stoïquement que les manifestations qui se tiennent dans plusieurs villes du pays « doivent cesser » tout en alléguant qu’il reconnaît que « tout le monde est tanné de porter le masque et de respecter les règles sanitaires » mais que « manifester ne mettra pas fin au virus ». Un argumentaire simpliste exempt de toute intention de compromis avec les manifestants.

Or, pendant ce temps, la plupart des gouvernements provinciaux, y compris le Québec, ont déjà amorcé un déconfinement progressif. Les experts adoptent peu à peu l’Idée qu’il va falloir « apprendre à vivre avec le virus ». La grogne se propage dans l’ensemble de la population… Il est temps qu’une vie « presque » normale reprenne sa place dans la société!

vigile.quebec tribune libre 9 février 2022

La langue, outil de communication

8 février 2022

J’ai toujours dit, et j’y crois fermement encore aujourd’hui, que l’enseignement est le plus beau métier du monde. D’abord parce qu’il nous permet de côtoyer des jeunes qui nous tiennent au parfum de l’évolution de la société, ensuite et surtout parce qu’il nous offre l’immense privilège de leur communiquer des connaissances qui les prédisposent à prendre leur place dans leur future vie d’adulte.

Établir le canal de communication

Combien de fois vous-est-il arrivé de parler à quelqu’un et d’avoir l’impression qu’il ne vous écoute pas du tout? Mais que s’est-il donc passé? La réponse est toute simple, vous n’avez pas établi le canal de communication entre vous et votre interlocuteur.

Partons, si vous me le permettez, d’exemples concrets que j’ai été appelé à vivre tout au cours de ma carrière d’enseignant. À l’arrivée des élèves lors de la première période de cours de la semaine, au lieu de plonger directement dans le contenu de cours, j’échangeais avec eux sur leur fin de semaine pendant quelques minutes. Lorsque les élèves arrivaient de la récréation pendant laquelle ils avaient complètement décroché du cadre scolaire [et c’est tout à fait normal, voire très sain], je savais très bien que je ne pouvais pas obtenir en un claquement de doigts leur attention sur-le-champ. Il me fallait leur laisser le temps de se reconnecter à mon contenu de cours. Une situation similaire se produisait régulièrement lors de la dernière période de cours de la journée pendant laquelle il aurait été utopique d’aborder les règles d’accord des participes passés conjugués avec l’auxiliaire « avoir ». Je choisissais dans ces circonstances de leur offrir notamment une période de lecture ou d’écriture sur un sujet libre.

La clarté, pierre angulaire de la communication

Communiquer, c’est l’action, pour un émetteur, d’entrer en relation avec un récepteur de façon verbale ou non-verbale. La langue incarne l’outil privilégié pour communiquer verbalement ses pensées et les échanger.

En conséquence, il est essentiel de faire preuve de clarté au moment d’exprimer ses pensées si on désire être compris par le récepteur, Ainsi, si vous débutez votre message par « Il était magnifique… », le récepteur ne pourra savoir à quoi vous référez et, de ce fait, votre intention demeure complètement floue et vous n’atteignez pas votre cible, à savoir lui communiquer un message. En revanche, si vous abordez votre interlocuteur en lui disant que « le spectacle que je suis allé voir hier soir était magnifique », votre objectif, à savoir la communication, est atteint en ajoutant tout simplement des termes qui viennent ajouter de la clarté et de la précision à votre message.

Éviter les termes trop complexes

Il nous arrive parfois de rencontrer des personnes qui excellent dans l’art d’étaler leur « culture » lorsqu’ils s’adressent à vous dans l’intention souvent d’épater la « galerie ». À cet effet, un de mes anciens profs nous faisaient remarquer que pour certaines personnes , la culture était comme de la confiture, moins on en a, plus on l’étend… En réalité, comment voulez-vous échanger avec quelqu’un qui se gargarise de mots alambiqués?

Un terme simple qui rallie la précision et la clarté vaut mille fois mieux que l’emploi d’un terme recherché qu’à peu près personne ne connaît et qui donne lieu malheureusement la plupart du temps à un « dialogue de sourds ».

Le dialogue, véhicule d’enrichissement

Le dialogue, et je vous parle ici du « vrai » dialogue entre deux personnes, et non pas du charabiai tel que l’on retrouve sur les médias sociaux, permet de créer une belle complicité entre deux personnes qui débouche sur un échange propice à créer un climat de confiance. Aussi, est-il opportun de le soigner et le peaufiner pour qu’il contribue à créer un enrichissement bénéfique qui profite grandement aux interlocuteurs.

vigile.quebec tribune libre 7 février 2022

Conquête 2.0

5 février 2022

D’entrée de jeu, je dois vous avouer bien honnêtement que le titre de mon article a été inspiré par le dernier paragraphe de la chronique de Gilles Proulx parue dans Le Journal du 3 février sous le titre Gregory Charles au secours du français.
« De toute façon, si cette belle jeunesse ne connaît ni son histoire, ni sa musique, ni sa culture, l’euthanasie tranquille du français va continuer. Si toutes les références deviennent anglo-américaines, nous subirons une nouvelle Conquête, celle-là non pas militaire, mais mentale ! »
https://www.journaldequebec.com/2022/02/03/gregory-charles-au-secours-du-francais

Anglicisation galopante du grand Montréal
En 1760, les Anglais conquièrent la Nouvelle-France qui devient une colonie anglaise. Plus de deux siècles et demi plus tard, les Anglais sont en train de répéter l’Histoire en grugeant petit à petit les acquis durement gagnés par nos ancêtres, notamment en s’accaparant peu à peu des secteurs névralgiques, tels l’économie et l’éducation.
Selon le Mouvement Québec français, le dernier recensement révèle une hausse sensible de l’anglicisation sur l’île de Montréal Cette tendance se dessine déjà depuis 2001, les données des recensements de 2001, 2006, 2011 et 2016 indiquant respectivement une anglicisation nette de 17 705, 19 740, 21 688 et 29 581 francophones dans la région montréalaise.

Mais comment stopper cette hémorragie?

Étendre la loi 101 au Cégep
À mes yeux, le libre choix de la langue d’enseignement au collégial est un facteur majeur d’anglicisation de Montréal. Je demeure convaincu que le gouvernement Legault doit étendre la loi 101 au réseau collégial, y compris aux collèges privés non subventionnés, qui rappellent les fameuses « écoles passerelles » permettant d’accéder à l’éducation en anglais au primaire et au secondaire. Pour l’instant, le gouvernement Legault a décidé de maintenir le statu quo.

Affichage en français…encore du chemin à parcourir
Adoptée en 1977, la Charte de la langue française, mieux connue sous le nom de loi 101, fait du français la langue officielle de l'État et des cours de justice au Québec, tout en faisant du français la langue normale et habituelle au travail, dans l'enseignement, dans les communications, dans le commerce et les affaires.
En 2018, de gros détaillants anglophones au Québec ont reçu la permission de ne pas franciser leur visage. Best Buy, Costco, Wal-Mart, GAP, Old Navy, Guess, Toys’R’Us, avaient contesté en cour la demande de l’Office québécois de la langue française (OQLF) de modifier leurs enseignes s’ils voulaient continuer à respecter la Charte de la langue française. Or, la Cour supérieure a soutenu que l’utilisation d’une marque de commerce uniquement dans une autre langue que le français est autorisé dans l’affichage et dans la publicité commerciale, et en particulier sur des enseignes de devanture de magasin, lorsqu’il n’existe aucune version française déposée de cette marque de commerce.

Exiger des immigrants une connaissance suffisante du français
La langue joue un rôle clé dans l’intégration des nouveaux arrivants. À ce titre, il est donc tout à fait légitime d’exiger des immigrants qu’ils en connaissent les rudiments qui leur permettent de tenir une conversation soutenue en français. En réalité, comment peut-on prétendre recevoir des dizaines de milliers de personnes à chaque année sur le territoire québécois sans leur demander l’outil fondamental d’une maitrise minimale de la langue d’usage au Québec?

Conquête 2.0
Bref, la situation est alarmante si bien que, si la tendance se maintient dans les autres centres urbains du Québec, nous allons assister dans un avenir pas très lointain à la Conquête 2.0… Le spectre d’une mort tragique du fait français en Amérique du Nord!

vigile.quebec tribune libre 5 février 2022